Mathématiques · Première générale

Comment le signe de la dérivée permet‑il de prévoir les variations et la forme d’une courbe ?

Cours interactif de Première spécialité sur parité, signe de la dérivée, tableaux de variations, extremums, optimisation, inégalités et méthode de Newton.

  1. Comprendre
  2. Mettre en pratique
  3. Vérifier
  4. Mémoriser
  • 8activités avec l'accès complet
  • 8questions avec l'accès complet
  • 6cartes avec l'accès complet
  • 8sources citées

Objectifs du parcours

Ce que tu vas savoir faire

  • Reconnaître une fonction paire ou impaire après contrôle de la symétrie de son domaine.
  • Déduire les variations du signe de la dérivée et caractériser les fonctions constantes.
  • Construire et auditer un tableau de variations complet.
  • Distinguer point critique, extremum local, global et extremum de bord.
  • Résoudre un problème d’optimisation avec contraintes et contrôle des bornes.
  • Établir une inégalité et comparer deux courbes par une fonction différence.
  • Étudier variations, extremum et allure d’un trinôme par sa dérivée.
  • Exécuter et contrôler quelques étapes de la méthode de Newton dans un cas favorable.
Le chapitre en bref

Une étude de fonction commence par son domaine et ses symétries éventuelles. Sur chaque intervalle où elle est dérivable, le signe de f′ commande le sens de variation : f′≥0 entraîne que f est croissante, f′≤0 qu’elle est décroissante, et f′=0 sur tout un intervalle caractérise une fonction constante. Un extremum intérieur d’une fonction dérivable impose f′(a)=0, mais cette égalité ne suffit pas : il faut étudier le changement de signe ou le tableau complet, sans oublier les bornes. Pour comparer deux courbes, on étudie h=f−g. Pour optimiser, on définit variable, domaine et objectif avant de comparer points critiques et bornes. Pour un trinôme ax2+bx+c, la dérivée 2ax+b change de signe en −b/(2a), ce qui donne le sommet et l’allure selon le signe de a. Newton répète l’intersection de la tangente avec l’axe, seulement si la dérivée ne s’annule pas et si les itérations restent dans une zone favorable.

1. Que révèlent parité et imparité avant même de dériver ?

Une fonction peut être paire ou impaire seulement si son domaine est symétrique par rapport à 0 : avec chaque x, il doit contenir −x. Elle est paire lorsque f(−x)=f(x) ; sa courbe est alors symétrique par rapport à l’axe des ordonnées. Elle est impaire lorsque f(−x)=−f(x) ; sa courbe possède une symétrie centrale de centre O.

Teste l’identité sur une variable générale et non sur deux valeurs choisies. Une fonction peut n’être ni paire ni impaire. Si le domaine n’est pas symétrique, le diagnostic s’arrête avant le calcul. Une symétrie permet d’étudier une moitié du domaine puis de reconstruire l’autre, mais elle ne dispense ni du domaine ni des variations.

2. Comment le signe de la dérivée commande-t-il les variations ?

Soit f dérivable sur un intervalle I. Si f'(x)≥0 sur I, alors f est croissante sur I ; si f'(x)≤0, elle est décroissante. Si f'(x)=0 pour tout x de I, f est constante sur I. Ces propriétés portent sur un intervalle entier, pas sur le seul signe en un point.

Pour établir une stricte croissance, f'(x)>0 partout suffit, mais ce n’est pas nécessaire : f(x)=x3 est strictement croissante alors que f'(0)=0. Un zéro isolé de la dérivée ne crée donc ni palier ni extremum automatique. On découpe le domaine aux valeurs où le signe peut changer ou où la dérivée n’est pas définie.

3. Comment construire un tableau de variations sans inventer les flèches ?

Écris d’abord le domaine de f, puis calcule f′ sur les intervalles où elle existe. Cherche les zéros de f′ et les éventuelles valeurs interdites ; ordonne-les sur une ligne x. Étudie le signe de f′ sur chaque intervalle, puis seulement traduis + par une flèche montante, − par une flèche descendante et 0 isolé par un point de transition.

Calcule les images aux points critiques et aux bornes accessibles. Une valeur interdite sépare deux branches : on ne trace pas une flèche à travers elle. Chaque ligne du tableau possède un statut distinct : x découpe, f′ justifie, f décrit. Relire verticalement chaque colonne permet de contrôler la cohérence entre signe, flèche et valeur.

4. Une dérivée nulle suffit-elle à prouver un extremum ?

Si f est dérivable en un point intérieur a de son domaine et y possède un extremum local, alors f'(a)=0 : la tangente y est horizontale. C’est une condition nécessaire dans ce cadre, pas une équivalence. Pour f(x)=x3, f'(0)=0 mais la fonction continue de croître de part et d’autre de 0.

Un passage de f′ de + à − prouve un maximum local ; de − à +, un minimum local. Sur un intervalle fermé, un extremum global peut aussi se trouver à une borne où la condition f'(a)=0 ne s’applique pas. Pour conclure globalement, compare toutes les valeurs candidates : points critiques admissibles, bornes et éventuelles limites nécessaires.

5. Comment transformer une situation en problème d’optimisation contrôlé ?

Nomme la variable, son unité et son domaine imposé par la situation. Exprime la grandeur à maximiser ou minimiser sous la forme F(x), puis vérifie que le modèle décrit bien les configurations admissibles. Dérive, construis les variations sur ce domaine et compare les valeurs aux points critiques et aux bornes.

La réponse finale revient au contexte : dimensions, coût, aire, durée ou quantité, avec unité et précision réaliste. Un optimum algébrique hors domaine doit être rejeté. Si la variable est entière, compare les entiers voisins de l’optimum continu. Une solution n’est donc pas seulement une valeur de x, mais une décision admissible accompagnée de la valeur optimale.

6. Comment les variations prouvent-elles une inégalité ou une position relative ?

Si f est croissante sur I et si x≥a, avec x et a dans I, alors f(x)≥f(a). Une valeur minimale ou maximale fournit de même une borne valable sur tout l’intervalle étudié. L’intervalle et le sens de variation font partie de la preuve : une lecture visuelle seule suggère mais n’établit pas l’inégalité.

Pour comparer les courbes de f et g, définis h(x)=f(x)−g(x) sur leur domaine commun. Là où h(x)>0, la courbe de f est au-dessus de celle de g ; là où h=0, elles se rencontrent. Dériver h peut aider à établir son signe, mais il faut finir par un tableau de signe ou une borne explicite.

7. Que dit la dérivée sur l’allure d’un polynôme du second degré ?

Pour f(x)=ax2+bx+c avec a≠0, f'(x)=2ax+b. Cette fonction affine s’annule une seule fois en α=−b2a. Si a>0, f′ est négative avant α puis positive après : f décroît puis croît et atteint un minimum en α. Si a<0, les signes s’inversent et f atteint un maximum.

Le sommet est S(α;f(α)) et l’axe de symétrie a pour équation x=α. Le discriminant de f sert à étudier ses racines, pas celles de f′. La forme canonique f(x)=a(x−α)2 confirme l’allure : le signe de a fixe l’ouverture et β=f(α) donne l’extremum.

8. Comment la méthode de Newton fait-elle avancer une tangente vers une racine ?

Depuis une approximation xn telle que f'(xn)≠0, la tangente à la courbe coupe l’axe des abscisses en xn+1=xnf(xn)f'(xn). On recommence pour produire une suite d’approximations. Géométriquement, chaque étape remplace localement la courbe par sa tangente puis utilise le zéro de cette droite.

Le programme se limite aux cas favorables. Choisis une zone où la racine est plausible, où f′ ne devient pas nulle et où les itérations restent dans le domaine. Arrête lorsque |xn+1xn| ou |f(xn)| passe sous un seuil annoncé, puis contrôle le résultat dans l’équation. Une tangente presque horizontale, un départ mal choisi ou plusieurs bassins d’attraction peuvent éloigner de la racine.

Erreurs fréquentes

L'essentiel à mémoriser

  • Parité et imparité commencent par le domaine.
  • Le signe de f′ pilote les variations par intervalles.
  • Un tableau sépare domaine, signe et valeurs.
  • Une dérivée nulle crée un candidat, pas une preuve.
  • L’optimisation inclut contraintes et bornes.
  • La différence f−g compare deux courbes.
  • Le zéro de 2ax+b donne le sommet du trinôme.
  • Newton exige une zone favorable et un contrôle d’arrêt.

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Sources et traçabilité

Dernière vérification : 2026-08-12

  1. Programme d’enseignement de spécialité de mathématiques de la classe de première de la voie générale, Ministère de l’Éducation nationale, consulté le 2026-08-11.
  2. Annexe — Programme de spécialité de mathématiques de première générale 2026, Ministère de l’Éducation nationale, consulté le 2026-08-11.
  3. Programmes et ressources en mathématiques — voie générale et technologique, Éduscol — Ministère de l’Éducation nationale, consulté le 2026-08-11.
  4. Programme de spécialité de mathématiques de première générale 2019, Ministère de l’Éducation nationale, consulté le 2026-08-11.
  5. Derivatives and the Shape of a Graph, OpenStax — Rice University, consulté le 2026-08-11.
  6. Maxima and Minima, OpenStax — Rice University, consulté le 2026-08-11.
  7. Applied Optimization Problems, OpenStax — Rice University, consulté le 2026-08-11.
  8. Newton’s Method, OpenStax — Rice University, consulté le 2026-08-11.

Tu sais maintenant transformer le signe d’une dérivée en décisions sur toute une courbe

Poursuis avec la fonction exponentielle.

Le prochain chapitre étudie une fonction dont la dérivée est elle-même et relie modèles continus et évolutions géométriques.

  • Tableaux construits sans flèches devinées
  • Extremums et contraintes contrôlés
  • Progression enregistrée dans ton compte