Objectifs du chapitre
Ce que tu vas savoir faire
- Distinguer une expression, une identité et une équation.
- Développer et factoriser en justifiant les transformations.
- Résoudre une équation du premier degré et vérifier une solution.
- Mettre un problème en équation et expliquer les contraintes de la réponse.
Cette première étape pose les fondations : sens de la lettre et du signe égal, distributivité, réduction, équations du premier degré et modèles simples. Sans calculatrice, calcule 3 × (−2) + 5 et explique pourquoi 2 × (x + 4) vaut 2x + 8. Tu dois trouver −1 dans le premier cas. Dans le second, le facteur 2 multiplie chacun des deux termes. Le chapitre suivant approfondit ensuite différence de carrés, produit nul et = a. Si ce raisonnement te manque, commence par l'étape 2.
Étape 1
Ce que disent les lettres et le signe égal
Dans , x est une variable : on peut lui attribuer différentes valeurs. L’écriture 3x signifie 3 × x, pas un nombre composé de deux chiffres. Pour substituer −2 à x, garde des parenthèses autour de toute l’entrée. Tu peux alors contrôler chaque opération plutôt que perdre le signe négatif.
| = | ||
| La multiplication est effectuée avant l’addition. | ||
| = | ||
| On additionne deux nombres de signes différents. | ||
Conclusion. Pour x = −2, l’expression 3x + 5 vaut −1.
Une expression n'affirme rien : elle désigne un calcul. Une identité affirme que deux expressions sont égales pour toutes les valeurs autorisées de la variable. Ainsi 2(x + 4) = 2x + 8 est une identité. Une équation impose une condition : 2x + 8 = 14 est vraie seulement pour certaines valeurs, ici x = 3.
Tester deux valeurs ne démontre pas une identité : il faudrait couvrir tous les nombres possibles. En revanche, une seule valeur donnant des résultats différents suffit à réfuter une identité proposée. Pour démontrer une identité, on utilise des propriétés de calcul qui valent pour tous les nombres concernés.
Réduire une expression consiste à regrouper les termes de même nature. 4x + 3x − 2 = 7x − 2. En revanche 4x + 3 ne devient pas 7x : les deux termes ne sont pas semblables. Une expression réduite doit conserver la même valeur que la forme initiale.
Exemple résolu · Pas à pas
Un test qui réfute une fausse règle
On affirme que 3(x + 2) = 3x + 2 pour tout x. Est-ce vrai ?
- Choisir x = 0 : à gauche, 3 × (0 + 2) = 6.
- À droite, 3 × 0 + 2 = 2.
- Comme 6 ≠ 2, l'égalité proposée ne peut pas être une identité.
- La distributivité donne la forme correcte : 3(x + 2) = 3x + 6.
Un contre-exemple réfute l'affirmation ; la distributivité explique sa correction.
À retenir. Une identité est valable pour toutes les valeurs autorisées ; une équation demande de trouver ses solutions.
Étape 2
Développer : multiplier tous les termes
La distributivité traduit un calcul que l'on peut comprendre avec une aire : un rectangle de hauteur a et de largeur b + c peut être partagé en deux rectangles d'aires ab et ac. Son aire totale est donc a(b + c) = ab + ac. Cette propriété algébrique reste vraie pour des nombres négatifs, même si une longueur négative n'a pas de sens dans le dessin.
Développer transforme un produit en somme. Dans −3(2x − 5), le facteur −3 multiplie 2x et −5 : on obtient −6x + 15. Le signe du second terme change parce que le produit de deux nombres négatifs est positif, pas parce qu'une parenthèse disparaît par magie.
Dans un produit de deux sommes, chaque terme de la première parenthèse multiplie chaque terme de la seconde : . Pour , distingue les quatre produits avant de réduire. Cette étape évite d’oublier les produits croisés ou de changer le signe du terme constant.
| = | ||
| On calcule les quatre produits avec leurs signes. | ||
| = | ||
| Les deux termes en x se regroupent ; le carré reste distinct. | ||
Conclusion. L’égalité vaut pour tout nombre x : la distributivité justifie l’identité, un essai isolé ne la prouve pas.
Le carré de x + 3 est le produit (x + 3)(x + 3), donc + 6x + 9. Il n'est pas égal à + 9 : les deux produits croisés 3x ont été oubliés. Écrire le produit avant de développer permet de contrôler ces termes.
À retenir. En double distributivité, il y a quatre produits avant la réduction.
Étape 3
Factoriser : repérer une structure commune
Factoriser transforme une somme en produit. Dans 6x + 9, les deux termes ont le facteur 3 : 6x + 9 = 3(2x + 3). Pour vérifier une factorisation, on redéveloppe. Une parenthèse qui redonne exactement la somme initiale fournit une vérification algébrique.
Le facteur commun peut être une expression entière. Dans la somme , repère le même groupe x + 2 dans les deux produits. Il joue le rôle d’un facteur, même s’il contient une addition. Factoriser seulement la lettre x ferait perdre les termes qui appartiennent à ce groupe.
| = | ||
| On applique la distributivité dans le sens de la factorisation. | ||
| = | ||
| On réduit seulement la seconde parenthèse. | ||
Conclusion. La forme factorisée permet un autre usage de la même expression ; redévelopper la contrôle.
La différence de deux carrés possède une structure utile : − = (a − b)(a + b). En développant le produit, on obtient + ab − ab − ; les termes croisés s'annulent. Par exemple − 25 = (x − 5)(x + 5). Le nombre 25 est bien le carré de 5.
Une factorisation prépare souvent la résolution d'une équation produit. Elle peut aussi rendre un calcul plus simple : 19 × 7 + 19 × 3 = 19 × (7 + 3) = 190. Le choix de la forme dépend du but : une forme développée aide à réduire ; une forme factorisée aide à utiliser un produit nul.
À retenir. Factoriser exige de reconnaître un facteur commun ou une identité vérifiée, puis de redévelopper pour contrôler.
Étape 4
Résoudre sans modifier les solutions
Une équation est une égalité à satisfaire. Pour conserver exactement ses solutions, on peut ajouter ou soustraire le même nombre aux deux membres. On peut aussi multiplier ou diviser les deux membres par un même nombre non nul. Diviser par zéro est interdit.
Dans , le but est d’isoler x en conservant les solutions. Soustraire 5 aux deux membres, puis diviser par 3, revient à effectuer deux opérations autorisées et réversibles. Le contrôle se fait dans l’égalité initiale, pas seulement dans la dernière ligne.
| = | ||
| On part de l’équation donnée. | ||
| = | ||
| On soustrait 5 aux deux membres. | ||
| = | ||
| On divise les deux membres par 3, non nul. | ||
Conclusion. La solution est 4. Dans l’équation de départ, 3 × 4 + 5 vaut bien 17.
Si l’inconnue apparaît des deux côtés, développe et réduis, puis regroupe les termes en effectuant la même opération dans les deux membres. Pour , le calcul ci-dessous rend ces opérations visibles. Dire qu’un terme « passe de l’autre côté » ne suffit pas à expliquer son changement de signe.
| = | ||
| Les deux membres décrivent l’égalité à résoudre. | ||
| = | ||
| On développe le membre de gauche. | ||
| = | ||
| On soustrait 2x et on ajoute 3 aux deux membres. | ||
| = | ||
| On divise par 3, qui est non nul. | ||
Conclusion. La solution est x = 3 ; les deux membres initiaux valent alors 12.
Une équation peut n'avoir aucune solution : x + 2 = x + 5 conduirait à 2 = 5, ce qui est faux. Elle peut aussi être vraie pour tout nombre : 2(x + 1) = 2x + 2. Une transformation correcte ne garantit donc pas une solution unique.
Un produit est nul si au moins un de ses facteurs est nul. Ainsi (x − 2)(3x + 1) = 0 équivaut à x − 2 = 0 ou 3x + 1 = 0. Les solutions sont 2 et . Cette règle vaut pour un produit égal à zéro, pas pour une somme égale à zéro.
À retenir. Chaque transformation doit conserver les solutions ; termine par une vérification dans l'équation initiale.
Étape 5
Du problème au modèle, puis à une réponse acceptable
Mettre un problème en équation commence par un choix explicite de l'inconnue et de son unité. Si x désigne une largeur en centimètres, x + 3 peut désigner une longueur de 3 cm plus grande ; ce n'est pas un prix ni une aire. Les deux membres de l'équation doivent comparer des grandeurs compatibles.
Traduis ensuite la relation donnée. Un rectangle de largeur x et de longueur x + 3 a pour périmètre . Si ce périmètre vaut 30 cm, les grandeurs comparées dans l’équation sont toutes des longueurs en centimètres. Le calcul doit être suivi d’une réponse donnant la largeur et la longueur.
| = | ||
| On traduit le périmètre de 30 cm. | ||
| = | ||
| On développe puis regroupe les termes en x. | ||
| = | ||
| On soustrait 6 aux deux membres. | ||
| = | ||
| On divise par 4, non nul. | ||
Conclusion. La largeur est 6 cm et la longueur 9 cm. Elles sont positives et leur périmètre vaut bien 30 cm.
Une solution algébrique doit respecter le contexte : une longueur est positive ; un nombre d'objets est entier ; un temps ne peut pas être négatif dans la situation choisie. Un problème qui conduit à 2,5 élèves ne possède pas une réponse acceptable simplement parce que le calcul de l'équation est juste.
Pour communiquer, garde quatre éléments : ce que représente x, l'équation tirée des données, les étapes de résolution et une phrase de conclusion avec l'unité. Les essais ou un tableau peuvent aider à chercher ; la justification explique ensuite pourquoi la solution convient.
À retenir. Une réponse de problème doit être juste dans l'équation et admissible dans la situation.
L’essentiel à retrouver
Ta fiche de révision
- Réduire : regrouper les termes semblables, sans additionner un terme en x et un nombre seul.
- Développer : a(b + c) = ab + ac ; appliquer les signes à chaque produit.
- Factoriser : chercher un facteur commun ou − = (a − b)(a + b).
- Résoudre : effectuer la même opération dans les deux membres, avec un diviseur non nul.
- Un produit nul donne au moins un facteur nul ; vérifier les solutions et les unités.
Des erreurs à comprendre
Écrire (x + = + 4.
Développe (x + 2)(x + 2) : les deux produits croisés donnent 4x, donc + 4x + 4.
Écrire −2(x − 3) = −2x − 6.
Le second produit est (−2) × (−3) = +6. Utilise les signes des produits.
Conclure x = 4 à partir de 2x = 8 sans vérifier le problème.
Remplace 4 dans l'égalité initiale et contrôle les contraintes de l'inconnue.
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Sources et repères
Édition Maxdecours · Année scolaire 2026-2027 · Vérification documentaire : 2026-10-20.
Attendus de fin d'année de troisième en mathématiques · Éduscol, DGESCO · Troisième : nombres et calculs, calcul littéral, équations ; chercher, modéliser, raisonner et communiquer.
Programme du cycle des approfondissements, BO n° 31 du 30 juillet 2020 · Ministère de l'Éducation nationale · Mathématiques : utiliser le calcul littéral, résoudre des problèmes et raisonner.
Programmes de français et mathématiques du cycle 4, arrêté du 18 février 2026 · Ministère de l'Éducation nationale · Article 3 : programme de troisième inchangé pour 2026-2027.
Écris tes transformations et tes raisonnements sur ton cahier. Le résultat numérique ne remplace pas la justification ; fais relire les démonstrations et les réponses construites par ton professeur.