Objectifs du parcours
Ce que tu vas savoir faire
- Expliquer les innovations du traité de Maastricht.
- Distinguer les rôles du Conseil européen, du Conseil, de la Commission et du Parlement.
- Situer l'euro et l'espace Schengen sans les confondre avec l'UE entière.
- Analyser les élargissements de 1995, 2004 et suivants.
- Expliquer les rejets du projet constitutionnel et le traité de Lisbonne.
- Caractériser les crises de la zone euro et le Brexit.
Le chapitre en bref
Le traité de Maastricht, signé en 1992, crée l'Union européenne, prépare la monnaie unique et étend les coopérations. L'euro est introduit comme monnaie scripturale en 1999 et sous forme de billets et pièces en 2002. Les élargissements, surtout celui de 2004, réunifient politiquement une partie du continent mais accroissent sa diversité. Les rejets du traité constitutionnel en 2005, la crise de la zone euro, les migrations, l'État de droit et le Brexit montrent les contestations de l'intégration. L'Union reste un système politique original fondé sur des compétences partagées entre États et institutions communes.
1. Maastricht transforme la Communauté en Union
Signé le 7 février 1992 et entré en vigueur en 1993, le traité de Maastricht crée l'Union européenne. Il prépare l'Union économique et monétaire, institue une citoyenneté européenne et élargit les coopérations en matière de politique extérieure et de justice. En France, le référendum de septembre 1992 l'approuve de peu.
Le principe de subsidiarité affirme que l'Union intervient lorsqu'un objectif est mieux atteint à son échelle. Il ne donne pas une réponse automatique : l'attribution des compétences résulte des traités et alimente les débats sur la souveraineté.
À observerObserve l’épaisseur et l’organisation du traité : pourquoi l’approfondissement européen ne se réduit-il pas à la création de l’euro ?
Un exemplaire du traité de Maastricht signé en 1992 La photographie actuelle montre le traité devenu objet patrimonial. Pour en saisir la portée, il faut revenir à ses dispositions et à sa ratification.
Notice du fichier · User:Mateus2019 · CC BY 2.0 de.
2. Comment l'Union prend-elle ses décisions ?
Le Conseil européen réunit les chefs d'État ou de gouvernement et fixe les grandes orientations. La Commission propose de nombreux textes et veille à l'application du droit. Le Parlement européen, élu au suffrage universel direct, et le Conseil de l'Union européenne, qui réunit les ministres nationaux, adoptent ensemble une grande partie de la législation.
La Cour de justice contrôle l'interprétation du droit ; la Banque centrale européenne conduit la politique monétaire de la zone euro. Parler de « Bruxelles » comme d'un acteur unique masque donc les propositions de la Commission, les votes des gouvernements et du Parlement, ainsi que les domaines conservés par les États.
3. Euro et Schengen : des intégrations différenciées
L'euro devient monnaie scripturale en 1999 puis circule en billets et pièces en 2002. La Banque centrale européenne fixe une politique monétaire commune, tandis que budgets et fiscalités restent largement nationaux sous des règles communes. Cette dissymétrie apparaît fortement pendant les crises.
Les accords de Schengen suppriment les contrôles aux frontières intérieures entre les pays participants et renforcent la coopération aux frontières extérieures. Tous les membres de l'UE n'appartiennent pas nécessairement à la zone euro ou à Schengen, et certains pays non membres participent à Schengen. L'intégration est donc différenciée.
4. Les élargissements réunifient et diversifient le continent
L'Autriche, la Finlande et la Suède adhèrent en 1995. En 2004, dix pays rejoignent l'Union, dont huit anciens États communistes d'Europe centrale et orientale ; Bulgarie et Roumanie suivent en 2007, puis Croatie en 2013. L'élargissement ancre des transitions démocratiques et étend le marché commun.
Les candidats doivent reprendre l'acquis communautaire et satisfaire des critères politiques et économiques. Les écarts de richesse, la circulation des travailleurs, le financement de la cohésion et le respect de l'État de droit deviennent des enjeux centraux. L'élargissement est donc une politique de puissance et de solidarité autant qu'un défi institutionnel.
À observerCompare les vagues d’adhésion et l’extension vers l’est en 2004 : pourquoi l’élargissement réunit-il le continent tout en diversifiant l’Union ?
Les élargissements successifs de la construction européenne La carte statique associe chaque couleur à une vague d’adhésion. Elle rend une chronologie spatiale visible sans transformer l’Union en ensemble homogène.
Notice du fichier · Crissov · CC BY-SA 4.0.
5. Du projet de Constitution au traité de Lisbonne
Le traité établissant une Constitution pour l'Europe est signé en 2004, puis rejeté par référendum en France et aux Pays-Bas en 2005. Les votes mêlent critiques sociales, souverainistes, institutionnelles et nationales ; le « non » n'a donc pas une signification unique.
Le traité de Lisbonne, signé en 2007 et entré en vigueur en 2009, reprend plusieurs réformes institutionnelles sans prendre la forme constitutionnelle du texte rejeté. Il renforce notamment la codécision et stabilise la présidence du Conseil européen. Son adoption parlementaire en France nourrit cependant le débat sur la légitimité du processus.
6. Crises de la zone euro, migrations et Brexit
Après 2008, la crise des dettes souveraines révèle les fragilités d'une monnaie commune sans budget fédéral comparable. Les plans d'aide sont accompagnés de conditions contestées. L'arrivée de nombreux demandeurs d'asile en 2015 met à l'épreuve Schengen et la solidarité entre États.
Au Royaume-Uni, le référendum du 23 juin 2016 donne une majorité au retrait. Après négociation, le pays quitte l'Union le 31 janvier 2020. Le Brexit montre qu'une intégration est réversible, mais aussi le coût juridique et économique de la désintégration. Les réponses communes à la pandémie et à la guerre en Ukraine montrent parallèlement de nouvelles capacités d'action.
Erreurs fréquentes
L'essentiel à mémoriser
- Maastricht crée l'Union européenne et approfondit ses compétences.
- La décision européenne associe institutions communes et gouvernements nationaux.
- UE, zone euro et Schengen ont des périmètres différents.
- Les élargissements renforcent et diversifient l'Union.
- Les rejets de 2005 révèlent une crise de légitimité politique.
- Le Brexit montre la réversibilité et le coût d'une sortie de l'intégration.
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Sources et traçabilité
Dernière vérification : 2026-08-13
- Programme d'histoire-géographie de Terminale générale, Ministère de l'Éducation nationale, consulté le 2026-08-12.
- Programmes et ressources en histoire-géographie, voie GT, Éduscol, consulté le 2026-08-12.
- Traité sur l'Union européenne, EUR-Lex, consulté le 2026-08-12.