Histoire · Terminale générale

1945 : reconstruire sans effacer les ruptures

La victoire des Alliés ne rétablit pas l'ordre d'avant-guerre. Les sociétés doivent compter les morts, juger des crimes, reconstruire les États et créer des institutions internationales, tandis que l'alliance entre les États-Unis et l'URSS se défait.

  1. Distinguer fin des combats et sortie de guerre.
  2. Relier une institution au problème qu'elle tente de résoudre.
  3. Identifier acteurs, textes et limites d'une décision.
  4. Suivre la transformation progressive des rapports de puissance.
  • 6activités avec l'accès complet
  • 8questions avec l'accès complet
  • 6cartes avec l'accès complet
  • 4sources citées

Objectifs du parcours

Ce que tu vas savoir faire

  • Construire un bilan différencié de la guerre.
  • Expliquer les innovations et limites des procès de Nuremberg.
  • Relier le programme du CNR à la refondation sociale française.
  • Comprendre l'architecture et les limites de l'ONU.
  • Expliquer la bipolarisation progressive de 1945 à 1947.
  • Situer la création d'Israël et la première guerre israélo-arabe.
Le chapitre en bref

En 1945, la Seconde Guerre mondiale laisse un bilan humain, matériel et moral sans précédent. Les Alliés organisent une justice pénale internationale, fondent l'ONU et consolident un ordre économique centré sur les institutions de Bretton Woods. En Europe occidentale, la reconstruction s'accompagne d'une extension de l'État social, illustrée en France par le programme du CNR. Mais l'entente américano-soviétique se transforme en confrontation. La création de l'État d'Israël en 1948 ouvre en outre un conflit régional durable.

1. Un bilan humain, matériel et moral sans précédent

La guerre a tué plusieurs dizaines de millions de personnes, en majorité des civils. Les pertes sont très inégalement réparties : l'URSS, la Pologne, la Chine et l'Allemagne figurent parmi les pays les plus touchés. Le génocide des Juifs et des Tsiganes, les massacres, les famines, les déportations et les bombardements imposent de distinguer les catégories de victimes et les mécanismes de violence.

Les destructions de villes, d'usines, de voies ferrées et de logements ralentissent la reprise. Des millions de personnes sont déplacées. Le bilan moral comprend la découverte des camps, mais cette formule ne doit pas faire croire que les persécutions étaient inconnues avant 1945. Les connaissances, les preuves disponibles et la prise de conscience publique ont des chronologies différentes.

2. Juger les crimes : Nuremberg et Tokyo

Du 20 novembre 1945 au 1er octobre 1946, le Tribunal militaire international de Nuremberg juge vingt-deux hauts responsables nazis présents. L'accusation mobilise notamment les catégories de crime contre la paix, crime de guerre et crime contre l'humanité. Les archives et les témoignages documentent un système de décisions et de responsabilités individuelles.

Le procès de Tokyo juge ensuite des dirigeants japonais. Ces juridictions affirment que l'obéissance à l'État n'efface pas toute responsabilité pénale. Elles restent cependant une justice des vainqueurs et ne jugent ni tous les responsables ni toutes les violences alliées. Reconnaître ces limites ne supprime pas leur innovation juridique.

Document

À observerObserve l’organisation du box et l’identification des accusés : que cherche à accomplir un procès international après une guerre d’anéantissement ?

Les accusés dans le box au procès de Nuremberg, 1945-1946 La photographie du box des accusés matérialise le passage de dirigeants du pouvoir au jugement. Elle ne résume pas la preuve judiciaire accumulée pendant le procès.

Notice du fichier · Work of the United States Government · Public domain.

3. Refonder la République et construire l'État social

Adopté le 15 mars 1944, le programme du Conseil national de la Résistance associe rétablissement de la démocratie, libertés publiques et réformes économiques et sociales. Il est porté par un compromis entre mouvements de Résistance, partis et syndicats, et non par un acteur unique.

À la Libération, le Gouvernement provisoire met en œuvre des nationalisations, crée la Sécurité sociale en 1945 et rétablit la légalité républicaine. Le droit de vote et d'éligibilité reconnu aux femmes par l'ordonnance du 21 avril 1944 transforme le corps civique. La refondation sociale ne supprime toutefois ni les conflits ni les inégalités.

4. L'ONU et l'organisation d'un ordre international

La Charte des Nations unies est signée à San Francisco le 26 juin 1945 et entre en vigueur le 24 octobre. L'ONU vise la paix, la sécurité collective, la coopération et les droits humains. L'Assemblée générale représente les États membres, tandis que le Conseil de sécurité peut adopter des décisions contraignantes.

Les cinq membres permanents du Conseil disposent d'un droit de veto. Ce privilège reconnaît le rapport de puissance issu de la guerre et doit empêcher les grandes puissances de quitter l'organisation, mais il peut aussi bloquer l'action collective. Les institutions de Bretton Woods, créées à partir des accords de 1944, organisent parallèlement un ordre monétaire et financier dominé par les États-Unis.

Document

À observerRepère le titre et le caractère de traité : pourquoi un texte fondateur organise-t-il la coopération sans supprimer les rapports de puissance ?

La Charte des Nations unies, signée le 26 juin 1945 La Charte est une source juridique fondatrice. Pour mesurer son efficacité, il faut confronter ses principes aux institutions et aux crises dans lesquelles elles agissent.

Notice du fichier · United Nations. · Public domain.

5. De la Grande Alliance à la bipolarisation

Les États-Unis et l'URSS sortent renforcés de la guerre, mais leurs modèles politiques, leurs intérêts de sécurité et leurs interprétations de l'Europe libérée divergent. L'Armée rouge occupe l'Europe centrale et orientale ; les gouvernements communistes y consolident progressivement leur pouvoir. À l'Ouest, les États-Unis disposent d'une puissance économique et militaire exceptionnelle.

En 1947, la doctrine Truman propose d'endiguer l'expansion communiste et le plan Marshall offre une aide économique aux pays européens. L'URSS refuse cette aide pour elle-même et ses alliés ; la doctrine Jdanov présente le monde en deux camps. La bipolarisation est donc un processus fait de perceptions, de pressions et de décisions réciproques, non une division achevée dès mai 1945.

6. 1947-1949 : création d'Israël et guerre au Proche-Orient

Le sionisme, les migrations juives en Palestine sous mandat britannique, l'antisémitisme européen et la Shoah forment un contexte de longue durée. Le 29 novembre 1947, l'Assemblée générale de l'ONU recommande un plan de partage en deux États et un statut international pour Jérusalem. Les dirigeants sionistes acceptent le principe ; les dirigeants arabes palestiniens et les États arabes le refusent.

David Ben Gourion proclame l'État d'Israël le 14 mai 1948. La guerre oppose Israël à des armées arabes et s'accompagne de l'exode et de l'expulsion de centaines de milliers de Palestiniens, appelés Nakba dans la mémoire palestinienne. Les armistices de 1949 ne règlent ni la question des réfugiés ni celle des frontières définitives.

Erreurs fréquentes

L'essentiel à mémoriser

  • Le bilan de 1945 est humain, matériel, moral et politique.
  • Nuremberg consolide la responsabilité pénale individuelle pour des crimes internationaux.
  • Le programme du CNR nourrit une refondation démocratique et sociale en France.
  • L'ONU associe ambition universelle et privilèges des grandes puissances.
  • La bipolarisation se construit progressivement jusqu'à l'affirmation de deux camps en 1947.
  • La création d'Israël et la guerre de 1948 ouvrent des questions territoriales et humaines durables.

Vérifier sa compréhension

Réviser au bon moment

Poursuivre le parcours

Cours terminé

Poursuis ta progression

Choisis une formule Maxdecours pour poursuivre depuis ton parcours. Après le paiement, tu pourras créer tes identifiants.

Chapitre suivantUne nouvelle donne géopolitique : bipolarisation et émergence du tiers-monde

La formule donne accès aux outils d'apprentissage actif et à la continuité du parcours.

Sources et traçabilité

Dernière vérification : 2026-08-13

  1. Programme d'histoire-géographie de Terminale générale, Ministère de l'Éducation nationale, consulté le 2026-08-12.
  2. Programmes et ressources en histoire-géographie, voie GT, Éduscol, consulté le 2026-08-12.
  3. Charte des Nations Unies, Organisation des Nations unies, consulté le 2026-08-12.
  4. Le procès des grands criminels de guerre devant le Tribunal militaire international, United States Holocaust Memorial Museum, consulté le 2026-08-12.

Tu sais relier reconstruction et nouvelles tensions

Poursuis avec la bipolarisation et les décolonisations.

Retrouve des chronologies expliquées, des quiz corrigés et des cartes de révision.

  • Cours structurés
  • Quiz expliqués
  • Cartes de révision