SVT · Première générale

Comment le génome permet‑il de reconstituer une histoire humaine ?

Cours interactif de Première SVT sur comparaison de génomes, ADN ancien, parentés, Néandertal, Denisova, introgression et sélection récente.

  1. Comprendre
  2. Mettre en pratique
  3. Vérifier
  4. Mémoriser
  • 8activités interactives
  • 8questions de quiz
  • 6cartes de révision
  • 8sources citées

Ce que tu vas savoir faire

  • Distinguer variant partagé, proximité génétique, parenté et scénario historique.
  • Calculer une distance simple entre séquences alignées avec le même périmètre.
  • Construire et critiquer un arbre de proximité à partir d’une matrice de distances.
  • Calculer générations et ancêtres théoriques puis expliquer l’effondrement généalogique.
  • Auditer l’authenticité et les limites d’un génome ancien.
  • Interpréter des indices d’introgression néandertalienne ou denisovienne.
  • Comparer des fréquences alléliques datées sans confondre sélection, migration et dérive.
  • Formuler une conclusion proportionnée aux échantillons et aux scénarios testés.

Vérifie tes prérequis

  • Savoir qu’un allèle est une version de séquence apparue par mutation.
  • Comparer des nucléotides dans deux séquences de même orientation.
  • Utiliser une proportion, une puissance et un ordre de grandeur.
Le chapitre en bref

Les génomes portent des variants hérités d’ancêtres. En alignant les mêmes positions chez des individus actuels et anciens, puis en contrôlant qualité, date et provenance des échantillons, les chercheurs mesurent des proximités, testent des scénarios de séparation ou de métissage et suivent des fréquences alléliques au cours du temps. Le résultat est une histoire probabiliste de populations, jamais la lecture directe d’une chronique ni l’identité complète d’une personne.

1. Que conserve réellement le génome d’une histoire passée ?

Chaque personne reçoit des segments d’ADN de ses parents. Mutations, recombinaisons et transmissions successives produisent une mosaïque de variants. Certains sont largement partagés, d’autres caractérisent une lignée ou un échantillon plus restreint. Le génome est donc une archive de transmissions, pas une chronique qui nommerait directement des peuples, des dates et des événements.

Une inférence commence par définir les échantillons : individus, lieux, dates, positions du génome et qualité des lectures. Les groupes employés par une étude sont des ensembles analytiques situés, non des races biologiques séparées. Une proximité génétique ne résume ni l’identité, ni la culture, ni toute la généalogie d’une personne.

Variant → distance → relation → scénario → histoire

À quel niveau appartient l’affirmation ?

Observationmême base ou même segmentPérimètrepositions appeléesQualitécontrôléeConclusionpartage observé

Le partage est une donnée ; son origine historique reste à expliquer.

2. Comment mesurer une proximité entre deux séquences ?

On compare le même segment, dans la même orientation, sur les positions dont la lecture est assez fiable. Si deux séquences diffèrent sur k positions parmi n comparables, une distance simple peut être écrite d=kn. Elle ne remplace pas les modèles utilisés par la recherche, mais rend explicite le numérateur et le périmètre.

Pour 12 positions, une différence donne d=112≈0,083, soit environ 8,3 % sur ce petit fragment. Une base absente, une lecture incertaine ou un segment de longueur différente doit être traité par une règle annoncée ; le forcer comme différence certaine fabrique une proximité trompeuse.

Segment → positions comparables → écarts → distance → portée

Quelle distance le périmètre autorise-t-il ?

séquence 1séquence 2AACCTTGGAACCCCTTAAGGGGATmême segment · même orientation · qualité contrôlée · différences comptées
Une différence sur douze positions

d=112≈0,083 sur ce fragment : les séquences sont proches dans ce périmètre.

3. Un arbre de proximité est-il un arbre généalogique ?

Les distances calculées entre chaque paire forment une matrice. Un algorithme peut regrouper d’abord les séquences les plus proches et produire un arbre. Les branches résument alors les ressemblances selon les données et la méthode choisies ; elles ne montrent pas forcément qu’un individu échantillonné est l’ancêtre direct d’un autre.

Recombinaison, métissages et tailles d’échantillon compliquent l’histoire : des portions différentes du génome peuvent soutenir des relations différentes. On confronte donc plusieurs segments, plusieurs individus et des scénarios démographiques, puis on annonce les incertitudes au lieu de convertir un seul arbre en récit certain.

Distances → regroupement → arbre → flux → limites

Que montre le dessin, et que ne montre-t-il pas ?

matriceA–B0,08A–C0,42B–C0,42même règleCABproximité, pas filiation directe
Chaque case compare une paire avec la même règle

A-B vaut 0,08 ; A-C et B-C sont plus grands : A et B sont regroupés d’abord.

4. Combien de générations et d’ancêtres une durée représente-t-elle ?

Dans un modèle scolaire utilisant une durée moyenne de génération T=25 ans, le nombre de générations est g=tT. Mille ans représentent environ 40 générations, dix mille ans 400 et cent mille ans 4 000. La valeur dépend de la durée moyenne retenue et ne date pas à elle seule une séparation de populations.

Sans recoupement, le nombre théorique de places d’ancêtres à g générations serait 2^g. À seulement 40 générations, 240≈1,10×1012, bien plus que la population humaine d’alors. Les mêmes personnes occupent donc de multiples places dans l’arbre : c’est l’effondrement généalogique. Une place généalogique n’implique pas qu’un segment d’ADN identifiable ait été transmis jusqu’à nous.

Durée → génération moyenne → places théoriques → recoupements

Le calcul décrit-il des générations ou des personnes distinctes ?

Durée1 000 ansGénération25 ansg40Places240≈1,10×1012

Le nombre absurde de places signale que les mêmes ancêtres reviennent dans l’arbre.

5. Comment authentifier un génome ancien ?

Après la mort, l’ADN se fragmente et subit des modifications chimiques. Les restes contiennent aussi beaucoup d’ADN microbien et peuvent recevoir de l’ADN humain moderne lors des fouilles ou des manipulations. L’ancienneté d’un os ne garantit donc ni la présence d’ADN endogène ni l’authenticité de chaque lecture.

La chaine de preuve documente prélèvement, laboratoire adapté, témoins, longueur des fragments, motifs de dommages aux extrémités, taux de contamination, profondeur de couverture, répétitions, datation et contexte archéologique. Une faible couverture peut autoriser une fréquence ou une proximité globale sans permettre le génotype certain à chaque position. L’analyse détruit une partie d’un reste irremplaçable et exige aussi une gouvernance éthique des échantillons.

Reste → prélèvement → fragments → tri → couverture → contexte

À quel maillon l’inférence peut-elle encore échouer ?

prélèvementdate · contextefragmentsdommagestri des lecturescontaminationcouverturegénotypesplusieurs contrôles indépendants doivent convergerun reste ancien n’est pas automatiquement une lecture authentique
Le contexte et le prélèvement précèdent la séquence

Date, lieu, tissu, conservation, autorisation et chaine de manipulation sont documentés.

6. Que montrent les génomes de Néandertal et de Denisova ?

La comparaison du génome néandertalien avec des génomes actuels a montré un partage plus important de certains variants et segments avec de nombreuses populations dont les ancêtres ont vécu hors d’Afrique qu’avec les échantillons africains de référence employés. Des scénarios démographiques testés ont rendu un flux de gènes après une sortie d’Afrique compatible avec les données.

Des fragments d’ascendance néandertalienne représentent aujourd’hui autour de quelques pourcents du génome chez beaucoup d’individus eurasiens, avec une valeur variable. Il faut parler de fragments ou d’ascendance génomique, pas de pourcentage de gènes. Les génomes denisoviens ont révélé d’autres introgressions, particulièrement visibles dans plusieurs populations d’Océanie et d’Asie. Ces résultats décrivent des métissages anciens et non des frontières humaines fixes.

Séparation → variants anciens → flux de gènes → segments → modèle

Quel scénario explique les segments partagés ?

ancêtrecommunNéandertalH. sapiensanciensDenisovagénomesactuels
Des lignées se séparent mais continuent d’évoluer

Des variants anciens peuvent rester partagés sans métissage récent : c’est un scénario concurrent.

7. Une séquence héritée d’un groupe ancien est-elle forcément avantageuse ?

L’introgression décrit l’entrée d’un segment par métissage ; la sélection décrit ensuite une différence de transmission liée au succès reproducteur dans un environnement. Les deux mécanismes doivent être séparés. Un segment peut disparaitre, rester rare, dériver ou augmenter de fréquence selon le contexte.

Autour du gène EPAS1, un haplotype très particulier observé chez des Tibétains est proche de la séquence denisovienne et associé à la réponse à l’hypoxie en altitude. Les données soutiennent une introgression suivie d’une sélection locale. Ce cas n’autorise ni à rendre tout segment archaïque avantageux ni à attribuer un caractère complexe à une seule variante sans preuves fonctionnelles et démographiques.

Origine du segment → fréquence → fonction → environnement

Quelle preuve répond à quelle question ?

Haplotypetrès procheRéférenceDenisovaScénariointrogressionAlternativeascendance ancienne testée

La ressemblance et le modèle démographique soutiennent l’origine du segment.

8. Comment une série de génomes datés teste-t-elle une sélection récente ?

Une série temporelle compare la fréquence d’un allèle dans des échantillons datés, en tenant compte de leur taille, de leur provenance et de leur ascendance. Pour un jeu d’entraînement de 100 copies à chaque date, 2, 18 puis 64 copies d’un allèle donnent 2 %, 18 % puis 64 %. La hausse est une observation ; sa cause reste à tester.

La persistance de la lactase à l’âge adulte illustre une évolution récente liée à l’histoire de l’élevage et de l’alimentation, mais les recherches montrent que migration, structure des populations, crises alimentaires et exposition aux agents pathogènes compliquent le récit d’un simple avantage à boire du lait. Une sélection est mieux soutenue lorsque trajectoire datée, modèle démographique, données archéologiques et fonction biologique convergent.

Dates → fréquences → démographie → fonction → comparaison

Quel mécanisme la trajectoire permet-elle de tester ?

2 %ancien18 %intermédiaire64 %récentfréquence de l’allèle
Trois fréquences datées dessinent une hausse

Dans ce jeu d’entraînement, 2 %, 18 % puis 64 % sont des observations, pas encore un mécanisme.

Erreurs fréquentes

L'essentiel à mémoriser

  • Archive bornée.
  • Distances calculées.
  • Arbre critiqué.
  • Générations modélisées.
  • ADN ancien authentifié.
  • Introgression testée.
  • Mécanismes séparés.
  • Fréquences datées.

Vérifier sa compréhension

Réponds aux 8 questions. Ton score et les réponses justes ou fausses apparaissent immédiatement.

1. Que fournit d’abord le partage d’un variant entre deux échantillons ?
2. Deux séquences diffèrent sur 3 positions parmi 60 comparables. Quelle distance simple obtient-on ?
3. Que représente d’abord une branche courte dans un arbre construit à partir de distances ?
4. Avec une génération moyenne de 25 ans, combien de générations représentent 10 000 ans ?
5. Quel ensemble soutient l’authenticité d’un ADN ancien ?
6. Quelle formulation décrit correctement l’héritage néandertalien ?
7. Que faut-il séparer dans le cas d’EPAS1 ?
8. Une fréquence allélique augmente dans une série datée. Quelle conclusion est proportionnée ?

Réviser au bon moment

Révèle chaque réponse, puis indique la difficulté de ton rappel pour programmer la prochaine révision dans ce navigateur.

Génome-archive ?

Prochaine révision : à programmer

Distance simple ?

Prochaine révision : à programmer

Pourquoi 2^g surestime les ancêtres distincts ?

Prochaine révision : à programmer

Authentifier l’ADN ancien ?

Prochaine révision : à programmer

Introgression ?

Prochaine révision : à programmer

Hausse de fréquence = sélection ?

Prochaine révision : à programmer

Poursuivre le parcours

Sources et traçabilité

Dernière vérification : 2026-08-12

  1. Programme d’enseignement de spécialité de SVT de Première générale, Bulletin officiel de l’Éducation nationale, consulté le 2026-08-12.
  2. Programme de sciences de la vie et de la Terre de Première générale — annexe, Ministère de l’Éducation nationale, consulté le 2026-08-12.
  3. L’information génétique : transmission, expression, variation, Éduscol, consulté le 2026-08-12.
  4. A Draft Sequence of the Neandertal Genome, Science, consulté le 2026-08-12.
  5. A high-coverage genome sequence from an archaic Denisovan individual, Science — PubMed, consulté le 2026-08-12.
  6. Altitude adaptation in Tibetans caused by introgression of Denisovan-like DNA, Nature, consulté le 2026-08-12.
  7. Dairying, diseases and the evolution of lactase persistence in Europe, Nature, consulté le 2026-08-12.
  8. Earliest modern human genomes constrain timing of Neanderthal admixture, Nature, consulté le 2026-08-12.

Tu sais transformer des séquences en distances, scénarios historiques et conclusions bornées

Poursuis avec l’expression du patrimoine génétique.

Le chapitre suivant suit l’information depuis la séquence d’ADN jusqu’aux ARN, aux protéines et au phénotype cellulaire.

  • ADN ancien audité
  • Introgressions comprises
  • Sélection et démographie distinguées