Ce que tu vas savoir faire
- Distinguer forme verbale et valeur en contexte.
- Situer un procès par rapport au moment d’énonciation ou à un autre repère.
- Analyser aspect grammatical et déroulement lexical du procès.
- Distinguer mode et valeur modale.
- Expliquer le rôle des temps dans l’organisation d’un récit.
- Maintenir les relations temporelles lors d’un changement de repère ou de discours.
Avant de commencer
- Identifier les principales formes de l’indicatif, du subjonctif, du conditionnel, de l’impératif et de l’infinitif.
- Distinguer phrase simple, principale et subordonnée.
- Reconnaître discours direct et discours indirect.
Le chapitre en bref
Une forme verbale ne donne pas à elle seule une date et une attitude. Identifie d’abord son mode, son temps, sa personne et sa forme simple ou composée. Repère ensuite le point depuis lequel le procès est situé : dans Demain, il part, le présent renvoie au futur grâce à demain ; dans Il disait qu’il partirait, le conditionnel situe un départ postérieur à un repère passé. Observe l’aspect : l’imparfait ouvre souvent le procès de l’intérieur, tandis qu’un temps composé le présente comme accompli par rapport à un repère. Distingue enfin mode et modalité : Il viendrait peut être un futur dans le passé, une information non confirmée ou une hypothèse. La concordance ne consiste donc pas à remplacer automatiquement un temps : elle maintient antériorité, simultanéité ou postériorité quand le repère change.
1. Quelles coordonnées porte une forme verbale ?
Une forme conjuguée combine un radical et des marques de personne, de nombre, de temps, de mode et parfois d’aspect. Avait terminé est à l’indicatif plus-que-parfait, troisième personne du singulier, forme composée ; partirait est au conditionnel présent, troisième personne du singulier. Cette identification morphologique est nécessaire, mais elle ne suffit pas à interpréter.
Le contexte construit la valeur. Un présent peut coïncider avec la parole, exprimer une habitude, une vérité générale, raconter un événement passé ou annoncer un futur programmé. Sépare donc la fiche d’identité de la forme et l’emploi qu’elle reçoit dans cette phrase.
Quelle fiche d’identité sépares-tu de la valeur ?
La morphologie fournit des coordonnées ; le contexte construit l’interprétation.
2. Depuis quel repère le procès est-il situé ?
Le moment d’énonciation sert souvent de repère : hier place avant, maintenant autour, demain après. Mais un récit installe d’autres centres temporels. Dans Il promet qu’il viendra, viendra est postérieur au moment de la promesse et au présent du locuteur ; dans Il promettait qu’il viendrait, viendrait est postérieur à la promesse passée sans garantir que la venue soit encore future au moment où nous parlons.
Les compléments temporels, le genre de discours et les verbes voisins contribuent au repérage. Demain, je pars emploie un présent à valeur future ; En 1789, la foule prend la Bastille emploie un présent historique. N’associe donc jamais mécaniquement présent et moment présent.
Où places-tu le procès depuis son repère ?
Le plus-que-parfait combine antériorité et accomplissement relatifs.
3. Le procès est-il vu de l’intérieur, borné ou déjà accompli ?
L’aspect décrit la manière de présenter le déroulement. L’imparfait montre souvent un procès sans borne finale visible : la pluie tombait. Le passé simple ou le passé composé peut saisir un événement borné : la porte s’ouvrit ; la porte s’est ouverte. Une forme composée présente généralement le procès comme accompli relativement à un repère : à midi, elle avait terminé.
Le sens du verbe compte aussi. Savoir décrit spontanément un état ; courir une activité ; écrire une lettre tend vers un résultat ; reconnaître peut désigner un changement ponctuel. Les compléments modifient ce profil : il a couru pendant une heure borne une activité. Le futur simple n’est pas accompli parce que l’événement sera fini un jour ; à son repère, il est seulement présenté comme à venir.
Quel cadrage appliques-tu au procès ?
L’aspect est un point de vue sur le déroulement, pas la durée réelle mesurée.
4. Mode grammatical et modalité disent-ils la même chose ?
Le mode est une catégorie grammaticale ; la modalité exprime la position du locuteur envers son propos : certitude, possibilité, obligation, souhait, distance, ordre ou information rapportée. L’indicatif ne garantit pas le réel : Je crois qu’il est parti peut rester incertain, et le récit de fiction emploie l’indicatif sans devenir un compte rendu factuel.
Le conditionnel montre particulièrement la différence. Il partirait le lendemain situe parfois un futur par rapport à un passé : valeur temporelle. Selon la presse, il partirait demain marque une information non confirmée : valeur modale. Il partirait s’il pouvait exprime une hypothèse. Politesse et atténuation apparaissent dans Je voudrais un renseignement. La phrase entière décide.
Vers quelle valeur le conditionnel s’oriente-t-il ?
Il disait qu’il partirait le lendemain.
Le conditionnel reçoit ici une valeur temporelle de postériorité.
5. Comment les temps organisent-ils la perspective d’un récit ?
Les temps ne placent pas seulement les événements ; ils les hiérarchisent. Dans La rue était vide quand une fenêtre s’ouvrit, l’imparfait installe un cadre non borné et le passé simple fait avancer l’action. Le plus-que-parfait ouvre un retour antérieur : quelqu’un avait laissé une lampe. Un présent de narration peut rapprocher une scène, à condition de suivre les changements de système.
Premier plan et arrière-plan sont des effets fréquents, non des définitions absolues. Un imparfait peut devenir événementiel, exprimer une habitude ou atténuer une demande ; un passé simple peut résumer une longue période. Vérifie toujours les bornes, les connecteurs, le type de procès et la progression du passage.
Quelle couche du récit mets-tu au premier plan ?
Les deux temps composent une perspective au lieu de seulement dater deux faits.
6. Comment changer de repère sans dérégler la chronologie ?
La concordance maintient les relations entre procès. Avec un verbe principal au présent, Il dit qu’il vient, qu’il est venu, qu’il viendra expriment simultanéité, antériorité et postériorité. Si le repère passe au passé, Il disait qu’il venait, qu’il était venu, qu’il viendrait conserve ces trois relations. Le conditionnel fonctionne alors comme futur dans le passé.
Ce schéma n’est pas une règle de remplacement aveugle. Une vérité toujours valable peut rester au présent : Galilée a montré que la Terre tourne. Au subjonctif contemporain, présent et passé sont très fréquents même après une principale au passé : je voulais qu’il vienne, je regrettais qu’il soit parti ; qu’il vînt et qu’il fût parti relèvent surtout d’un registre littéraire soutenu. Choisis selon relation temporelle, sens, discours et registre.
Quelle relation conserves-tu quand le repère change ?
La concordance conserve une relation temporelle, pas une simple ressemblance de formes.
Erreurs fréquentes
L'essentiel à mémoriser
- Forme avant valeur.
- Repère avant date.
- Aspect = point de vue.
- Mode ≠ modalité.
- Temps du récit en système.
- Concordance = relations conservées.
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Forme ou valeur ?
Identifie mode, temps, personne et aspect ; interprète ensuite l’emploi en contexte.
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Repère temporel ?
Moment depuis lequel le procès est situé avant, pendant ou après.
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Aspect ?
Manière de présenter déroulement, borne ou accomplissement du procès.
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Mode ou modalité ?
Catégorie grammaticale ou attitude du locuteur envers son propos.
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Temps du récit ?
Un système qui organise cadre, événements, retours, distance et progression.
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Concordance ?
Maintenir antériorité, simultanéité ou postériorité quand le repère change.
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Poursuivre le parcours
- Avant Comment accorder sans se laisser tromper par les mots voisins ?
- Tu es ici Comment lire le temps, l’aspect et le point de vue d’un verbe ?
- Ensuite Comment relier des propositions sans perdre la structure ni le sens ? Disponible avec l'accès complet
Sources et traçabilité
Dernière vérification : 2026-08-08
- Programme de français de seconde générale et technologique, version consolidée, Éduscol — Ministère de l’Éducation nationale — consulté le 2026-08-08.
- La grammaire du français — Terminologie grammaticale, Éduscol — Ministère de l’Éducation nationale — consulté le 2026-08-08.
- Le conditionnel et le futur : valeurs temporelles et valeurs modales, Éduscol — consulté le 2026-08-08.
- Programmes et ressources en français — voie générale et technologique, Éduscol — consulté le 2026-08-08.