Objectifs du parcours
Ce que tu vas savoir faire
- Délimiter les propositions sans compter mécaniquement chaque forme verbale.
- Distinguer juxtaposition, coordination et subordination par des indices syntaxiques.
- Interpréter la relation logique sans la confondre avec l’outil de liaison.
- Identifier la fonction occupée par une proposition subordonnée.
- Distinguer pronom relatif, conjonction et mot interrogatif.
- Réécrire une phrase complexe en conservant ou en modifiant explicitement sa relation de sens.
Le chapitre en bref
Commence par repérer les noyaux verbaux et les groupes sujets : un temps composé ne compte qu’un noyau, tandis qu’un infinitif n’ouvre pas automatiquement une proposition. Observe ensuite l’articulation. Deux propositions sur le même plan sont juxtaposées par un signe de ponctuation ou coordonnées par une conjonction ; une subordonnée est incluse dans une autre proposition et y remplit une fonction. Sépare enfin structure et sens : et coordonne syntaxiquement, mais peut suggérer addition, succession ou conséquence ; cependant relie logiquement deux propositions juxtaposées sans devenir une conjonction. Pour classer une subordonnée, cherche sa fonction et le rôle de son introducteur : qui reprend un antécédent et possède une fonction ; que conjonction ne remplace rien. Une bonne analyse peut être prouvée par suppression, déplacement, substitution ou changement de connecteur.
1. Combien de propositions la phrase contient-elle réellement ?
Une phrase complexe contient au moins deux propositions. Dans le modèle scolaire, chaque proposition s’organise autour d’un groupe sujet et d’un groupe verbal, auxquels peuvent s’ajouter des compléments. Commence par repérer les noyaux verbaux et leur sujet. Dans Elle a compris et elle répond, a compris forme un seul noyau verbal composé ; répond en forme un second.
Toutes les formes verbales ne délimitent pas seules une proposition. Dans Elle veut partir, partir complète veut sans sujet propre distinct : on n’isole pas automatiquement une proposition infinitive. Dans Elle regarde les enfants partir, les enfants est le sujet de partir : la construction contient une proposition infinitive. Les formes participiales demandent le même contrôle : la nuit tombée, les rues se vident contient le sujet propre la nuit.
2. Les propositions sont-elles côte à côte ou l’une dans l’autre ?
La juxtaposition place deux propositions sur le même plan et les relie par une virgule, un point-virgule ou deux-points : le ciel baisse ; la ville s’allume. La coordination emploie une conjonction comme mais, ou, et, donc, or, ni, car : le ciel baisse et la ville s’allume. Dans les deux cas, les propositions conservent le même niveau syntaxique.
La subordination inclut une proposition dans une autre : je vois que la ville s’allume. La subordonnée que la ville s’allume appartient au groupe verbal de vois et en est complément. Un adverbe comme cependant, ensuite ou pourtant peut expliciter le lien logique après une ponctuation, mais il ne transforme pas la juxtaposition en coordination grammaticale.
3. Le connecteur suffit-il à nommer la relation logique ?
La relation syntaxique et la relation sémantique ne se superposent pas toujours. Et coordonne dans Il ouvre la fenêtre et l’air entre ; le contexte permet d’y lire une succession, voire une conséquence. Dans Il est petit et il est solide, la même conjonction soutient un contraste proche de mais. La ponctuation peut, elle aussi, laisser le lecteur reconstruire cause, conséquence, explication ou opposition.
Pour interpréter, remplace le connecteur et observe ce qui change. Car présente la seconde proposition comme justification ; donc comme conséquence ; mais comme opposition ; ou comme alternative. Le remplacement doit respecter le sens du passage : il révèle une hypothèse de relation, non une traduction automatique du mot de liaison.
4. Quelle place une subordonnée occupe-t-elle dans la proposition principale ?
Une subordonnée n’est pas classée seulement par son premier mot. Demande quelle fonction l’ensemble remplit. Dans Je pense qu’il viendra, la conjonctive est complément du verbe pense. Dans Qu’il refuse m’étonne, la même famille de proposition est sujet de m’étonne. Dans Je me demande s’il viendra, l’interrogative indirecte complète demande et conserve le contenu d’une question.
Les subordonnées circonstancielles peuvent être déplacées ou supprimées plus facilement dans de nombreux contextes : Quand la nuit tombe, la ville s’allume. Une relative dépend d’un nom ou d’un pronom ; une infinitive ou une participiale exige un sujet propre. Fonction, mode d’introduction et structure interne doivent donc être croisés.
5. Que fait exactement le mot qui introduit la subordonnée ?
Le pronom relatif reprend un antécédent et remplit une fonction dans la relative. Dans Le livre que tu lis me plaît, que reprend livre et est complément direct de lis. La conjonction que n’a pas de fonction dans la subordonnée : Je crois que tu lis ; le complément direct de lis n’est pas que mais peut rester absent selon le verbe et le contexte.
Un mot interrogatif introduit une interrogative indirecte tout en gardant un rôle dans la question transposée : Je demande qui vient ; qui est sujet de vient. Cherche donc successivement un antécédent, une fonction interne et le type de phrase source. Cette méthode évite de classer tous les que et tous les qui dans la même catégorie.
6. Comment réécrire sans fausser la relation entre les idées ?
Transformer deux phrases simples en phrase complexe oblige à choisir une relation. Il pleut. Nous sortons peut devenir Il pleut, mais nous sortons, Même s’il pleut, nous sortons ou Il pleut ; pourtant, nous sortons. Les trois versions maintiennent un contraste, mais elles ne donnent ni le même relief ni la même hiérarchie aux propositions.
À l’inverse, déplier une phrase complexe permet de vérifier sa structure. Parce qu’il pleut, nous restons devient Il pleut ; pour cette raison, nous restons. La réécriture n’est valable que si elle conserve les acteurs, le temps, la modalité et la relation visée. En écriture, varie les architectures pour régler rythme et hiérarchie, pas pour allonger artificiellement les phrases.
Erreurs fréquentes
L'essentiel à mémoriser
- Propositions prouvées.
- Trois articulations.
- Syntaxe ≠ logique.
- Fonction de la subordonnée.
- Introducteur analysé.
- Réécriture contrôlée.
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Sources et traçabilité
Dernière vérification : 2026-08-12
- Programme de français de seconde générale et technologique, version consolidée, Éduscol — Ministère de l’Éducation nationale, consulté le 2026-08-08.
- La grammaire du français — Terminologie grammaticale, Éduscol — Ministère de l’Éducation nationale, consulté le 2026-08-08.
- Les propositions subordonnées conjonctives, Éduscol, consulté le 2026-08-08.
- Test de positionnement de début de Seconde — Français 2024, Éduscol, consulté le 2026-08-08.
- Programmes et ressources en français — voie générale et technologique, Éduscol, consulté le 2026-08-08.