Objectifs du parcours
Ce que tu vas savoir faire
- Définir une population et calculer une fréquence allélique.
- Modéliser la transmission d’allèles d’une génération à l’autre.
- Identifier la part aléatoire de la dérive génétique.
- Relier l’amplitude de la dérive à l’effectif.
- Reconnaître les trois conditions d’une réponse à la sélection naturelle.
- Distinguer mutation, dérive, sélection et migration sans finalisme.
- Expliquer pourquoi divergence ne signifie pas encore spéciation.
Le chapitre en bref
Dans une population, la fréquence d’un allèle peut changer au fil des générations. La dérive génétique produit des fluctuations aléatoires dues à l’échantillonnage des reproducteurs et de leurs descendants ; elles sont plus amples lorsque l’effectif est faible. La sélection naturelle agit lorsqu’une variation héritable est associée, dans des conditions données, à une différence de succès reproducteur. Les deux mécanismes peuvent agir simultanément. Une spéciation demande en plus une divergence durable et une réduction des échanges reproductifs entre populations.
1. Quelle population et quelle génération mesure-t-on ?
Une population est un ensemble d’individus d’une même espèce vivant dans un espace et un temps définis, entre lesquels des reproductions sont possibles. Une fréquence allélique décrit cette population à une génération précise ; elle ne caractérise ni un individu ni toute l’espèce.
Pour un allèle A : . Dans une population diploïde de N individus, . Le numérateur compte les copies de A et non le nombre d’individus qui le portent.
2. Pourquoi la génération suivante n’est-elle pas une copie exacte ?
Tous les individus ne laissent pas le même nombre de descendants et toutes les copies d’allèles ne sont pas transmises. La génération suivante constitue donc un échantillon des copies présentes dans la génération parentale.
Même si deux allèles n’ont ici aucun effet différent sur survie ou reproduction, un tirage fini produit rarement exactement les mêmes proportions. Répéter le même modèle donne plusieurs trajectoires possibles : le hasard n’est pas une direction cachée.
3. Pourquoi la dérive est-elle plus visible dans un petit effectif ?
La dérive génétique est la modification aléatoire des fréquences alléliques au fil des générations. Elle existe dans toute population finie, mais un même écart de quelques copies pèse davantage dans un petit dénominateur.
Dans des simulations répétées, les petites populations montrent des trajectoires plus dispersées et atteignent plus vite la perte ou la fixation d’un allèle. Une simulation illustre un mécanisme ; elle ne prédit pas la trajectoire exacte d’une population réelle.
4. Une pression du milieu suffit-elle à prouver une sélection ?
Trois conditions doivent être reliées : le caractère varie entre individus, cette variation est au moins partiellement héritable, et certaines formes sont associées dans ce milieu à une descendance plus nombreuse. Une mortalité identique pour tous ou une différence non héritable ne suffit pas.
Le succès reproducteur relatif inclut l’accès à la reproduction et la production de descendants, pas seulement la survie. L’avantage est local et temporaire : si les conditions changent, la relation entre caractère et descendance peut changer aussi.
5. Une hausse d’allèle révèle-t-elle son mécanisme ?
Une fréquence qui augmente est un résultat, pas l’identification automatique de sa cause. La dérive peut faire monter ou baisser un allèle indépendamment de son effet ; la sélection produit un biais reproductible si une variation héritable modifie le succès reproducteur dans les conditions étudiées.
Dans une population finie, hasard et sélection agissent en même temps. On recherche donc une tendance sur plusieurs générations, populations ou répétitions, puis on mesure le lien entre phénotype, héritabilité et descendance au lieu de raconter l’histoire depuis une seule courbe.
6. Qu’est-ce qui crée un variant et qu’est-ce qui change sa fréquence ?
Une mutation peut produire un nouvel allèle sans apparaître en réponse à un besoin. Sa transmission l’introduit dans la génération suivante ; dérive et sélection peuvent ensuite modifier sa fréquence. L’arrivée ou le départ d’individus peut aussi apporter ou retirer des copies d’allèles.
Ces verbes ne sont pas interchangeables : la mutation crée une variation, la migration déplace des variants entre populations, la dérive échantillonne au hasard et la sélection relie une variation héritable à une différence de descendance. Les nommer séparément évite de dire qu’une population choisit de s’adapter.
7. Deux populations différentes sont-elles déjà deux espèces ?
Une barrière géographique, écologique ou comportementale peut réduire les échanges reproductifs. Les sous-populations suivent alors des trajectoires distinctes sous l’effet des mutations, de la dérive et de la sélection. La divergence génétique ou phénotypique n’est pourtant pas, à elle seule, une nouvelle espèce.
La spéciation correspond à un processus au cours duquel des barrières reproductives s’installent et limitent durablement les échanges de gènes. Une séparation peut disparaître avant cet isolement ; il faut donc tester la continuité des échanges plutôt que déduire automatiquement une espèce de chaque différence.
Erreurs fréquentes
L'essentiel à mémoriser
- Fréquence située.
- Échantillon de descendants.
- Dérive aléatoire.
- Effet de l’effectif.
- Sélection démontrée.
- Forces distinguées.
- Spéciation non automatique.
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Sources et traçabilité
Dernière vérification : 2026-08-12
- Programme de SVT de seconde générale et technologique, Ministère de l’Éducation nationale, consulté le 2026-08-09.
- Biodiversité, résultat et étape de l’évolution, Éduscol, consulté le 2026-08-09.
- Zoom sur la biologie évolutive, INRAE, consulté le 2026-08-09.
- Les événements climatiques extrêmes renforcent la sélection naturelle, CNRS Écologie & Environnement, consulté le 2026-08-09.
- Sélection naturelle et histoire démographique : quelles conséquences pour la santé ?, CNRS Écologie & Environnement, consulté le 2026-08-09.
- L’évolution du vivant, Muséum national d’Histoire naturelle, consulté le 2026-08-09.