Ce que tu vas savoir faire
- Délimiter des plaques lithosphériques à partir de la distribution des séismes, du volcanisme et de la déformation.
- Construire un vecteur déplacement puis un vecteur vitesse à partir de positions datées.
- Calculer une norme, annoncer les unités et tenir compte de l’incertitude.
- Distinguer mouvement dans un référentiel terrestre et mouvement relatif entre deux plaques.
- Classer divergence, convergence et coulissage à partir des composantes normales et tangentielles.
- Exploiter la symétrie des anomalies magnétiques et calculer une demi-vitesse d’expansion.
- Croiser âge, distance à la dorsale et épaisseur sédimentaire.
- Déduire une direction et une vitesse moyenne d’un alignement volcanique sans supposer un point chaud parfaitement fixe.
Vérifie tes prérequis
- Lire une carte, une échelle et un graphique avec unités.
- Calculer une vitesse comme distance divisée par durée.
- Distinguer vecteur, norme, direction et sens.
Le chapitre en bref
La lithosphère est découpée en plaques peu déformées à l’intérieur et séparées par des zones où séismes, volcanisme et déformation se concentrent. À l’échelle de quelques années, des stations GNSS fournissent des positions datées dont la variation permet de construire des vecteurs vitesse ; la différence entre deux vecteurs décrit leur mouvement relatif et dépend du référentiel choisi. À l’échelle de millions d’années, la symétrie des anomalies magnétiques, l’âge croissant des roches et sédiments loin des dorsales, ainsi que les alignements volcaniques liés aux points chauds, permettent d’estimer directions et vitesses moyennes. La convergence de ces indices établit une cinématique des plaques, mais ne prédit pas à elle seule un séisme et n’explique pas encore toutes les forces du mouvement.
1. Comment repérer une plaque sans dessiner d’abord ses contours ?
Une plaque lithosphérique est un ensemble relativement rigide : sur une durée courte à l’échelle géologique, des points éloignés de ses bords ont des mouvements compatibles avec une même rotation. Ses limites ne coïncident ni toujours avec les côtes ni avec les continents. On les recherche d’abord dans des bases de données géolocalisées : épicentres, profondeur des foyers, volcans actifs, failles et reliefs.
Les séismes se concentrent en bandes étroites ou larges qui dessinent l’essentiel des frontières. Le volcanisme renforce certaines limites mais pas toutes : une faille transformante peut être très sismique et peu volcanique, tandis qu’un point chaud peut produire du volcanisme à l’intérieur d’une plaque. Une limite est donc une zone de déformation appuyée par plusieurs marqueurs ; l’intérieur d’une plaque est moins déformé, pas absolument immobile ni indéformable.
Séismes → volcanisme → déformation → cohérence spatiale → limite
Quels marqueurs dessinent réellement une plaque ?
Leur profondeur et leur géométrie précisent ensuite la nature de la frontière.
Une transformante peut être très sismique et peu volcanique ; un point chaud peut être intraplaque.
Plusieurs stations éloignées des bords doivent rester compatibles avec une même plaque rigide.
On trace la limite après avoir confronté sismicité, déformation, relief et volcanisme.
2. Comment passer de positions GNSS à un vecteur vitesse ?
Une station GNSS ne livre pas directement « la vitesse de la plaque ». Elle fournit des coordonnées dans un référentiel et à des dates données. Entre deux dates, le déplacement horizontal possède une composante est et une composante nord . Sa norme vaut . Le vecteur vitesse moyen est .
Si une station se déplace de vers l’est et vers le nord en , sa norme de déplacement vaut et sa vitesse moyenne . La flèche sur une carte code direction, sens et norme selon une échelle annoncée. Des mesures répétées permettent d’estimer une tendance et une incertitude ; deux positions isolées ne révèlent ni accélération ni trajet courbe.
Dates → coordonnées → composantes → norme → durée → incertitude
Comment une série de positions devient-elle un vecteur vitesse ?
La station et le référentiel restent identiques entre les deux dates.
Les signes codent les sens ; les composantes se calculent avant la norme.
.
Deux positions ne démontrent ni accélération ni trajectoire courbe ; l’incertitude accompagne la pente.
3. Pourquoi faut-il annoncer le référentiel et comparer plusieurs stations ?
Tout mouvement est relatif à un référentiel. Une carte peut exprimer les vitesses dans un référentiel terrestre global ou immobiliser conventionnellement une plaque. Les flèches changent alors, mais les différences entre stations sont conservées. Le mouvement de B par rapport à A s’écrit .
Deux stations situées loin des frontières et portées par la même plaque doivent avoir des vitesses compatibles avec le modèle rigide, compte tenu de la rotation de la plaque et des incertitudes. Une différence significative peut signaler une zone de déformation, un mouvement local, un saut instrumental ou un mauvais traitement. Une station ne représente donc une plaque qu’après contrôle de sa localisation, de la série temporelle et de la cohérence avec d’autres stations.
Vecteurs communs → différence → changement de cadre → test de rigidité
Que reste-t-il quand le référentiel change ?
Comparer des flèches provenant de cartes ou de référentiels différents n’a pas de sens.
se calcule composante par composante.
Dans le référentiel lié à A, A vaut zéro et B porte directement le mouvement relatif.
Un écart hors incertitude déclenche un audit de déformation locale, de données ou de modèle.
4. Comment reconnaître divergence, convergence et coulissage ?
Au voisinage d’une frontière, on décompose le mouvement relatif en une composante normale à la limite et une composante tangentielle. Une composante normale qui écarte les deux côtés indique une divergence ; orientée l’un vers l’autre, une convergence ; une composante surtout parallèle indique un coulissage transformant. Une frontière oblique peut combiner convergence ou divergence et coulissage.
La géométrie des flèches doit être croisée avec les marqueurs : dorsale et séismes superficiels pour une divergence océanique ; fosse, foyers de profondeur croissante et souvent arc volcanique pour une subduction ; séismes superficiels alignés et décalages pour une transformante. Cette classification décrit le mouvement relatif ; les roches produites et les mécanismes seront étudiés dans les chapitres suivants.
Limite → normale → tangente → vecteur relatif → marqueurs
Quelle composante du mouvement relatif domine ?
Une dorsale et des séismes superficiels soutiennent ici la divergence océanique.
Fosse, foyers plongeants et arc volcanique peuvent préciser une subduction.
Des séismes superficiels alignés et des décalages accompagnent le coulissage transformant.
Il faut projeter le vecteur relatif plutôt que forcer trois boîtes parfaitement séparées.
5. Comment les bandes magnétiques enregistrent-elles l’ouverture océanique ?
En refroidissant, certains minéraux magnétiques des basaltes acquièrent une aimantation rémanente liée au champ terrestre du moment. Comme la polarité du champ s’inverse de façon irrégulière au cours du temps, les levés magnétiques marins révèlent des anomalies alternativement positives et négatives. Une anomalie est un écart à un champ de référence, pas une bande colorée visible sur le fond océanique.
De part et d’autre d’une dorsale, la succession symétrique des anomalies, corrélée à l’échelle datée des inversions, est compatible avec la création puis l’éloignement du plancher océanique. La symétrie porte sur l’ordre et la largeur des motifs à comparer ; une seule alternance ne suffit pas. Les inversions enregistrent le temps, elles ne poussent pas les plaques.
Basalte refroidi → polarité → anomalie → symétrie → âge
Que faut-il comparer dans un profil magnétique ?
Elle dépend de la polarité du champ au moment de la formation, pas de la couleur de la roche.
Comparer plusieurs largeurs et successions est plus discriminant qu’une alternance isolée.
Les repères de temps permettent d’associer une distance à un âge.
La symétrie est compatible avec création à l’axe puis éloignement des deux flancs.
6. Comment calculer une vitesse d’expansion avec âge et distance ?
Pour un point situé à une distance perpendiculaire de l’axe et dont l’âge est , la demi-vitesse moyenne d’expansion vaut . Un basalte âgé de à de l’axe donne . Si les deux côtés sont symétriques, la vitesse d’écartement totale est environ le double : .
Les basaltes et les sédiments qui les recouvrent sont globalement plus anciens et les sédiments plus épais en s’éloignant de l’axe. Mais une vitesse calculée entre deux points est une moyenne sur l’intervalle ; failles, hiatus, incertitude de datation et distance non perpendiculaire doivent être contrôlés. Une régression sur plusieurs points est plus robuste qu’un rapport isolé.
Distance à l’axe → âge → unité → demi-vitesse → contrôle des deux flancs
Demi-vitesse ou vitesse totale d’écartement ?
Distance et âge doivent concerner le même flanc et une distance perpendiculaire à l’axe.
.
Ne pas doubler si la distance mesurée couvre déjà les deux côtés de la dorsale.
Dispersion, hiatus, failles et incertitudes rendent la régression plus robuste qu’un rapport isolé.
7. Que révèle un alignement volcanique lié à un point chaud ?
Dans certaines chaînes intraplaques, le volcan actuellement actif est proche de la source volcanique et l’âge des édifices augmente dans une direction. Dans l’hypothèse d’un point chaud relativement stable, l’alignement enregistre le mouvement de la plaque par rapport à cette source. La direction du plus jeune vers les plus anciens donne le sens du mouvement passé.
Si deux édifices séparés de diffèrent de , la vitesse moyenne relative vaut . Le résultat est une moyenne dans le référentiel du point chaud. Les points chauds peuvent eux-mêmes se déplacer et l’activité volcanique n’est pas continue : il faut comparer plusieurs âges et, si possible, d’autres indices.
Positions → âges → gradient → direction → vitesse → hypothèse
Un chapelet de volcans est-il une boussole ?
L’âge doit être mesuré sur plusieurs volcans, pas déduit de leur seule taille.
Cette lecture suppose une source volcanique assez stable sous la plaque.
.
La vitesse est relative à cette source et doit être croisée avec GNSS et archives océaniques.
8. Comment faire converger des mesures qui ne couvrent pas la même durée ?
Les séries GNSS décrivent une vitesse actuelle sur quelques années ; séismes et déformation précisent les frontières actives ; anomalies magnétiques et âge du plancher donnent des moyennes sur des millions d’années ; les points chauds offrent un autre référentiel géologique. Ces valeurs ne doivent pas être artificiellement identiques : une différence peut venir du référentiel, de l’intervalle, d’un changement de vitesse ou de l’incertitude.
Un modèle cinématique cohérent précise pour chaque résultat la donnée, le calcul, le référentiel, l’intervalle de temps et la marge d’erreur. Il permet de décrire des plaques et leurs mouvements relatifs. Il ne suffit pas à identifier toutes les forces motrices, traitées avec la dynamique des dorsales et des zones de convergence, et ne donne ni la date ni le lieu exact du prochain séisme ou de la prochaine éruption.
Présent → frontières actives → archives → comparaison → portée
Ces mesures racontent-elles exactement le même temps ?
Positions datées, référentiel, traitement des sauts et incertitude accompagnent le vecteur.
Ils contraignent la zone de frontière mais ne donnent pas seuls une vitesse de plaque complète.
Ils peuvent révéler une vitesse passée différente de la tendance GNSS actuelle.
Décrire un mouvement ne suffit ni à identifier toutes ses forces ni à prédire le prochain événement.
Erreurs fréquentes
L'essentiel à mémoriser
- Limites par données.
- Positions transformées en vecteur.
- Référentiel annoncé.
- Mouvement relatif calculé.
- Bandes magnétiques datées.
- Demi-vitesse distinguée.
- Point chaud limité.
- Cinématique sans surpromesse.
Vérifier sa compréhension
Réponds aux 8 questions. Ton score et les réponses justes ou fausses apparaissent immédiatement.
Réviser au bon moment
Révèle chaque réponse, puis indique la difficulté de ton rappel pour programmer la prochaine révision dans ce navigateur.
Limite de plaque ?
Zone où sismicité, déformation, relief et parfois volcanisme se concentrent ; ce n’est pas une côte par définition.
Prochaine révision : à programmer
Vecteur vitesse GNSS ?
Différence de positions datées divisée par la durée, dans un référentiel annoncé, avec composantes et incertitude.
Prochaine révision : à programmer
Mouvement relatif B/A ?
dans le même référentiel.
Prochaine révision : à programmer
Bandes magnétiques ?
Anomalies de polarité datables et symétriques autour d’une dorsale, archive de l’expansion.
Prochaine révision : à programmer
Demi-vitesse d’expansion ?
Distance d’un flanc à l’axe divisée par l’âge ; l’écartement total symétrique vaut environ deux fois cette valeur.
Prochaine révision : à programmer
Alignement de point chaud ?
Âges et distances donnent un mouvement moyen relatif à une source supposée assez stable, hypothèse à limiter.
Prochaine révision : à programmer
Poursuivre le parcours
- Avant Comment les ondes et la chaleur révèlent-elles l’intérieur de la Terre ?
- Tu es ici Comment mesurer la mobilité horizontale des plaques ?
- Ensuite Comment une dorsale fabrique-t-elle la lithosphère océanique ?
Sources et traçabilité
Dernière vérification : 2026-08-12
- Programmes et ressources en SVT — voie générale et technologique, Éduscol, consulté le 2026-08-12.
- Programme d’enseignement de spécialité de SVT de Première générale, Ministère de l’Éducation nationale, consulté le 2026-08-12.
- Le système DORIS — applications à la tectonique des plaques, Institut national de l’information géographique et forestière, consulté le 2026-08-12.
- Visualizing Reference Frames with the GPS Velocity Viewer, EarthScope Consortium, consulté le 2026-08-12.
- Earth Magnetic Anomaly Grid 2, NOAA National Centers for Environmental Information, consulté le 2026-08-12.
- Plate Movement — 200 Million Years Ago to Today, NOAA Science On a Sphere, consulté le 2026-08-12.
- Understanding plate motions, U.S. Geological Survey, consulté le 2026-08-12.
- Hotspots, U.S. Geological Survey — Volcano Hazards Program, consulté le 2026-08-12.
- What is a hotspot and how do you know it is there?, U.S. Geological Survey, consulté le 2026-08-12.