Objectifs du parcours
Ce que tu vas savoir faire
- Nommer les trois perspectives sans les transformer en plan type.
- Situer les 17 notions dans plusieurs réseaux de problèmes.
- Utiliser les repères comme distinctions opératoires.
- Transformer une référence d'auteur en argument.
- Hiérarchiser les notions dans un sujet.
- Construire un programme de révision actif.
- Éviter la logique d'une fiche isolée par notion.
Le chapitre en bref
Le programme de philosophie de Terminale générale comprend 17 notions, organisées selon trois perspectives : l'existence humaine et la culture, la morale et la politique, la connaissance. Ces perspectives ne constituent pas trois parties obligatoires d'une dissertation. Elles indiquent des domaines de problèmes et permettent à une même notion de changer d'échelle. Les repères, comme obligation et contrainte ou en fait et en droit, sont des distinctions opératoires. Les auteurs ne forment pas une liste de doctrines à réciter : leurs textes fournissent des arguments à reconstruire. Une révision efficace organise donc les notions en réseaux, travaille des sujets et entraîne le rappel, l'analyse, l'objection et la rédaction.
1. Trois perspectives, pas trois parties obligatoires
L'existence humaine et la culture, la morale et la politique, la connaissance délimitent les problèmes fondamentaux du programme. Une même notion peut changer de sens selon la perspective : la liberté concerne l'existence, le droit et la connaissance de nos déterminations. Le professeur reste libre d'organiser le cours.
Une perspective n'est pas une case exclusive. La liberté relève de l'existence quand on interroge l'auteur de ses choix, de la politique quand on étudie les droits et de la connaissance quand on examine les causes qui nous déterminent. Le déplacement de perspective fait varier la question sans changer arbitrairement de sujet.
Le programme laisse au professeur la responsabilité de construire son itinéraire. Il n'impose donc ni l'ordre des notions ni un partage mécanique de l'année. Au bac, les perspectives aident à découvrir un présupposé ou un enjeu ; elles ne fournissent jamais à elles seules trois parties. Le plan doit venir de la difficulté propre au sujet.
Utilise les perspectives comme trois angles de questionnement. Devant une technique, demande ce qu'elle change dans l'existence humaine, comment elle transforme notre rapport à la nature et aux autres, puis quels critères permettent de la connaître ou de la juger. Ces questions peuvent se croiser dans un même argument. L'objection est qu'un tel passage en revue risque d'ajouter des thèmes sans répondre au sujet. Pour l'éviter, chaque angle doit reformuler la relation exacte interrogée et produire soit une distinction, soit une objection. Au bac, n'écris donc pas « selon la perspective morale » comme un titre de partie automatique. Si le sujet porte sur la libération par la technique, la perspective politique devient pertinente seulement lorsqu'elle montre comment l'accès, le pouvoir ou la dépendance modifient cette libération. Les perspectives servent à élargir une enquête, non à remplacer sa logique.
À observerPars de la personne qui utilise la machine. Formule une question sur son activité et sa culture, une sur les décisions collectives, puis une sur la fiabilité des connaissances mobilisées. Où ces questions se recoupent-elles ?
Trois perspectives sur une même question Les perspectives orientent le questionnement du programme ; elles servent à croiser les problèmes, pas à fournir un plan automatique.
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Un texte à connaître
« Les notions retenues le sont précisément parce qu'on ne saurait réduire d'avance leur examen à une dimension unique. »
Ce que le texte établit. Le programme demande une élaboration conceptuelle des notions dans des problèmes, non une succession de définitions autonomes.
Dans une copie. Cette règle invite à construire les liens nécessaires au sujet au lieu de réciter une fiche entière.
2. Dix-sept notions à mettre en relation
L'art, le bonheur, la conscience, le devoir, l'État, l'inconscient, la justice, le langage, la liberté, la nature, la raison, la religion, la science, la technique, le temps, le travail et la vérité composent la liste. Une notion n'est pas une fiche fermée : le travail porte sur ses sens, ses tensions et ses liens.
Une notion est un foyer de distinctions et de problèmes. Le travail peut désigner une activité pénible, une production organisée, un emploi ou une transformation de soi. Selon le sujet, il rencontre liberté, technique, justice, bonheur ou nature. Tout relier à tout ne produit pourtant qu'un catalogue : une relation devient philosophique lorsqu'elle modifie la réponse.
Construire des familles souples aide la mémoire : conscience, inconscient et liberté ; science, raison et vérité ; État, justice et devoir ; art, langage et culture ; travail, technique et nature ; temps, bonheur et existence. Ces regroupements ne remplacent pas les sujets. Ils facilitent le rappel d'une distinction ou d'une objection lorsque la relation exacte l'exige.
Une carte de notions doit contenir des relations verbales. « Le bonheur dépend-il de la satisfaction des désirs ? » relie bonheur et désir par une hypothèse qui peut être contestée ; une simple flèche ne dit rien. Ajoute à chaque relation un exemple, une référence et une limite. L'objection est qu'une carte personnelle restera incomplète. C'est sa fonction : elle ne remplace pas le programme, elle rend visibles les chemins que l'élève sait actuellement parcourir et ceux qu'il doit reconstruire. Au bac, un sujet ne demande pas de mobiliser les dix-sept notions. Il demande d'identifier une notion centrale, la relation qui la met en tension et quelques ressources pertinentes. Une carte bien faite empêche deux erreurs : traiter chaque notion comme un chapitre fermé ou associer librement tous les mots. Elle devient utile lorsqu'elle permet de formuler rapidement une objection précise, puis d'abandonner les branches sans rapport avec la question.
Un texte à connaître
« Leur détermination et leur mise en relation dépendent des questions et problèmes travaillés. »
Ce que le texte établit. Les notions forment un programme de problèmes à construire, non un dictionnaire dont chaque entrée aurait un contenu officiel figé.
Dans une copie. L'élève doit mobiliser une relation pertinente et expliquée plutôt qu'une association apprise sans fonction.
3. Les repères affinent le raisonnement
Absolu-relatif, cause-fin, en fait-en droit, objectif-subjectif, obligation-contrainte ou persuader-convaincre permettent de défaire les confusions. Ils ne sont pas des couples à réciter : il faut expliquer quel terme convient, pourquoi et avec quelle limite dans le problème rencontré.
Les repères sont des distinctions générales que l'on apprend à employer dans des contextes différents. En fait et en droit sépare ce qui existe de ce qui est justifié ; légal et légitime distingue validité juridique et raison d'obéir ; obligation et contrainte compare une règle reconnue et une force subie. Leur valeur vient de l'opération accomplie dans l'argument.
Un couple n'est pas toujours une opposition absolue. Une proposition peut être objective par sa méthode et relative à une échelle ; une obligation peut être accompagnée de contrainte ; un moyen peut devenir une fin secondaire. Au bac, définis les deux termes, applique-les au cas et indique la limite de la distinction. Une étiquette non expliquée ne rapporte aucun raisonnement.
Travaille les repères comme des tests de formulation. Devant une loi régulièrement adoptée mais discriminatoire, « légal » décrit la conformité au droit en vigueur et « légitime » demande une justification selon des principes. Le repère ne donne pas encore le verdict : une norme peut être légale et légitime, ou contestée sur l'un des deux plans. L'objection est que ces couples simplifieraient excessivement des concepts historiques. Il faut donc les traiter comme des instruments locaux et révisables, non comme des définitions universelles apprises isolément. Au bac, introduis un repère lorsqu'il débloque une contradiction, puis montre ce qu'il ne règle pas. La distinction légal-légitime permet de contester une loi sans nier son existence juridique ; elle ne suffit pas à déterminer le principe de justice qui fondera la critique. Ce dernier travail exige encore un argument.
Un texte à connaître
« Les repères ne font en aucun cas l'objet d'un enseignement séparé. »
Ce que le texte établit. Ils doivent intervenir à l'intérieur de l'analyse d'une notion ou d'un problème précis.
Dans une copie. Le texte officiel confirme qu'un repère vaut par l'éclaircissement qu'il apporte à la question traitée.
4. Les auteurs apportent des arguments
Le programme propose une liste d'auteurs de différentes périodes. Connaître Descartes ne signifie pas retenir une formule, mais pouvoir reconstruire un doute, une distinction ou une preuve. Une référence vaut par sa précision et son rôle dans le raisonnement.
Une référence possède au minimum une question, une thèse et une raison. Dire Spinoza pense que nous ne sommes pas libres reste inutilisable si l'on ne reconstruit pas son explication : nous avons conscience de nos actions mais ignorons leurs causes. L'exemple ou la citation ne remplace pas cette chaîne. L'auteur devient utile lorsque son argument répond exactement au problème de la copie.
Il faut aussi connaître la portée et la limite du texte. Descartes peut montrer que le doute méthodique cherche une certitude ; cela ne prouve pas que tout doute est bon. Kant peut distinguer autonomie et inclination ; cela n'établit pas que toute règle extérieure est injuste. Une référence bien maîtrisée contient donc déjà l'objection qui empêchera le contresens.
Prépare chaque auteur sous la forme d'une unité argumentative : question, thèse, raison, exemple ou passage, limite et sujets possibles. Pour le cogito, la question n'est pas « que pense Descartes ? » mais ce qui résiste à un doute poussé jusqu'à l'hypothèse de la tromperie. La conclusion porte sur l'existence du sujet au moment où il pense ; elle ne prouve pas immédiatement toutes les connaissances du monde. L'objection est que ce format réduit une œuvre à une fiche. Il reste légitime s'il renvoie à un texte effectivement lu et conserve sa progression. Au bac, ne mobilise l'auteur qu'après avoir construit le besoin conceptuel. Le nom vient soutenir une opération déjà claire. Cette méthode permet de réutiliser une même référence dans plusieurs sujets sans lui faire dire la même chose partout.
Un texte à connaître
« Diviser chacune des difficultés [...] en autant de parcelles qu'il se pourrait. »
Ce que le texte établit. La règle ne vaut pas comme slogan : elle propose de décomposer un problème afin de rendre ses dépendances examinables.
Dans une copie. Descartes fournit ici une opération d'analyse que l'élève peut appliquer, à condition de recomposer ensuite la difficulté.
5. Une question croise plusieurs notions
« Le travail nous libère-t-il ? » croise travail, liberté, technique, société et bonheur. Il faut hiérarchiser ces liens plutôt que produire un catalogue. Le sujet détermine les notions pertinentes et la perspective principale, sans se limiter au mot explicitement présent.
Dans Le travail nous libère-t-il ?, travail et liberté sont explicites. Technique intervient si l'activité transforme la puissance d'agir ; société et justice deviennent pertinentes si l'organisation répartit contrainte et reconnaissance. Le bonheur n'est utile que si la libération est confondue avec la satisfaction. Chaque notion secondaire doit donc répondre à un besoin argumentatif identifié.
Le risque inverse est de rester prisonnier du chapitre correspondant au mot du sujet. Peut-on vouloir le mal ? convoque la volonté, mais aussi connaissance, devoir et liberté. Une bonne analyse établit une hiérarchie : notion centrale, notion relationnelle, repère qui clarifie et références capables de traiter la tension. Le plan n'est pas la juxtaposition de ces éléments ; il ordonne des réponses successives.
Construis une phrase-relation avant de chercher les chapitres. Pour « la science nous libère-t-elle ? », la science est le moyen supposé et la liberté l'effet à interroger. Il faut préciser de quelle ignorance, de quelle dépendance ou de quel pouvoir il s'agit. La vérité et la technique deviennent pertinentes parce qu'elles modifient cette relation, non parce qu'elles figurent dans le voisinage du programme. L'objection est qu'une telle hiérarchie fermerait trop tôt la recherche. Elle reste provisoire et peut être révisée lorsqu'un contre-exemple fait apparaître une notion plus centrale. Au bac, limite-toi aux ressources qui changent la réponse : la connaissance peut libérer d'une erreur, une application technique créer une dépendance, une institution répartir inégalement les bénéfices. Ces étapes forment un raisonnement ; une partie « la science » suivie d'une partie « la liberté » ne traiterait pas leur relation.
Un texte à connaître
« La dissertation est l'étude méthodique et progressive d'un problème que l'analyse d'une question permet de construire. »
Ce que le texte établit. Le sujet doit être déployé selon ses dimensions nécessaires, sans accumulation extérieure de cours.
Dans une copie. Cette formulation justifie une sélection et une hiérarchie des notions réellement impliquées.
6. Réviser par réseaux et tests
Pour chaque notion, une fiche utile contient sens, distinctions, deux problèmes, arguments opposés, exemples et références expliquées. Des cartes de liens et des sujets courts testent la mobilisation. La révision doit alterner rappel sans support, analyse de sujet et rédaction de paragraphes.
Relire donne une impression de familiarité qui peut être confondue avec la maîtrise. Le rappel sans support oblige à reconstruire une distinction, une thèse ou un exemple. La correction immédiate permet ensuite de repérer ce qui manquait. Alterner rappel, sujet court, paragraphe et carte de liens prépare mieux au transfert demandé le jour du bac qu'une répétition passive.
Une semaine de révision peut suivre une boucle simple : revoir une notion, l'expliquer de mémoire, analyser deux sujets, écrire un paragraphe, corriger, puis rappeler à distance. Les citations viennent après l'argument, jamais avant. La progression se mesure par des productions vérifiables : définir sans cercle, formuler un problème, reconstruire un texte et traiter une objection.
Un cycle de vingt minutes peut déjà être actif. Ferme le cours et reconstruis une distinction ; ouvre-le pour corriger ; applique-la à un sujet ; rédige quatre phrases ; note l'erreur qui a résisté. L'objection est qu'une révision fragmentée ferait perdre la continuité des œuvres. Il faut alterner ces tests courts avec la relecture de passages et la construction de plans complets. Au bac, la mémoire utile est disponible sous contrainte : retrouver une raison, pas seulement reconnaître une phrase. Programme donc un nouveau rappel après un intervalle, en variant la tâche : définition aujourd'hui, objection demain, sujet ensuite. La fiche intervient après la tentative pour diagnostiquer ce qui manque. Cette boucle produit des preuves de progrès et empêche l'illusion de familiarité qui naît lorsqu'on relit plusieurs fois un texte sans essayer de l'expliquer.
À observerCompare les cartes isolées et le réseau de droite. Quel lien est confirmé par un exemple, lequel est contesté et lequel reste incertain ? Décris l'action de l'étudiant à chaque étape.
Réviser, c'est reconstruire et tester des relations Un réseau utile n'accumule pas les flèches : chaque relation doit pouvoir être expliquée, illustrée, contestée puis révisée.
Maxdecours · Illustration originale, 2026 · Tous droits réservés.
Un texte à connaître
« L'élève [...] mobilise de manière opportune les connaissances qu'il acquiert par la lecture et l'étude des textes. »
Ce que le texte établit. Le bac évalue la capacité de mobiliser des connaissances dans un problème, pas la récitation d'un inventaire.
Dans une copie. La révision doit donc entraîner la sélection, l'explication et l'application des ressources.
Erreurs fréquentes
L'essentiel à mémoriser
- Une perspective oriente une question ; elle ne constitue ni une définition de notion ni une partie automatique de dissertation.
- Une notion se maîtrise par ses sens, ses tensions et ses relations nécessaires, pas par une définition unique isolée.
- Un repère est réussi lorsqu'il lève une confusion, change la réponse et reste ajusté au cas.
- Connaître un auteur, c'est pouvoir reconstruire son problème, son argument, sa portée et une objection pertinente.
- Une notion secondaire n'entre dans la copie que si elle révèle une dimension nécessaire du problème principal.
- Réviser la philosophie consiste à rappeler, relier, appliquer, rédiger et corriger, pas seulement à relire des fiches.
Vérifier sa compréhension
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Sources et traçabilité
Dernière vérification : 2026-08-21
- Programme de philosophie de Terminale générale, Ministère de l'Éducation nationale, consulté le 2026-08-12.
- Programmes et ressources en philosophie, voie GT, Éduscol, consulté le 2026-08-12.
- Définition consolidée de l'épreuve terminale de philosophie, Éduscol, consulté le 2026-08-12.
- Discours de la méthode, deuxième partie (1637), René Descartes, consulté le 2026-08-13.
- Les épreuves terminales du baccalauréat général, février 2026, Éduscol, consulté le 2026-08-13.