Sciences de l’ingénieur · Première

Modèles mécaniques : du mécanisme à la position de l’outil

Un modèle mécanique conserve les solides, les liaisons, les repères et les paramètres utiles à une question. Pour positionner l’extrémité d’un bras plan, deux longueurs et deux angles peuvent suffire ; pour étudier une collision ou un effort, il faut d’autres données.

Explications et exemples en accès libre. Ateliers, quiz et cartes avec l’abonnement.

Étude en accès libre
Environ 30 min à 1 h
Progression
6 étapes guidées
Vérification
12 questions
Rappel actif
12 cartes
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Une première étude des explications, schémas, exemples résolus et erreurs expliquées. Les activités, productions, quiz et cartes réservés à l’abonnement ne sont pas comptés ici.

Comprendre1920 mots d’explication et 2 schémas
10 à 16 min
Étudier les exemples et les erreurs6 cas, exemples et activités guidés
24 à 42 min

Étude du cours en accès libre, environ30 min à 1 h

Voir le calcul et le temps par étape

Le calcul suit automatiquement les explications et les tâches présentes dans le cours. Ses coefficients sont des repères de planification, pas des temps mesurés auprès d’élèves.

  • Lecture active : 1920 mots, à raison de 160 à 220 mots par minute.
  • Schémas : 2, avec 1 à 2 min pour lire chacun.
  • Cas d’ingénierie et analyse d’erreur : 6 × 4 à 7 min.
  1. Choisir le système, les solides et les repères selon la question5 à 9 min
  2. Décrire une liaison par les mouvements permis et les actions transmissibles5 à 9 min
  3. Passer de l'objet au schéma cinématique et au graphe de liaisons6 à 11 min
  4. Calculer position, trajectoire et vitesse dans un repère annoncé6 à 11 min
  5. Isoler un solide et inventorier les actions sans inventer leurs intensités5 à 9 min
  6. Diagnostiquer l'écart sans confondre jeu, déformation et mesure5 à 9 min

Les sous-totaux sont arrondis à la minute, puis additionnés. La fourchette totale est élargie aux cinq minutes voisines. Les étapes ci-dessus comprennent leurs explications et exemples ; elles ne s’ajoutent pas une seconde fois au total.

Adapte ce repère à tes acquis et au soin apporté aux exercices. Les pauses, les reprises, la consultation des sources externes et les révisions suivantes s’ajoutent selon tes besoins.

Avec les ateliers, le projet, le quiz et les cartes : environ 2 h 15 à 4 h, à répartir sur plusieurs séances.

Objectifs du cours

Ce que tu vas savoir faire

  • Choisir un système, un environnement, des solides et des repères adaptés à une question mécanique.
  • Identifier mouvements permis et contraintes d'une liaison idéale sans les confondre avec sa réalisation technologique.
  • Construire et lire un schéma cinématique et un graphe de liaisons d'un mécanisme plan.
  • Calculer une position et une trajectoire par un modèle géométrique direct à deux articulations.
  • Distinguer position, déplacement, trajectoire et vitesse avec référentiel, repère et unité.
  • Construire un graphe des actions mécaniques et caractériser contacts et actions à distance.
  • Interpréter les écarts positionnels par hypothèses de jeu, géométrie, mesure et flexibilité.
01

Étape du cours · 5 à 9 min

1. Choisir le système, les solides et les repères selon la question

Le système isolé dépend de la question. Pour calculer la position de l'outil, on conserve bâti, deux segments, deux pivots et point terminal ; moteur, câbles et boîtier peuvent être omis si leur géométrie n'influence pas cette position. Chaque omission devient une hypothèse. Le bâti définit le repère R0 ; les repères liés aux segments permettent d'exprimer leurs orientations relatives sans confondre angle absolu et angle de liaison.

Dire qu'un segment est un solide indéformable signifie que les distances entre ses points sont supposées constantes. Ce n'est pas une propriété parfaite de la matière. Si l'écart mesure-modèle augmente avec la charge, la flexibilité peut devenir une hypothèse à tester. Le dessin technique, la maquette volumique et le schéma cinématique ont des niveaux de détail différents : le bon modèle est celui qui répond à la question avec des limites explicites.

Un référentiel désigne le cadre par rapport auquel le mouvement est décrit ; un repère en fixe l’origine et les axes pour écrire les coordonnées. Ici le bâti sert de référence et R0 est attaché à O. Deux personnes qui choisissent des axes opposés peuvent obtenir des nombres de signes différents pour le même point : comparer les résultats exige donc de comparer d’abord les conventions.

Pour q1=30° et q2=−20°, le segment AB est orienté à 10° depuis x0, pas à −20°. Le signe négatif indique une rotation relative dans le sens horaire depuis OA. Cette lecture des angles précède le calcul : un logiciel peut exécuter sans erreur une formule qui décrit le mauvais repère. Un résultat numérique plausible ne valide pas la convention.

Exemples résolus et erreurs expliquées

Cas d’ingénierie résolu

Quels solides et repères faut-il conserver pour calculer la position du point-outil sans modéliser inutilement toute la machine ?

Pièces du dossier fictif
  1. Question : coordonnées de B dans R0, bras plan à deux segments rigides et pivots idéaux.
  2. OA=0,40 m ; AB=0,35 m ; q1=30° depuis x0 ; q2=−20° depuis OA ; z0 sort du plan.
  3. Le boîtier et les câbles ne modifient pas les axes dans ce modèle ; leur enveloppe n’est pas fournie.
Suivre le raisonnement et corriger l’erreur

Le modèle retient trois solides : le bâti 0, le segment 1 et le segment 2. R0 est fixe au premier pivot, son axe x définit l'angle nul et z sort du plan. R1 tourne de q1 par rapport à R0 ; R2 tourne de q2 par rapport à R1, donc son orientation absolue vaut q1+q2. Le point-outil est à l'extrémité du segment 2. Les formes, moteurs et câbles sont omis pour la position, mais inscrits dans les limites car ils pourraient influencer collision, jeu ou flexibilité.

Erreur à éviter. le second angle q2 est lu directement depuis l'axe x de R0 alors qu'il est défini par rapport au premier segment

Pourquoi elle échoue. Repère d'expression et liaison ont été confondus. L'orientation absolue du second segment devient q2 au lieu de q1+q2, ce qui déplace toutes les positions calculées.

Comment la reprendre. Dessiner R0, R1 et les arcs d'angle. Écrire explicitement orientation(2/0) = q1 + q2 avant les projections sur x0 et y0.

02

Étape du cours · 5 à 9 min

2. Décrire une liaison par les mouvements permis et les actions transmissibles

Une liaison idéale entre deux solides autorise certains mouvements relatifs et en contraint d'autres. Dans le modèle plan, un pivot autorise une rotation autour d'un axe normal au plan et bloque les translations relatives. Cette description cinématique ne dépend pas de la forme commerciale du palier. Le nombre de degrés de liberté compte les paramètres indépendants nécessaires pour décrire le mouvement relatif dans le cadre choisi.

Une liaison parfaite peut transmettre des actions dans les directions qu'elle contraint, mais la détermination de leurs intensités demande un problème d'équilibre ou de dynamique. Mouvement permis et action transmissible sont réciproquement liés dans le modèle, sans que cela autorise à inventer une valeur d'effort. Jeu, frottement, souplesse et butées appartiennent à un modèle plus riche et doivent être ajoutés seulement si la performance étudiée les rend pertinents.

Dans le plan, un solide libre possède trois mouvements indépendants : deux translations et une rotation. Le pivot idéal en laisse un ; une glissière plane en laisse un autre, une translation selon son axe. L’encastrement n’en laisse aucun. Le compte porte sur le mouvement relatif de deux solides, pas sur le nombre de moteurs ni sur la complexité de la pièce qui réalise la liaison.

Une pivot-glissant se décrit dans l’espace : rotation autour d’un axe et translation selon cet axe sont indépendantes. Si son axe est z0, cette translation sort du plan x0y0. La remplacer par un pivot plan supprimerait une possibilité de mouvement. Inversement, on ne somme pas aveuglément les mobilités des liaisons d’un mécanisme fermé : une boucle peut imposer des relations supplémentaires.

Exemples résolus et erreurs expliquées

Cas d’ingénierie résolu

Quels mouvements relatifs les deux pivots du bras autorisent-ils et quelles contraintes imposent-ils dans le modèle plan ?

Pièces du dossier fictif
  1. Plan x0y0 : pivot O entre 0 et 1, pivot A entre 1 et 2 ; axes parallèles à z0.
  2. Chaque pivot autorise Rz ; translations Tx et Ty bloquées. Aucune boucle ni butée dans le dossier.
  3. Liaisons idéales sans frottement : réactions Fx et Fy possibles, couple autour de z0 nul pour le pivot seul.
Suivre le raisonnement et corriger l’erreur

Le pivot 0-1 autorise q1 autour de z et contraint les deux translations du plan ; le pivot 1-2 autorise q2 de la même manière. Le mécanisme possède deux paramètres cinématiques indépendants dans ce modèle ouvert. Chaque liaison peut transmettre des composantes d'action associées aux mouvements bloqués, mais le cours ne calcule pas encore leurs valeurs. Une butée angulaire serait un constituant supplémentaire ou une contrainte de domaine, pas une modification silencieuse du pivot idéal.

Erreur à éviter. un pivot est décrit comme autorisant une translation le long de son axe dans le modèle retenu

Pourquoi elle échoue. Les propriétés d'un pivot et d'une liaison pivot-glissant ont été mélangées. Le degré de liberté supplémentaire change la position et le nombre de paramètres du mécanisme.

Comment la reprendre. Repartir de la liste des six mouvements relatifs en espace, puis barrer ceux contraints. Dans le modèle plan du pivot, seule la rotation autour de z reste permise.

03

Étape du cours · 6 à 11 min

3. Passer de l'objet au schéma cinématique et au graphe de liaisons

Le schéma cinématique remplace les formes par des symboles de solides et liaisons placés selon une géométrie utile. Il conserve axes, distances et paramètres nécessaires à la loi d'entrée-sortie. Le graphe de liaisons est plus abstrait : ses nœuds sont les solides et ses arêtes les liaisons. Il permet de repérer chaîne ouverte, boucle, solide isolé ou liaison redondante, mais ne conserve pas à lui seul la position géométrique des axes.

Dans le bras ouvert, le graphe est 0-pivot-1-pivot-2. Il ne contient aucune boucle et les deux angles paramètrent la configuration. Ajouter une liaison entre l'outil et le bâti créerait une chaîne fermée et une relation géométrique supplémentaire. Un bon dossier conserve les deux vues et leurs liens : le graphe vérifie la structure, le schéma porte la géométrie, et le modèle analytique traduit les projections. Aucun de ces artefacts ne remplace les limites physiques oubliées.

Commence par regrouper les pièces qui n’ont aucun mouvement relatif dans le modèle. Une vis fixée au segment 1 n’ajoute pas un solide cinématique indépendant ; elle appartient à sa classe d’équivalence. En revanche, une pièce libre de tourner par rapport à lui appartient à une autre classe. Ce regroupement doit être justifié par les assemblages décrits, pas par la couleur ou le nombre de pièces du dessin.

La figure ci-dessous représente la géométrie nominale des deux segments à une échelle commune. Les points O, A et B sont calculés à partir des paramètres du dossier ; le tableau permet une lecture sans image. C’est un schéma géométrique simplifié, pas une vue volumique ni un dessin normalisé complet de liaison. Les pivots d’axes z0 et les classes 0, 1 et 2 restent décrits dans le texte.

Voir pour comprendre

Deux segments, une orientation relative

AB est orienté à q1+q2=10° dans R0. La géométrie ne représente pas une enveloppe de collision.

Bras plan : origine O, coude A et point-outil BLes segments OA et AB sont dessinés à une même échelle à partir des longueurs et angles du dossier. Le tableau donne les paramètres et coordonnées dans R0. Ce schéma ne représente aucune enveloppe de collision.OABL1L2x₀y₀
Paramètres et coordonnées, modèle plan dans R0
ÉlémentValeur
L1 ; L20,4 m ; 0,35 m
q1 ; q2 relatif30° ; -20°
Orientation de AB dans R010°
A : x ; y0,34641 m ; 0,2 m
B : x ; y0,691093 m ; 0,260777 m

Lis le schéma. Lis les conventions, puis rapproche chaque valeur de la géométrie ou du critère concerné.

AB est orienté à q1+q2=10° dans R0. La géométrie ne représente pas une enveloppe de collision.

Schéma pédagogique original Maxdecours ; paramètres et positions synthétiques, aucun mouvement réel. · Source du repère · 13/09/2026

Exemples résolus et erreurs expliquées

Cas d’ingénierie résolu

Quelles informations le graphe de liaisons et le schéma cinématique conservent-ils chacun pour le bras à deux pivots ?

Pièces du dossier fictif
  1. Classe 0 : socle et logement fixe de O ; classe 1 : bras OA et logement de A fixés ensemble ; classe 2 : bras AB et outil fixé en B.
  2. Connexions : pivot d’axe z0 à O entre 0 et 1, pivot d’axe z0 à A entre 1 et 2. Aucun contact outil-bâti.
  3. Dimensions nominales 0,40 m et 0,35 m ; angles 30° et −20° relatif. La figure fournit les coordonnées calculées.
Suivre le raisonnement et corriger l’erreur

Le graphe contient les nœuds 0, 1, 2 et les arêtes pivot 0-1 et pivot 1-2 ; il montre une chaîne ouverte connexe. Le schéma ajoute l'origine commune de R0 au premier pivot, la longueur L1 vers le second pivot, L2 vers l'outil et les orientations q1 et q1+q2. Le graphe suffit à détecter un solide oublié ou une boucle, mais pas à calculer x et y. Le schéma doit donc indiquer repère, sens des angles et unités des longueurs avant les équations. La concordance des noms entre les deux vues est enfin contrôlée.

Erreur à éviter. le graphe de liaisons est utilisé pour lire directement une longueur entre deux axes

Pourquoi elle échoue. Un graphe topologique ne code pas nécessairement la géométrie ou l'échelle. La position dessinée des nœuds sert à la lisibilité et non à une mesure.

Comment la reprendre. Reporter longueurs et axes sur le schéma cinématique ou dans une table de paramètres. Utiliser le graphe seulement pour les connexions et la structure.

04

Étape du cours · 6 à 11 min

4. Calculer position, trajectoire et vitesse dans un repère annoncé

Une position décrit les coordonnées d’un point dans un repère à un instant. La trajectoire est l’ensemble des positions de ce point au cours du mouvement dans le référentiel choisi. Elle ne donne pas à elle seule la vitesse de parcours. Un déplacement compare deux positions : c’est un vecteur dont les composantes portent des mètres, alors que celles de la vitesse portent des mètres par seconde.

Le point B d’un bras à deux pivots dépend des angles q1 et q2 et des longueurs L1 et L2. Lorsque q2 reste fixé et que q1 varie, OB conserve sa norme dans ce modèle : B décrit un cercle centré en O. Avec une trajectoire discrète, on peut estimer des vitesses et tester chaque point contre une zone. Le volume des segments, les obstacles et les transitions réelles ne sont pas décrits par ces seuls tests.

Avec des angles relatifs, les projections donnent x=L1 cos(q1)+L2 cos(q1+q2) et y=L1 sin(q1)+L2 sin(q1+q2). Les longueurs sont en mètres. Les fonctions du script Python reçoivent des radians : la conversion se fait une fois après validation des degrés fournis. À q1=0° et q2=0°, le bras est déplié sur x0 ; à q1=90° et q2=0°, il est vertical, deux contrôles indépendants utiles.

Une liste de coordonnées sans dates ne suffit pas à calculer une vitesse. Pour un pas constant Δt, la différence centrée v(ti)≈[B(ti+1)−B(ti−1)]/(2Δt) estime les composantes de la vitesse à un instant intérieur. Elle n’est pas la longueur totale du trajet divisée par sa durée. Les points extrêmes demandent une autre formule ; cinq échantillons ne prouvent pas que tout le mouvement entre eux reste dans une zone.

Voir pour comprendre

Cinq points, un échec de zone

Le dernier point est hors zone par ses deux coordonnées. La portée correcte ne compense pas cet échec.

Cinq points, un échec de zone
InstantPosition B (m)Zone
0 s0,738606 ; 0,008682Dedans
0,5 s0,725877 ; 0,136808Dedans
1 s0,691093 ; 0,260777Dedans
1,5 s0,635310 ; 0,376822Dedans
2 s0,560224 ; 0,481418Dehors

Lis le schéma. Chaque position s’écrit (x ; y) dans R0. Zone fermée : x de 0,60 à 0,75 m, y de 0 à 0,40 m. Compare séparément les deux coordonnées aux quatre bornes.

Le dernier point est hors zone par ses deux coordonnées. La portée correcte ne compense pas cet échec.

Schéma pédagogique original Maxdecours ; paramètres et positions synthétiques, aucun mouvement réel. · Source du repère · 13/09/2026

Exemples résolus et erreurs expliquées

Cas d’ingénierie résolu

Comment estimer la vitesse à 1 s à partir de trois positions datées d’un point sur un cercle ?

Pièces du dossier fictif
  1. Un seul segment de 0,50 m, second de longueur nulle, tourne dans R0 : q1=0°, 30°, 60° aux temps 0 ; 1 ; 2 s ; q2=0°.
  2. Positions indépendantes par trigonométrie : (0,500000 ; 0), (0,433013 ; 0,250000), (0,250000 ; 0,433013) m.
  3. La différence centrée à 1 s utilise les positions à 0 et 2 s ; le dénominateur est 2 s.
Suivre le raisonnement et corriger l’erreur

Le pas est 1 s. À 1 s, vx≈(0,25−0,50)/2=−0,125 m/s et vy≈(0,433012702−0)/2=0,216506351 m/s. La norme de cette estimation vaut 0,25 m/s. Le mouvement à vitesse angulaire constante de 30°/s aurait une vitesse instantanée de 0,50×π/6≈0,261799 m/s : la différence centrée est une approximation. Elle utilise la corde entre deux positions, pas l’arc parcouru. Le signe négatif de vx indique que la coordonnée horizontale diminue, pas que la norme de la vitesse est négative.

Erreur à éviter. Le déplacement entre 0 et 2 s est divisé par 1 s au lieu de 2 s.

Pourquoi elle échoue. Le pas entre deux acquisitions a été confondu avec l’intervalle couvrant les deux voisins du point central ; les deux composantes de vitesse sont alors doublées.

Comment la reprendre. Écrire explicitement t2−t0=2 s sous chaque différence de coordonnées et conserver l’unité m/s jusqu’au résultat.

05

Étape du cours · 5 à 9 min

5. Isoler un solide et inventorier les actions sans inventer leurs intensités

Le graphe des actions mécaniques relie le système isolé aux entités qui exercent une action : autre solide par contact, pesanteur à distance, ressort ou actionneur selon le modèle. Pour chaque action, on précise point ou zone, direction, sens et intensité lorsqu'ils sont connus. Isoler le segment 2 fait apparaître l'action du segment 1 au pivot, le poids et une éventuelle action de l'outil. Le simple graphe ne fournit pas leurs valeurs.

Le graphe de liaisons et celui des actions peuvent avoir des arêtes proches, mais ils répondent à des questions différentes. La liaison décrit le mouvement relatif et les composantes transmissibles ; l'action décrit une interaction sur le système isolé. Le principe d'actions réciproques impose des actions opposées entre deux solides, exprimées au même point et dans des repères cohérents. Les valeurs seront déterminées seulement avec les équations et hypothèses appropriées.

Isoler le segment 2 revient à tracer sa frontière et à inventorier ce qui agit sur lui depuis l’extérieur. Son poids s’applique à son centre de gravité G2 dans le modèle uniforme ; l’action de 1 sur 2 passe par A. Les deux forces du pivot dans le plan sont inconnues tant qu’un problème d’équilibre ou de dynamique n’a pas été posé. Une action de moteur serait ajoutée séparément si le dossier en définissait une.

Le principe des actions réciproques relie l’action de 1 sur 2 à celle de 2 sur 1 : elles sont opposées et portées par la même interaction. Elles n’agissent pas sur le même solide isolé. Si l’on isole l’ensemble des segments 1 et 2, leur interaction mutuelle devient interne ; elle ne figure plus parmi les actions extérieures. Les poids des deux segments, eux, restent extérieurs à cet ensemble.

Exemples résolus et erreurs expliquées

Cas d’ingénierie résolu

Quelles actions extérieures inscrire sur le segment 2, sans inventer les réactions de son pivot ?

Pièces du dossier fictif
  1. Isoler uniquement le segment 2, supposé uniforme : m2=0,40 kg ; g=9,81 m/s² dirigé vers −y0.
  2. G2 est au milieu de AB ; pivot idéal en A avec 1 ; aucune charge terminale ni action de moteur définie dans cet inventaire.
  3. Le pivot seul ne transmet pas de couple autour de z0 ; ses composantes de force restent inconnues.
Suivre le raisonnement et corriger l’erreur

La Terre exerce le poids de 2 en G2 : P2=m2g=3,924 N, dirigé selon −y0. Le solide 1 exerce en A l’action du pivot, représentée dans le plan par deux composantes inconnues Fx et Fy. Le pivot idéal seul n’exerce pas de couple autour de z0. L’inventaire ne fixe ni Fx ni Fy : il ne décrit pas un état d’équilibre ou un moteur de maintien. La Terre appartient au graphe des actions, pas aux trois solides reliés par les pivots. Sur le solide 1 isolé, l’action réciproque de 2 aurait des composantes opposées.

Erreur à éviter. le poids du segment est relié au bâti comme une liaison supplémentaire

Pourquoi elle échoue. Une action à distance a été confondue avec une contrainte cinématique. Le graphe de liaisons et le graphe des actions ont été fusionnés, ce qui attribue au poids un mouvement relatif inexistant.

Comment la reprendre. Conserver deux artefacts. Le poids apparaît dans l'inventaire des actions sur le solide isolé, tandis que seules les connexions mécaniques apparaissent dans le graphe de liaisons.

06

Étape du cours · 5 à 9 min

6. Diagnostiquer l'écart sans confondre jeu, déformation et mesure

Le modèle direct prédit une position pour des longueurs et angles exacts. Les six coordonnées x synthétiques diffèrent légèrement entre répétitions. Leur moyenne et leur écart-type quantifient ce jeu, tandis que l'écart moyen à la simulation combine biais géométrique, origine, angles, jeu, flexibilité et instrument. Une bonne répétabilité ne garantit pas la justesse : toutes les valeurs peuvent être serrées mais décalées.

Le diagnostic organise des hypothèses et des essais discriminants. Mesurer plusieurs configurations sans charge peut tester longueurs et zéros angulaires ; comparer plusieurs charges à configuration fixe peut révéler une déformation ; inverser le sens d'approche peut mettre en évidence un jeu. Ces observations ne sont jamais provoquées sur une machine non conçue pour l'essai. Dans le cours, elles restent des protocoles à analyser et la décision porte seulement sur l'amélioration du modèle virtuel.

Pour six répétitions indépendantes sous les mêmes conditions, la moyenne décrit le centre des valeurs et l’écart-type d’échantillon s leur dispersion, avec un diviseur n−1. La composante Type A sur la moyenne vaut uA=s/√n et possède ici cinq degrés de liberté. Elle ne contient pas l’erreur d’alignement, d’étalonnage ou d’angle ; multiplier uA par deux ne crée pas automatiquement une couverture de 95 %.

Avant d’ajouter un paramètre, demande s’il peut être identifié avec les essais disponibles. Avec q2=0°, les deux segments sont alignés : les positions dépendent de L1+L2 et ne séparent pas les deux longueurs. Un résidu constant dans R0 est compatible avec une translation du repère, sans prouver sa cause. Ajuster une correction puis la valider sur les mêmes points ne constitue pas un test indépendant.

Exemples résolus et erreurs expliquées

Cas d’ingénierie résolu

Quel jeu est répétable, et lequel présente un décalage moyen, lorsque les résidus sont fournis en millimètres ?

Pièces du dossier fictif
  1. Trois répétitions synthétiques, même configuration, charge et sens d’approche : résidus x par rapport à la même cible 3,8 ; 4,0 ; 4,2 mm.
  2. Un second jeu distinct, même protocole dans ce jeu : résidus x −5 ; 0 ; 5 mm.
  3. Le modèle nominal ne prédit aucun résidu ; comparer moyenne et écart-type d’échantillon, sans éliminer une valeur.
Suivre le raisonnement et corriger l’erreur

Le premier jeu donne une moyenne de 4,0 mm et un écart-type d’échantillon de 0,2 mm : les valeurs sont serrées mais décalées par rapport à la cible. Le second donne une moyenne nulle et un écart-type de 5 mm : l’absence de décalage moyen ne le rend pas répétable. Les diviseurs de variance valent ici 3−1=2. Ces deux petits jeux distincts illustrent des signatures, pas des causes identifiées. Un zéro de repère, une longueur ou une condition d’approche doivent être départagés par d’autres configurations et un protocole contrôlé.

Erreur à éviter. Le jeu centré en zéro est déclaré meilleur sans comparer la dispersion.

Pourquoi elle échoue. La moyenne peut masquer des écarts de signes opposés qui se compensent. Une erreur moyenne nulle et une faible dispersion sont deux propriétés différentes : il faut conserver les deux indicateurs.

Comment la reprendre. Conserver tous les résidus, calculer moyenne et écart-type séparément, puis relier chacun à un critère annoncé et aux conditions du jeu.

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Sources du cours

Édition Maxdecours · Vérifié le .

Spécialité sciences de l’ingénieur, Première générale, programme du BO spécial du 22 janvier 2019

  1. Programme de sciences de l'ingénieur de Première et Terminale généralesMinistère de l'Éducation nationale et de la Jeunesse · consulté le 2026-09-13
  2. Programmes et ressources en sciences de l'ingénieur, voie GTÉduscol · consulté le 2026-09-13
  3. La démarche de l'ingénieurÉduscol · consulté le 2026-09-13
  4. Le Système international d'unités, 9e éditionBureau international des poids et mesures · consulté le 2026-09-13
  5. JCGM 100:2008, évaluation de l’incertitude de mesureJCGM, Bureau international des poids et mesures · consulté le 2026-09-13