SVT · Première générale

Comment les ondes et la chaleur révèlent‑elles l’intérieur de la Terre ?

Cours interactif de Première SVT sur ondes P et S, zones d’ombre, modèle PREM, lithosphère, asthénosphère, géotherme et tomographie sismique.

  1. Comprendre
  2. Mettre en pratique
  3. Vérifier
  4. Mémoriser
  • 8activités interactives
  • 8questions de quiz
  • 6cartes de révision
  • 10sources citées

Ce que tu vas savoir faire

  • Lire les arrivées P, S et de surface sur un sismogramme sans confondre temps origine et temps de trajet.
  • Comprendre comment plusieurs stations et une base de données contraignent la localisation d’un séisme.
  • Relier réflexion, réfraction, vitesse et changement de matériau.
  • Expliquer ce que les zones d’ombre P et S indiquent sur l’état du noyau.
  • Lire les principaux changements de vitesse et de densité du modèle PREM.
  • Distinguer enveloppes chimiques et mécaniques, lithosphère cassante et asthénosphère ductile.
  • Calculer un gradient géothermique et tester la validité d’une extrapolation.
  • Interpréter prudemment une anomalie de tomographie par rapport à un modèle de référence.

Vérifie tes prérequis

  • Lire un graphique avec axes, unités et changements de pente.
  • Calculer une vitesse et un gradient comme variation d’une grandeur sur une distance.
  • Distinguer solide, liquide, rigide, cassant et ductile.
Le chapitre en bref

Un séisme produit des ondes dont les temps d’arrivée, trajets et vitesses dépendent des matériaux traversés. Des réseaux de stations, les réflexions et réfractions, les zones d’ombre et le modèle radial PREM permettent d’identifier croûte, manteau, noyau externe liquide et noyau interne solide, puis de distinguer lithosphère cassante et asthénosphère plus ductile. Les mesures de température montrent qu’un gradient de surface ne peut pas être prolongé linéairement jusqu’au centre : conduction et convection produisent des profils différents. Enfin, la tomographie cartographie de faibles écarts de vitesse au modèle moyen ; ils sont souvent compatibles avec des hétérogénéités thermiques, mais leur interprétation exige composition, fusion éventuelle et résolution.

1. Que mesure réellement une station sismologique ?

Un séisme correspond à une rupture brutale de roches soumises à des contraintes. Le point de départ en profondeur est l’hypocentre ; sa projection à la surface est l’épicentre. L’énergie libérée se propage sous forme d’ondes élastiques. Un sismomètre enregistre le mouvement du sol en fonction du temps : la trace obtenue est un sismogramme, pas un dessin direct de la faille ni du trajet dans le globe.

Les ondes P de compression arrivent généralement avant les ondes S de cisaillement, puis les ondes de surface. Le temps lu sur la trace est une heure d’arrivée. Le temps de trajet vaut ttrajet=tarrivée-torigine. L’amplitude ne donne pas seule la magnitude : distance, réponse instrumentale et propriétés du site interviennent. Une arrivée incertaine doit conserver une fenêtre et non une décimale fictive.

Source → instrument → arrivées → phase → temps → incertitude

Que peux-tu lire sur une trace sismique ?

originePSsurfaceheure enregistrée → phase pointée → temps de trajet → incertitude
Le temps origine appartient à la source, pas au début de la trace

Il est ajusté avec la localisation et doit être soustrait à l’heure d’arrivée pour obtenir un temps de trajet.

2. Comment une base de données transforme-t-elle des arrivées en localisation ?

Une fiche d’événement rassemble temps origine estimé, latitude, longitude, profondeur, magnitude, stations, phases et résidus. À une station, l’écart d’arrivée ΔtS-P=tS-tP augmente globalement avec la distance à la source dans un modèle donné. Une courbe de temps de trajet convertit cet écart en distance ; elle ne fournit pas à elle seule une direction.

Avec trois stations ou davantage, les distances possibles se croisent et contraignent l’épicentre. La profondeur et le temps origine sont ajustés avec l’ensemble des phases. Un résidu est la différence entre temps observé et temps calculé par le modèle : r=tobs-tcalc. Les localisations et les phases peuvent être automatiques ou relues ; statut, réseau, nombre de stations et incertitude font partie du résultat.

Arrivées → écart S-P → distance → intersections → ajustement

Combien de stations faut-il pour localiser ?

S1S2S3
Une station contraint une distance possible

Le cercle de rayon estimé contient de nombreux épicentres compatibles.

3. Pourquoi les ondes ne suivent-elles pas toujours une ligne droite ?

La vitesse d’une onde dépend des propriétés élastiques et de la densité du matériau. À une limite, une partie de l’énergie peut être réfléchie et une autre transmise en changeant de direction. Pour une interface simple, la loi de Snell-Descartes s’écrit sin(i)v1=sin(r)v2, où les angles sont mesurés par rapport à la normale. Passer vers une vitesse plus grande éloigne ici le rayon réfracté de la normale.

Dans la Terre, la vitesse varie souvent progressivement avec la profondeur : les rayons sont alors courbés plutôt que cassés en un seul point. Une arrivée enregistrée est reliée à un trajet compatible avec un modèle ; elle ne révèle pas directement un tube matériel. Réflexions, réfractions, temps de trajet et nombreuses distances permettent de repérer des changements brusques ou progressifs.

Interface → normale → angles → vitesses → trajet

Comment un changement de vitesse modifie-t-il le trajet ?

v₁v₂ > v₁
L’angle incident se mesure par rapport à la normale

Le mesurer par rapport à l’interface inverse la construction et fausse la loi.

4. Que démontrent les zones d’ombre des ondes P et S ?

Les ondes S sont des ondes de cisaillement : elles ne se propagent pas dans le noyau externe liquide. Pour un séisme donné, aucune onde S directe traversant le noyau externe n’est reçue au-delà d’environ 103° de distance angulaire. Cette absence systématique, croisée avec d’autres phases, soutient l’état liquide du noyau externe ; elle ne décrit pas l’épaisseur des lithosphères.

Les ondes P se propagent dans solides et liquides, mais leur vitesse chute et leur trajet est fortement réfracté à la limite manteau-noyau. Il existe ainsi une zone sans P directe approximativement entre 104° et 140°. Des phases P ayant traversé ou interagi avec le noyau interne, combinées à d’autres observations, soutiennent un noyau interne solide. Une zone d’ombre est définie pour une phase directe et une géométrie, pas une absence absolue de vibration.

Source → phase → trajet → zone d’absence → état physique

Quelle phase manque, à quelle distance et pourquoi ?

grainemanteau · noyau externe liquide · noyau interne solide
Les ondes S directes ne traversent pas le noyau externe liquide

Leur absence au-delà d’environ 103° soutient l’état liquide de cette enveloppe.

5. Comment lire le modèle radial PREM ?

PREM est un modèle de référence unidimensionnel : à chaque rayon ou profondeur, il fournit notamment des vitesses moyennes d’ondes P et S et une densité. Les changements de pente ou sauts délimitent des enveloppes. La limite croûte-manteau, le Moho, est proche de quelques kilomètres sous les océans et de plusieurs dizaines sous les continents ; PREM moyenne donc une réalité latéralement variable.

Vers 2890 km de profondeur, la vitesse S devient nulle et la vitesse P chute à la limite manteau-noyau : c’est cohérent avec le noyau externe liquide. Vers 5150 km, les propriétés changent à la limite du noyau interne. La densité augmente globalement vers le centre. Un modèle qui ajuste de nombreuses données n’est pas une photographie : il possède hypothèses, moyenne radiale et résolution.

Profondeur → VP → VS → densité → discontinuités → modèle

Que signifient les ruptures des profils PREM ?

Moho2890 km5150 kmVPVSρprofondeur verticale · valeurs moyennes radiales
Le Moho marque un changement de propriétés entre croûte et manteau

Sa profondeur varie fortement entre domaine océanique et continental ; PREM en donne une représentation moyenne.

6. Comment distinguer croûte, manteau, lithosphère et asthénosphère ?

Croûte, manteau et noyau sont des enveloppes définies principalement par composition et propriétés sismiques. Lithosphère et asthénosphère décrivent surtout un comportement mécanique. La lithosphère réunit croûte et partie supérieure rigide du manteau ; elle peut rompre et porter des séismes. L’asthénosphère appartient au manteau solide mais se déforme plus facilement à long terme : ductile ne signifie ni liquide ni sans résistance.

La lithosphère océanique et la lithosphère continentale n’ont pas la même épaisseur, et leur limite inférieure est thermique et mécanique plutôt qu’une discontinuité chimique unique. Au voisinage d’une fosse, les hypocentres dessinent un plan plongeant jusqu’à grande profondeur : la plaque froide reste assez cassante pour produire des séismes dans un manteau environnant plus ductile. La seule zone d’ombre du noyau ne montre pas ce contraste.

Enveloppes chimiques → enveloppes mécaniques → épaisseur → séismes

Même profondeur : composition ou comportement mécanique ?

Mohocroûtemanteau lithosphériqueasthénosphère solide ductile
Croûte, manteau et noyau décrivent des enveloppes de composition

Le Moho est une limite compositionnelle et sismique ; il ne définit pas toute la lithosphère.

7. Pourquoi le gradient de surface ne peut-il pas être prolongé jusqu’au centre ?

Un gradient géothermique est une variation de température par profondeur : g=ΔTΔz. Si un forage passe de 15 °C à 75 °C entre la surface et 2,0 km, le gradient moyen vaut g=75-152,0=30 °C·km−1. Prolonger cette valeur jusqu’au centre à 6371 km donnerait plus de 190000 °C, incompatible avec les états physiques et les autres données : l’extrapolation linéaire est invalide.

Dans la lithosphère, le transfert par conduction produit un gradient relativement fort : l’énergie passe de proche en proche sans déplacement global de matière. Dans le manteau, la convection solide transfère efficacement de l’énergie par mouvements très lents de matière et maintient un gradient plus faible, proche d’un profil adiabatique. Température, gradient et flux thermique sont distincts ; le flux dépend aussi de la conductivité.

Mesure → gradient → extrapolation → invalidation → transferts

Comment tester un profil thermique plutôt que prolonger une droite ?

15 → 75 °C sur 2,0 kmtempérature → · profondeur ↓ · profil non linéaire
Le gradient local vient d’une variation mesurée sur une profondeur connue

g=75-152,0=30 °C·km−1 dans cet exemple de surface.

8. Que représente une image de tomographie sismique ?

La tomographie compare de nombreux temps de trajet observés aux temps calculés dans un modèle comme PREM. Des résidus cohérents sont inversés pour cartographier des écarts relatifs de vitesse, souvent de quelques pourcents. Une zone bleue ou rouge ne correspond pas à une caméra thermique : la palette est conventionnelle et la grandeur représentée doit être lue dans la légende.

À composition et pression comparables, des vitesses plus rapides sont souvent compatibles avec un matériau plus froid et plus rigide ; des vitesses plus lentes avec un matériau plus chaud. Mais composition, eau, fusion partielle, anisotropie et couverture des rayons peuvent aussi intervenir. Une interprétation thermique devient plus solide si anomalies P et S, géométrie, données minéralogiques et contexte géodynamique convergent. La tomographie soutient des hétérogénéités et des mouvements convectifs sans filmer directement la convection.

Temps observés → référence → inversion → anomalie → hypothèses → résolution

Une couleur tomographique représente-t-elle une température ?

résidu = observé − PREMécart de temps → écart de vitesserapidelente
Chaque temps observé est comparé au temps calculé par PREM

Une anomalie est relative à un modèle et à une couverture de rayons, pas une propriété observée sans intermédiaire.

Erreurs fréquentes

L'essentiel à mémoriser

  • Sismogramme daté.
  • Localisation multi-stations.
  • Trajets réfractés.
  • Noyau contraint.
  • PREM lu.
  • Enveloppes distinguées.
  • Géotherme contrôlé.
  • Tomographie limitée.

Vérifier sa compréhension

Réponds aux 8 questions. Ton score et les réponses justes ou fausses apparaissent immédiatement.

1. Une onde P arrive à 12 h 04 min 20 s pour un séisme d’origine 12 h 00 min 00 s. Quel est son temps de trajet ?
2. Que fournit l’écart S-P à une station dans un modèle donné ?
3. Une onde passe vers un milieu où sa vitesse augmente. Que prévoit la réfraction simple ?
4. Quelle observation soutient directement un noyau externe liquide ?
5. Que signifie la disparition de la vitesse S vers 2890 km dans PREM ?
6. Pourquoi l’asthénosphère peut-elle convecter tout en étant solide ?
7. Un forage passe de 15 °C à 75 °C sur 2,0 km. Quel est le gradient moyen ?
8. Quelle formulation décrit correctement une zone lente en tomographie ?

Réviser au bon moment

Révèle chaque réponse, puis indique la difficulté de ton rappel pour programmer la prochaine révision dans ce navigateur.

Temps de trajet ?

Prochaine révision : à programmer

Trajet courbé pourquoi ?

Prochaine révision : à programmer

Deux zones d’ombre ?

Prochaine révision : à programmer

PREM ?

Prochaine révision : à programmer

Gradient géothermique ?

Prochaine révision : à programmer

Tomographie ?

Prochaine révision : à programmer

Poursuivre le parcours

  1. Avant Comment établir le contraste géologique entre continents et océans ?
  2. Tu es ici Comment les ondes et la chaleur révèlent-elles l’intérieur de la Terre ?
  3. Ensuite Comment mesurer la mobilité horizontale des plaques ?

Sources et traçabilité

Dernière vérification : 2026-08-12

  1. Programmes et ressources en SVT — voie générale et technologique, Éduscol, consulté le 2026-08-12.
  2. Programme d’enseignement de spécialité de SVT de Première générale, Ministère de l’Éducation nationale, consulté le 2026-08-12.
  3. The Science of Earthquakes, U.S. Geological Survey — Earthquake Hazards Program, consulté le 2026-08-12.
  4. Earthquake Hazards Program Glossary, U.S. Geological Survey, consulté le 2026-08-12.
  5. API Documentation — Earthquake Catalog, U.S. Geological Survey — ANSS ComCat, consulté le 2026-08-12.
  6. Preliminary reference Earth model, Physics of the Earth and Planetary Interiors, consulté le 2026-08-12.
  7. EMC-PREM Preliminary Reference Earth Model, NSF SAGE — EarthScope Data Services, consulté le 2026-08-12.
  8. Geothermal gradients in the conterminous United States, U.S. Geological Survey / Journal of Geophysical Research, consulté le 2026-08-12.
  9. Questions About Heat Flow and Geothermal Energy at Yellowstone, U.S. Geological Survey, consulté le 2026-08-12.
  10. Caveats on tomographic images, Terra Nova, consulté le 2026-08-12.

Tu sais désormais remonter d’une trace enregistrée vers un modèle interne sans prendre le modèle pour une photographie

Poursuis le parcours de SVT de Première.

Le chapitre suivant mobilisera ces repères pour quantifier et expliquer la mobilité de la lithosphère.

  • Ondes interprétées
  • PREM et géotherme lus
  • Tomographie auditée