Objectifs du parcours
Ce que tu vas savoir faire
- Expliquer les effets du quinquennat sur la Ve République.
- Distinguer décentralisation et déconcentration.
- Suivre la parité du principe constitutionnel aux résultats.
- Analyser les évolutions du Code civil et de la famille.
- Définir juridiquement la laïcité.
- Caractériser les tensions entre citoyenneté, participation et représentation.
Le chapitre en bref
La Ve République demeure un régime à exécutif fort, mais le quinquennat et l'inversion du calendrier électoral renforcent depuis 2002 la présidentialisation. La décentralisation transfère des compétences aux collectivités tout en maintenant un État unitaire. La révision constitutionnelle de 1999 et les lois de 2000 favorisent la parité en politique. PACS, ouverture du mariage aux couples de même sexe et nouvelles formes de filiation font évoluer le Code civil. La laïcité, les discriminations et la participation civique restent des objets de débat, car l'affirmation des principes ne garantit pas seule leur effectivité.
1. La Ve République entre cohabitations et quinquennat
Les cohabitations de 1986-1988, 1993-1995 et 1997-2002 montrent qu'en l'absence de majorité présidentielle, le Premier ministre conduit la politique du gouvernement avec le soutien de l'Assemblée. Le référendum de 2000 réduit le mandat présidentiel à cinq ans.
Depuis 2002, l'élection législative suit l'élection présidentielle, ce qui favorise une majorité accordée au président et renforce la présidentialisation. Cette tendance est politique autant que juridique : la Constitution conserve un gouvernement responsable devant l'Assemblée.
À observerObserve la place du gouvernement, de la tribune et des députés : comment l’architecture rend-elle visibles discussion, majorité et contrôle politique ?
L’hémicycle de l’Assemblée nationale au Palais Bourbon La vue actuelle du Palais Bourbon permet une lecture institutionnelle de l’espace. Le fonctionnement de la Ve République dépend aussi des règles constitutionnelles et des rapports politiques.
Notice du fichier · Sunala · CC BY-SA 3.0.
2. L'approfondissement de la décentralisation
Les lois de 1982-1983 avaient transféré des compétences aux communes, départements et régions. La révision constitutionnelle de 2003 affirme que l'organisation de la République est décentralisée et ouvre des possibilités d'expérimentation. De nouveaux transferts concernent notamment transports, action sociale, lycées ou développement économique selon les niveaux.
La décentralisation confie des décisions à des collectivités élues ; la déconcentration confie l'action locale à des représentants de l'État. L'autonomie locale reste encadrée par la Constitution, la loi, les ressources disponibles et le contrôle de légalité. La France demeure un État unitaire.
À observerObserve l’emboîtement des régions et des départements : comment cette carte aide-t-elle à comprendre la décentralisation sans montrer la répartition exacte des compétences ?
Régions et départements français dans l’organisation territoriale actuelle Cette carte contemporaine sert de repère institutionnel. Elle ne doit pas faire croire que les frontières administratives suffisent à expliquer les pouvoirs locaux.
Notice du fichier · Superbenjamin · CC BY-SA 4.0.
3. La parité, du principe aux applications
Malgré le droit de vote acquis en 1944, les femmes restent longtemps très minoritaires parmi les élus. La révision constitutionnelle du 8 juillet 1999 permet à la loi de favoriser l'égal accès des femmes et des hommes aux mandats et fonctions électives. Les lois de 2000 imposent des règles variables selon les scrutins et prévoient des retenues financières pour certains partis.
La progression est forte dans les assemblées élues au scrutin de liste paritaire, plus lente pour les fonctions exécutives et les scrutins uninominaux. La parité ne se confond ni avec la représentation de toutes les femmes ni avec l'égalité sociale, mais elle transforme les conditions de la compétition politique.
4. Le Code civil reconnaît de nouveaux couples et familles
Le pacte civil de solidarité, créé en 1999, offre un cadre juridique à deux personnes majeures, de sexe différent ou de même sexe. La loi du 17 mai 2013 ouvre le mariage et l'adoption aux couples de même sexe. Ces réformes suivent des mobilisations et de vifs débats parlementaires et sociaux.
Le Code civil évolue aussi sur l'autorité parentale, les filiations, le nom et les solidarités familiales. L'égalité juridique transforme les statuts sans faire disparaître les inégalités matérielles ni les oppositions. Une histoire des droits distingue revendication, vote, contrôle constitutionnel et application.
5. La laïcité : principe juridique et débats sociaux
La laïcité garantit la liberté de conscience, la neutralité de l'État et l'égalité des citoyens quelles que soient leurs convictions. Elle n'impose pas aux usagers ordinaires des services publics une neutralité générale identique à celle des agents.
La loi du 15 mars 2004 interdit dans les écoles, collèges et lycées publics les signes ou tenues manifestant ostensiblement une appartenance religieuse. D'autres espaces obéissent à d'autres règles. Les controverses exigent donc de préciser statut de la personne, lieu, mission et texte applicable plutôt que d'invoquer un principe sans cadre.
6. Représentation, participation et confiance démocratique
L'abstention progresse dans de nombreux scrutins, mais varie selon l'élection, l'âge et la position sociale. Référendums, manifestations, pétitions, associations, conventions citoyennes et mobilisations numériques diversifient la participation. Le vote reste central sans épuiser la citoyenneté.
La fragmentation du paysage partisan, les crises sociales, les demandes de représentation et la circulation de fausses informations alimentent la défiance. Les réponses institutionnelles peuvent accroître transparence et participation, mais leur efficacité dépend de leurs règles, de leur public et de la suite donnée aux contributions.
Erreurs fréquentes
L'essentiel à mémoriser
- Le quinquennat et le calendrier électoral renforcent la présidentialisation politique.
- La décentralisation transfère des compétences sans supprimer l'État unitaire.
- La parité progresse différemment selon les règles électorales et les fonctions.
- PACS et mariage pour tous étendent les droits civils et transforment le Code civil.
- La laïcité articule liberté de conscience, neutralité publique et égalité.
- La participation politique se diversifie mais reste socialement inégale.
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Sources et traçabilité
Dernière vérification : 2026-08-13
- Programme d'histoire-géographie de Terminale générale, Ministère de l'Éducation nationale, consulté le 2026-08-12.
- Programmes et ressources en histoire-géographie, voie GT, Éduscol, consulté le 2026-08-12.
- Constitution du 4 octobre 1958, Légifrance, consulté le 2026-08-12.