Objectifs du parcours
Ce que tu vas savoir faire
- Expliquer l'organisation et les limites des deux blocs.
- Analyser les crises de Berlin et de Cuba.
- Distinguer décolonisation et guerre froide tout en montrant leurs interactions.
- Définir tiers-monde et non-alignement dans leur contexte.
- Situer la Chine de Mao dans les rapports de puissance.
- Expliquer l'internationalisation des conflits du Vietnam et du Proche-Orient.
Le chapitre en bref
La guerre froide oppose deux superpuissances et leurs alliances sans provoquer de guerre directe entre elles. Berlin et Cuba montrent l'intensité de cette confrontation sous la menace nucléaire. Dans le même temps, les empires européens se défont : les nouveaux États cherchent leur souveraineté et tentent parfois d'échapper à la logique des blocs, notamment à Bandung en 1955. La Chine communiste suit sa propre trajectoire. Les guerres d'Indochine et du Vietnam, les conflits du Proche-Orient et les mobilisations de 1968 révèlent un monde plus complexe qu'une carte à deux couleurs.
1. Deux blocs, des alliances et une dissuasion
Les États-Unis organisent autour d'eux un ensemble d'alliances, dont l'OTAN fondée en 1949, et soutiennent la reconstruction occidentale. L'URSS contrôle politiquement l'Europe de l'Est, organise le CAEM en 1949 puis le pacte de Varsovie en 1955. Un bloc combine donc alliances militaires, liens économiques, modèles politiques et rapports de domination.
La possession de l'arme atomique par l'URSS à partir de 1949 puis l'accumulation d'arsenaux thermonucléaires imposent la dissuasion. La capacité de riposte rend une guerre directe catastrophique, sans supprimer les crises, l'espionnage, la propagande ni les guerres menées par alliés interposés.
2. Berlin et Cuba : deux crises au bord de l'affrontement
Le blocus soviétique des secteurs occidentaux de Berlin en 1948-1949 échoue face au pont aérien organisé par les Occidentaux. En 1961, la RDA construit le mur de Berlin pour stopper les départs vers l'Ouest. Ces crises symbolisent la division allemande, mais elles répondent à des problèmes distincts : accès à la ville, statut de l'Allemagne et fuite des habitants.
En octobre 1962, les États-Unis découvrent des missiles soviétiques en cours d'installation à Cuba. Le blocus maritime décidé par Kennedy et les négociations avec Khrouchtchev conduisent au retrait des missiles soviétiques ; les États-Unis promettent de ne pas envahir Cuba et retirent discrètement leurs missiles de Turquie. La crise favorise ensuite des mécanismes de dialogue.
À observerObserve l’avion, les enfants et la proximité de l’aéroport : comment cette image montre-t-elle une confrontation sans combat direct entre les deux grandes puissances ?
Un C-54 atterrit à Tempelhof pendant le pont aérien de Berlin, 1948 La photographie d’Henry Ries est devenue un symbole du pont aérien. Elle associe performance logistique, protection des civils et communication politique occidentale.
Notice du fichier · Henry Ries / USAF · Public domain.
3. Les décolonisations transforment la carte politique
L'affaiblissement des puissances européennes, les mobilisations nationalistes et l'affirmation du droit des peuples favorisent les indépendances. Le processus n'est pas uniforme : négociations en Inde britannique en 1947, guerre d'Indochine jusqu'en 1954, guerre d'Algérie de 1954 à 1962, indépendances africaines nombreuses autour de 1960.
Les superpuissances tentent d'influencer ces conflits, mais les acteurs locaux ont leurs propres objectifs. La bataille de Diên Biên Phu en 1954 est à la fois un moment de la guerre d'indépendance vietnamienne, un conflit de décolonisation française et un épisode déjà inscrit dans les tensions de guerre froide.
4. Bandung et l'affirmation politique du tiers-monde
En avril 1955, vingt-neuf États d'Asie et d'Afrique se réunissent à Bandung. Ils condamnent le colonialisme, affirment la souveraineté et revendiquent une place dans les affaires mondiales. L'expression « tiers-monde », forgée par Alfred Sauvy en 1952, désigne politiquement des pays qui ne veulent pas être réduits aux deux blocs ; elle ne décrit pas un ensemble homogène.
Le mouvement des non-alignés est fondé à Belgrade en 1961. Ne pas s'aligner ne signifie ni neutralité constante ni absence de relations avec les superpuissances. Les gouvernements cherchent aides, armes et débouchés tout en défendant leur autonomie, avec des régimes et des intérêts parfois opposés.
À observerObserve le nombre et la diversité des délégations : pourquoi cette réunion ne peut-elle pas être réduite à un troisième bloc homogène ?
La conférence afro-asiatique de Bandung, avril 1955 Cette photographie documente l’affirmation collective des pays afro-asiatiques. Le terme « tiers-monde » doit conserver la diversité que l’image rassemble.
Notice du fichier · Unknown author Unknown author · Public domain.
5. La Chine de Mao, puissance communiste autonome
La République populaire de Chine est proclamée le 1er octobre 1949 après la victoire communiste dans la guerre civile. Alliée à l'URSS en 1950, elle intervient dans la guerre de Corée. Mao engage ensuite le Grand Bond en avant de 1958 à 1961, dont les politiques et les contraintes contribuent à une famine massive, puis la Révolution culturelle à partir de 1966, qui bouleverse le parti et la société.
La rupture sino-soviétique devient publique dans les années 1960. La Chine ne forme donc pas un simple relais de Moscou. Son entrée à l'ONU et au Conseil de sécurité en 1971, puis la visite de Nixon en 1972, modifient le jeu triangulaire entre Pékin, Moscou et Washington.
6. Vietnam, Proche-Orient et 1968 : des contestations multiples
Au Vietnam, les États-Unis interviennent massivement dans les années 1960 pour soutenir le Sud contre le Nord communiste et le Front national de libération. La guerre est un conflit vietnamien, une guerre issue de la décolonisation et un affrontement internationalisé. Les violences et l'impasse militaire nourrissent les contestations avant le retrait américain et la chute de Saigon en 1975.
Au Proche-Orient, les guerres de 1948, 1956 et 1967 transforment les territoires et la question palestinienne. La guerre des Six Jours de 1967 conduit à l'occupation par Israël de nouveaux territoires. En 1968, des mobilisations étudiantes, ouvrières, antiracistes ou politiques se déploient dans des contextes très différents : elles ne forment pas une révolution mondiale unique, mais révèlent des contestations transnationales de l'ordre établi.
Erreurs fréquentes
L'essentiel à mémoriser
- Les blocs associent alliances, économie, idéologie et domination, sans absorber tout le monde.
- Berlin et Cuba montrent une confrontation contenue par le risque nucléaire.
- Les décolonisations possèdent leurs propres acteurs et s'internationalisent diversement.
- Bandung et le non-alignement affirment une autonomie collective mais plurielle.
- La Chine de Mao devient un pôle communiste autonome de l'URSS.
- Le Vietnam, le Proche-Orient et 1968 révèlent la diversité des conflits et contestations.
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Sources et traçabilité
Dernière vérification : 2026-08-13
- Programme d'histoire-géographie de Terminale générale, Ministère de l'Éducation nationale, consulté le 2026-08-12.
- Programmes et ressources en histoire-géographie, voie GT, Éduscol, consulté le 2026-08-12.
- Final Communiqué of the Asian-African conference of Bandung, Ministère indonésien des Affaires étrangères, consulté le 2026-08-12.