SVT · Première générale

Comment une mutation devient‑elle une nouvelle version de l’ADN ?

Cours interactif de Première SVT sur mutations spontanées et induites, réparation de l’ADN, agents mutagènes, allèles, clones et transmission.

  1. Comprendre
  2. Mettre en pratique
  3. Vérifier
  4. Mémoriser
  • 8activités interactives
  • 8questions de quiz
  • 6cartes de révision
  • 8sources citées

Ce que tu vas savoir faire

  • Distinguer erreur de réplication, altération de l’ADN, réparation, mutation et allèle.
  • Caractériser une modification en alignant une séquence de référence et une séquence observée.
  • Distinguer mutation spontanée et exposition mutagène sans supposer une mutation dirigée.
  • Expliquer pourquoi une réparation fidèle empêche la fixation d’une mutation.
  • Concevoir et quantifier un protocole étudiant l’effet des UV sur survie et mutants.
  • Prévoir le devenir d’une mutation somatique ou germinale dans un arbre cellulaire.
  • Relier une mutation persistante à l’apparition d’un nouvel allèle dans une population.
  • Auditer une mutation candidate dans un trio et limiter la conclusion sur son effet.

Vérifie tes prérequis

  • Connaître la séquence de nucléotides d’une molécule d’ADN.
  • Comprendre réplication, ADN polymérase, phase S et clone cellulaire.
  • Calculer une proportion ou un pourcentage à partir d’un effectif et de son dénominateur.
Le chapitre en bref

Une erreur de copie ou une altération de l’ADN ne devient une mutation transmissible que si la séquence modifiée persiste après les réparations et une réplication. La mutation est alors propagée aux cellules du clone par mitose. Dans une cellule somatique, elle reste dans l’organisme et son clone ; dans la lignée germinale, elle peut être transmise à une descendance si le gamète concerné participe à la fécondation. Une séquence nouvelle peut ainsi constituer un nouvel allèle, dont l’effet dépend du segment touché et du contexte.

1. Quand une modification de l’ADN devient-elle une mutation ?

Une erreur peut apparaitre pendant la copie ; une altération peut aussi toucher l’ADN en dehors de la réplication. À ce stade, la séquence n’est pas nécessairement durablement modifiée : des systèmes enzymatiques peuvent restaurer une séquence conforme.

On parle ici de mutation lorsque la modification de séquence a échappé à une réparation conforme, persiste après la réplication et peut être transmise lors d’une division. Ce contrat temporel évite d’appeler mutation toute lésion momentanée. Une intervention volontaire de génie génétique relève d’une autre démarche et ne doit pas être confondue avec une mutation spontanée.

Événement → réparation → réplication → transmission

Quel mot décrit l’état actuel de la séquence ?

Momentpendant la copieSéquencemésappariement possibleRéparationencore possibleStatutpas forcément mutation

Nommer l’erreur décrit son origine, pas encore sa persistance.

2. Comment caractériser une mutation dans une séquence ?

On aligne une séquence de référence et la séquence observée, dans la même orientation. Un remplacement à une position correspond à une substitution ; une base supplémentaire à une insertion ; une base absente à une délétion. Ces catégories décrivent ce que montre l’alignement sans prétendre dresser une liste exhaustive.

Le nom de la catégorie ne suffit pas à prédire un effet. Il faut localiser le segment touché, savoir s’il participe à une information ou à sa régulation, puis rechercher une conséquence mesurée. Une modification peut n’avoir aucun effet phénotypique détectable dans les conditions étudiées.

Référence → orientation → alignement → différence → limite

Que montre réellement l’alignement ?

référenceobservéeAACCTTGACCCCAAmême orientation · positions alignées · première différence localisée
Une position diffère, sans changement de longueur

À la quatrième position, G est remplacé par A : l’alignement montre une substitution.

3. Une mutation induite est-elle dirigée par le besoin ?

Des erreurs de réplication et des altérations spontanées surviennent sans exposition mutagène identifiée. Des agents physiques ou chimiques, comme les UV dans un exemple expérimental, peuvent augmenter la fréquence des altérations puis des mutations qui échappent à la réparation.

Induite ne signifie pas utile, précise ou commandée par l’organisme. L’exposition modifie une probabilité ; elle ne choisit pas l’allèle avantageux attendu. Pour le montrer, on compare des groupes traités et témoins, avec le même nombre initial de cellules et plusieurs répétitions.

Groupe témoin → exposition → fréquence → hasard → conclusion

Que permet réellement de conclure l’exposition ?

Exposition identifiéeaucuneOrigine possiblecopie ou altérationOccurrencealéatoireMesurefréquence de fond

Spontanée ne signifie ni sans cause moléculaire ni sans réparation.

4. Quel rôle joue la réparation avant la transmission ?

Des enzymes spécialisées détectent et corrigent de nombreuses erreurs ou altérations. Le programme n’exige pas le détail des voies moléculaires : il faut surtout comprendre le résultat du filtre. Une réparation conforme restaure la séquence ; une réparation absente ou non conforme peut laisser persister une modification.

Après une réplication de la séquence modifiée, l’une des molécules filles peut porter durablement la nouvelle séquence. La mitose la transmet alors à une partie du clone. Le mot réparation ne garantit donc pas une correction parfaite, mais l’existence de ce filtre explique la grande fidélité globale de la transmission.

Altération → réparation → persistance → réplication → clone

À quelle sortie du filtre se trouve la séquence ?

erreur oualtérationfiltre desréparationsséquencerestauréemutationfixée
Une erreur ou une lésion apparait

À ce stade, le changement n’est pas nécessairement une mutation persistante.

5. Comment tester l’effet des UV sans confondre mortalité et mutants ?

Dans un protocole scolaire simulé, des lots comparables reçoivent 0, 10 ou 30 secondes d’UV. Après culture dans des conditions identiques, on compte toutes les colonies survivantes puis, parmi elles, celles qui présentent le phénotype mutant recherché. Le lot à 0 seconde est le témoin ; durée d’exposition, distance, inoculum, milieu et durée d’incubation doivent être contrôlés.

Si 180 colonies survivent et 9 sont mutantes, la fréquence apparente parmi les survivantes vaut f=9180×100=5 %. La survie n’est plus que 1801 000×100=18 % par rapport au témoin de 1 000 colonies. Cette fréquence n’est pas automatiquement le taux de mutation par cellule : survie différentielle, croissance et détection du phénotype participent au résultat. Les microorganismes exigent les règles strictes de culture et de destruction prévues par l’établissement.

Témoin → exposition → survivants → mutants → proportions → limites

Quel dénominateur répond à la question ?

colonies survivantes10000 s2 mutants65010 s7 mutants18030 s9 mutantsbarre = survie · point orange = mutants recensés parmi les survivants
Le lot sans UV fixe la référence de survie

Même inoculum, même milieu et même incubation : seule la durée d’UV doit varier.

6. Où va la mutation après la division de la cellule touchée ?

Chez les animaux, une mutation somatique est transmise par mitoses aux descendantes de la cellule mutée : elle forme une branche du clone dans l’organisme. Elle n’est pas transmise aux enfants par la reproduction sexuée dans le cadre scolaire étudié.

Une mutation apparue dans la lignée germinale devient potentiellement héréditaire. Elle n’est effectivement transmise que si un gamète qui la porte participe à la fécondation. L’individu issu de ce gamète peut alors porter la variation dans de nombreuses cellules produites à partir de la cellule-œuf.

Cellule touchée → mitoses ou gamètes → condition de transmission

Quelle branche peut recevoir la séquence modifiée ?

celluleclone somatique localzygote
La mutation apparait dans une cellule du corps

Elle concerne cette cellule et les cellules issues de ses mitoses.

7. Comment une mutation alimente-t-elle la diversité allélique ?

Un allèle est une version de la séquence d’un segment d’ADN, qu’il soit codant ou non. Lorsqu’une mutation germinale persistante produit une séquence nouvelle et qu’elle est transmise, un nouvel allèle entre dans la population. La mutation fournit ainsi la nouveauté génétique au cours du temps.

L’apparition d’un allèle et l’évolution de sa fréquence sont deux questions distinctes. Reproduction, hasard et conditions du milieu influencent ensuite le nombre de porteurs ; une observation ponctuelle ne dit pas à elle seule si l’allèle est avantageux, neutre ou défavorable.

Mutation → transmission → porteur → recensement → fréquence

À quelle étape se trouve la nouveauté génétique ?

Séquence initialeallèle AMutationnouvelle séquenceVersionallèle A′Populationpas encore transmise

La mutation crée une nouveauté mais ne garantit pas sa présence durable dans la population.

8. Que peut conclure la comparaison d’un trio père-mère-enfant ?

Une variation observée chez l’enfant et absente des séquences appelées chez ses deux parents est une candidate de novo. Il faut vérifier couverture, qualité de lecture, identité des échantillons et éventuel mosaïcisme parental avant de conclure. Une réplication technique ou une autre méthode de séquençage renforce la validation.

Dans une étude de 283 trios, 17 812 substitutions de novo à haute confiance ont été recensées, soit environ 63 par enfant et un taux estimé à 1,29×10−8 par position et par génération dans les régions analysées. Ce résultat dépend du protocole et du filtrage. Détecter une variation ne prouve pas qu’elle explique un phénotype : position, données fonctionnelles, fréquence dans des populations et concordance avec d’autres observations doivent être croisées.

Trio → appels → candidate → validation → effet

La variation est-elle détectée, validée ou interprétée ?

pèreA C G T C A AA C G T C A AmèreA C G T T A AA C G T T A AenfantA C G T C A AA C G T G A Arépéter · contrôler la qualité · rechercher un mosaïcismepuis seulement valider la candidatevariation détectée ≠ effet démontré
On compare les deux allèles appelés chez chaque membre du trio

Orientation, position et qualité doivent être identiques avant de chercher une différence.

Erreurs fréquentes

L'essentiel à mémoriser

  • Statut temporel fixé.
  • Séquences alignées.
  • Fréquence non dirigée.
  • Réparation filtrée.
  • Deux proportions calculées.
  • Lignées distinguées.
  • Allèle suivi.
  • Trio audité.

Vérifier sa compréhension

Réponds aux 8 questions. Ton score et les réponses justes ou fausses apparaissent immédiatement.

1. Quelle situation suffit pour parler d’une mutation persistante ?
2. Référence A–C–T–G–C ; séquence observée A–C–T–A–C. Que montre l’alignement ?
3. Que signifie une hausse des mutants après exposition aux UV ?
4. Quel est l’effet d’une réparation conforme ?
5. Parmi 180 colonies survivantes, 9 sont mutantes. Quelle fréquence apparente obtient-on ?
6. Quel devenir correspond à une mutation somatique chez un animal ?
7. Comment un nouvel allèle peut-il entrer dans une population ?
8. Une variation est observée chez l’enfant mais pas dans les lectures parentales. Quelle conclusion est proportionnée ?

Réviser au bon moment

Révèle chaque réponse, puis indique la difficulté de ton rappel pour programmer la prochaine révision dans ce navigateur.

Altération ou mutation ?

Prochaine révision : à programmer

Caractériser une variation ?

Prochaine révision : à programmer

Agent mutagène ?

Prochaine révision : à programmer

Deux proportions du protocole UV ?

Prochaine révision : à programmer

Somatique ou germinale ?

Prochaine révision : à programmer

Candidate de novo ?

Prochaine révision : à programmer

Poursuivre le parcours

Sources et traçabilité

Dernière vérification : 2026-08-12

  1. Programme d’enseignement de spécialité de SVT de Première générale, Bulletin officiel de l’Éducation nationale, consulté le 2026-08-12.
  2. Programme de sciences de la vie et de la Terre de Première générale — annexe, Ministère de l’Éducation nationale, consulté le 2026-08-12.
  3. L’information génétique : transmission, expression, variation, Éduscol, consulté le 2026-08-12.
  4. Mutations de l’ADN et variabilité génétique — altérations du génome et cancérisation, Éduscol, consulté le 2026-08-12.
  5. Mutation, National Human Genome Research Institute, consulté le 2026-08-12.
  6. Divers et variants — C’est quoi un mutant ?, Inserm, consulté le 2026-08-12.
  7. Multi-nucleotide de novo Mutations in Humans, PLOS Genetics — PubMed Central, consulté le 2026-08-12.
  8. The Association of Use of Sunbeds with Cutaneous Malignant Melanoma and Other Skin Cancers, International Agency for Research on Cancer, consulté le 2026-08-12.

Tu sais suivre une modification depuis l’ADN jusqu’au clone, à l’allèle et à la mesure

Poursuis avec l’histoire humaine lue dans son génome.

Le chapitre suivant utilise la diversité des séquences pour identifier des parentés, des métissages et des étapes de l’histoire humaine récente.

  • Séquences comparées
  • Protocole mutagène quantifié
  • Transmission et causalité distinguées