Objectifs du parcours
Ce que tu vas savoir faire
- Distinguer génocide, crime contre l'humanité et crime de guerre sans les hiérarchiser moralement.
- Comparer justice locale, nationale et internationale à partir des gacaca, du TPIY et des procès nazis.
- Analyser un lieu, une loi, un témoignage, une décision ou une œuvre selon son contrat documentaire.
- Construire une problématique, un plan de dissertation et des paragraphes appuyés sur des jalons localisés et datés.
- Construire une réponse problématisée sur « Mémoire et histoire des génocides des Juifs et des Tsiganes » en reliant des faits localisés, un mécanisme, une portée et une limite.
Le chapitre en bref
La connaissance et la transmission des génocides des Juifs et des Tsiganes reposent sur des archives, des lieux, des témoignages, des procès et des œuvres dont les fonctions diffèrent. Les procès établissent des responsabilités, les lieux rendent visibles des traces et les œuvres construisent une représentation. Aucun support ne suffit seul : il faut croiser les sources, situer leur production et refuser toute mise en concurrence des victimes.
Lieux, procès et œuvres face au génocide
Les lieux de mémoire peuvent être anciens camps, monuments, musées, plaques, archives ou espaces de rassemblement. Leur sens dépend de leur histoire, des groupes nommés, du parcours proposé et des choix de conservation. Les mémoires du génocide des Juifs et des persécutions et massacres des Roms et Sinti n'ont pas reçu la même visibilité ni le même calendrier de reconnaissance. Visiter ou cartographier un lieu exige de distinguer trace matérielle, reconstruction, scénographie et message commémoratif.
Le Tribunal militaire international de Nuremberg juge vingt-deux hauts responsables nazis, mais de nombreux auteurs ne sont pas jugés et les crimes de la Shoah ne constituent pas l'unique centre de tous les procès. Des procédures ultérieures en Allemagne, dans d'autres pays et en Israël prolongent le travail judiciaire. Littérature et cinéma accomplissent encore une autre opération : ils donnent forme à une expérience, une absence ou une transmission. Analyse point de vue, montage, genre, conditions de production et réception sans demander à une œuvre de remplacer l'archive.
Étude critique de document
Le procès de Nuremberg : dispositif judiciaire, preuves et visibilité des crimes
- Nature
- Photographie d'archive confrontée à une notice historique
- Producteur
- Gouvernement des États-Unis et United States Holocaust Memorial Museum
- Date
- 1945-1946
Le Tribunal militaire international juge les principaux dirigeants nazis ; les procès et les preuves filmées ou documentaires influencent la connaissance publique des crimes.
ConsigneAnalyse ce que la photographie montre du procès, puis mobilise la notice pour expliquer ce qu'elle ne montre pas des crimes et des victimes.
- accusés identifiés dans un dispositif judiciaire
- procédure publique et contradictoire
- usage massif d'archives produites par le régime nazi et les Alliés
- Présente la nature, le producteur, la date, le destinataire et la situation du document avant de l'utiliser.
- Relève trois indices précis, puis transforme chaque indice en idée expliquée à l'aide du cours.
- Confronte le document à une connaissance extérieure et termine par ce qu'il ne permet pas d'établir.
Production attendue. Rédige un paragraphe de 180 à 250 mots comprenant une présentation du document, trois preuves interprétées, une connaissance extérieure et une limite critique.
Le procès de Nuremberg : dispositif judiciaire, preuves et visibilité des crimes Le dispositif judiciaire rend visibles des accusés et une procédure. La photographie ne suffit pas à établir les qualifications ni les preuves examinées.
Notice du document · Gouvernement des États-Unis · Domaine public.
Construire une étude critique sans mettre les mémoires en concurrence
Pour chaque pièce, remplis cinq colonnes : opération, producteur, public, preuves et limite. Un témoignage transmet une expérience située ; une loi institue une règle ou une reconnaissance ; un jugement établit des faits nécessaires à une décision ; un article historique construit une explication ; un monument organise une commémoration ; une œuvre propose une représentation. La confrontation devient féconde lorsque tu demandes ce que la réunion permet d'établir, non quelle pièce serait absolument vraie ou fausse.
Dans une dissertation, les verbes organisent le raisonnement : concurrencer, reconnaître, enquêter, qualifier, juger, transmettre, réparer. Évite la chronologie en catalogue. Chaque cas doit montrer un mécanisme, par exemple l'ouverture d'archives qui déplace un débat, une mobilisation qui obtient une reconnaissance ou un procès qui individualise les responsabilités. Termine par les limites : silence documentaire, compétence du tribunal, groupes absents, réception contestée ou effet qui ne peut pas être mesuré par le seul texte.
Exemple guidé
Sujet : « La justice écrit-elle l'histoire ? » Formule une réponse nuancée.
- Comparer questions, preuves et finalités, puis étudier les circulations entre procédure judiciaire et recherche.
La justice établit des faits et responsabilités dans le cadre d'une affaire ; ses archives peuvent devenir essentielles aux historiens. Elle ne traite cependant pas toutes les causes, expériences et conséquences. Elle contribue donc à la connaissance du passé sans se substituer à l'enquête historique.
Étude critique de document
Étudier deux documents sur le passé sans mettre les mémoires en concurrence
- Nature
- Cadre méthodologique officiel de l'épreuve
- Producteur
- Ministère de l'Éducation nationale
- Date
- 2025
L'étude critique peut porter sur un ou deux documents ; la consigne oriente une analyse éclairée par les connaissances du candidat.
ConsigneConstruis un tableau producteur, date, fonction, public, preuves, silences pour un discours commémoratif et un extrait de jugement.
- présentation située des documents
- mise en relation guidée par une consigne
- mobilisation des connaissances pour expliquer et limiter
- Présente la nature, le producteur, la date, le destinataire et la situation du document avant de l'utiliser.
- Relève trois indices précis, puis transforme chaque indice en idée expliquée à l'aide du cours.
- Confronte le document à une connaissance extérieure et termine par ce qu'il ne permet pas d'établir.
Production attendue. Rédige un paragraphe de 180 à 250 mots comprenant une présentation du document, trois preuves interprétées, une connaissance extérieure et une limite critique.
Mise en pratique
Exercice interactif et correction réservés
L'accès complet permet de manipuler, répondre et comprendre chaque erreur.
Exercice de transfert
Appliquer le raisonnement à une autre situation
Rédige une conclusion de dix lignes qui répond à la consigne sans additionner deux mini-commentaires.
- La nouvelle situation est localisée et datée.
- Au moins deux notions du cours sont employées avec exactitude.
- Une preuve est distinguée d'une interprétation.
- Une limite ou une autre échelle empêche la conclusion automatique.
Mise en pratique
Exercice interactif et correction réservés
L'accès complet permet de manipuler, répondre et comprendre chaque erreur.
Erreurs fréquentes
Faire de Nuremberg le procès exhaustif de la Shoah
Identifie accusés, chefs, limites et procédures ultérieures.
Prendre une fiction pour une archive directe
Analyse sa représentation, ses sources, sa date et sa réception.
Réciter « Lieux, procès et œuvres face au génocide » sans répondre au sujet
Utilise le cas pour établir l'idée suivante, puis précise sa portée : Lieu, procès et œuvre transmettent le passé selon des preuves et des finalités distinctes.
Réciter « Construire une étude critique sans mettre les mémoires en concurrence » sans répondre au sujet
Utilise le cas pour établir l'idée suivante, puis précise sa portée : Nomme l'opération du document avant d'utiliser son contenu comme preuve.
L'essentiel à mémoriser
- Un lieu ou une œuvre organise une transmission, pas une preuve totale.
- Le contrat documentaire précède l'interprétation.
- Lieu, procès et œuvre transmettent le passé selon des preuves et des finalités distinctes.
- Nomme l'opération du document avant d'utiliser son contenu comme preuve.
- Comment transmettre l'histoire des génocides à partir de supports de mémoire différents sans confondre leurs fonctions ?
- Au bac, chaque exemple de « Mémoire et histoire des génocides des Juifs et des Tsiganes » doit être localisé, daté, relié à un mécanisme et limité.
Préparer les épreuves
Réinvestir le cours « Mémoire et histoire des génocides des Juifs et des Tsiganes » au baccalauréat
L'épreuve écrite de spécialité associe une dissertation et une étude critique d'un ou deux documents. Ce cours n'est pas un devoir complet de quatre heures : il fournit les connaissances, les raisonnements et les gestes documentaires nécessaires pour traiter un sujet portant sur « Mémoire et histoire des génocides des Juifs et des Tsiganes ».
Dissertation
Sujet. Les lieux, les procès et les œuvres transmettent-ils de la même manière l'histoire des génocides ?
Problème. Comment transmettre l'histoire des génocides à partir de supports de mémoire différents sans confondre leurs fonctions ?
- Définis les termes et borne l'espace comme la période.
- Transforme le sujet en une tension à laquelle le plan devra répondre.
- Classe les exemples par fonction : prouver, expliquer, comparer ou limiter.
- Rédige chaque paragraphe selon la chaîne idée, mécanisme, exemple, portée et limite.
- Vérifie que la conclusion répond à la problématique sans ajouter un nouveau cas.
Plan possible
- I. Définir les acteurs, les espaces et le mécanisme central de « Mémoire et histoire des génocides des Juifs et des Tsiganes »
- II. Expliquer les transformations et les rapports de force à partir de cas situés
- III. Mesurer les effets, les interdépendances et les limites de la démonstration
Étude critique de documents
En confrontant les documents « Le procès de Nuremberg : dispositif judiciaire, preuves et visibilité des crimes » et « Étudier deux documents sur le passé sans mettre les mémoires en concurrence », explique ce qu'ils permettent d'établir sur « Mémoire et histoire des génocides des Juifs et des Tsiganes » et discute leurs limites.
- Analyse la consigne avant de relever les informations.
- Présente chaque document par sa nature, son producteur, sa date, sa fonction et son contexte.
- Distingue l'indice observé, la connaissance qui l'explique et l'inférence formulée.
- Confronte les documents dans chaque partie au lieu de les commenter successivement.
- Termine par ce que le corpus ne permet pas d'établir.
Grand oral
La question doit être liée au programme de spécialité, recevoir une réponse argumentée et permettre un échange avec le jury.
- Une œuvre de fiction peut-elle transmettre rigoureusement l'histoire d'un génocide ?
- Comment transmettre l'histoire des génocides à partir de supports de mémoire différents sans confondre leurs fonctions ?
- Quel document permettrait de vérifier l'affirmation la plus discutée du cours « Mémoire et histoire des génocides des Juifs et des Tsiganes » ?
- Délimite une question à laquelle dix minutes permettent de répondre.
- Annonce une réponse centrale et deux ou trois preuves attribuées.
- Prépare une objection qui oblige à préciser la thèse.
- Anticipe une demande de définition, de source et de changement d'échelle.
Mise en pratique
Exercice interactif et correction réservés
L'accès complet permet de manipuler, répondre et comprendre chaque erreur.
Vérifier sa copie
- J'ai répondu aux termes exacts du sujet sur « Mémoire et histoire des génocides des Juifs et des Tsiganes ».
- Ma problématique contient une tension et ne répète pas le titre.
- Chaque exemple est daté, localisé et relié à un mécanisme.
- Je distingue ce que dit le document de ce que j'en déduis.
- Je présente le producteur, la date et la fonction des documents.
- Je mobilise une connaissance extérieure pour expliquer ou limiter.
- Je n'utilise pas un cas unique comme preuve universelle.
- Ma conclusion répond au problème sans réciter tout le plan.
Vérifier sa compréhension
Vérification
Quiz et corrections réservés
Ce cours reste lisible sans abonnement. Le quiz, ses réponses et ses corrections font partie de l'accès complet.
Réviser au bon moment
Mémorisation
Cartes et répétition espacée réservées
L'accès complet programme les rappels, enregistre les réponses et rend la progression visible.
Poursuivre le parcours
Suite du parcours
Parcours de révision réservé
L'accès complet organise les chapitres à revoir, conserve l'avancement et rend la progression visible.
Sources et traçabilité
Dernière vérification : 2026-08-22
- Programme officiel HGGSP Terminale, Ministère de l'Éducation nationale, consulté le 2026-08-22.
- Épreuve de l'enseignement de spécialité HGGSP à compter de la session 2026, Bulletin officiel de l'Éducation nationale, consulté le 2026-08-22.
- Présentation du Grand oral, Éduscol, consulté le 2026-08-22.
- Le procès de Nuremberg : dispositif judiciaire, preuves et visibilité des crimes, Gouvernement des États-Unis et United States Holocaust Memorial Museum, consulté le 2026-08-22.