Mathématiques · Première générale

Comment le mot « sachant » change‑t‑il le calcul d’une probabilité ?

Cours interactif de Première spécialité sur conditionnement, arbres, tableaux, probabilités totales, indépendance et répétitions de Bernoulli.

  1. Comprendre
  2. Mettre en pratique
  3. Vérifier
  4. Mémoriser
  • 8activités interactives
  • 8questions de quiz
  • 6cartes de révision
  • 8sources citées

Ce que tu vas savoir faire

  • Identifier la population de référence dans une probabilité conditionnelle.
  • Calculer deux conditionnements inverses dans un tableau croisé.
  • Lire et compléter un arbre pondéré puis calculer une probabilité de chemin.
  • Utiliser une partition et la formule des probabilités totales.
  • Tester l’indépendance de deux événements sans la confondre avec l’incompatibilité.
  • Remonter d’un résultat observé vers une cause possible en changeant explicitement de dénominateur.
  • Représenter la succession de deux épreuves indépendantes par un arbre ou un tableau.
  • Calculer une probabilité lors de la répétition de deux à quatre épreuves de Bernoulli indépendantes.

Vérifie tes prérequis

  • Calculer une proportion, une intersection et un complémentaire.
  • Lire un tableau croisé d’effectifs ou de fréquences.
  • Multiplier et additionner des nombres décimaux ou des fractions.
Le chapitre en bref

Conditionner par A signifie que l’on sait A réalisé : A devient le nouvel univers. Si P(A)>0, PA(B)=P(A∩B)P(A). Dans un arbre, une branche de second niveau porte donc une probabilité conditionnelle ; on multiplie les branches d’un chemin pour obtenir une intersection et on additionne des chemins incompatibles. Une partition décompose l’univers et donne les probabilités totales. A et B sont indépendants lorsque P(A∩B)=P(A)P(B) : savoir A ne modifie alors pas la probabilité de B. Cela ne signifie pas qu’ils sont incompatibles. Pour des épreuves de Bernoulli répétées indépendamment, chaque chemin est un produit de p et de 1−p, puis on additionne les chemins correspondant à l’événement demandé.

1. Quel ensemble devient le nouvel univers quand on dit « sachant A » ?

La notation PA(B) se lit « probabilité de B sachant A ». On ne regarde plus toutes les issues, seulement celles de A. Si P(A)>0, PA(B)=P(A∩B)P(A). Le dénominateur est la condition ; le numérateur est la partie qui vérifie à la fois A et B.

Dans une population équiprobable, la formule devient PA(B)=Card(A∩B)Card(A). Si A est impossible, P(A)=0 et ce conditionnement n’est pas défini. Lis la phrase de gauche à droite : parmi les A, quelle part est aussi B ?

Quel groupe devient le nouvel univers ?

Parmi les 40 élèves musiciens, 10 chantentA = « musicien » : 40A∩B = « musicien et chanteur » : 10Pₐ(B)=10/40=0,25

Le mot « parmi » fixe le dénominateur : on ne divise plus par toute la population.

2. Pourquoi deux conditionnements inverses donnent-ils rarement le même résultat ?

Dans un tableau, PA(B) et PB(A) utilisent la même case d’intersection mais pas le même total. Exemple : 60 élèves pratiquent un sport, 40 jouent d’un instrument et 24 font les deux. Alors PA(B)=2460=0,4 si A signifie sport, tandis que PB(A)=2440=0,6.

Une phrase comme « 40 % des sportifs sont musiciens » ne permet donc pas de conclure que 40 % des musiciens sont sportifs. Avant tout calcul, entoure le groupe introduit par « parmi » ou « sachant » et prends son total comme dénominateur.

Même case commune → deux populations de référence

Quel total doit rester au dénominateur ?

Sportifs60Sport et musique24Quotient2460Résultat0,4

Parmi les sportifs, 40 % pratiquent aussi la musique.

3. Que représente exactement chaque branche d’un arbre pondéré ?

Au premier niveau, les branches portent des probabilités comme P(A). Après A, la branche vers B porte PA(B), pas nécessairement P(B). Le chemin « A puis B » représente l’intersection A∩B et vérifie P(A∩B)=P(A)PA(B).

À chaque nœud, la somme des probabilités des branches sortantes vaut 1. Pour un événement réalisé par plusieurs chemins incompatibles, calcule chaque produit puis additionne. Cette règle de somme ne s’applique qu’après avoir identifié des chemins qui ne peuvent pas se réaliser simultanément.

Que signifie chaque branche de l’arbre ?

P(A)=0,30Pₐ(B)=0,80A puis B : 0,30×0,80P(A∩B)=0,24

On multiplie le long d’un chemin parce que la seconde branche est conditionnée par la première.

4. Comment une partition reconstitue-t-elle une probabilité globale ?

Une partition de l’univers est une famille d’événements incompatibles dont la réunion est l’univers. Avec A et son complémentaire Ā, l’événement B se décompose en (A∩B)∪(Ā∩B). Les deux morceaux sont incompatibles.

On obtient P(B)=P(A)PA(B)+P(Ā)PĀ(B). Dans un arbre, cela revient à additionner tous les chemins qui se terminent en B. Avant d’utiliser la formule, vérifie toujours que les événements de départ couvrent bien tout l’univers sans recouvrement.

Couvrir → séparer → pondérer → sommer

La famille de départ forme-t-elle vraiment une partition ?

CouvertureA∪Ā=ΩRecouvrementA∩Ā=∅Chemins vers BdeuxSommeP(A)PA(B)+P(Ā)PĀ(B)

Le complémentaire construit automatiquement une partition à deux branches.

5. Comment tester l’indépendance sans la confondre avec l’incompatibilité ?

A et B sont indépendants si P(A∩B)=P(A)P(B). Si P(A)>0, cela équivaut à PA(B)=P(B) : savoir A ne change pas la probabilité de B. Il suffit de comparer les deux membres avec des valeurs calculées, pas d’invoquer une ressemblance dans un tableau.

Des événements incompatibles vérifient P(A∩B)=0. S’ils ont tous deux une probabilité strictement positive, alors P(A)P(B)>0 : ils ne sont donc pas indépendants. Incompatibilité signifie « jamais ensemble » ; indépendance signifie « l’information sur l’un ne modifie pas l’autre ».

Intersection observée ↔ produit attendu

Quel test sépare indépendance et incompatibilité ?

Probabilité de A0,5Probabilité de B0,4Produit0,20Intersection0,20

L’égalité au produit valide l’indépendance dans le modèle.

6. Comment remonter d’un résultat observé vers une cause possible ?

Dans un dépistage, PM(T) — test positif sachant malade — n’est pas PT(M) — malade sachant test positif. Pour la seconde question, le nouvel univers est l’ensemble de tous les tests positifs, vrais et faux positifs réunis.

Avec 100 malades dont 90 positifs et 900 non-malades dont 45 positifs, il y a 135 tests positifs. Donc PT(M)=90135=23, alors que PM(T)=90100=0,9. Le tableau ou l’arbre rend visible le changement de population de référence.

Quelle population la question regarde-t-elle ?

Malades : 100 dont 90 tests positifsNon-malades : 900 dont 45 tests positifsParmi les tests positifs : 90 sur 135 sont maladesPₚ(M)=90/135≈0,667

Une sensibilité de 90 % ne signifie pas que 90 % des personnes positives sont malades : le dénominateur a changé.

7. Comment représenter deux épreuves indépendantes successives ?

Si une épreuve de Bernoulli a une probabilité de succès p et si deux répétitions sont indépendantes, chaque second niveau de l’arbre porte encore p pour S et 1−p pour S̄. Les quatre chemins sont SS, SS̄, S̄S et S̄S̄.

Avec p=0,3, la probabilité d’exactement un succès vaut 0,3×0,7+0,7×0,3=0,42. L’ordre crée deux chemins distincts. L’indépendance est une hypothèse du modèle : elle doit être donnée ou justifiée, pas déduite du simple fait que les épreuves se succèdent.

Deux essais indépendants → quatre chemins

Quels chemins donnent exactement un succès ?

Chemin 1S S̄Chemin 2S̄ SProduitsp(1−p) deux foisTotal2p(1−p)

Les deux ordres sont incompatibles et doivent être additionnés.

8. Comment calculer sans oublier de chemin jusqu’à quatre épreuves ?

Pour n épreuves de Bernoulli indépendantes et identiques, un chemin contenant k succès et n−k échecs a pour probabilité le produit de k facteurs p et de n−k facteurs 1−p. Pour n≤4, on peut dresser l’arbre ou la liste des chemins sans formule générale exigée.

Avec trois lancers indépendants d’une pièce équilibrée, exactement deux succès correspond à SST, STS et TSS. Chaque chemin vaut 18, donc la probabilité vaut 38. Une simulation peut contrôler l’ordre de grandeur et montrer la fluctuation des fréquences ; elle ne remplace pas le calcul exact ni la justification de l’indépendance.

Motif demandé → chemins → produits → somme

Comment lister sans perdre un chemin ?

CheminsSST · STS · TSSChaque cheminp2(1−p)Nombre3Total3p2(1−p)

La position de l’unique échec crée trois chemins distincts.

Erreurs fréquentes

L'essentiel à mémoriser

  • La condition devient le nouvel univers.
  • Inverser le conditionnement change le dénominateur.
  • Un chemin se calcule par produit.
  • Une partition permet une somme totale.
  • Indépendance et incompatibilité sont distinctes.
  • Une probabilité inverse reconstruit sa propre population.
  • Deux essais indépendants créent quatre chemins.
  • Jusqu’à quatre essais, lister les chemins sécurise le calcul.

Vérifier sa compréhension

Réponds aux 8 questions. Ton score et les réponses justes ou fausses apparaissent immédiatement.

1. Si P(A)>0, quelle formule définit PA(B) ?
2. 24 élèves sont sportifs et musiciens, 60 sont sportifs. Que vaut la probabilité d’être musicien sachant sportif ?
3. Dans un arbre, que vaut le chemin A puis B ?
4. Avec la partition A, Ā, quelle formule donne P(B) ?
5. Quel calcul teste l’indépendance de A et B ?
6. Deux événements incompatibles de probabilités strictement positives sont-ils indépendants ?
7. 90 tests positifs sur 100 malades et 45 sur 900 non-malades : parmi les tests positifs, quelle part est malade ?
8. Trois lancers indépendants d’une pièce équilibrée : probabilité d’exactement deux faces ?

Réviser au bon moment

Révèle chaque réponse, puis indique la difficulté de ton rappel pour programmer la prochaine révision dans ce navigateur.

Formule de PA(B) ?

Prochaine révision : à programmer

Probabilité du chemin A puis B ?

Prochaine révision : à programmer

Probabilité totale avec A et Ā ?

Prochaine révision : à programmer

Critère d’indépendance ?

Prochaine révision : à programmer

Incompatibles ou indépendants ?

Prochaine révision : à programmer

Probabilité d’un chemin de Bernoulli ?

Prochaine révision : à programmer

Poursuivre le parcours

Sources et traçabilité

Dernière vérification : 2026-08-12

  1. Programme d’enseignement de spécialité de mathématiques de la classe de première de la voie générale, Ministère de l’Éducation nationale, consulté le 2026-08-11.
  2. Annexe — Programme de spécialité de mathématiques de première générale 2026, Ministère de l’Éducation nationale, consulté le 2026-08-11.
  3. Programmes et ressources en mathématiques — voie générale et technologique, Éduscol — Ministère de l’Éducation nationale, consulté le 2026-08-11.
  4. Programme de spécialité de mathématiques de première générale 2019, Ministère de l’Éducation nationale, consulté le 2026-08-11.
  5. Independent and Mutually Exclusive Events, OpenStax — Rice University, consulté le 2026-08-11.
  6. Two Basic Rules of Probability, OpenStax — Rice University, consulté le 2026-08-11.
  7. Contingency Tables, OpenStax — Rice University, consulté le 2026-08-11.
  8. Thomas Bayes, MacTutor History of Mathematics — University of St Andrews, consulté le 2026-08-11.

Tu sais maintenant contrôler le dénominateur, les chemins et l’hypothèse d’indépendance

Poursuis avec les variables aléatoires.

Le prochain chapitre associe une valeur numérique aux issues et étudie sa loi, son espérance et sa dispersion.

  • Dénominateurs explicités
  • Arbres et tableaux reliés
  • Progression enregistrée dans ton compte