Objectifs du chapitre
Ce que tu vas savoir faire
- Situer 1870, 1871, 1875, 1881-1882 et 1905.
- Distinguer défaite de 1870, Commune de Paris et installation institutionnelle de la République.
- Expliquer les lois scolaires, la liberté de la presse et la séparation des Églises et de l’État.
- Analyser l’affaire Dreyfus comme un débat sur la justice, l’armée, la presse et les droits.
- Identifier les limites de la citoyenneté et des libertés dans cette période.
Comment la République s’enracine-t-elle par des institutions et des libertés, tout en restant contestée et inégalement vécue ?
Étape 1
1870-1871 : défaite, proclamation et Commune
En septembre 1870, l’armée française est battue par la Prusse et ses alliés ; Napoléon III est fait prisonnier à Sedan. Le 4 septembre, la République est proclamée à Paris. Il faut distinguer cette proclamation d’une installation immédiate et paisible : la guerre continue et le pays traverse une crise politique et sociale majeure.
En 1871, après la guerre et le siège de Paris, une insurrection éclate dans la capitale. La Commune de Paris dure de mars à mai 1871. Elle met en place une administration révolutionnaire et adopte des mesures propres à ce contexte. Sa répression par les troupes du gouvernement, lors de la Semaine sanglante, fait de nombreuses victimes et marque durablement les mémoires politiques.
La Commune n’est donc ni la République tout entière ni une parenthèse qui durerait jusqu’en 1875. Elle est un événement court, situé à Paris en 1871, dans le contexte de la défaite, de la guerre civile et des conflits sur le pouvoir à exercer.
Frise originale Maxdecours, établie à partir des chronologies des Archives nationales et du programme de cycle 4.
4 septembre 1870 : proclamation de la République après la défaite de Sedan.
Mars-mai 1871 : Commune de Paris.
1875 : lois constitutionnelles qui installent durablement le régime républicain.
Lis la frise puis écris une phrase par repère ; n’attribue pas à la Commune une durée de cinq ans.
À retenir. La République est proclamée en 1870, la Commune est un épisode parisien de 1871, et les institutions se stabilisent en 1875.
Étape 2
1875 : des institutions républicaines durables
Les lois constitutionnelles de 1875 organisent la Troisième République. Elles prévoient un président de la République, un gouvernement responsable devant les chambres, une Chambre des députés élue au suffrage universel masculin et un Sénat. Le régime n’est pas une démocratie directe : les citoyens électeurs choisissent des représentants qui discutent et votent les lois.
L’installation de ces institutions est disputée. Les républicains, les monarchistes, les bonapartistes et d’autres courants ne partagent pas le même projet politique. La crise du 16 mai 1877 oppose notamment le président Mac-Mahon et la majorité républicaine de la Chambre. Les élections renforcent finalement les républicains et contribuent à ancrer le fonctionnement parlementaire.
Nommer les institutions ne suffit pas : il faut expliquer leur relation. Le Parlement vote les lois et contrôle le gouvernement ; le président a des pouvoirs définis par les textes, mais la pratique républicaine évolue aussi avec les majorités et les crises.
Tableau original Maxdecours à partir des lois constitutionnelles de 1875, textes primaires consultés dans une édition des Lois constitutionnelles de la République française.
| Institution | Fonction principale | Précision |
|---|---|---|
| Chambre des députés | Débattre et voter les lois | Elle est élue au suffrage universel masculin. |
| Sénat | Participer au travail législatif | Il forme l’autre chambre du Parlement. |
| Président de la République | Exercer des fonctions prévues par les lois constitutionnelles | Son action s’inscrit dans un régime parlementaire. |
Distingue une chambre du Parlement du président et explique une relation entre eux.
À retenir. Les lois de 1875 organisent un régime parlementaire où les représentants élus jouent un rôle central.
Étape 3
École, presse et libertés : des lois et leurs limites
Les lois scolaires de 1881-1882 rendent l’instruction primaire gratuite, laïque et obligatoire pour les enfants de 6 à 13 ans. Elles renforcent le rôle de l’école publique, mais l’obligation scolaire ne signifie pas que tous les enfants connaissent les mêmes conditions de scolarité ou les mêmes possibilités de poursuivre des études.
La loi du 29 juillet 1881 affirme la liberté de la presse. Elle favorise la multiplication des journaux, des débats et des caricatures. Cette liberté comporte des limites légales, notamment contre la diffamation ou certains appels à la violence, et elle peut être restreinte dans des contextes de crise. Étudier la presse impose donc d’identifier l’auteur, le public, la date et l’objectif d’un article.
Ces lois élargissent des libertés et installent des pratiques républicaines. Elles ne donnent pas le droit de vote aux femmes et ne rendent pas les droits identiques dans l’ensemble de l’empire colonial. Une loi doit être étudiée avec son champ d’application et les personnes qu’elle concerne.
Tableau original Maxdecours à partir des lois Ferry de 1881-1882 et de la loi du 29 juillet 1881 sur la liberté de la presse, textes publiés au Journal officiel.
| Date | Loi | Effet étudié |
|---|---|---|
| 1881 | Gratuité de l’enseignement primaire public | L’école publique primaire ne demande plus de frais de scolarité. |
| 1882 | Obligation et laïcité de l’enseignement primaire | L’instruction devient obligatoire dans les limites fixées par la loi. |
| 1881 | Liberté de la presse | La publication de journaux est davantage protégée par la loi. |
Explique l’effet d’une loi puis ajoute une limite de son application ou de son champ.
Exemple résolu · Pas à pas
Lire une une de journal
Un journal de 1898 accuse une personne ou défend une cause. Que faut-il faire avant de l’utiliser comme preuve ?
- Identifier le titre, la date, l’auteur ou la rédaction et le public visé.
- Distinguer le fait rapporté de l’opinion ou de l’accusation.
- Comparer avec une autre source, par exemple une décision de justice ou un autre journal.
- Expliquer que la liberté de la presse permet le débat mais ne garantit pas qu’un article soit exact.
Une presse plus libre rend le débat public visible, mais un journal doit toujours être contextualisé et confronté.
À retenir. Les lois républicaines créent des cadres de liberté ; elles doivent être lues avec leurs destinataires, leurs limites et les inégalités qui demeurent.
Étape 4
1905 et l’affaire Dreyfus : principes, conflits et débats
La loi du 9 décembre 1905 concernant la séparation des Églises et de l’État pose que la République assure la liberté de conscience et garantit le libre exercice des cultes sous les restrictions nécessaires à l’ordre public. Elle met fin au régime de cultes reconnus et financés mis en place par le Concordat dans la majeure partie de la France. La loi organise donc des relations entre institutions publiques et cultes ; elle ne demande pas aux personnes d’abandonner leurs convictions.
L’affaire Dreyfus commence en 1894 par la condamnation du capitaine Alfred Dreyfus pour trahison. Des éléments contestent le procès ; Émile Zola publie « J’accuse… ! » en 1898. L’affaire divise la société française autour de la justice, de l’armée, de l’antisémitisme, de la presse et du rôle de la République. Dreyfus est finalement réhabilité en 1906.
Il ne faut pas transformer ce débat en récit où un seul journal ou une seule personne résume tous les camps. Les dreyfusards et les antidreyfusards rassemblent des sensibilités diverses. La presse rend les positions plus visibles, mais elle peut aussi diffuser des accusations et des préjugés. Analyser cette affaire suppose de dater les documents et de distinguer une décision judiciaire, une prise de position et une mobilisation.
Court dossier original Maxdecours fondé sur la loi du 9 décembre 1905 et sur la lettre ouverte « J’accuse… ! » d’Émile Zola, L’Aurore, 13 janvier 1898, texte du domaine public.
1905 : la République « assure la liberté de conscience ».
1898 : Zola publie « J’accuse… ! » pour contester la condamnation de Dreyfus.
Distingue le texte de loi de 1905 d’un article d’opinion de 1898 : auteur, objet et effet recherché.
À retenir. La République de 1905 affirme un cadre de liberté de conscience ; l’affaire Dreyfus montre que la justice, la presse et les droits sont l’objet de conflits publics.
L’essentiel à retrouver
Ta fiche de révision
- La République est proclamée en 1870 ; la Commune de Paris dure de mars à mai 1871.
- Les lois constitutionnelles de 1875 installent durablement les institutions de la Troisième République.
- Les lois de 1881-1882 organisent une école primaire gratuite, laïque et obligatoire.
- La loi de 1881 protège la liberté de la presse tout en prévoyant des limites légales.
- La loi de 1905 sépare les Églises et l’État et protège la liberté de conscience.
Des erreurs à comprendre
Faire durer la Commune de 1871 à 1875.
Situe-la de mars à mai 1871 et distingue-la de l’installation institutionnelle de 1875.
Dire que l’école devient immédiatement identique et accessible de la même manière à tous.
Nomme les lois et distingue leur principe des conditions réelles de scolarisation.
Réduire l’affaire Dreyfus à une seule opinion ou à une presse toujours exacte.
Contextualise chaque document et distingue justice, presse, mobilisations et antisémitisme.
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Sources et repères
Édition Maxdecours · Année scolaire 2026-2027 · Vérification documentaire : 2026-10-24.
Cycle des apprentissages fondamentaux (cycle 2), cycle de consolidation (cycle 3) et cycle des approfondissements (cycle 4) : modification · Ministère de l’Éducation nationale · Histoire cycle 4 : Société, culture et politique dans la France du XIXe siècle.
Loi du 9 décembre 1905 concernant la séparation des Églises et de l’État · Journal officiel de la République française · Articles 1 et 2.
Émile Zola, « J’accuse… ! », L’Aurore · L’Aurore, texte du domaine public · Lettre ouverte.
La ressource prépare l’analyse historique de lois et de presse ; elle ne permet pas de juger les convictions d’un élève ni de rejouer un débat politique.