Mathématiques expertes · Terminale générale

Changer de forme pour rendre le problème simple

La forme algébrique facilite les sommes ; la forme exponentielle facilite produits, puissances et rotations. Le choix de la forme fait partie du raisonnement.

  1. Identifier l'opération dominante.
  2. Choisir algébrique, trigonométrique ou exponentielle.
  3. Calculer en justifiant les propriétés.
  4. Contrôler par module, argument ou géométrie.
  • 6activités interactives
  • 8questions de quiz
  • 6cartes de révision
  • 2sources citées

Ce que tu vas savoir faire

  • Effectuer des calculs et résoudre des équations dans C.
  • Utiliser conjugué, inverse et module.
  • Passer entre formes algébrique, trigonométrique et exponentielle.
  • Appliquer Euler et Moivre.
  • Factoriser un polynôme à partir d'une racine.
  • Résoudre une configuration géométrique avec les complexes.

Vérifie tes prérequis

  • Suivre la spécialité mathématiques en Terminale.
  • Maîtriser calcul algébrique, fonctions, vecteurs et probabilités.
Le chapitre en bref

Un complexe z=a+ib se calcule comme une expression algébrique avec i²=−1. Son conjugué et son module contrôlent inverse et distance. Pour z non nul, module et argument donnent les formes trigonométrique et exponentielle, adaptées aux produits et puissances. Les complexes résolvent des équations polynomiales et traduisent rotations, angles, longueurs et racines de l'unité.

1. Forme algébrique et opérations

Un nombre complexe s'écrit de manière unique z=a+ib avec a et b réels et i²=−1. Deux complexes sont égaux lorsque leurs parties réelle et imaginaire sont égales. Somme et produit se développent par distributivité, puis i² est remplacé par −1.

Cette forme est la plus lisible pour additionner, identifier des parties ou résoudre az=b. Un calcul doit être réduit à x+iy : laisser i² ou mélanger parties réelle et imaginaire masque le contrôle. Substituer le résultat dans l'équation initiale fournit une vérification indépendante.

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Atelier de méthode

À toi de raisonner

Résous (1+i)z=2.

  1. Diviser par 1+i.
  2. Multiplier numérateur et dénominateur par 1−i.
  3. Utiliser (1+i)(1−i)=2.
  4. Simplifier.
Vérifier la démarche

On attend z=1−i.

Voir une correction possible

z=2(1−i)/2=1−i.

Contrôle : (1+i)(1−i)=2.

2. Conjugué, inverse et module

Le conjugué de z=a+ib est z̅=a−ib. Le produit zz̅=a²+b² est réel positif et vaut |z|². Pour z non nul, 1/z=z̅/|z|². Ces relations transforment un quotient complexe en forme algébrique et donnent un contrôle par le module.

Le conjugué respecte somme et produit ; ces propriétés se démontrent en forme algébrique. Le module est une distance et vérifie |zw|=|z||w|. Il ne faut pas confondre |z|, nombre réel positif, avec z̅, nombre complexe réfléchi par rapport à l'axe réel.

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Atelier de méthode

À toi de raisonner

Montre que |z̅|=|z| pour z=a+ib.

  1. Calculer les deux modules au carré.
  2. |z|²=a²+b².
  3. |z̅|²=a²+(−b)².
  4. Utiliser la positivité des modules.
Vérifier la démarche

Les carrés sont égaux et les modules positifs.

Voir une correction possible

|z̅|²=|z|².

Donc |z̅|=|z|.

3. Module, argument et forme trigonométrique

Dans le plan complexe, z=a+ib est l'affixe du point (a;b). Son module est la distance à l'origine. Pour z non nul, un argument θ est un angle orienté tel que z=|z|(cosθ+i sinθ). Les arguments sont définis modulo 2π.

La forme trigonométrique s'obtient en calculant le module puis en choisissant le bon quadrant à partir des signes de a et b. Une valeur de tangente seule ne suffit pas, car plusieurs angles ont la même tangente. Le retour à a+ib contrôle le choix.

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À toi de raisonner

Donne un argument de √3−i.

  1. Calculer le module 2.
  2. Repérer le quatrième quadrant.
  3. cosθ=√3/2 et sinθ=−1/2.
  4. Choisir −π/6 modulo 2π.
Vérifier la démarche

Un argument attendu est −π/6.

Voir une correction possible

Le point est à droite et sous l'axe réel.

Ainsi θ=−π/6 convient ; 11π/6 est équivalent.

4. Forme exponentielle, Euler et Moivre

La notation e⁽iθ⁾=cosθ+i sinθ condense la forme trigonométrique. Les modules se multiplient et les arguments s'additionnent : r e⁽iθ⁾×s e⁽iφ⁾=rs e⁽i(θ+φ)⁾. Une puissance devient (r e⁽iθ⁾)ⁿ=rⁿ e⁽inθ⁾, ce qui est la formule de Moivre.

Les formules d'Euler expriment cos et sin avec des exponentielles imaginaires et transforment certaines identités ou intégrales. La forme exponentielle ne remplace pas la forme algébrique : additionner deux exponentielles de directions différentes demande souvent de revenir à cos et sin.

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À toi de raisonner

Transforme cos²θ avec cos(2θ).

  1. Partir de cos(2θ)=2cos²θ−1.
  2. Ajouter 1.
  3. Diviser par 2.
  4. Vérifier pour θ=0.
Vérifier la démarche

On attend cos²θ=(1+cos2θ)/2.

Voir une correction possible

cos²θ=(1+cos2θ)/2.

Pour θ=0, les deux membres valent 1.

5. Equations polynomiales dans C

Une équation du second degré à coefficients réels possède des solutions complexes lorsque le discriminant est négatif. Si P(a)=0, alors P(z) est divisible par z−a. Cette factorisation permet de réduire une équation de degré 3 lorsqu'une racine est connue.

Un polynôme non nul de degré n admet au plus n racines. Trouver une racine ne suffit donc pas à arrêter la résolution : il faut factoriser et traiter le quotient. Les coefficients réels impliquent que les racines complexes non réelles apparaissent par paires conjuguées.

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À toi de raisonner

Sachant que 1 est racine de P(z)=z³−6z²+11z−6, factorise P.

  1. Diviser par z−1.
  2. Obtenir z²−5z+6.
  3. Factoriser en (z−2)(z−3).
  4. Vérifier les trois racines.
Vérifier la démarche

P(z)=(z−1)(z−2)(z−3).

Voir une correction possible

La division donne z²−5z+6.

Les racines sont 1, 2, 3 et leur somme 6 contrôle le coefficient de z².

6. Géométrie complexe et racines de l'unité

Pour des points A, B, C d'affixes a, b, c, le module de (b−a)/(c−a) compare les longueurs AB et AC ; son argument mesure l'angle orienté de AC vers AB. Un quotient réel indique des directions colinéaires ; un quotient imaginaire pur indique une orthogonalité, sous les conditions de non-nullité.

Les racines n-ièmes de l'unité sont e⁽2ikπ/n⁾ pour k=0,…,n−1. Elles sont régulièrement réparties sur le cercle unité et forment les sommets d'un polygone régulier. Leur somme est nulle pour n≥2, ce qui peut se voir par symétrie ou par somme géométrique.

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À toi de raisonner

Que signifie |(b−a)/(c−a)|=1 ?

  1. Utiliser le quotient des modules.
  2. Obtenir |b−a|/|c−a|=1.
  3. Traduire en distances.
  4. Conclure AB=AC.
Vérifier la démarche

Le point A est équidistant de B et C.

Voir une correction possible

Le module du quotient vaut AB/AC.

S'il vaut 1, alors AB=AC, avec A distinct de C pour que le quotient soit défini.

Erreurs fréquentes

L'essentiel à mémoriser

  • La forme a+ib rend visibles égalité, somme et résolution linéaire.
  • Conjuguer change l'orientation imaginaire ; le module conserve la distance à l'origine.
  • Module et argument décrivent distance et direction ; le quadrant contrôle l'angle.
  • La forme exponentielle transforme produits et puissances ; l'addition peut exiger une autre forme.
  • Une racine connue ouvre une factorisation ; elle ne termine pas la résolution.
  • Un quotient complexe peut coder simultanément un rapport de longueurs et un angle orienté.

Vérifier sa compréhension

Réponds aux 8 questions. Ton score et les réponses justes ou fausses apparaissent immédiatement.

1. Combien vaut i² ?
2. Le conjugué de 3−2i est…
3. Quel est le module de −1+i ?
4. Quelle forme facilite (re⁽iθ⁾)²⁰ ?
5. Les solutions de z²+1=0 sont…
6. Si P(a)=0, alors…
7. Les racines n-ièmes de l'unité sont…
8. Un quotient complexe réel non nul traduit notamment…

Réviser au bon moment

Révèle chaque réponse, puis indique la difficulté de ton rappel pour programmer la prochaine révision dans ce navigateur.

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Inverse de z non nul

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Forme trigonométrique

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Produit en forme exponentielle

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P(a)=0

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Racines n-ièmes de l'unité

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Poursuivre le parcours

  1. Tu es ici Nombres complexes : calculer, représenter et démontrer
  2. Ensuite Arithmétique : congruences, Bézout et nombres premiers

Sources et traçabilité

Dernière vérification : 2026-08-15

  1. Programme de mathématiques expertes de Terminale générale, Ministère de l'Éducation nationale, consulté le 2026-08-15.
  2. Programmes et ressources en mathématiques, voie GT, Éduscol, consulté le 2026-08-15.

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Le parcours relie complexes, arithmétique, graphes et matrices par le choix des structures et la preuve.

  • Exercices progressifs
  • Corrections raisonnées
  • Cartes de mémorisation