Ce que tu vas savoir faire
- Distinguer une évolution additive, multiplicative et parabolique.
- Relier une suite à des observations à pas de temps discrets et une fonction à un temps continu.
- Utiliser une fonction affine ou une suite arithmétique pour prévoir une valeur et un seuil.
- Lire le sommet, les variations et le signe d’une fonction du second degré donnée sous une forme adaptée.
- Utiliser une suite géométrique positive ou a⁽x⁾, pour x ≥ 0, dans une évolution à taux constant.
- Exprimer un taux moyen et un ordre de grandeur sans attribuer au modèle une certitude qu’il n’a pas.
Vérifie tes prérequis
- Calculer avec les pourcentages et les puissances.
- Lire un repère et un tableau de valeurs.
- Résoudre une inégalité simple du premier degré.
- Développer ou reconnaître une forme factorisée simple.
Le chapitre en bref
Ce module s’adresse aux élèves de Première générale qui ne suivent pas la spécialité mathématiques. On choisit un modèle à partir du mécanisme. Une même quantité ajoutée à chaque pas conduit à une suite arithmétique ou, en temps continu, à une fonction affine. Une évolution qui atteint puis quitte un maximum ou un minimum peut être décrite par une parabole. Un même pourcentage appliqué à la valeur courante conduit à une suite géométrique positive ou à une fonction de la forme a⁽x⁾. Un calcul n’est utile que dans le domaine où ces hypothèses restent plausibles.
1. Quel mécanisme l’énoncé décrit-il ?
Avant de choisir une formule, écris le passeport de l’évolution : grandeur étudiée, unité, instant initial, unité de temps et pas d’observation. Une suite uₙ décrit naturellement des états numérotés n = 0, 1, 2, … : par exemple un stock relevé chaque mois. Une fonction f(t) convient lorsqu’on représente la quantité à chaque instant t d’un intervalle : par exemple une distance au cours d’une journée. Le choix discret ou continu ne change pas seulement l’écriture, il indique ce que signifie une valeur intermédiaire.
Cherche ensuite l’opération répétée. « On ajoute 15 unités par mois » est une règle additive. « On augmente de 5 % de la valeur actuelle chaque année » est une règle multiplicative : les hausses en unités ne sont pas constantes. Une trajectoire qui augmente puis diminue peut demander une parabole. Ces indices proposent un modèle ; ils ne le prouvent pas. Les données, le contexte et l’intervalle de temps doivent encore être contrôlés.
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Atelier de méthode
Établis le passeport du modèle
Pour une situation, complète grandeur, unité, temps, pas, opération répétée et hypothèse de stabilité.
- Nommer l’état étudié et son unité.
- Décider si les temps observés sont discrets ou continus.
- Identifier une addition constante, un facteur constant ou un changement de sens.
- Énoncer ce qui devrait rester stable pour que le modèle soit recevable.
Vérifier la démarche
Le mot « par » dans l’énoncé est traduit en une opération précise et non en une intuition graphique.
2. Quand une évolution linéaire est-elle adaptée ?
Une évolution est linéaire quand une même quantité est ajoutée ou retirée pendant chaque unité de temps. Pour des relevés entiers, on écrit souvent uₙ = u₀ + nr : c’est une suite arithmétique de raison r. Si le temps peut prendre toute valeur d’un intervalle, on écrit f(t) = b + rt : c’est une fonction affine. Dans les deux cas, r porte une unité : 15 L par heure, −2 °C par jour ou 0,8 km par minute. Son signe indique le sens de l’évolution.
Une droite est donc pertinente lorsque les écarts successifs sont constants dans l’unité choisie. Elle ne convient pas à une hausse de 5 %, car 5 % de 100 et 5 % de 200 ne donnent pas le même ajout. Elle ne convient pas non plus si une capacité maximale, un arrêt programmé ou une variation de rythme intervient. Le modèle doit être annoncé comme une approximation dès que la constance de l’écart n’est pas donnée par la situation.
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Atelier de méthode
Teste l’écart constant
Compare trois valeurs successives et décide si une règle additive est défendable.
- Calculer les différences entre deux valeurs consécutives.
- Comparer leurs unités et leur signe.
- Écrire uₙ = u₀ + nr ou f(t) = b + rt si l’écart est constant.
- Tester la formule sur une valeur connue.
Vérifier la démarche
Les différences, et non les rapports, sont constants dans le modèle linéaire.
3. Quand une parabole rend-elle compte d’une évolution ?
Une fonction du second degré peut modéliser une grandeur qui évolue avec une courbure régulière : elle augmente puis diminue, ou diminue puis augmente. Sa courbe est une parabole. Lorsque la forme f(t) = a(t − α)² + β est fournie, le sommet se lit S(α ; β). Si a est négatif, le sommet donne un maximum ; si a est positif, il donne un minimum. Cette écriture est ici une aide de lecture, pas une formule du sommet à mémoriser ni une technique à reconstruire hors du cadre du programme.
Le sommet ne dispense pas de préciser le domaine. Une hauteur modélisée par une parabole n’a du sens que pendant le mouvement considéré ; une surface ne peut pas devenir négative. De même, une parabole ajustée sur quelques observations ne transforme pas un phénomène quelconque en loi exacte. Le modèle est choisi parce qu’il représente un maximum ou un minimum et une courbe compatible avec la situation, pas parce qu’une formule du second degré paraît plus sophistiquée.
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Atelier de méthode
Lis le sommet avant le tableau
À partir de a(t − α)² + β, détermine le sommet, le sens d’ouverture et la variation attendue.
- Repérer a, α et β.
- Placer le sommet S(α ; β).
- Déduire maximum ou minimum du signe de a.
- Restreindre la conclusion au domaine de temps étudié.
Vérifier la démarche
Le signe de a donne le sens d’ouverture ; α est l’abscisse du sommet, pas sa hauteur.
4. Comment savoir quand la grandeur est positive ?
Pour repérer quand une fonction du second degré est au-dessus ou au-dessous d’un seuil nul, la forme factorisée est très utile. Avec f(t) = a(t − r₁)(t − r₂), les valeurs r₁ et r₂ annulent la fonction : ce sont les instants où la grandeur atteint le seuil. On étudie alors le signe de chaque facteur sur les intervalles délimités par r₁ et r₂. Cette lecture est suffisante ici : il ne s’agit pas de chercher les racines d’une forme développée par une technique supplémentaire.
Le signe doit ensuite être traduit dans la situation. Si f(t) représente un bénéfice, f(t) > 0 signifie bénéfice positif ; si f(t) représente une altitude au-dessus d’un niveau de référence, f(t) > 0 signifie au-dessus de ce niveau. La phrase finale doit toujours rappeler l’unité et l’intervalle de temps. Les deux zéros ne sont pas des détails algébriques : ils séparent des périodes qui n’ont pas le même sens concret.
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Atelier de méthode
Fais parler les deux facteurs
Place les valeurs qui annulent chaque facteur, puis remplis le signe intervalle par intervalle.
- Repérer les deux valeurs qui rendent un facteur nul.
- Choisir une valeur-test dans chaque intervalle.
- Multiplier les signes en tenant compte du coefficient a.
- Traduire positif, nul ou négatif dans le contexte.
Vérifier la démarche
Les valeurs qui annulent la fonction sont séparées du signe strictement positif ou négatif.
5. Quand une évolution exponentielle est-elle pertinente ?
Une évolution est multiplicative lorsqu’à chaque pas on applique le même facteur à la valeur courante. Si une population augmente de 5 % par an, le facteur annuel est 1,05 : on ne lui ajoute pas 5 individus, on la multiplie par 1,05. Pour des années numérotées, une suite géométrique positive s’écrit uₙ = u₀ × qⁿ, où q est le facteur. Une hausse correspond à q > 1 ; une baisse à 0 < q < 1. La positivité de la quantité est cohérente avec cette écriture.
Quand le temps est continu et que le même mécanisme est retenu à toute échelle, on peut utiliser une fonction de la forme f(x) = C × a⁽x⁾, pour x ≥ 0 et a > 0. Cette écriture relie les valeurs aux instants intermédiaires, mais elle ne signifie pas que les observations sont devenues certaines. Une croissance exponentielle durable est souvent impossible : capacité limitée, ressources, saisonnalité ou décision humaine peuvent modifier le facteur.
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Compare ajout et pourcentage
Calcule deux pas d’évolution et décide si les écarts ou les rapports restent constants.
- Transformer le pourcentage en facteur : +p % devient 1 + p/100.
- Calculer la valeur après un premier pas puis après un second pas.
- Comparer les rapports de deux valeurs consécutives.
- Écrire uₙ = u₀ × qⁿ et contrôler u₀.
Vérifier la démarche
Dans un modèle exponentiel discret, les rapports sont constants ; les écarts ne le sont généralement pas.
6. Comment estimer un taux moyen et franchir un seuil ?
Un taux moyen sur plusieurs périodes n’est pas, en général, la moyenne des pourcentages affichés. Il doit produire le même facteur global. Si une quantité est multipliée par 1,21 en deux ans et que le même taux annuel est supposé, on cherche le facteur annuel q tel que q² = 1,21. Ici q = 1,1, donc le taux moyen est de 10 % par an. La vérification est essentielle : 1,1 × 1,1 = 1,21. Sans cette vérification, on peut confondre une variation globale avec une variation annuelle.
Pour un seuil exponentiel, on peut calculer des puissances successives et les comparer au seuil. Avec 200 × 1,05^n, pour atteindre 250, on obtient environ 243 au rang 4 et environ 255 au rang 5. Le premier rang qui convient est donc 5. Cet ordre de grandeur est plus honnête qu’une précision artificielle : la date exacte dépend de l’unité de temps choisie et de la stabilité supposée du taux.
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Cherche le premier rang utile
Construis un petit tableau de puissances pour localiser un seuil et donner un ordre de grandeur.
- Écrire la valeur initiale et le facteur par période.
- Calculer des valeurs successives autour du seuil.
- Repérer le dernier rang sous le seuil et le premier rang au-dessus.
- Formuler le résultat dans l’unité de temps de la situation.
Vérifier la démarche
Le rang recherché est le premier qui satisfait l’inégalité, pas une valeur intermédiaire inventée.
7. Comment choisir, puis auditer, la prévision ?
Une méthode de choix peut tenir en quatre questions. Premièrement, le temps est-il discret ou continu ? Deuxièmement, la règle est-elle additive, multiplicative, ou la grandeur présente-t-elle un maximum ou un minimum ? Troisièmement, la formule retrouve-t-elle les données de départ et quelques données de contrôle ? Quatrièmement, la valeur demandée reste-t-elle dans un domaine où les hypothèses sont plausibles ? Cette dernière question fait partie du calcul : une formule exacte peut produire une prévision déraisonnable si on l’emploie hors de sa situation.
Par exemple, une fréquentation qui augmente de 200 visiteurs par mois peut être décrite localement par un modèle linéaire. Si la fréquentation augmente de 4 % par mois, un modèle multiplicatif est plus cohérent. Si elle culmine pendant l’été puis diminue, une parabole peut aider sur une période bornée. Mais aucune de ces trois phrases ne justifie une prévision à dix ans sans données supplémentaires. Changement de politique, capacité d’accueil et événements exceptionnels peuvent rompre la règle.
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Fais auditer ton choix de modèle
Pour chaque situation, annonce le modèle, une formule, une donnée de contrôle et une limite d’emploi.
- Choisir linéaire, quadratique ou exponentiel à partir du mécanisme.
- Écrire une formule avec les unités des paramètres.
- Vérifier une valeur initiale ou observée.
- Énoncer une condition qui rendrait le modèle insuffisant.
Vérifier la démarche
Une prévision est présentée comme conditionnelle : elle dépend des hypothèses annoncées.
Erreurs fréquentes
L'essentiel à mémoriser
- Une suite décrit des pas numérotés ; une fonction peut décrire un temps continu.
- Écarts constants : modèle linéaire ; rapports constants : modèle exponentiel discret.
- Le sommet d’une parabole donne un maximum ou un minimum selon le signe du coefficient.
- La forme factorisée permet de lire les seuils et le signe par intervalles.
- Un taux moyen constant doit reproduire le facteur global.
- Toute prévision doit préciser son domaine et les hypothèses qui la rendent plausible.
Vérifier sa compréhension
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Quelle question précède le choix d’un modèle ?
Quelle opération se répète sur quelle grandeur, dans quelle unité et à quel pas de temps ?
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Évolution additive à pas discret
uₙ = u₀ + nr : la différence entre deux termes consécutifs est r.
Prochaine révision : à programmer
Sommet de a(t − α)² + β
S(α ; β). Si a < 0, β est un maximum ; si a > 0, β est un minimum.
Prochaine révision : à programmer
Rôle de la forme a(t − r₁)(t − r₂)
Elle fait apparaître les deux zéros r₁ et r₂ et permet d’étudier le signe par intervalles.
Prochaine révision : à programmer
Évolution de +p % à chaque pas
uₙ = u₀ × qⁿ avec q = 1 + p/100 : les rapports successifs sont constants.
Prochaine révision : à programmer
Comment conclure une prévision ?
Donner la valeur, son unité, le domaine et l’hypothèse qui doit rester vraie pour le modèle.
Prochaine révision : à programmer
Poursuivre le parcours
- Avant Probabilités conditionnelles : lire, calculer et justifier
- Tu es ici Choisir un modèle d’évolution : quelle règle décrit la situation ?
- Ensuite Automatismes de Première : raisonner, calculer et contrôler
Sources et traçabilité
Dernière vérification : 2026-08-14
- Programme de mathématiques intégré à l’enseignement scientifique en classe de première générale, Ministère de l’Éducation nationale, consulté le 2026-08-14.
- Bulletin officiel de l’éducation nationale, n° 14 du 2 avril 2026, Ministère de l’Éducation nationale, consulté le 2026-08-14.
- Programme de mathématiques de première générale, Éduscol, consulté le 2026-08-14.