Ce que tu vas savoir faire
- Relier intensité d’un courant continu et débit de charges.
- Brancher correctement ampèremètre et voltmètre sans court-circuiter la source.
- Déterminer et interpréter la caractéristique d’une source réelle de tension.
- Distinguer puissance et énergie et convertir joule, wattheure et kilowattheure.
- Fermer un bilan de puissance dans un circuit continu.
- Calculer les pertes par effet Joule dans un conducteur ohmique.
- Définir puis évaluer le rendement d’un convertisseur.
- Tester la faisabilité énergétique d’un usage à partir de données réalistes.
Vérifie tes prérequis
- Connaitre tension, intensité, loi d’Ohm et caractéristique tension-courant.
- Distinguer circuit en série et circuit en dérivation.
- Identifier source, transfert, convertisseur et récepteur d’énergie.
- Utiliser proportionnalité, puissances de dix et unités du SI.
Le chapitre en bref
Dans un circuit continu, l’intensité mesure un débit de charges. Aux bornes d’un dipôle, la puissance électrique échangée s’écrit comme le produit de la tension par l’intensité ; l’énergie transférée est cette puissance multipliée par la durée. Une source réelle ne maintient pas exactement sa tension à vide : sa résistance interne fait diminuer la tension disponible lorsque le courant augmente et dissipe une partie de la puissance par effet Joule. Un bilan sépare donc puissance fournie, puissance utile et pertes. Le rendement compare la part utile à la puissance reçue pour un système et un régime clairement définis.
1. Que mesure réellement l’intensité d’un courant continu ?
L’intensité mesure le débit de charge électrique à travers une section du conducteur : . Une intensité de signifie qu’une charge de traverse la section chaque seconde. Avec des porteurs de charge de valeur élémentaire , le nombre de porteurs traversant pendant une durée donnée vaut .
Dans un métal, les électrons se déplacent en sens opposé au courant conventionnel. L’intensité ne mesure ni la vitesse individuelle des électrons ni une quantité d’énergie. L’ampère est un coulomb par seconde : .
Section → charge → durée → intensité → porteurs
Quelle grandeur est en train de circuler ?
L’intensité décrit la charge qui traverse une section par unité de temps.
On divise la charge transférée par la valeur de la charge élémentaire, pas par une énergie.
Le sens conventionnel reste celui utilisé dans les schémas et les lois de circuit.
Le débit de charges ne donne pas la vitesse de dérive individuelle des porteurs.
2. Comment mesurer tension et intensité sans modifier dangereusement le circuit ?
Un ampèremètre mesure le courant qui le traverse : il se branche en série et possède une faible résistance interne. Un voltmètre compare les potentiels de deux points : il se branche en dérivation aux bornes du dipôle et possède une grande résistance interne. Un multimètre n’est correct que si la fonction, les bornes et le calibre sont choisis pour la grandeur mesurée.
Avant d’alimenter le montage, on ouvre le circuit, on contrôle les polarités et on commence par le calibre le plus élevé. Brancher directement un ampèremètre aux bornes d’une source crée presque un court-circuit ; l’intensité peut devenir très élevée et provoquer échauffement ou détérioration.
Grandeur → branchement → bornes → calibre → sécurité
Où placer chaque appareil avant d’alimenter ?
Le courant de la branche traverse l’appareil ; on réduit ensuite le calibre si nécessaire.
Le voltmètre compare les deux bornes sans détourner un courant important.
Le nom multimètre ne suffit pas : son réglage détermine le type réel de mesure.
Un court-circuit peut échauffer les fils, détériorer l’appareil et endommager la source.
3. Pourquoi la tension d’une source réelle diminue-t-elle quand elle débite ?
Une source réelle de tension continue peut être modélisée par une source idéale de tension en série avec une résistance interne . En convention générateur, sa caractéristique est . L’ordonnée à l’origine donne la tension à vide ; la pente vaut .
Pour et , un courant conduit à . La puissance idéale se partage entre puissance disponible aux bornes et perte interne . Lorsque le courant augmente, la chute de tension et l’échauffement augmentent ; le modèle explique pourquoi une pile réelle ne se comporte pas comme une tension parfaitement constante.
Mesures → droite → modèle → puissances → limite
Que devient la puissance quand le courant augmente ?
La perte interne est faible : la majeure partie de la puissance idéale est disponible aux bornes.
Le point de fonctionnement donne simultanément la tension utile et le courant fourni au récepteur.
Presque la moitié de la puissance idéale est déjà dissipée dans la résistance interne.
Le modèle prédit une intensité très élevée et aucun transfert utile aux bornes : cette situation est dangereuse et ne doit pas être réalisée.
4. Comment distinguer puissance, énergie et durée ?
Dans un régime continu, la puissance électrique échangée par un dipôle s’écrit . Le watt mesure un débit d’énergie : . Sur une durée , l’énergie transférée est . Il faut utiliser des unités cohérentes : watts avec secondes donnent des joules ; watts avec heures donnent des wattheures.
Ainsi . Un appareil de utilisé pendant transfère . La puissance indique la rapidité du transfert, pas la quantité totale consommée sans durée.
Tension → courant → puissance → durée → énergie
Quelle unité doit accompagner la durée ?
Le watt mesure le débit d’énergie transférée à cet instant ou dans ce régime.
Watt multiplié par seconde donne directement le joule.
Convertir la durée avant le produit évite de traiter les minutes comme des heures.
Un ordre de grandeur repère immédiatement une erreur de préfixe ou de durée.
5. Comment fermer le bilan de puissance d’un circuit ?
On choisit le système et une convention de signe, puis on identifie les dipôles qui fournissent et ceux qui reçoivent de la puissance. En régime continu établi, la puissance totale fournie au circuit est égale à la puissance reçue par ses dipôles : . L’énergie n’est pas consommée au sens de disparaitre ; elle est transférée et convertie.
Exemple : une source idéale fournit . Une lampe reçoit et un conducteur ohmique ; le bilan ferme à . Pour une source réelle, il faut inclure sa résistance interne dans le système ou compter sa perte thermique séparément, sans la faire disparaitre du bilan.
Périmètre → sources → récepteurs → pertes → fermeture
Où passe chaque watt fourni ?
La somme des puissances reçues égale la puissance fournie dans le périmètre choisi.
La perte interne n’est ni oubliée ni comptée deux fois : elle complète exactement la puissance livrée.
Deux conventions sont possibles si elles restent cohérentes du schéma au bilan.
Un écart signale une sortie non comptée, une incertitude ou un mauvais périmètre, pas une disparition d’énergie.
6. Quand l’effet Joule est-il utile, et quand devient-il une perte ?
Un conducteur ohmique convertit la puissance électrique reçue en puissance thermique. Avec et , on obtient . Ces deux dernières formes sont réservées au dipôle ohmique ; la relation générale reste le point de départ.
Dans une bouilloire ou un radiateur, l’échauffement est la conversion recherchée. Dans les fils, une batterie ou un moteur, il réduit souvent la puissance utile. À courant fixé, doubler la résistance double ; à résistance fixée, doubler le courant multiplie par quatre. La condition imposée doit donc être annoncée avant toute comparaison.
Dipôle ohmique → loi d’Ohm → puissance → condition → usage
Que gardes-tu constant dans la comparaison ?
Cette conclusion suppose le même courant, ce qui n’est pas automatique si la résistance du circuit change.
La conclusion s’inverse parce que la grandeur maintenue constante n’est plus la même.
L’effet Joule est recherché lorsqu’il fournit la fonction de chauffage.
Dans le transport électrique, la même conversion thermique est une perte et peut devenir un risque.
7. Que compare exactement le rendement d’un convertisseur ?
Pour un convertisseur défini, le rendement est en régime stable, ou sur une même durée. Il est sans unité et souvent exprimé en pourcentage. La puissance utile dépend de la fonction choisie : lumière pour une lampe, puissance mécanique pour un moteur, puissance électrique pour une cellule photovoltaïque.
Si un moteur reçoit et fournit mécaniques, ; les restants sont convertis autrement, notamment en chaleur et en son. Un rendement mesuré supérieur à 100 % révèle un périmètre, une mesure, une unité ou un régime incohérent, pas un gain d’énergie.
Système → entrée → utile → pertes → rendement
Quelle sortie comptes-tu comme utile ?
électriqueConvertisseurUtile : 90 W
mécanique
Les 30 W restants sont principalement convertis en énergie thermique et sonore.
électriqueConvertisseurUtile : 1350 W
thermique dans l’eau
Chauffer la résistance et le récipient ou perdre de la chaleur vers l’air n’appartient pas à la sortie utile définie.
électriqueConvertisseurUtile : 3,5 W
lumineuse
Le reste est surtout thermique ; il faut annoncer la définition de la lumière utile avant la comparaison.
rayonnanteConvertisseurUtile : 160 W
électrique
Comparer deux cellules exige les mêmes conditions d’éclairement, de température et de point de fonctionnement.
8. Une batterie peut-elle alimenter n’importe quel appareil assez longtemps ?
La faisabilité exige plusieurs contrôles indépendants : tension compatible, courant admissible, puissance disponible, énergie stockée et rendement de la chaine. Une batterie de et possède une énergie nominale approximative si la tension est considérée constante pour cette estimation.
Avec de rendement, elle peut livrer environ utiles. Une lampe de peut alors fonctionner près de , tandis qu’une bouilloire de demanderait idéalement environ au total, si la batterie accepte cette puissance. La seule capacité en ampèreheure ne suffit pas : elle mesure une charge, pas directement une énergie sans tension.
Tension → courant → puissance → énergie → durée
Quel verrou faut-il tester en premier ?
L’ampèreheure devient une estimation d’énergie seulement après prise en compte de la tension.
La puissance est faible devant la réserve d’énergie, sous réserve des limites réelles de la batterie.
Même avec assez d’énergie, la batterie peut refuser une puissance instantanée ou un courant trop élevé.
Une seule grandeur nominale ne suffit jamais à garantir l’usage réel d’un appareil.
Erreurs fréquentes
L'essentiel à mémoriser
- L’intensité est un débit de charges en coulombs par seconde.
- Dans un métal, électrons et courant conventionnel ont des sens opposés.
- Une source réelle associe tension idéale et résistance interne.
- La puissance électrique en continu est le produit de la tension par l’intensité.
- L’énergie est la puissance multipliée par la durée.
- Un bilan attribue toute la puissance fournie aux sorties utiles et aux pertes.
- L’effet Joule varie comme le carré du courant dans un conducteur ohmique.
- Le rendement compare une sortie utile à l’entrée correspondante.
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Intensité continue ?
Débit de charge : charge traversant une section par unité de temps.
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Ampèremètre / voltmètre ?
Ampèremètre en série ; voltmètre en dérivation.
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Source réelle ?
Source idéale de tension et résistance interne en série.
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Puissance électrique continue ?
Tension multipliée par intensité.
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Un kilowattheure ?
3,6 mégajoules.
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Rendement ?
Puissance utile divisée par puissance reçue, pour le même système.
Prochaine révision : à programmer
Poursuivre le parcours
- Avant Comment relier une variation de vitesse aux forces appliquées ?
- Tu es ici Comment suivre l’énergie dans un circuit électrique réel ?
- Ensuite Comment les forces transfèrent-elles l’énergie d’un système en mouvement ?
Sources et traçabilité
Dernière vérification : 2026-08-12
- Programme de spécialité de physique-chimie de Première générale, Bulletin officiel de l’Éducation nationale, consulté le 2026-08-12.
- Annexe — Programme de physique-chimie de Première générale, Éduscol, consulté le 2026-08-12.
- Aspects énergétiques des phénomènes électriques, Éduscol, consulté le 2026-08-12.
- Programmes et ressources en physique-chimie — voie générale et technologique, Éduscol, consulté le 2026-08-12.
- Le Système international d’unités — 9e édition, Bureau international des poids et mesures, consulté le 2026-08-12.
- Prévention du risque électrique, Institut national de recherche et de sécurité, consulté le 2026-08-12.