Objectifs du parcours
Ce que tu vas savoir faire
- Relier une carte topographique et bathymétrique à une distribution bimodale des altitudes.
- Distinguer altitude, profondeur, fréquence de surface et ligne de rivage.
- Évaluer ce que montrent une carte géologique, un affleurement, un forage et une coupe naturelle.
- Identifier granite, basalte et gabbro à partir de leur texture et de leurs principaux minéraux.
- Relier texture visible et conditions de cristallisation sans dépasser les observations.
- Mesurer une masse volumique puis calculer une densité avec des unités correctes.
- Interpréter l’hétérogénéité des roches continentales visibles sur une carte de France.
- Construire une conclusion fondée sur plusieurs indices et en annoncer les limites.
Le chapitre en bref
La surface solide de la Terre ne présente pas une seule altitude dominante : les fréquences se regroupent en deux domaines, continental et océanique. Ce contraste morphologique correspond à un contraste géologique établi par plusieurs données indépendantes. La croûte continentale est hétérogène en surface, mais les granites sont représentatifs de sa profondeur ; la croûte océanique est principalement caractérisée par des basaltes et des gabbros. Leur texture et leurs minéraux permettent de les identifier, tandis que des mesures contrôlées montrent des différences de masse volumique et de densité. Ces résultats décrivent deux croûtes distinctes sans faire de la ligne de rivage leur frontière exacte ni expliquer encore les reliefs par l’isostasie.
1. Comment une carte du relief devient-elle une distribution bimodale ?
Un modèle numérique de terrain associe une altitude à chaque maille de la surface terrestre, sur les continents comme sous les océans. Le niveau moyen de la mer sert de référence : les altitudes positives sont au-dessus de ce niveau et les valeurs négatives décrivent les fonds sous-marins. Pour construire une distribution, on range les mailles dans des classes, par exemple de 500 m, puis on calcule la fréquence de surface de chaque classe.
La courbe obtenue possède deux ensembles de fréquences élevées : l’un dans le domaine continental, proche du niveau marin à l’échelle du globe, l’autre dans le domaine des fonds océaniques, à plusieurs kilomètres sous ce niveau. Bimodale signifie deux modes statistiques ; cela ne signifie ni deux altitudes uniques ni continents égale montagnes. Plateaux continentaux, dorsales, fosses et chaînes de montagnes élargissent les deux distributions.
2. Le trait de côte sépare-t-il exactement les deux croûtes ?
Sur un profil allant d’un continent vers un océan, l’altitude traverse le niveau marin au rivage, descend sur le plateau continental, puis sur le talus jusqu’aux plaines abyssales. Le plateau est immergé mais appartient à la marge continentale. Inversement, une île volcanique peut émerger tout en reposant sur une croûte océanique. La position de l’eau et la nature de la croûte répondent donc à deux questions différentes.
Le relief se lit sur une carte topographique et bathymétrique ; la nature des roches exige des données géologiques. Dans ce chapitre, la coïncidence globale entre deux domaines d’altitude et deux ensembles de roches constitue un constat. Le mécanisme d’isostasie qui explique les différences de niveau n’est pas attendu ici : on ne doit pas l’inventer à partir de la seule courbe.
3. Comment connaître des croûtes dont une grande partie est inaccessible ?
Une carte géologique synthétise les formations reconnues à l’affleurement ou près de la surface. Un affleurement fournit une observation directe mais locale. Un forage ajoute une succession verticale limitée à son emplacement. Certaines grandes failles transformantes océaniques, telle la zone de fracture Vema citée par le programme, exposent des niveaux profonds ; les prélèvements du plancher océanique complètent l’échantillonnage.
Aucune source ne suffit seule. Une roche ramassée sur une plage peut avoir été transportée ; une carte de surface ne décrit pas toute la profondeur ; un forage reste ponctuel. L’identification des croûtes résulte de la convergence entre cartes, observations directes, forages et échantillons géolocalisés. La suite du programme ajoutera les données sismologiques, mais elles ne doivent pas être anticipées comme si elles avaient déjà été analysées.
4. Quels critères distinguent granite, basalte et gabbro ?
Le granite est une roche magmatique entièrement cristallisée dont les cristaux jointifs sont visibles à l’œil nu : quartz, feldspaths et micas figurent parmi ses constituants caractéristiques. La croûte continentale visible en surface contient aussi des roches sédimentaires et métamorphiques ; le granite est représentatif en profondeur, pas l’unique roche continentale.
Le basalte et le gabbro caractérisent principalement la croûte océanique. Ils contiennent notamment plagioclases et pyroxènes, parfois olivine, mais leur texture diffère : le gabbro possède des cristaux visibles et jointifs ; le basalte présente une pâte à très petits cristaux, parfois du verre et quelques cristaux plus grands. Couleur seule, masse seule ou taille d’un échantillon ne suffisent pas à identifier une roche.
5. Que permet d’inférer la texture d’une roche magmatique ?
Une texture grenue signifie que les cristaux sont jointifs et visibles : la cristallisation a pu se poursuivre lentement en profondeur. Une texture microlitique associe de très petits cristaux, les microlites, à une pâte parfois vitreuse : elle témoigne d’un refroidissement plus rapide près ou à la surface. Ainsi, gabbro et basalte peuvent partager un assemblage minéralogique général tout en enregistrant des vitesses de refroidissement différentes.
Cette inférence doit rester contrôlée. La taille des cristaux dépend aussi de la composition du magma et de son histoire thermique ; un basalte porphyrique peut contenir de grands cristaux formés avant la mise en place de la pâte fine. On décrit d’abord ce qui est visible, puis on propose les conditions compatibles.
6. Comment mesurer correctement la densité d’un échantillon ?
On mesure la masse avec une balance. Pour une roche irrégulière non poreuse, son volume peut être obtenu par déplacement d’eau : . Si une roche de fait passer l’eau de à , son volume vaut et sa masse volumique est .
La densité est le rapport : elle n’a pas d’unité. Avec , la valeur numérique est ici . Des granites se situent souvent autour de , tandis que basaltes et gabbros compacts sont souvent proches de , mais porosité, altération et minéraux font varier les échantillons. On sèche la roche, chasse les bulles, répète et conserve l’incertitude de mesure.
7. Que montre la carte géologique de France au millionième ?
La carte géologique représente des formations affleurantes ou proches de la surface, classées par âge, nature et relations géométriques. À l’échelle du millionième, elle permet de repérer de grands ensembles : domaines où des granitoïdes affleurent, bassins largement sédimentaires, chaînes où les roches sont déformées ou métamorphisées, et édifices volcaniques. Elle montre donc directement l’hétérogénéité superficielle de la croûte continentale.
Une couleur de carte ne désigne pas toujours une seule roche, et une formation superficielle peut masquer le substratum. La légende, l’échelle et la notice sont indispensables. Observer beaucoup de terrains sédimentaires en surface ne contredit pas le caractère représentatif des granites en profondeur : la carte de surface et le modèle de la croûte ne décrivent pas la même tranche.
8. Quelle conclusion le faisceau d’indices autorise-t-il ?
La distribution bimodale établit deux domaines morphologiques. Les cartes géologiques, affleurements, forages et prélèvements montrent parallèlement deux ensembles crustaux : une croûte continentale hétérogène en surface où les granites sont représentatifs en profondeur, et une croûte océanique principalement caractérisée par basaltes et gabbros. Les observations pétrographiques distinguent leurs roches ; les mesures révèlent généralement des densités différentes.
Ces indices convergents établissent un contraste géologique entre continents et océans. Ils n’autorisent pas à dire que toute roche trouvée au-dessus du niveau marin est continentale, que toute roche sombre est océanique, que la densité seule forme un relief ou que ce chapitre permet de prévoir un séisme. Une bonne conclusion nomme les données, leur accord et la limite du mécanisme encore non étudié.
Erreurs fréquentes
L'essentiel à mémoriser
- Deux modes d’altitude.
- Rivage et croûte distingués.
- Échantillonnage audité.
- Trois roches identifiées.
- Textures interprétées.
- Densité mesurée.
- Carte de surface lue.
- Conclusion limitée.
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Sources et traçabilité
Dernière vérification : 2026-08-12
- Programmes et ressources en SVT — voie générale et technologique, Éduscol, consulté le 2026-08-12.
- Programme d’enseignement de spécialité de SVT de Première générale, Ministère de l’Éducation nationale, consulté le 2026-08-12.
- ETOPO Global Relief Model, NOAA National Centers for Environmental Information, consulté le 2026-08-12.
- Gridded Bathymetry Data, IHO-IOC GEBCO, consulté le 2026-08-12.
- Distribution bimodale des altitudes et mobilité horizontale des continents, Planet-Terre — ENS de Lyon, consulté le 2026-08-12.
- Le cycle des roches : découvrez leur histoire, BRGM, consulté le 2026-08-12.
- Téléchargement de la Carte géologique métropolitaine à 1/1 000 000, InfoTerre — BRGM, consulté le 2026-08-12.
- La carte géologique de la France, précurseur du RGF, BRGM — Référentiel géologique de la France, consulté le 2026-08-12.