Physique-chimie · Première générale

Comment suivre l’énergie dans un circuit électrique réel ?

Cours de Première sur débit de charges, source réelle, puissance électrique, énergie, effet Joule, bilan de puissance et rendement.

  1. Comprendre
  2. Mettre en pratique
  3. Vérifier
  4. Mémoriser
  • 8activités avec l'accès complet
  • 8questions avec l'accès complet
  • 6cartes avec l'accès complet
  • 6sources citées

Objectifs du parcours

Ce que tu vas savoir faire

  • Relier intensité d’un courant continu et débit de charges.
  • Brancher correctement ampèremètre et voltmètre sans court-circuiter la source.
  • Déterminer et interpréter la caractéristique d’une source réelle de tension.
  • Distinguer puissance et énergie et convertir joule, wattheure et kilowattheure.
  • Fermer un bilan de puissance dans un circuit continu.
  • Calculer les pertes par effet Joule dans un conducteur ohmique.
  • Définir puis évaluer le rendement d’un convertisseur.
  • Tester la faisabilité énergétique d’un usage à partir de données réalistes.
Le chapitre en bref

Dans un circuit continu, l’intensité mesure un débit de charges. Aux bornes d’un dipôle, la puissance électrique échangée s’écrit comme le produit de la tension par l’intensité ; l’énergie transférée est cette puissance multipliée par la durée. Une source réelle ne maintient pas exactement sa tension à vide : sa résistance interne fait diminuer la tension disponible lorsque le courant augmente et dissipe une partie de la puissance par effet Joule. Un bilan sépare donc puissance fournie, puissance utile et pertes. Le rendement compare la part utile à la puissance reçue pour un système et un régime clairement définis.

1. Que mesure réellement l’intensité d’un courant continu ?

L’intensité mesure le débit de charge électrique à travers une section du conducteur : I=|ΔQ|Δt. Une intensité de 2,0 A signifie qu’une charge de 2,0 C traverse la section chaque seconde. Avec des porteurs de charge de valeur élémentaire e=1,60×10−19 C, le nombre de porteurs traversant pendant une durée donnée vaut N=|ΔQ|e=IΔte.

Dans un métal, les électrons se déplacent en sens opposé au courant conventionnel. L’intensité ne mesure ni la vitesse individuelle des électrons ni une quantité d’énergie. L’ampère est un coulomb par seconde : 1 A=1 C·s−1.

2. Comment mesurer tension et intensité sans modifier dangereusement le circuit ?

Un ampèremètre mesure le courant qui le traverse : il se branche en série et possède une faible résistance interne. Un voltmètre compare les potentiels de deux points : il se branche en dérivation aux bornes du dipôle et possède une grande résistance interne. Un multimètre n’est correct que si la fonction, les bornes et le calibre sont choisis pour la grandeur mesurée.

Avant d’alimenter le montage, on ouvre le circuit, on contrôle les polarités et on commence par le calibre le plus élevé. Brancher directement un ampèremètre aux bornes d’une source crée presque un court-circuit ; l’intensité peut devenir très élevée et provoquer échauffement ou détérioration.

3. Pourquoi la tension d’une source réelle diminue-t-elle quand elle débite ?

Une source réelle de tension continue peut être modélisée par une source idéale de tension E en série avec une résistance interne r. En convention générateur, sa caractéristique est U=E−rI. L’ordonnée à l’origine donne la tension à vide E ; la pente vaut −r.

Pour E=4,5 V et r=1,0 Ω, un courant I=0,80 A conduit à U=3,7 V. La puissance idéale EI se partage entre puissance disponible aux bornes UI et perte interne rI2. Lorsque le courant augmente, la chute de tension et l’échauffement augmentent ; le modèle explique pourquoi une pile réelle ne se comporte pas comme une tension parfaitement constante.

4. Comment distinguer puissance, énergie et durée ?

Dans un régime continu, la puissance électrique échangée par un dipôle s’écrit P=UI. Le watt mesure un débit d’énergie : 1 W=1 J·s−1. Sur une durée Δt, l’énergie transférée est E=PΔt=UIΔt. Il faut utiliser des unités cohérentes : watts avec secondes donnent des joules ; watts avec heures donnent des wattheures.

Ainsi 1 kWh=1000 W×3600 s=3,6×106 J. Un appareil de 2,0 kW utilisé pendant 3,0 min transfère E=2000×180=3,6×105 J=0,10 kWh. La puissance indique la rapidité du transfert, pas la quantité totale consommée sans durée.

5. Comment fermer le bilan de puissance d’un circuit ?

On choisit le système et une convention de signe, puis on identifie les dipôles qui fournissent et ceux qui reçoivent de la puissance. En régime continu établi, la puissance totale fournie au circuit est égale à la puissance reçue par ses dipôles : ΣPfourniePreçue. L’énergie n’est pas consommée au sens de disparaitre ; elle est transférée et convertie.

Exemple : une source idéale fournit 6,0 W. Une lampe reçoit 4,2 W et un conducteur ohmique 1,8 W ; le bilan ferme à 6,0 W. Pour une source réelle, il faut inclure sa résistance interne dans le système ou compter sa perte thermique séparément, sans la faire disparaitre du bilan.

6. Quand l’effet Joule est-il utile, et quand devient-il une perte ?

Un conducteur ohmique convertit la puissance électrique reçue en puissance thermique. Avec U=RI et P=UI, on obtient PJ=RI2=U2R. Ces deux dernières formes sont réservées au dipôle ohmique ; la relation générale P=UI reste le point de départ.

Dans une bouilloire ou un radiateur, l’échauffement est la conversion recherchée. Dans les fils, une batterie ou un moteur, il réduit souvent la puissance utile. À courant fixé, doubler la résistance double PJ ; à résistance fixée, doubler le courant multiplie PJ par quatre. La condition imposée doit donc être annoncée avant toute comparaison.

7. Que compare exactement le rendement d’un convertisseur ?

Pour un convertisseur défini, le rendement est η=PutilePreçue en régime stable, ou η=EutileEreçue sur une même durée. Il est sans unité et souvent exprimé en pourcentage. La puissance utile dépend de la fonction choisie : lumière pour une lampe, puissance mécanique pour un moteur, puissance électrique pour une cellule photovoltaïque.

Si un moteur reçoit 120 W et fournit 90 W mécaniques, η=90120=0,75=75 % ; les 30 W restants sont convertis autrement, notamment en chaleur et en son. Un rendement mesuré supérieur à 100 % révèle un périmètre, une mesure, une unité ou un régime incohérent, pas un gain d’énergie.

8. Une batterie peut-elle alimenter n’importe quel appareil assez longtemps ?

La faisabilité exige plusieurs contrôles indépendants : tension compatible, courant admissible, puissance disponible, énergie stockée et rendement de la chaine. Une batterie de 12 V et 10 Ah possède une énergie nominale approximative E=UQ=12×10=120 Wh si la tension est considérée constante pour cette estimation.

Avec 85 % de rendement, elle peut livrer environ 102 Wh utiles. Une lampe de 6 W peut alors fonctionner près de 17 h, tandis qu’une bouilloire de 150 W demanderait idéalement environ 41 min au total, si la batterie accepte cette puissance. La seule capacité en ampèreheure ne suffit pas : elle mesure une charge, pas directement une énergie sans tension.

Erreurs fréquentes

L'essentiel à mémoriser

  • L’intensité est un débit de charges en coulombs par seconde.
  • Dans un métal, électrons et courant conventionnel ont des sens opposés.
  • Une source réelle associe tension idéale et résistance interne.
  • La puissance électrique en continu est le produit de la tension par l’intensité.
  • L’énergie est la puissance multipliée par la durée.
  • Un bilan attribue toute la puissance fournie aux sorties utiles et aux pertes.
  • L’effet Joule varie comme le carré du courant dans un conducteur ohmique.
  • Le rendement compare une sortie utile à l’entrée correspondante.

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Sources et traçabilité

Dernière vérification : 2026-08-12

  1. Programme de spécialité de physique-chimie de Première générale, Bulletin officiel de l’Éducation nationale, consulté le 2026-08-12.
  2. Annexe — Programme de physique-chimie de Première générale, Éduscol, consulté le 2026-08-12.
  3. Aspects énergétiques des phénomènes électriques, Éduscol, consulté le 2026-08-12.
  4. Programmes et ressources en physique-chimie — voie générale et technologique, Éduscol, consulté le 2026-08-12.
  5. Le Système international d’unités — 9e édition, Bureau international des poids et mesures, consulté le 2026-08-12.
  6. Prévention du risque électrique, Institut national de recherche et de sécurité, consulté le 2026-08-12.

Tu sais maintenant suivre charges, puissances et pertes dans un circuit réel

Poursuis avec l’énergie mécanique et le travail des forces

Le parcours complet relie ensuite transferts d’énergie, mouvement, travail, énergie potentielle et dissipation.

  • Source réelle modélisée
  • Bilans fermés
  • Rendements interprétés