Philosophie · Terminale générale

Être libre, est‑ce faire ce que l'on veut ?

Une porte fermée, un désir irrépressible, une décision causée et une loi commune ne limitent pas la liberté de la même manière. Ce cours apprend à distinguer ces problèmes, à comprendre huit textes de référence et à les transformer en arguments pour le bac.

  1. Partir d'une situation précise.
  2. Distinguer les sens de la liberté.
  3. Reconstruire un argument d'auteur.
  4. Éprouver la thèse par une objection.
  • 6activités avec l'accès complet
  • 8questions du quiz démo
  • 6cartes avec l'accès complet
  • 10sources citées

Objectifs du parcours

Ce que tu vas savoir faire

  • Distinguer liberté d'action, puissance, libre arbitre, autonomie et liberté politique.
  • Expliquer pourquoi choisir ne prouve pas à lui seul une volonté indépendante de toute cause.
  • Distinguer déterminisme, fatalisme, hasard et contrainte.
  • Reconstruire les arguments de Hobbes, Descartes, Spinoza, Épictète, Kant, Rousseau et Sartre.
  • Mobiliser les repères obligation et contrainte, légal et légitime, contingent et nécessaire.
  • Analyser un exemple au lieu de seulement l'illustrer.
  • Construire une problématique, un plan et un paragraphe argumenté sur la liberté.
Le chapitre en bref

Être libre peut signifier ne pas rencontrer d'obstacle extérieur, pouvoir choisir entre plusieurs possibilités, se gouverner par une règle réfléchie ou disposer de droits garantis avec les autres. Ces sens ne se confondent pas. Le libre arbitre affirme que la volonté peut être l'origine de son choix ; le déterminisme demande si ce choix dépend de causes que nous ne maîtrisons pas. Descartes montre que l'absence de raison n'est pas le sommet de la liberté, Spinoza critique l'ignorance des causes, Kant définit l'autonomie et Rousseau pense la liberté civile. Une loi peut donc restreindre une action tout en protégeant la liberté commune, sans être juste par sa seule existence. La responsabilité ne suppose pas nécessairement une volonté sans aucune cause : elle exige au minimum une capacité de comprendre, de répondre à des raisons et d'agir sans contrainte décisive. Au bac, il faut définir le sens de liberté engagé par le sujet, construire un problème, expliquer les références et traiter les objections.

1. D'abord, que signifie être libre ?

Quatre situations paraissent d'abord semblables : une personne est enfermée dans une pièce, une autre ne peut pas soulever une voiture, une troisième cède à une envie qu'elle désapprouve et une dernière ne peut pas exprimer publiquement son opinion. Pourtant, la première rencontre un obstacle extérieur, la deuxième manque de puissance, la troisième peine à se gouverner et la quatrième est privée d'un droit. Employer partout le mot liberté sans préciser son sens empêche déjà de raisonner.

La liberté d'action désigne l'absence d'empêchement extérieur dans le domaine de ce que nous pouvons faire. Hobbes donne à cette idée une forme nette : un homme est libre lorsque rien ne l'empêche d'accomplir ce que sa force et son intelligence rendent possible et qu'il veut accomplir. Une porte verrouillée diminue donc ma liberté de sortir. En revanche, le fait de ne pas pouvoir voler par mes propres moyens marque une limite de ma puissance, pas une oppression exercée contre moi.

Le libre arbitre formule une exigence plus forte. Il ne demande plus seulement si je peux faire ce que je veux, mais si je peux vouloir autrement. Quand deux possibilités me paraissent ouvertes, suis-je réellement l'origine du choix ou ce choix résulte-t-il de mon caractère, de mon histoire, de mes désirs et de causes que j'ignore ? La liberté d'action et la liberté de la volonté constituent ainsi deux problèmes distincts.

L'autonomie ajoute une troisième question : suis-je capable d'examiner mes motifs et de me donner une règle que je reconnais comme raisonnable ? Une action volontaire peut être hétéronome si elle dépend entièrement d'une impulsion, d'une récompense ou du regard d'autrui. À l'inverse, une règle choisie après réflexion peut exprimer davantage la personne que la satisfaction immédiate d'un désir.

La liberté politique concerne enfin les droits, les institutions et les conditions concrètes qui permettent à chacun d'agir sans subir l'arbitraire. Elle ne se réduit ni à un sentiment intérieur ni à la puissance individuelle. Pour analyser un sujet, il faut donc commencer par demander : parle-t-on d'un obstacle, du pouvoir de choisir, du gouvernement de soi ou des droits communs ? Une bonne dissertation peut ensuite montrer comment ces sens s'opposent ou se complètent.

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À observerObserve les quatre scènes de gauche à droite. Laquelle montre d'abord un obstacle extérieur, une limite de puissance, une difficulté à se gouverner et une privation de droit ? Justifie chaque classement par un détail visible.

Quatre situations, quatre problèmes de liberté Illustration pédagogique synthétique. Les scènes proposent des indices à classer, pas des preuves philosophiques ni des portraits de situations réelles.

Maxdecours · Illustration originale, 2026 · Tous droits réservés.

Un texte à connaître

« Un homme libre est celui qui [...] n'est pas empêché de faire celles qu'il a la volonté de faire. »

Thomas Hobbes Léviathan, chapitre XXI (1651)

Ce que le texte établit. La définition porte sur l'action : être libre, c'est pouvoir exécuter sa volonté sans obstacle extérieur dans la limite de sa puissance.

Dans une copie. Cette référence permet de distinguer liberté et toute-puissance, puis d'ouvrir la question laissée entière : notre volonté est-elle elle-même libre ?

2. Choisir prouve-t-il le libre arbitre ?

Nous faisons l'expérience de l'hésitation : plusieurs possibilités se présentent, nous délibérons, puis nous décidons. Le regret semble également supposer que nous aurions pu agir autrement. Cette expérience donne un sens concret au libre arbitre, compris comme le pouvoir de se déterminer entre plusieurs options. Mais une expérience vécue ne constitue pas encore une preuve métaphysique : ignorer ce qui nous inclinait ne suffit pas à montrer qu'aucune cause ne nous inclinait.

Il faut d'abord distinguer l'acte volontaire de l'acte libre. Je peux vouloir boire un verre d'eau parce que j'ai soif : personne ne me force et l'action est volontaire. La question du libre arbitre demande davantage : aurais-je pu ne pas le vouloir dans exactement les mêmes circonstances ? Cette formulation fait apparaître le repère contingent et nécessaire. Est contingent ce qui pourrait être autrement ; est nécessaire ce qui ne peut pas ne pas être.

Une erreur fréquente consiste à identifier la liberté à l'indifférence, comme si choisir sans motif était plus libre que choisir pour de bonnes raisons. Descartes soutient au contraire, dans la quatrième Méditation, que l'indifférence produite par l'absence de connaissance est le plus bas degré de la liberté. Lorsque je comprends clairement pourquoi une proposition est vraie, cette raison incline mon jugement sans fonctionner comme une violence extérieure.

Ce point oblige à séparer deux sens du mot déterminer. Une raison peut déterminer au sens où elle éclaire et motive un choix ; une contrainte détermine au sens où elle force contre la volonté. Si toute détermination supprimait la liberté, agir raisonnablement deviendrait moins libre que tirer au sort. Or le hasard produit un résultat sans en faire davantage mon œuvre.

Le libre arbitre ne peut donc pas être défendu par la seule absence de motifs. Il faut préciser ce qui ferait de moi l'auteur de la décision : le pouvoir des contraires, la capacité de répondre à des raisons, l'identification réfléchie à mon motif ou une autre forme de contrôle. Cette précision prépare le débat avec le déterminisme au lieu de l'éviter.

Un texte à connaître

« Cette indifférence [...] est le plus bas degré de la liberté. »

René Descartes Méditations métaphysiques, quatrième Méditation (1641)

Ce que le texte établit. Ne disposer d'aucune raison claire n'est pas une perfection. Chez Descartes, mieux connaître le vrai et le bien peut fortifier la liberté du jugement.

Dans une copie. La citation sert à contester l'idée que la liberté serait un choix arbitraire ou sans motif. Il faut ensuite expliquer pourquoi une raison n'est pas une contrainte.

3. Sommes-nous libres si nos choix ont des causes ?

Le déterminisme soutient que les événements s'inscrivent dans des enchaînements de causes. Appliqué à l'être humain, il invite à rechercher comment le corps, l'éducation, les habitudes, les affects et les situations sociales participent à nos décisions. Cette thèse ne dit pas forcément que quelqu'un nous force. Une cause peut agir à travers nos désirs eux-mêmes, ce qui rend insuffisante la simple formule : j'ai fait ce que je voulais.

Spinoza critique ainsi l'idée spontanée du libre arbitre. Nous avons conscience de nos actions et de nos appétits, mais nous ignorons souvent les causes qui les déterminent. Le sentiment de choisir demeure réel comme vécu ; ce qui est contesté, c'est l'interprétation selon laquelle ce sentiment prouverait une volonté sans cause. Comprendre un désir exige alors de remonter au-delà de la conscience immédiate.

Déterminisme et fatalisme doivent être séparés. Le déterminisme affirme que l'événement dépend de causes ; le fatalisme affirme qu'un même résultat arrivera quoi que nous fassions. Si je révise, ma révision peut précisément être une cause de ma réussite : le déterminisme n'en fait pas une action inutile. Dire « tout est déterminé, donc mes efforts ne changent rien » remplace à tort une chaîne causale par un destin indépendant de l'action.

Le hasard ne résout pas non plus le problème. Si un mouvement neuronal aléatoire faisait basculer ma décision, il rendrait son résultat moins prévisible, mais pas plus mien. L'opposition pertinente n'est donc pas seulement nécessité ou indétermination. Elle porte sur le type de contrôle que l'agent exerce, sur sa capacité à comprendre des raisons et sur la manière dont l'action exprime ou non sa personne.

Une position compatibiliste peut alors soutenir que certaines formes de liberté restent possibles dans un monde déterminé : agir conformément à une volonté non contrainte, pouvoir modifier son comportement en réponse à des raisons, apprendre de ses erreurs. Une position incompatibiliste répondra qu'une liberté véritable exige de pouvoir faire autrement ou d'être la source ultime de l'action. La dissertation doit exposer ce désaccord au lieu de déclarer trop vite que la science a supprimé la liberté.

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À observerSépare dans l'image ce qui peut orienter la décision de ce qui bloque physiquement une possibilité. Le réseau d'influences prouve-t-il que le personnage ne peut répondre que d'une seule manière ?

Être influencé n'est pas être matériellement empêché Illustration pédagogique synthétique. Elle distingue influence causale et empêchement extérieur sans prétendre représenter toutes les causes d'une décision.

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Un texte à connaître

« Ils ont conscience de leurs actions et sont ignorants des causes par où ils sont déterminés. »

Baruch Spinoza Éthique, II, proposition 35, scolie (1677)

Ce que le texte établit. L'illusion ne porte pas sur la conscience de l'acte, mais sur la conclusion injustifiée que cette conscience fait de nous une cause indépendante.

Dans une copie. Cette référence permet de problématiser le sentiment de liberté. Elle ne doit pas être résumée par « l'homme est une machine » : Spinoza cherche aussi une liberté par la connaissance des causes.

4. De la spontanéité à l'autonomie : se gouverner soi-même

Faire ce que l'on désire peut être une liberté d'action sans être une autonomie. Une personne dépendante peut accomplir volontairement le geste qu'elle désapprouve pourtant à plus long terme. Son action vient bien d'un désir intérieur, mais ce désir contredit d'autres engagements auxquels elle s'identifie davantage. La frontière entre soi et ce qui nous domine ne coïncide donc pas simplement avec la frontière entre intérieur et extérieur.

Épictète propose de concentrer le jugement et le désir sur ce qui dépend de nous. Nos opinions, notre assentiment et notre manière de répondre aux événements peuvent être travaillés, tandis que le corps, la réputation ou les biens restent exposés à des forces extérieures. Cette distinction donne une prise pratique : je ne commande pas l'événement, mais je peux examiner le jugement par lequel je lui donne un sens.

Il faut toutefois éviter de transformer la liberté intérieure en déni des oppressions. Dire à une personne enfermée ou menacée qu'elle reste libre par son seul jugement ne restitue ni ses possibilités d'action ni ses droits. La leçon stoïcienne porte sur la maîtrise du rapport à l'événement ; elle ne suffit pas à définir toutes les conditions matérielles et politiques de la liberté.

Kant appelle autonomie la propriété d'une volonté qui se donne à elle-même sa loi. Cette loi n'est pas la préférence privée du moment : elle doit pouvoir valoir pour tout être raisonnable placé dans une situation comparable. Agir seulement pour une récompense, par peur d'une sanction ou sous l'effet d'un penchant relève de l'hétéronomie, même si l'action extérieure est conforme à ce que le devoir exige.

L'autonomie ne demande donc pas une action sans désir ni sans cause. Elle désigne un travail de réflexion : identifier ses motifs, les hiérarchiser, mettre sa maxime à l'épreuve d'une règle généralisable et répondre des conséquences prévisibles. Cette conception transforme la liberté en tâche. On ne la possède pas une fois pour toutes ; on l'exerce plus ou moins selon la qualité du jugement et les conditions qui rendent cet exercice possible.

Textes à connaître

« Parmi les choses, les unes dépendent de nous, les autres n'en dépendent pas. »

Épictète Manuel, I (vers 125)

Ce que le texte établit. La liberté commence par une distinction pratique entre ce qui relève de notre jugement et les événements extérieurs que nous ne commandons pas.

Dans une copie. La référence éclaire la maîtrise de soi. Il faut en marquer la limite : elle ne rend pas insignifiantes les privations concrètes de liberté.

« L'autonomie de la volonté est cette propriété qu'a la volonté d'être à elle-même sa loi. »

Emmanuel Kant Fondements de la métaphysique des mœurs, II (1785)

Ce que le texte établit. Être autonome n'est pas obéir à son caprice, mais reconnaître par la raison une règle dont on peut vouloir la portée universelle.

Dans une copie. Kant permet d'opposer autonomie et hétéronomie et de montrer pourquoi l'obligation morale peut exprimer la liberté au lieu de la détruire.

5. La loi limite-t-elle ou rend-elle la liberté possible ?

Une loi interdit, oblige ou autorise. Elle ferme donc certaines possibilités d'action et paraît d'abord contraire à la liberté conçue comme absence d'obstacle. Une limitation de vitesse empêche légalement de rouler aussi vite qu'on le souhaite. Mais une route sans aucune règle laisserait chacun exposé à la puissance des autres. La question n'est donc pas seulement de savoir si la loi limite, mais quelles libertés elle limite et lesquelles elle protège.

Le repère obligation et contrainte précise ce problème. Une contrainte fait céder par une force à laquelle on ne peut résister ; une obligation adresse une règle à un sujet capable d'obéir ou de désobéir et demande une justification. Le pistolet d'un brigand contraint, mais ne crée pas un devoir. Une loi peut être accompagnée de sanctions et rester une obligation juridique : sa prétention à obliger doit encore être distinguée de la force matérielle qui la fait appliquer.

L'article 4 de la Déclaration des droits de l'homme et du citoyen formule la réciprocité des libertés : chacun peut agir tant que l'exercice de son droit ne prive pas autrui des mêmes droits. La limite n'est plus seulement une perte ; elle garantit un espace commun. Interdire la violence réduit la possibilité de l'agresseur et augmente la sûreté d'action de tous ceux qui auraient pu la subir.

Rousseau va plus loin en distinguant liberté naturelle, liberté civile et liberté morale. Dans une association politique légitime, obéir à la loi commune peut signifier obéir à une règle dont le citoyen est aussi l'auteur. Il ne s'agit pas d'appeler libre n'importe quelle soumission. La formule suppose une volonté générale orientée vers le commun, et non la volonté particulière d'un maître imposée aux autres.

Cette condition ouvre l'objection décisive : une loi existante peut être légale sans être légitime. La légalité concerne sa conformité aux procédures en vigueur ; la légitimité concerne les raisons qui peuvent la justifier. Des droits fondamentaux, une participation réelle, l'égalité devant la règle, la possibilité de contester et de réviser la loi sont nécessaires pour éviter que le mot commun masque une domination. Toute loi limite, mais seule une loi justifiable peut prétendre organiser la liberté plutôt que l'opprimer.

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À observerQui doit interrompre son mouvement et qui peut agir grâce à cette interruption ? Montre à la fois la liberté limitée et les libertés protégées par la règle visible.

Au carrefour, une restriction rend des déplacements compatibles Illustration pédagogique d'un cas de coordination. Le carrefour montre comment une règle peut protéger des usages simultanés sans établir que toute loi libère.

Maxdecours · Illustration originale, 2026 · Tous droits réservés.

Textes à connaître

« L'obéissance à la loi qu'on s'est prescrite est liberté. »

Jean-Jacques Rousseau Du contrat social, livre I, chapitre VIII (1762)

Ce que le texte établit. Rousseau oppose l'impulsion du seul appétit à la liberté morale et pense la loi légitime comme œuvre commune des citoyens.

Dans une copie. La formule ne prouve pas que toute loi libère. Il faut exposer ses conditions politiques puis examiner le risque d'une loi injuste ou confisquée.

« La liberté consiste à pouvoir faire tout ce qui ne nuit pas à autrui. »

Déclaration des droits de l'homme et du citoyen Article 4 (1789)

Ce que le texte établit. La liberté juridique n'est pas un pouvoir illimité : ses bornes ont pour fonction d'assurer à chacun la jouissance des mêmes droits.

Dans une copie. Le texte permet de montrer qu'une limite peut être constitutive d'une liberté réciproque, à condition de discuter ce qui compte comme nuisance et qui le décide.

6. Liberté, situation et responsabilité : construire une copie de bac

Relier liberté et responsabilité ne signifie pas que tout agent est totalement maître de tout ce qui lui arrive. Nous tenons quelqu'un pour responsable lorsqu'il peut comprendre la portée de son acte, répondre à des raisons et exercer un contrôle suffisant. Une menace, une ignorance invincible, une altération du jugement ou l'absence de possibilité réelle peuvent réduire cette responsabilité. L'analyse doit donc porter sur des capacités et une situation, pas sur une liberté abstraite identique chez tous.

Sartre radicalise pourtant l'exigence de responsabilité en affirmant que l'être humain ne peut cesser de choisir le sens et la conduite qu'il adopte dans une situation qu'il n'a pas choisie. Dire que l'homme est condamné à être libre ne signifie pas qu'il choisit sa naissance, son époque ou tous ses obstacles. La situation constitue le point de départ de son projet ; elle ne lui dicte pas mécaniquement une seule signification.

Cette thèse combat la mauvaise foi qui transforme trop vite un rôle, un caractère ou une habitude en destin. Mais elle rencontre une objection forte : certaines contraintes détruisent réellement des possibilités et rendent le coût d'une résistance extrême. Une copie rigoureuse peut donc conserver l'idée sartrienne d'une réponse située sans nier les inégalités de pouvoir, la vulnérabilité ni les degrés de contrôle.

L'épreuve du bac n'évalue pas la récitation d'un catalogue d'auteurs. Le texte officiel demande de construire un problème, d'analyser les concepts et les exemples, d'apprécier un argument, de discuter une thèse et d'enchaîner des étapes. Pour un sujet sur la liberté, commence par repérer le sens de la notion, la relation interrogée et les présupposés de la question. Une problématique naît lorsque deux réponses plausibles deviennent insuffisantes l'une sans l'autre.

Dans chaque paragraphe, prends une position limitée, donne une raison, explique une référence ou un exemple, puis mets l'idée à l'épreuve. Une citation courte n'est utile que si son auteur, son œuvre, son sens et sa fonction sont clairs. Si les mots exacts te manquent le jour de l'épreuve, une paraphrase fidèle et expliquée vaut mieux qu'une fausse citation. La conclusion doit répondre au problème transformé par l'analyse, et non répéter le plan.

Textes à connaître

« Je suis condamné à être libre. »

Jean-Paul Sartre L'Être et le Néant (1943)

Ce que le texte établit. Nous ne choisissons pas d'exister ni toutes nos circonstances, mais nous avons encore à prendre position et à donner sens à notre conduite dans la situation.

Dans une copie. La formule permet de lier liberté, situation et responsabilité. Il faut éviter la caricature selon laquelle toute personne pourrait matériellement tout faire.

« Argumenter sur la base de raisons explicites, proposer et justifier une conclusion. »

Ministère de l'Éducation nationale Définition de l'épreuve terminale de philosophie

Ce que le texte établit. La réussite repose sur un raisonnement construit qui unit connaissances et savoir-faire, pas sur un nombre imposé de citations ou de parties.

Dans une copie. Utilise cette exigence comme grille de relecture : chaque partie répond-elle au sujet par des raisons explicites et une progression visible ?

Erreurs fréquentes

L'essentiel à mémoriser

  • Liberté d'action, libre arbitre, autonomie et liberté politique répondent à des questions différentes.
  • La puissance désigne ce que je peux faire ; la liberté d'action concerne les obstacles qui m'en empêchent.
  • Pour Descartes, l'indifférence sans raison est un bas degré de liberté, pas son sommet.
  • Spinoza explique le sentiment spontané de libre arbitre par la conscience des actes jointe à l'ignorance de leurs causes.
  • Déterminisme, fatalisme, hasard et contrainte ne sont pas synonymes.
  • Chez Kant, l'autonomie consiste à pouvoir se donner une loi rationnellement justifiable.
  • Une loi peut protéger les libertés réciproques, mais sa légalité ne garantit pas sa légitimité.
  • Pour réussir au bac, PARE chaque paragraphe : position, argument, référence expliquée, épreuve par une objection.

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Quiz de démonstration : ton score et les réponses justes ou fausses apparaissent immédiatement. Les 2 premières corrections détaillées sont incluses. Aucun diagnostic ni résultat n'est enregistré.

1. Ne pas pouvoir voler sans dispositif constitue d'abord…
2. Pourquoi Descartes refuse-t-il de faire de l'indifférence le sommet de la liberté ?
3. Quelle proposition distingue correctement déterminisme et fatalisme ?
4. Que critique exactement Spinoza lorsqu'il explique que nous ignorons les causes de nos actions ?
5. Quelle action illustre le mieux l'autonomie au sens de Kant ?
6. Quelle distinction entre obligation et contrainte est correcte ?
7. Pourquoi la formule de Rousseau sur l'obéissance à la loi ne justifie-t-elle pas toute loi existante ?
8. Que demande le mémo PARE pour construire un paragraphe de dissertation ?

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Sources et traçabilité

Dernière vérification : 2026-08-21

  1. Programme de philosophie de Terminale générale, Ministère de l'Éducation nationale, consulté le 2026-08-13.
  2. Définition consolidée de l'épreuve terminale de philosophie, Éduscol, consulté le 2026-08-13.
  3. Le droit du plus fort : Hobbes contre Spinoza, ENS Éditions, OpenEdition Books, consulté le 2026-08-13.
  4. Méditations métaphysiques, quatrième Méditation, René Descartes, Wikisource, consulté le 2026-08-13.
  5. Éthique, deuxième partie, proposition 35, scolie, Baruch Spinoza, Wikisource, consulté le 2026-08-13.
  6. Manuel d'Épictète, chapitre I, Épictète, Wikisource, consulté le 2026-08-13.
  7. Fondements de la métaphysique des mœurs, deuxième section, Emmanuel Kant, Wikisource, consulté le 2026-08-13.
  8. Du contrat social, livre I, chapitre VIII, Jean-Jacques Rousseau, Wikisource, consulté le 2026-08-13.
  9. Déclaration des droits de l'homme et du citoyen, article 4, Légifrance, consulté le 2026-08-13.
  10. Sartre : la liberté et la responsabilité dans L'Être et le Néant, Bibliothèque nationale de France, consulté le 2026-08-13.

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