Ce que tu vas savoir faire
- Définir une figure comme opération de langage et non comme décoration.
- Distinguer comparaison, métaphore et personnification.
- Distinguer symbole développé et allégorie.
- Distinguer métonymie, synecdoque et périphrase.
- Comparer antithèse, oxymore, paradoxe et antiphrase.
- Comparer hyperbole, litote et euphémisme par leur acte en contexte.
- Analyser prétérition et ironie sans inventer une intention.
- Rédiger une chaîne complète de preuve et d’interprétation.
Vérifie tes prérequis
- Identifier la voix qui porte un énoncé.
- Distinguer sens propre, emploi figuré et connotation.
- Citer précisément une expression dans son contexte.
Le chapitre en bref
Pour reconnaître une figure, décris l’écart ou l’opération au lieu de chercher un mot-clé. Une comparaison relie comparé et comparant par un outil ; une métaphore transfère des propriétés sans cet outil ; une métonymie change de désignation par contiguïté ; une synecdoque exploite une inclusion ; un oxymore réunit localement des termes incompatibles ; une litote formule moins pour faire entendre davantage dans un contexte. Ensuite, cite peu, nomme le mécanisme, précise ce qui change dans la représentation ou l’acte de parole, propose une interprétation et signale sa limite. Le nom de la figure ne prouve jamais seul son effet.
1. Une figure sert-elle seulement à embellir ?
Non. Une figure est une organisation repérable du langage qui modifie une relation, une représentation, une intensité ou un acte. Elle peut rendre concret, condenser, opposer, atténuer, exagérer, ironiser ou faire raisonner. Dans un rapport, une publicité, un discours ou un poème, le même mécanisme ne produit pas nécessairement le même effet.
Travaille par chaîne : citation exacte ; opération formelle ou sémantique ; élément transformé ; effet local ; interprétation ; limite. Commence par une paraphrase sans figure. La différence entre les deux versions indique ce que le procédé apporte réellement au passage.
Quel maillon rend l’analyse démontrable ?
Le nom d’une figure ne constitue pas encore son analyse.
2. Comparaison ou métaphore : que rapproche-t-on ?
La comparaison relie un comparé à un comparant par un outil : « Ses yeux brillent comme des étoiles ». Le trait commun — ici l’éclat — doit être formulé et borné. L’outil ne rend pas toutes les propriétés des étoiles pertinentes.
La métaphore établit ou développe le rapprochement sans outil comparatif : « Ce jardin est un paradis ». Elle peut être ponctuelle, filée ou lexicalisée. Pour l’analyser, cartographie ce qui passe du domaine comparant au comparé, ce qui résiste et la nouvelle manière de percevoir l’objet.
Quelle pièce de l’analogie identifies-tu ?
Toutes les propriétés du comparant ne passent pas vers le comparé.
3. Personnification, symbole ou allégorie ?
La personnification attribue à un non-humain des propriétés, gestes, paroles ou intentions humaines clairement construits : « La Mort frappe à la porte et réclame son dû ». Un verbe simplement compatible avec un phénomène — la nuit enveloppe — ne suffit pas toujours.
Un symbole associe un élément concret à une valeur selon une culture et un texte. Une allégorie organise plus durablement la représentation concrète d’une abstraction par un personnage, un récit ou un ensemble cohérent d’attributs. La Faucheuse peut fonctionner comme allégorie de la mort si faux, gestes et scénario construisent cette représentation.
Jusqu’où la représentation se déploie-t-elle ?
la Mort réclame→PERSONNIFICATION
conduite construite→ALLÉGORIE
personnage + attributs + scénarioLOCAL → PROLONGÉ → SYSTÈME DE REPRÉSENTATION
Un verbe d’action compatible avec un phénomène ne suffit pas toujours.
4. Quel lien autorise la substitution ?
La métonymie désigne une réalité par une autre qui lui est liée : « lire Du Bellay » pour lire ses œuvres associe auteur et production. La synecdoque exploite plus précisément une inclusion : « des voiles » pour des bateaux met une partie saillante au premier plan. Les classifications peuvent varier ; annonce la relation observée.
La périphrase remplace un nom par une expression descriptive : « l’auteur des Regrets » pour Du Bellay. Elle peut identifier, valoriser, éviter une répétition ou imposer un point de vue. Vérifie toujours le référent et ce que la nouvelle désignation sélectionne de lui.
Quel lien permet de changer de désignation ?
auteur → œuvres
voiles → bateaux
auteur des Regrets → Du Bellay
Les terminologies varient parfois : décrire la relation reste prioritaire.
5. À quelle échelle l’opposition fonctionne-t-elle ?
L’antithèse organise une opposition entre deux ensembles : « Il est le jour, elle est la nuit ». L’oxymore rapproche dans un groupe resserré des termes apparemment incompatibles : « une obscure clarté ». Le paradoxe formule une proposition qui heurte une attente mais peut révéler une cohérence après examen.
L’antiphrase emploie une formulation pour faire comprendre, en contexte, une évaluation contraire : « Bravo ! » après une faute manifeste. Aucun mot ne porte seul l’ironie. Situation, cible, ton, connaissances partagées et possibilité d’une lecture littérale doivent être comparés.
À quelle échelle places-tu la tension ?
A // B
« obscure clarté »
attente contrariée
évaluation renversée
Ironie et antiphrase exigent une situation qui fragilise la lecture littérale.
6. Dire plus, dire moins ou rendre dicible ?
L’hyperbole amplifie au-delà du vraisemblable ou de la mesure attendue : « J’ai attendu une éternité ». Elle peut exprimer impatience, éloge, indignation ou parodie. La litote formule moins pour laisser entendre davantage : « Ce n’est pas rien » peut valoriser, mais aussi marquer une réserve selon l’intonation et la situation.
L’euphémisme reformule une réalité jugée brutale, taboue ou socialement délicate : « il nous a quittés ». Il peut ménager, respecter, normaliser ou masquer. Compare ce qui est explicitement dit, ce que le destinataire infère et les enjeux éthiques ou sociaux de l’atténuation.
Que fait l’écart entre formulation et visée ?
Dire grammaticalement moins peut accomplir un acte pragmatiquement fort.
7. Comment dire en prétendant ne pas dire ?
La prétérition annonce qu’une information sera passée sous silence tout en la faisant apparaître : « Je ne rappellerai pas ses trois échecs ». L’opération attire l’attention sur l’information, protège parfois la face du locuteur ou lui permet de nier qu’il insiste.
Ce mécanisme peut participer à l’ironie ou à une stratégie argumentative, mais l’intention réelle ne se lit pas mécaniquement. Identifie l’information livrée, l’annonce de retrait, le destinataire, l’avantage discursif et une lecture alternative avant de conclure.
Quelle information passe malgré l’annonce de silence ?
L’intention réelle reste une hypothèse à soutenir par le contexte.
8. Le passeport d’une figure de style
Relève : citation minimale ; contexte et voix ; paraphrase neutre ; famille possible ; marque formelle ; deux éléments reliés ou opposés ; propriété transférée ; échelle ; acte de parole ; effet local ; hypothèse concurrente ; limite.
Rédige ensuite : « En [opération], l’expression [citation] transforme [objet] en [représentation ou acte]. Dans ce contexte, ce déplacement [effet précis], ce qui soutient [interprétation]. Toutefois, [limite]. » Si la phrase fonctionnerait avec n’importe quelle citation, reprends l’opération.
Quel contrôle du passeport actives-tu ?
Une citation longue peut cacher le segment où l’opération se produit.
Erreurs fréquentes
L'essentiel à mémoriser
- Figure = opération.
- Analogie cartographiée.
- Animation graduée.
- Lien de substitution prouvé.
- Échelle de l’opposition.
- Dire plus ou moins.
- Acte annoncé et acte réalisé.
- Chaîne d’analyse.
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Comparaison ?
Comparé, comparant, outil, trait commun et limite.
Prochaine révision : à programmer
Métaphore ?
Transfert de propriétés sans outil comparatif explicite.
Prochaine révision : à programmer
Métonymie / synecdoque ?
Contiguïté générale ; inclusion de partie et tout pour la synecdoque.
Prochaine révision : à programmer
Antithèse / oxymore ?
Opposition organisée entre ensembles ; tension resserrée dans un groupe.
Prochaine révision : à programmer
Litote / euphémisme ?
Faire entendre davantage ; rendre une réalité moins brutale ou directe.
Prochaine révision : à programmer
Chaîne d’analyse ?
Citation, opération, effet local, interprétation, limite.
Prochaine révision : à programmer
Poursuivre le parcours
- Avant Comment analyser un champ lexical sans réciter une atmosphère ?
- Tu es ici Comment reconnaître une figure de style et prouver son effet ?
- Ensuite Comment reconnaître une figure syntaxique sans confondre procédé et effet ?
Sources et traçabilité
Dernière vérification : 2026-08-12
- Programme de français de première des voies générale et technologique, Ministère de l’Éducation nationale, consulté le 2026-08-10.
- Programmes et ressources en français — voie générale et technologique, Éduscol — Ministère de l’Éducation nationale, consulté le 2026-08-10.
- Épreuves anticipées obligatoires de français — définition de l’épreuve écrite, Bulletin officiel de l’Éducation nationale, consulté le 2026-08-10.
- Commentaire de texte — extrait des Misérables, Éduscol et Lumni, consulté le 2026-08-10.
- Figure — définitions rhétoriques et linguistiques, CNRTL — CNRS / ATILF, consulté le 2026-08-10.
- Rhétorique — définitions et histoire des usages, CNRTL — CNRS / ATILF, consulté le 2026-08-10.