Objectifs du parcours
Ce que tu vas savoir faire
- Séparer classe grammaticale et fonction syntaxique.
- Analyser des groupes et propositions, pas seulement des mots isolés.
- Reconnaître les principales classes par un faisceau de propriétés.
- Distinguer déterminant et pronom dans une occurrence.
- Identifier le sujet par accord et transformations.
- Distinguer compléments du verbe, attributs et compléments circonstanciels.
- Localiser épithète, complément du nom, complément de l’adjectif et apposition.
- Justifier une analyse avec plusieurs manipulations convergentes.
Le chapitre en bref
La classe grammaticale décrit ce qu’est une occurrence ou un groupe dans le système : nom, déterminant, adjectif, pronom, verbe, adverbe, préposition, conjonction, interjection, groupe nominal, groupe prépositionnel ou proposition. La fonction décrit la relation qu’il entretient dans une structure : sujet, COD, COI, attribut, complément circonstanciel, épithète, complément du nom, apposition. Pour répondre, délimite d’abord le groupe, repère son noyau, puis croise plusieurs tests : accord, substitution, déplacement, suppression, pronominalisation, encadrement ou transformation passive. Une question comme quoi ? peut aider à explorer, mais ne constitue jamais seule une preuve.
1. Nature ou fonction : à quelle question réponds-tu ?
La nature — ou classe grammaticale — décrit une unité : dans « ces galaxies lointaines », ces est un déterminant, galaxies un nom, lointaines un adjectif et l’ensemble un groupe nominal. La fonction décrit une relation dans une structure : ce groupe nominal peut être sujet dans « Ces galaxies brillent » ou COD dans « Nous observons ces galaxies ».
Évite la formule trop simple nature fixe, fonction variable. Beaucoup de lexèmes ont une classe habituelle, mais l’analyse porte sur une occurrence : « pourquoi » est adverbe interrogatif dans « Pourquoi partir ? » et nom dans « ignorer le pourquoi ». Commence donc par délimiter l’unité exacte avant de la nommer.
2. Comment reconnaître une classe sans réciter une définition ?
Croise trois familles d’indices. La morphologie observe variations et accords : nom, déterminant, adjectif, pronom et verbe portent souvent des marques ; adverbe, préposition et conjonction sont invariables. La distribution regarde les voisinages : le déterminant ouvre le groupe nominal, la préposition introduit un complément, la conjonction relie des unités. La syntaxe teste les substitutions possibles.
Variable ou invariable ne suffit pas : très et avec sont tous deux invariables, mais très modifie un adjectif ou un adverbe tandis que avec introduit un groupe. Sens et dictionnaire aident, mais la phrase tranche l’occurrence. Les locutions — parce que, tout à fait, à cause de — exigent parfois d’analyser plusieurs mots comme une unité.
3. Pourquoi faut-il analyser les groupes avant les mots ?
La phrase s’organise en structures imbriquées. Dans « Le nouveau télescope observe une galaxie lointaine ce soir », le groupe sujet est « Le nouveau télescope » ; le groupe verbal contient « observe une galaxie lointaine » ; « ce soir » forme un groupe circonstanciel. À l’intérieur du COD, l’adjectif lointaine dépend du nom galaxie.
Repère le noyau de chaque groupe et dessine ses frontières. Un groupe nominal peut contenir un déterminant, un nom, un adjectif, un groupe prépositionnel ou une relative. Un groupe prépositionnel commence par une préposition, mais sa fonction dépend de l’endroit où il s’insère. La hiérarchie empêche d’attribuer directement au mot lointaine la fonction COD : c’est tout le groupe « une galaxie lointaine » qui est COD.
4. Comment prouver la fonction sujet sans chercher qui fait l’action ?
Le sujet règle normalement l’accord du verbe conjugué : « La série de photos révèle… » devient « Les séries de photos révèlent… ». Il peut être remplacé par un pronom personnel sujet et souvent encadré par « c’est… qui ». Sa place canonique précède le verbe, mais il peut être inversé : « Au loin brillent les étoiles ».
Le sujet n’est pas forcément agent. Dans « Le plan est approuvé par le comité », le plan est sujet et reçoit le procès ; dans « Cette hypothèse semble fragile », le sujet n’accomplit aucune action ; dans « Partir tôt évite la foule », un groupe infinitif est sujet. Utilise accord et transformations, puis vérifie que la phrase reste construite autour du même verbe.
5. COD, COI ou attribut : quel lien avec le verbe ?
Un complément d’objet appartient au groupe verbal et est sélectionné par la construction du verbe. Le COD se construit sans préposition et se pronominalise souvent par le, la, les ; il peut devenir sujet d’une phrase passive lorsque le verbe l’autorise. Le COI est construit avec une préposition imposée ou attendue par le verbe et peut parfois devenir lui, leur, y ou en selon le cas.
L’attribut attribue une propriété ou une identité au sujet ou au COD par l’intermédiaire d’un verbe : « Le ciel devient sombre » ; « Je trouve cette théorie solide ». Les questions quoi ? ou à quoi ? lancent une hypothèse mais confondent facilement objet, mesure, lieu et attribut. Compare construction du verbe, pronominalisation, effacement, passif et maintien du sens.
6. Comment distinguer complément du verbe et complément circonstanciel ?
Un groupe circonstanciel apporte un cadre de temps, lieu, manière, cause, but ou condition à la phrase ou au procès et est souvent déplaçable ou supprimable : « Ce soir, le télescope observe la galaxie » ; « Le télescope observe la galaxie ». Mais ces tests sont graduels, non mécaniques.
Certains verbes appellent un lieu ou une durée dans leur construction : « Elle va à Paris », « La séance dure deux heures ». Inversement, un complément circonstanciel peut être difficile à déplacer pour des raisons de sens ou de style. Demande ce que sélectionne le verbe, compare une phrase minimale acceptable et observe les possibilités de déplacement, suppression, reprise et contraste.
7. Quelles fonctions se trouvent à l’intérieur du groupe nominal ?
L’épithète est intégrée au groupe nominal et se rapporte au nom : « des galaxies lointaines ». Le complément du nom dépend du nom, souvent sous la forme d’un groupe prépositionnel : « la découverte de la planète ». Une relative adjective peut aussi compléter le nom : « la planète que nous observons ». Le complément de l’adjectif dépend d’un adjectif : « fier de son équipe ».
L’apposition porte sur un groupe nominal et ajoute une caractérisation, souvent détachée : « Hubble, le télescope spatial, … ». La virgule n’est pourtant pas une preuve suffisante, et toute expansion détachée n’est pas nominale. Délimite d’abord l’unité, identifie son noyau, puis demande de quel mot ou groupe elle dépend et quelles substitutions elle accepte.
8. Quel protocole appliquer à une question de grammaire ?
Surligne l’unité demandée sans oublier ses expansions. Repère le noyau et la structure qui la contient. Formule deux hypothèses possibles. Applique au moins deux manipulations pertinentes : substitution, accord, déplacement, suppression, pronominalisation, encadrement, passif ou changement de nombre. Observe ce qui change et ce qui résiste.
Réponds en une phrase justifiée : « Le groupe nominal les images de la sonde est COD de analyse : il complète directement le verbe, se pronominalise par les dans le même sens et peut devenir sujet au passif. » Si les tests divergent, signale la construction ou l’ambiguïté au lieu de forcer une étiquette.
Erreurs fréquentes
L'essentiel à mémoriser
- Occurrence et groupe délimités.
- Nature n’est pas fonction.
- Morphologie + distribution + substitution.
- Hiérarchie phrase-groupe-mot.
- Sujet par accord, pas par agent.
- Objets par construction du verbe.
- Circonstanciel : tests gradués.
- Deux manipulations avant la conclusion.
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Sources et traçabilité
Dernière vérification : 2026-08-12
- La grammaire du français — Terminologie grammaticale, Éduscol — Ministère de l’Éducation nationale, consulté le 2026-08-10.
- Programme de français de première des voies générale et technologique, Ministère de l’Éducation nationale, consulté le 2026-08-10.
- Programmes et ressources en français — voie générale et technologique, Éduscol — Ministère de l’Éducation nationale, consulté le 2026-08-10.
- Présentation des ressources sur l’étude de la langue, Éduscol — Ministère de l’Éducation nationale, consulté le 2026-08-10.
- Programme d’enseignement de français de seconde et première, Bulletin officiel spécial n° 1 — Ministère de l’Éducation nationale, consulté le 2026-08-10.
- Les discours rapportés — exemple de grammaire au service de la lecture, Éduscol — Ministère de l’Éducation nationale, consulté le 2026-08-10.