Sciences de l’ingénieur · Première
Modèles électriques : comprendre et vérifier les lois de Kirchhoff
Les lois de Kirchhoff relient les courants aux nœuds et les tensions le long des mailles d’un circuit. Elles s’écrivent avec des sens de référence précis et se complètent par le modèle de chaque dipôle, par exemple u=Ri pour une résistance idéale.
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Une première étude des explications, schémas, exemples résolus et erreurs expliquées. Les activités, productions, quiz et cartes réservés à l’abonnement ne sont pas comptés ici.
- Comprendre1846 mots d’explication et 2 schémas
- 10 à 16 min
- Étudier les exemples et les erreurs6 cas, exemples et activités guidés
- 24 à 42 min
Étude du cours en accès libre, environ30 min à 1 h
Voir le calcul et le temps par étape
Le calcul suit automatiquement les explications et les tâches présentes dans le cours. Ses coefficients sont des repères de planification, pas des temps mesurés auprès d’élèves.
- Lecture active : 1846 mots, à raison de 160 à 220 mots par minute.
- Schémas : 2, avec 1 à 2 min pour lire chacun.
- Cas d’ingénierie et analyse d’erreur : 6 × 4 à 7 min.
- Nommer tension, courant, puissance et conventions avant de calculer5 à 9 min
- Appliquer la loi des nœuds comme bilan de charge5 à 9 min
- Écrire une loi de maille orientée et la relier aux potentiels6 à 11 min
- Fermer le système d'équations avec les modèles des dipôles6 à 11 min
- Passer du circuit au service sans confondre domaines et rendements5 à 9 min
- Lire un résidu avant de modifier le modèle5 à 9 min
Les sous-totaux sont arrondis à la minute, puis additionnés. La fourchette totale est élargie aux cinq minutes voisines. Les étapes ci-dessus comprennent leurs explications et exemples ; elles ne s’ajoutent pas une seconde fois au total.
Adapte ce repère à tes acquis et au soin apporté aux exercices. Les pauses, les reprises, la consultation des sources externes et les révisions suivantes s’ajoutent selon tes besoins.
Avec les ateliers, le projet, le quiz et les cartes : environ 2 h 15 à 4 h, à répartir sur plusieurs séances.
Objectifs du cours
Ce que tu vas savoir faire
- Distinguer tension, courant, charge, énergie et puissance par leur sens et leurs unités.
- Orienter tensions et courants puis appliquer sans ambiguïté les lois des nœuds et des mailles.
- Associer la topologie du circuit aux équations et aux modèles constitutifs des dipôles.
- Résoudre et tester un circuit continu résistif simple avec bilan de courant et de puissance.
- Relier un modèle électrique à une fonction multiphysique en rendant visibles rendement, pertes et limites.
- Confronter exigence, simulation et mesures synthétiques avec résidu et incertitude.
- Choisir un niveau de modèle proportionné à la question sans masquer les risques électriques réels.
Étape du cours · 5 à 9 min
Nommer tension, courant, puissance et conventions avant de calculer
La tension entre deux points est une différence de potentiel électrique exprimée en volts. Elle se note avec un ordre, par exemple uAB = VA - VB, qui fixe son signe. Le courant est un débit de charge exprimé en ampères et reçoit une flèche de référence. Une valeur négative ne signifie pas que le calcul est impossible : elle indique que le sens physique est opposé au sens choisi. Sans ces conventions, une même équation peut être interprétée de plusieurs façons.
En convention récepteur, le courant de référence entre par la borne positive de la tension de référence : pabs=ui désigne la puissance absorbée. Si pabs est négative, le dipôle fournit de l’énergie électrique dans ce repérage. Pour la source du circuit, nous utiliserons ensuite une autre grandeur explicitement nommée, Psource fournie=−Psource absorbée. Elle sera positive et comparée à la somme des puissances absorbées par les résistances.
La flèche française associée à uAB=VA−VB pointe de B vers A ; elle ne donne pas le sens du courant. Avec un courant iAB de A vers B, pabs=uAB×iAB. Si l’on inverse seulement la référence du courant, le produit brut change de signe et la formule de puissance absorbée devient pabs=−uAB×iBA. Définir les deux références évite de confondre changement de notation et changement physique.
Tension, courant et puissance sont distincts : un volt n’est pas un ampère et leur produit porte des watts. La paire tension-courant joue ici le rôle effort-flux. Dans le domaine mécanique, force-vitesse ou couple-vitesse angulaire peuvent aussi former une puissance, mais un nombre en watts ne devient pas automatiquement une force ou une vitesse.
Exemples résolus et erreurs expliquées
Cas d’ingénierie résolu
Deux choix de références opposés pour tension et courant changent-ils la puissance absorbée par le même dipôle ?
Pièces du dossier fictif
- Dipôle entre A et B : VA−VB=6 V ; courant physique 0,20 A de A vers B.
- Référence A : uAB=6 V et iAB=+0,20 A ; courant entrant par la borne de référence positive A.
- Référence B inversant les deux grandeurs : uBA=−6 V et iBA=−0,20 A ; aucun changement physique.
Suivre le raisonnement et corriger l’erreur
Avec la première convention récepteur, pabs=6×0,20=1,20 W. En inversant les deux références, pabs=(−6)×(−0,20)=1,20 W : le dipôle absorbe toujours la même puissance. Si seul le courant était référencé de B vers A, uAB×iBA vaudrait −1,20 W et il faudrait écrire pabs=−uAB×iBA. Le signe d’un produit brut ne s’interprète donc qu’après la convention. Dans le circuit complet, la source sera décrite par sa puissance fournie positive ; sa puissance absorbée serait la valeur opposée.
Erreur à éviter. une tension est écrite 12 sans points, flèche ni unité, puis son signe change entre deux lignes
Pourquoi elle échoue. La grandeur a été traitée comme un nombre isolé. Ni l'ordre des points ni la convention de puissance ne permettent de relier les équations au schéma.
Comment la reprendre. Nommer uAB, dessiner sa flèche, orienter i et inscrire la convention choisie. Conserver ensuite les signes algébriques jusqu'à l'interprétation.
Étape du cours · 5 à 9 min
Appliquer la loi des nœuds comme bilan de charge
Dans le modèle concentré et en régime permanent, un nœud ne stocke pas durablement de charge : la somme algébrique des courants qui y arrivent et en repartent est nulle. Au nœud des deux charges, Itotal = Iprincipale + Iauxiliaire avec les flèches choisies. Cette relation dépend de la topologie, pas des valeurs des résistances. Elle reste vraie avant même de connaître la tension commune aux branches.
Une loi de nœud doit porter sur un nœud identifié et chaque branche ne doit être comptée qu'une fois. Le résidu Itotal - Iprincipale - Iauxiliaire fournit un test puissant de simulation ou de mesure. Un résidu non nul peut venir d'un signe, d'une branche omise, d'arrondis, de mesures non simultanées ou d'un comportement transitoire. Il ne faut pas le masquer en ajustant arbitrairement un courant : on revient au schéma et au protocole.
Le circuit possède trois nœuds utiles P, N et 0, reliés par quatre branches : source, ligne et deux charges. On peut écrire trois bilans, mais leur somme est identiquement nulle si chaque branche est comptée avec des signes opposés à ses deux extrémités. Deux de ces équations sont donc indépendantes ; multiplier des bilans redondants n’ajoute pas une nouvelle information.
Un courant mesuré de 0,889 A est une valeur avec une résolution annoncée, pas la fraction exacte 8/9 A. Un résidu de 0,001 A peut dépendre des arrondis ou des instruments. Le seuil d’un exercice permet de classer les nombres fournis ; pour une conclusion métrologique, il faudrait aussi un budget d’incertitude et des conditions de mesure documentées.
Exemples résolus et erreurs expliquées
Cas d’ingénierie résolu
Le nœud respecte-t-il la conservation si 0,8889 A arrivent, tandis que 0,5926 A et 0,2963 A repartent vers les charges ?
Pièces du dossier fictif
- Courant entrant It=0,8889 A au nœud N ; courants sortants I1=0,5926 A et I2=0,2963 A.
- Les trois valeurs sont arrondies à 0,0001 A ; le relevé est fictif et simultané.
- Le modèle nominal prévoit exactement It=8/9 A, I1=16/27 A, I2=8/27 A, à distinguer du relevé arrondi.
Suivre le raisonnement et corriger l’erreur
Avec la convention choisie, le résidu vaut 0,8889 - 0,5926 - 0,2963 = 0,0000 A à la résolution de 0,0001 A. Le bilan est donc compatible avec la loi des nœuds à cette résolution. On ne conclut pas que le résidu exact est nul, car les trois valeurs sont arrondies. Le calcul du solveur conserve davantage de chiffres : 8/9 - 16/27 - 8/27 = 0. L'argument associe ainsi topologie, signes et résolution ; il ne transforme pas une égalité approchée issue de mesures en identité parfaite.
Erreur à éviter. le courant total est additionné aux deux courants sortants et un résidu de 1,7778 A est annoncé
Pourquoi elle échoue. Tous les courants ont été traités comme des valeurs positives sans signe algébrique lié à leur orientation par rapport au nœud. Le bilan ne correspond donc plus aux flèches du schéma.
Comment la reprendre. Choisir entrants positifs et sortants négatifs, ou l'inverse, puis conserver cette convention sur une seule équation. Contrôler les unités et l'arrondi.
Étape du cours · 6 à 11 min
Écrire une loi de maille orientée et la relier aux potentiels
Parcourir une boucle fermée ramène au potentiel de départ : la somme algébrique des variations de potentiel est nulle. Dans la maille source, ligne et charge, on peut écrire Usource - Uligne - Unœud = 0. Le signe de chaque terme vient du sens de parcours et de la flèche de tension, non de la nature supposée générateur ou récepteur. Parcourir la maille dans l'autre sens multiplie toute l'équation par moins un sans modifier sa solution.
La tension est commune aux dipôles strictement en parallèle, car ils partagent les deux mêmes nœuds. Les tensions s'additionnent le long d'un chemin en série, mais le mot série exige aussi l'absence de dérivation au nœud intermédiaire. Refaire la maille avec des potentiels de nœuds fournit une seconde preuve : Unœud = 0 + Unœud et Usource - Uligne = Unœud. La cohérence entre les deux écritures permet de détecter un signe ou un nœud mal identifié.
Dans le schéma nominal, VP=12 V et V0=0 V. La chute Uligne=VP−VN est positive avec It de P vers N. Pour la charge 1, Vn=VN−V0 : le trajet 0→P→N→0 donne +Vs−Uligne−Vn=0. La charge 2 partage N et 0, donc sa tension est la même, mais sa résistance différente conduit à un autre courant.
La loi des mailles du modèle continu s’applique avec les potentiels et les composants annoncés. Elle ne remplace pas la loi de chaque dipôle. Une tension de nœud obtenue par soustraction source moins chute doit retrouver le diviseur de tension : ce deuxième chemin de calcul teste l’écriture, même s’il ne constitue pas une expérience indépendante.
Voir pour comprendre
Un circuit, trois potentiels de référence
Deux charges entre les mêmes nœuds ont la même tension. Leurs courants ne sont égaux que si leurs résistances le sont.
| Grandeur | Valeur |
|---|---|
| Vs = VP − V0 | 12 V |
| Rl : ligne | 1,5 Ω |
| R1 : charge principale | 18 Ω |
| R2 : charge auxiliaire | 36 Ω |
| Vn = VN − V0 | 10,666667 V |
| Uligne = VP − VN | 1,333333 V |
| It : courant total | 0,888889 A |
| I1 : courant principal | 0,592593 A |
| I2 : courant auxiliaire | 0,296296 A |
Lis le schéma. Le retour 0 fixe le potentiel nul. La source relie 0 à P ; Rl relie P à N ; les deux charges relient N à 0. Les flèches bleues fixent les références des courants, pas celles des tensions.
Deux charges entre les mêmes nœuds ont la même tension. Leurs courants ne sont égaux que si leurs résistances le sont.
Exemples résolus et erreurs expliquées
Cas d’ingénierie résolu
Quelle chute de tension de ligne et quelle tension de nœud prévoit la maille si la source vaut 12 V et le courant total 8/9 A ?
Pièces du dossier fictif
- Source Vs=12 V, Rl=1,5 Ω, retour 0 à potentiel nul ; It=8/9 A de P vers N.
- La maille 0→P→N→0 passe par la source, la ligne, puis la charge principale.
- R1=18 Ω et R2=36 Ω entre les mêmes nœuds N et 0 ; leur équivalent vaut 12 Ω.
Suivre le raisonnement et corriger l’erreur
La loi du dipôle donne Uligne = Rligne Itotal = 1,5 × 8/9 = 4/3 V. En parcourant la maille depuis le retour à travers la source puis la ligne, 12 - 4/3 - Unœud = 0, donc Unœud = 32/3 V, soit environ 10,6667 V. Un contrôle indépendant utilise la charge équivalente de 12 ohms : Unœud = 12 × 8/9 = 32/3 V. Les deux chemins donnent la même tension sans arrondi intermédiaire. Ce double calcul localise une éventuelle incohérence entre topologie, loi de maille et modèle de dipôle.
Erreur à éviter. la chute de ligne est ajoutée à la source et le nœud est annoncé à 13,33 V sans autre source
Pourquoi elle échoue. Le sens de parcours de la maille a été dissocié de la flèche de tension de la résistance. Une chute a été comptée comme une élévation, sans contrôle par les potentiels des nœuds.
Comment la reprendre. Marquer les potentiels des nœuds et traduire chaque traversée par potentiel d'arrivée moins potentiel de départ. Vérifier ensuite que la puissance n'est pas créée.
Étape du cours · 6 à 11 min
Fermer le système d'équations avec les modèles des dipôles
Les lois de Kirchhoff expriment les contraintes de la topologie, mais elles ne disent pas comment chaque dipôle relie sa tension à son courant. Pour une résistance idéale, u = Ri ; pour une source idéale de tension, u est imposée. Le montage parallèle de 18 et 36 ohms a une conductance totale 1/18 + 1/36 = 1/12 si bien que sa résistance équivalente vaut 12 ohms. Ajouter la ligne de 1,5 ohm en série donne 13,5 ohms vus de la source.
Un solveur robuste ne se contente pas de produire une valeur. Il refuse les résistances nulles ou négatives dans ce modèle, conserve les valeurs non arrondies, expose les courants de branches et calcule des résidus. Une résistance équivalente simplifie le calcul global, tandis que le retour au circuit d'origine reste nécessaire pour trouver chaque branche et chaque puissance. Le modèle est jugé sur la question posée et ses tests, pas sur la seule vraisemblance de sa sortie.
Pour vérifier le résultat, calcule aussi la puissance source fournie Vs×It, puis Rl×It², Vn×I1 et Vn×I2 pour les trois puissances absorbées. Le résidu est source fournie moins ces dissipations. Si l’on choisit au contraire toutes les puissances absorbées, celle de la source est négative et la somme algébrique vaut zéro. Les deux écritures concordent si l’on conserve les signes.
Diminuer R2 à Rl constante augmente le courant total et les pertes de ligne, tout en diminuant Vn. Modifier Rl est une autre question : le courant change aussi et les pertes Rl×It² ne sont pas une fonction toujours croissante de Rl. Les tests doivent annoncer quel paramètre varie, vérifier les unités et comparer plusieurs critères, pas seulement obtenir un nombre plausible.
Voir pour comprendre
Trois charges auxiliaires, trois décisions
Abaisser R2 dans ce jeu augmente le courant et les pertes de ligne ; la conservation du courant ne suffit pas à satisfaire le service.
| R2 | Vn ; It ; Pline | Décision |
|---|---|---|
| 36 Ω | 10,666667 V ; 0,888889 A ; 1,185185 W | Trois seuils satisfaits |
| 18 Ω | 10,285714 V ; 1,142857 A ; 1,959184 W | Trois seuils en échec |
| 72 Ω | 10,867925 V ; 0,754717 A ; 0,854397 W | Trois seuils satisfaits |
Lis le schéma. Vs=12 V, Rl=1,5 Ω, R1=18 Ω restent fixes. Pour chaque R2, calcule l’équivalent parallèle puis les grandeurs. Les seuils sont Vn≥10,5 V, It≤0,95 A et Pline≤1,3 W.
Abaisser R2 dans ce jeu augmente le courant et les pertes de ligne ; la conservation du courant ne suffit pas à satisfaire le service.
Exemples résolus et erreurs expliquées
Cas d’ingénierie résolu
Comment résoudre le circuit complet et quelles preuves empêchent d'accepter une sortie numérique seulement parce qu'elle paraît plausible ?
Pièces du dossier fictif
- Nominal : Vs=12 V, Rl=1,5 Ω, R1=18 Ω et R2=36 Ω ; régime permanent idéal.
- It de P vers N, I1 et I2 de N vers 0 ; source fournie positive, résistances absorbantes positives.
- Seuils fictifs : Vn>=10,5 V, It<=0,95 A, Pligne<=1,3 W. Calculs conservés avant arrondi.
Suivre le raisonnement et corriger l’erreur
La charge parallèle vaut 12 ohms et l'ensemble 13,5 ohms. Le courant source vaut 12/13,5 = 8/9 A. La tension de nœud vaut 12 × 8/9 = 32/3 V ; les courants des charges valent respectivement 16/27 A et 8/27 A. Leur somme vaut 8/9 A. La puissance de source est 32/3 W ; les puissances dissipées sont 32/27 W dans la ligne, 512/81 W dans la charge principale et 256/81 W dans l'auxiliaire, dont la somme vaut 32/3 W. Les tests ajoutent charges égales, forte résistance de ligne et paramètre invalide afin de couvrir calcul, limites et contrat.
Erreur à éviter. 18 et 36 ohms en parallèle sont remplacés par 54 ohms, comme s'ils étaient en série
Pourquoi elle échoue. La formule a été choisie d'après les nombres sans observer que les deux dipôles partagent exactement les mêmes nœuds et la même tension. La topologie n'a pas guidé le calcul.
Comment la reprendre. Identifier les nœuds avant toute réduction. Pour le parallèle, additionner les conductances, puis revenir aux branches pour vérifier les courants.
Étape du cours · 5 à 9 min
Passer du circuit au service sans confondre domaines et rendements
Une charge résistive constitue ici un premier modèle électrique, mais une fonction réelle de ventilation, de chauffage ou de mouvement introduit un autre domaine. Le passage se fait par des variables de puissance et un modèle de conversion : tension et courant à l'entrée, puis force et vitesse ou couple et vitesse angulaire à la sortie. Le rendement relie puissance utile et puissance absorbée dans un point de fonctionnement défini. Il ne transforme pas une résistance fictive en moteur fidèle.
Le sens de causalité choisi pour calculer ne doit pas masquer les interactions. Une baisse de tension peut réduire un effet physique, mais une charge non linéaire peut aussi modifier son courant quand la tension change. Remplacer cette charge par une résistance constante est une hypothèse locale. La confrontation doit donc distinguer erreur du circuit, paramètre de charge, rendement, température et effet physique mesuré. Ajouter des blocs sans données identifiables rend le dessin plus riche, pas nécessairement la prédiction meilleure.
Une résistance équivalente peut décrire l’entrée électrique d’un convertisseur à un point de fonctionnement sans décrire sa sortie mécanique. Pour calculer une vitesse angulaire, il faut par exemple une puissance utile et un couple non nul, avec Putile=Cω. Pour une translation, Putile=Fv. Chaque relation demande ses propres hypothèses, unités et paramètres.
Le rendement fictif se rapporte ici à une puissance absorbée positive, en régime permanent. On écrit Ppertes=Pabs−Putile et 0<=η<=1 pour les convertisseurs passifs choisis. Un chauffage idéal peut transmettre toute cette puissance au volume thermique retenu, mais sa température exige encore capacité thermique, durée et échanges. Ce bilan ne fournit pas un modèle d’échauffement réel.
Exemples résolus et erreurs expliquées
Cas d’ingénierie résolu
Que peut-on conclure, et que ne peut-on pas conclure, si la charge principale absorbe environ 6,32 W dans le modèle résistif ?
Pièces du dossier fictif
- Charge principale au point nominal : Vn=32/3 V et I1=16/27 A, d’où Pabs=512/81 W.
- Aucun rendement mécanique, couple, vitesse, capacité thermique ou échange thermique n’est fourni dans ce cas.
- Le modèle est une résistance idéale pour le bilan électrique ; il ne décrit pas un moteur ou une température.
Suivre le raisonnement et corriger l’erreur
Le produit tension-courant vaut 512/81 W, soit environ 6,321 W, et le même résultat vient de u²/R. On peut conclure que cette puissance est absorbée par la charge idéale dans le point calculé et fermer le bilan électrique. On ne peut pas en déduire un débit d'air, une vitesse, une température ou une efficacité sans modèle de conversion et données associées. Si un rendement fictif était fourni, il donnerait seulement une puissance utile dans son domaine de validité, pas automatiquement la grandeur de service recherchée.
Erreur à éviter. la puissance électrique de 6,32 W est recopiée comme force de 6,32 N et comme débit de 6,32 m³/s
Pourquoi elle échoue. Des grandeurs de dimensions différentes ont été identifiées parce qu'elles partagent une valeur numérique. Aucun modèle de conversion ni variable de flux n'a été fourni.
Comment la reprendre. Nommer chaque domaine et chaque paire effort-flux. Introduire une relation de conversion sourcée, ses paramètres et son rendement avant de calculer la grandeur de service.
Étape du cours · 5 à 9 min
Lire un résidu avant de modifier le modèle
Les six tensions synthétiques de nœud varient autour de leur moyenne. L'écart-type d'échantillon décrit la dispersion et sa division par racine de six donne une incertitude-type A sur la moyenne, sous des hypothèses de répétition. L'écart entre moyenne et simulation est un biais apparent qui mêle source, ligne, charges, instrument et conditions. Une faible dispersion ne prouve pas la justesse ; un résidu faible ne prouve pas que chaque hypothèse est vraie.
Le diagnostic propose des essais discriminants sur des données réservées. Faire varier une seule charge aide à tester la résistance de ligne ; observer plusieurs tensions de source aide à tester la linéarité ; mesurer simultanément les courants ferme le bilan de nœud. Ajuster Rligne sur les six valeurs puis annoncer que le modèle reproduit ces mêmes valeurs serait circulaire. Les données d'identification et de validation doivent être séparées.
Les puissances d’un relevé peuvent être calculées depuis les mêmes tensions et courants. Alors un bilan de puissance fermé n’est pas nécessairement une seconde preuve indépendante. Si Uligne=Vs−Vn, le résidu de puissance dérivé vaut Vn×(It−I1−I2). Cette identité explique pourquoi les deux résidus du dossier sont liés ; elle ne révèle pas une nouvelle perte thermique.
Un essai discriminant garde ses conditions et sa grandeur de référence explicites. Le résidu d’une tension conditionnée par le courant observé, Vmes−(Vs−Rl×It), n’a pas exactement la même définition que Vmes moins la prédiction complète d’un solveur. Avant d’interpréter une pente, écrire le modèle comparé et conserver des observations non utilisées pour ajuster ses paramètres.
Exemples résolus et erreurs expliquées
Cas d’ingénierie résolu
Que montrent les six tensions autour de 10,645 V, et pourquoi le résidu ne suffit-il pas à identifier la résistance de ligne ?
Pièces du dossier fictif
- Six tensions synthétiques du même nœud : 10,63 ; 10,66 ; 10,65 ; 10,62 ; 10,67 ; 10,64 V.
- Mêmes source nominale, ligne, charges, instrument fictif et conditions ; répétitions supposées indépendantes, affichage au centième de volt.
- Prédiction nominale 32/3 V ; seuil 10,5 V ; règle pédagogique sur la moyenne : moyenne−2uA>=10,5 V.
Suivre le raisonnement et corriger l’erreur
La moyenne vaut 10,645 V ; s≈0,0187083 V avec un diviseur 5, et uA=s/√6≈0,00763763 V, cinq degrés de liberté. Le résidu moyen moins modèle vaut −0,0216667 V. La borne pédagogique moyenne−2uA≈10,629725 V dépasse 10,5 V, et les six valeurs passent aussi ce seuil. Cela ne prouve pas une conformité complète : résolution, étalonnage et charge de l’instrument ne sont pas inclus. Une source plus faible, une ligne plus résistive, une charge différente ou un biais de mesure restent des hypothèses concurrentes à départager sur d’autres données.
Erreur à éviter. Rligne est modifiée jusqu'à faire passer exactement la courbe par la moyenne, puis le modèle est déclaré validé
Pourquoi elle échoue. Les mêmes données ont servi à identifier le paramètre et à évaluer le modèle. Les causes concurrentes, la résolution et l'incertitude ont été ignorées.
Comment la reprendre. Séparer identification et validation, conserver plusieurs hypothèses, mesurer les grandeurs discriminantes et annoncer le domaine limité de la conclusion.
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Sources du cours
Édition Maxdecours · Vérifié le .
Spécialité sciences de l’ingénieur, Première générale, programme du BO spécial du 22 janvier 2019
- Programme de sciences de l'ingénieur de Première et Terminale généralesMinistère de l'Éducation nationale et de la Jeunesse · consulté le 2026-09-13
- Programmes et ressources en sciences de l'ingénieur, voie GTÉduscol · consulté le 2026-09-13
- La démarche de l'ingénieurÉduscol · consulté le 2026-09-13
- Le Système international d'unités, 9e éditionBureau international des poids et mesures · consulté le 2026-09-13
- JCGM 100:2008, évaluation de l’incertitude de mesureJCGM, Bureau international des poids et mesures · consulté le 2026-09-13
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