Objectifs du parcours
Ce que tu vas savoir faire
- Distinguer signal analogique, échantillonnage, quantification et codage binaire.
- Relier fréquence et période d’échantillonnage avec les unités correctes.
- Appliquer le critère de Nyquist-Shannon et reconnaître un repliement spectral.
- Calculer le nombre de niveaux associé à une profondeur en bits.
- Lire et produire un mot binaire codant un échantillon.
- Calculer débit binaire et taille d’un fichier audio non compressé.
- Distinguer compression sans perte et avec perte et annoncer la convention du taux calculé.
- Justifier un compromis qualité-taille-usage sans transformer une estimation environnementale en vérité générale.
Le chapitre en bref
Numériser un son consiste à mesurer périodiquement un signal analogique, puis à arrondir chaque mesure à l’un des niveaux disponibles avant de coder ce niveau par un mot binaire. La fréquence d’échantillonnage fixe le nombre de mesures par seconde ; pour représenter une fréquence maximale fₘax sans repliement dans le modèle idéal, on choisit fₑ au moins égale à 2 fₘax. Une profondeur p offre deux à la puissance p niveaux. Le débit non compressé vaut fₑ × p × nombre de canaux, et la taille s’obtient en le multipliant par la durée puis en convertissant les bits en octets. Une compression sans perte permet de retrouver exactement les données ; une compression avec perte en supprime de façon irréversible. Chaque choix doit donc annoncer signal visé, taille, usage et limites.
1. Quelles transformations séparent le son du fichier ?
Le microphone produit un signal analogique dont la valeur varie continûment dans le temps et, dans le modèle, en amplitude. Le convertisseur relève cette valeur à des instants séparés par une période d’échantillonnage : on obtient une suite discrète d’échantillons.
Chaque échantillon est ensuite arrondi à l’un des niveaux autorisés : c’est la quantification. Le rang du niveau peut enfin être représenté par un mot binaire : c’est le codage. Le laboratoire conserve la même courbe source pour que tu voies ce que chaque étape mesure, arrondit puis écrit.
2. Combien de mesures sont prises chaque seconde ?
La fréquence d’échantillonnage fₑ est le nombre de mesures prises par seconde. La période Tₑ est la durée entre deux mesures successives : . À 44 100 Hz, l’intervalle idéal entre deux mesures vaut environ 22,7 microsecondes.
Augmenter fₑ rapproche les points dans le temps et augmente le nombre de données produites. Cela n’ajoute toutefois pas une information qui n’existe pas dans le signal capté et ne compense ni microphone inadéquat, ni saturation, ni bruit.
3. Pourquoi deux mesures par période sont-elles une limite et non une promesse ?
Pour qu’un signal limité à une fréquence maximale fₘax puisse être reconstruit dans le modèle idéal sans repliement, le critère de Nyquist-Shannon impose . En pratique, filtre anti-repliement et marge de conception accompagnent ce seuil.
Si le critère n’est pas respecté, les mêmes points peuvent sembler appartenir à une oscillation plus lente : c’est le repliement spectral, ou aliasing. Respecter l’inégalité n’assure pas à lui seul un enregistrement parfait ; cela écarte cette ambiguïté dans les hypothèses du modèle.
4. Que gagne-t-on en passant de 3 à 16 bits ?
Une profondeur p bits permet de distinguer niveaux. Avec 3 bits, on dispose de 8 niveaux ; avec 16 bits, de 65 536. Davantage de niveaux réduit généralement l’écart d’arrondi pour une même plage d’amplitude.
La profondeur ne modifie pas les instants de mesure : elle agit sur l’axe des amplitudes. Si le signal dépasse la plage prévue, il est écrêté ; augmenter le nombre de niveaux ne répare pas cet écrêtage.
5. Comment une valeur quantifiée devient-elle une suite de bits ?
Le niveau quantifié reçoit un indice compris entre 0 et 2⁽p⁾ − 1. Avec p bits, cet indice s’écrit sur exactement p positions binaires. Par exemple, l’indice 5 s’écrit 101 sur 3 bits ; 011 ne désigne pas le même niveau.
Un bit vaut 0 ou 1 ; un octet regroupe 8 bits. En stéréo, deux canaux sont codés pour chaque instant d’échantillonnage. Le nombre de canaux double donc le débit par rapport au même réglage mono.
6. Quelle taille occupe une minute de son non compressé ?
Pour un codage PCM non compressé, le débit binaire vaut . La taille en bits est . On divise ensuite par 8 pour obtenir des octets : .
Une minute stéréo à 44,1 kHz et 16 bits représente 84 672 000 bits, soit 10 584 000 octets, environ 10,6 Mo en unités décimales. Un en-tête de fichier peut ajouter quelques données : le calcul donne l’ordre de grandeur du flux audio brut.
7. Que signifie réellement « compresser à 20 % » ?
Une compression sans perte permet de reconstruire exactement les données initiales ; une compression avec perte élimine des informations jugées moins utiles pour un usage ou moins perceptibles selon un modèle. Réencoder un fichier avec perte ne recrée pas ce qui a été supprimé.
Les expressions « taux de compression » et « gain » varient selon les conventions. Ici, on définit et . Un fichier de 20 Mo ramené à 5 Mo a un taux de taille de 25 % et un gain de 75 %.
8. Comment choisir sans promettre une qualité maximale ni un impact minimal ?
Un réglage se justifie à partir de la bande utile, de la dynamique, du nombre de canaux, de la durée, de l’usage et des contraintes de stockage ou de transmission. Une archive de travail, une voix intelligible et une diffusion musicale ne posent pas exactement le même problème.
Réduire un volume transféré peut réduire une partie des ressources mobilisées, mais l’impact total dépend aussi du terminal, du réseau, du centre de données, de la durée de conservation, du nombre d’écoutes et surtout de la fabrication des équipements. Délimite le scénario et mesure les volumes avant de conclure ; conserve également formats, métadonnées et migrations pour lutter contre l’obsolescence.
Erreurs fréquentes
L'essentiel à mémoriser
- Étapes séparées.
- Temps échantillonné.
- Nyquist contrôlé.
- Niveaux comptés.
- Bits décodés.
- Taille calculée.
- Compression qualifiée.
- Usage délimité.
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Sources et traçabilité
Dernière vérification : 2026-08-12
- Programme d’enseignement scientifique de première générale, Ministère de l’Éducation nationale, consulté le 2026-08-10.
- Programmes et ressources en enseignement scientifique - voie générale, Éduscol, consulté le 2026-08-10.
- Numérisation et codage du son, Éduscol, consulté le 2026-08-10.