HLP · Terminale

Création, continuités et ruptures : créer, est-ce rompre avec le passé ?

Une page devient pluie, un tableau renonce à la ressemblance, un objet change de place : comment ces gestes transforment-ils l’art ? Ce cours de HLP Terminale relie textes, œuvres et idées pour comprendre les ruptures du XXe siècle et leurs prolongements.

Explications et exemples en accès libre. Ateliers, quiz et cartes avec l’abonnement.

Étude en accès libre
Environ 45 min à 1 h 20
Progression
8 étapes guidées
Vérification
16 questions
Rappel actif
16 cartes
Prévoir mon tempsExplications et exemples en accès libre

Une première étude des explications, schémas, exemples résolus et erreurs expliquées. Les activités, productions, quiz et cartes réservés à l’abonnement ne sont pas comptés ici.

Comprendre4054 mots d’explication et 8 schémas et 3 documents
29 à 48 min
Étudier les exemples et les erreurs8 cas, exemples et activités guidés
16 à 32 min

Étude du cours en accès libre, environ45 min à 1 h 20

Voir le calcul et le temps par étape

Le calcul suit automatiquement les explications et les tâches présentes dans le cours. Ses coefficients sont des repères de planification, pas des temps mesurés auprès d’élèves.

  • Lecture active : 4054 mots, à raison de 160 à 220 mots par minute.
  • Schémas : 8, avec 1 à 2 min pour lire chacun.
  • Exemple guidé : 8 × 2 à 4 min.
  1. Changer les formes et les règles : que signifie une rupture ?6 à 12 min
  2. Manifeste, vitesse et refus : Marinetti et Ball5 à 10 min
  3. Apollinaire et Woolf : quand la forme fait-elle autrement récit ?6 à 11 min
  4. L’abstraction rompt-elle avec toute représentation ?6 à 12 min
  5. Duchamp : choisir et exposer, est-ce créer ?5 à 10 min
  6. Benjamin : reproduction, authenticité et réception5 à 9 min
  7. Césaire : transformer une langue, faire entendre une voix5 à 9 min
  8. Créer avec un protocole : idée, participation et réception5 à 10 min

Les sous-totaux sont arrondis à la minute, puis additionnés. La fourchette totale est élargie aux cinq minutes voisines. Les étapes ci-dessus comprennent leurs explications et exemples ; elles ne s’ajoutent pas une seconde fois au total.

Adapte ce repère à tes acquis et au soin apporté aux exercices. Les pauses, les reprises, la consultation des sources externes et les révisions suivantes s’ajoutent selon tes besoins.

Avec les ateliers, les entraînements écrits, le quiz et les cartes : environ 2 h 40 à 4 h 35, à répartir sur plusieurs séances.

Objectifs du cours

Ce que tu vas savoir faire

  • Distinguer une rupture de cadre, une nouveauté formelle et un jugement de valeur.
  • Expliquer la place des conventions et de la cohérence chez Poincaré.
  • Analyser les procédés et les engagements des manifestes futuristes et dadaïstes.
  • Lire une page d’Apollinaire et le déplacement des attentes narratives chez Woolf.
  • Observer l’abstraction et expliquer ce que change le geste du readymade.
  • Comprendre les effets de la reproduction technique et du montage chez Benjamin.
  • Étudier comment Césaire transforme une langue héritée en acte de parole.
  • Comparer œuvre, protocole et participation pour discuter la continuité de la création.
01

Étape du cours · 6 à 12 min

Changer les formes et les règles : que signifie une rupture ?

Une peinture nouvelle n’efface pas d’un coup la peinture ancienne. Elle peut transformer ce qui mérite d’être peint, l’organisation des couleurs, le support ou la place du spectateur. Une rupture se décrit donc par une comparaison précise : avec quelle pratique, sur quel point et avec quels effets ? Les avant-gardes du début du XXe siècle revendiquent une position en tête du changement, mais leurs manifestes ne suffisent pas à prouver qu’elles ont aboli toutes les traditions. Le futurisme exalte la vitesse ; Dada met à l’épreuve le mot et la représentation. Tous deux empruntent pourtant à la langue, à l’imprimé et aux lieux de rencontre. Créer peut consister à déplacer ce que l’on a reçu, et non à produire une œuvre à partir de rien.

Les savoirs eux-mêmes réexaminent leurs fondements. Dans La Science et l’Hypothèse, paru en 1902, Henri Poincaré demande quel est le statut des axiomes géométriques, ces points de départ d’un raisonnement. L’existence de géométries non euclidiennes oblige à distinguer ce que nous avons l’habitude de nous représenter de ce qui est démontrable dans un système. Dans le passage fourni, il appelle les axiomes des « conventions » et des « définitions déguisées ». On choisit un cadre, puis on doit en tirer les conséquences avec rigueur. Le choix reste guidé par des faits expérimentaux et limité par la nécessité d’éviter les contradictions. La liberté de construire n’abolit donc pas l’exigence de raisonner.

Le changement porte ici sur les règles de départ, pas sur le droit d’affirmer n’importe quoi. Poincaré distingue l’exactitude d’un système et les approximations des mesures réalisées sur des corps matériels. Il compare ensuite les systèmes de coordonnées et les unités de mesure : demander lequel est « vrai » ne pose pas la même question que demander lequel convient à une opération. Cette thèse située sur les axiomes géométriques ne dit pas que toute connaissance est arbitraire. Les bouleversements des sciences nourrissent ainsi une interrogation philosophique sur la rationalité : faut-il renoncer à la raison lorsqu’un cadre change, ou mieux expliciter ses fondements et ses usages ? Le passage soutient la seconde démarche.

La comparaison avec les arts éclaire une méthode sans confondre leurs critères. Dans Composition VII, réalisée par Kandinsky en 1913, suivre les lignes, les plages colorées et leurs rencontres permet de chercher une organisation sans commencer par identifier un objet familier. On peut justifier une interprétation par la toile observée ; on ne la démontre pas comme un théorème. Le tableau conserve un support, des couleurs et un travail de composition tout en déplaçant les attentes de reconnaissance. Pour étudier la création, on précisera donc à la fois ce qui change et ce qui demeure. La nouveauté n’est ni une preuve automatique de beauté ni un signe d’absence de travail : il faut montrer ce que la forme nouvelle nous fait voir, lire ou penser.

Voir pour comprendre

Ce qui change n’est pas ce qui disparaît

Comparer deux pratiques demande de distinguer une règle déplacée d’une exigence qui demeure.

Ce qui change n’est pas ce qui disparaît
Changement de cadreExigence maintenue
D’autres axiomes géométriquesTirer des conséquences sans contradiction.
Une autre organisation picturaleObserver les lignes, les couleurs et leurs relations.
Une nouvelle manière de raconterExpliquer les liens que le lecteur peut construire.

Lis le schéma. Lis une ligne à la fois : repère le changement, puis l’exigence maintenue. Les critères ne sont pas identiques en science et en art.

La nouveauté devient intelligible quand on décrit précisément ses règles et ses effets.

Schéma original Maxdecours, à partir de Poincaré, La Science et l’Hypothèse, chapitre III. · Source du repère · 06/09/2026
Grande toile horizontale très colorée : arcs bleus, diagonales noires, taches jaunes et rouges, lignes courbes et masses superposées sans scène figurative stable.
Kandinsky : composer des forces colorées

Vassily Kandinsky, Composition VII, 1913, huile sur toile, 200,6 × 302,2 cm, Galerie Tretiakov, Moscou. L’aperçu et l’agrandissement sont des reproductions adaptées à la lecture sur écran.

Commence par suivre l’arc bleu sombre qui traverse la moitié gauche, puis repère les diagonales noires, les contrastes jaune-rouge et les zones où les formes se densifient. Décris ces relations avant de chercher un sujet. L’image numérique n’équivaut pas à la toile : son écran réduit le format, la matière et la variation des couleurs.

Vassily Kandinsky ; Galerie Tretiakov ; reproduction Wikimedia Commons issue de Google Arts & Culture · Domaine public · vérifié le 06/09/2026

Exemples résolus et erreurs expliquées

Exemple guidé

ConsigneDossier fictif fourni. Une classe compose deux affiches avec les mêmes douze carrés noirs sur papier blanc. A : trois rangées régulières de quatre carrés. B : les carrés sont rapprochés en haut et dispersés vers le bas. Une élève conclut : « B rompt avec A, donc B n’a plus aucune règle et est forcément plus beau. » Que peut-on établir à partir de ces seules données ?

MéthodeSéparer trois questions : quels moyens sont conservés, quelle organisation est modifiée et quel jugement exige une argumentation supplémentaire ? Relever la répétition dans A, puis le contraste de densité dans B ; ne pas transformer ce constat en classement automatique des goûts.

Correction

B conserve les carrés, leur nombre, les couleurs et le support. La transformation concerne la disposition : une répétition régulière laisse place à une variation de densité. B possède donc encore une organisation que l’on peut décrire. On peut proposer que le contraste guide le regard du groupe serré vers les éléments dispersés, mais on doit expliquer cet effet au lieu de le supposer universel. Le dossier établit une rupture partielle de composition, pas l’absence de règles ni la supériorité esthétique obligatoire de B.

Autre matériau fourni : une nouvelle géométrie modifie un axiome tout en exigeant que ses théorèmes soient déduits sans contradiction. Un commentaire affirme : « Comme l’affiche B, elle prouve que chacun choisit les résultats qui lui plaisent. » Corrige la comparaison en deux phrases.

Correction du transfert

Changer un axiome ne permet pas de choisir librement toutes les conclusions : elles doivent découler des prémisses et demeurer cohérentes. La comparaison avec l’affiche aide à distinguer changement et conservation, mais les relations picturales s’interprètent tandis qu’un théorème exige une démonstration.

02

Étape du cours · 5 à 10 min

Manifeste, vitesse et refus : Marinetti et Ball

Un manifeste ne décrit pas calmement un mouvement déjà constitué : il cherche à le faire exister par son énonciation. Le Manifeste du futurisme de Marinetti, publié en français dans Le Figaro le 20 février 1909, commence par un récit nocturne d’automobiles, puis bascule vers onze propositions au « nous ». Ce passage du récit à la liste transforme un groupe de narrateurs en collectif qui parle au présent. Les verbes « voulons », « déclarons » et « chanterons » ne prouvent pas qu’une rupture a déjà eu lieu ; ils produisent une promesse, désignent des adversaires et imposent un rythme. La vitesse n’est donc pas seulement un thème : elle sert à organiser une phrase d’attaque contre l’immobilité, le passé et les institutions qui conservent les œuvres.

La rupture proclamée possède un contenu politique qu’une lecture de la seule énergie verbale manquerait. Les propositions 9 et 10 associent explicitement la guerre, le militarisme, le mépris des femmes et la démolition des musées ou des bibliothèques. Ces termes ne sont pas de simples ornements ajoutés à une célébration de la machine. Ils définissent les cibles du « nous » futuriste et la figure d’un avenir construit par la violence. Lire le manifeste consiste donc à distinguer son opération littéraire, la création d’un commencement collectif, et les valeurs qu’il rend désirables. Cette distinction permet de comprendre sa puissance d’entraînement sans convertir ses injonctions en modèle de parole ou en résumé de toutes les avant-gardes du XXe siècle.

Le manifeste de Hugo Ball pour le premier Dada-Abend de Zurich, lu le 14 juillet 1916, déplace autrement la relation entre mot, mouvement et rupture. Dans une traduction pédagogique de son allemand, Ball annonce que « Dada est une nouvelle direction artistique », mais il transforme aussitôt ce nom en série de langues, de sons et de répétitions. La parole ne fonde pas ici un programme cohérent comparable à une doctrine : elle fait entendre ses propres matériaux, ses glissements et son caractère public. Lorsque Ball écrit que le mot est devenu une chose, il demande d’observer ce qui arrive à la langue dans la performance et dans l’imprimé. Dada ne sort pas pour autant de toute institution : une scène, un public, un titre et une publication rendent l’intervention perceptible comme manifeste.

Comparer Marinetti et Ball ne revient donc ni à les confondre ni à les ranger sur une simple ligne du nouveau. Marinetti construit une accélération, une discipline du groupe et un adversaire patrimonial ; Ball fait vaciller les usages convenus du mot et du discours de mouvement. Dans les deux cas, le manifeste agit parce qu’il organise une situation d’adresse : qui parle, au nom de qui, contre quoi, dans quelle forme et devant quel public ? La continuité ne disparaît pas. La liste numérotée, le mot d’ordre, la scène de lecture et la publication réemploient des formes anciennes de l’intervention collective. La rupture devient alors une opération historique à décrire, non le label automatique de toute phrase provocatrice.

Voir pour comprendre

Comment un manifeste fabrique un commencement

Le texte ne constate pas seulement un nouveau mouvement : il construit un groupe, un adversaire, une promesse et une scène publique.

  1. Un « nous »La liste de Marinetti transforme des voix narratives en collectif qui formule des volontés.
  2. Des ciblesVitesse, musées, bibliothèques et ordre social reçoivent des valeurs opposées.
  3. Une forme d’interventionNuméros, impératifs, répétitions ou sons règlent la façon dont le texte agit.
  4. Une scène publiqueJournal, lecture et public rendent la déclaration partageable, discutable et située.

Lis le schéma. Suis les quatre étapes, puis vérifie dans le document quels mots réalisent chacune d’elles.

Une proclamation de rupture devient analysable lorsqu’on relie sa forme, ses cibles et sa circulation publique.

Schéma original Maxdecours d’après F. T. Marinetti, Manifeste du futurisme, 1909, et Hugo Ball, Manifest zum 1. Dada-Abend in Zürich, 1916. · Source du repère · 06/09/2026

Exemples résolus et erreurs expliquées

Exemple guidé

ConsigneMatériau fourni. Marinetti écrit : « Nous voulons démolir les musées, les bibliothèques ». Ball joue sur les langues et les sons : « Im Französischen bedeutet es Steckenpferd. Im Deutschen: Addio, […] Im Rumänischen: "Ja, wahrhaftig, Sie haben Recht, so ist es. Jawohl, wirklich. Machen wir." […] Dada m' dada, Dada mhm' dada, Dada Hue, Dada Tza. » Traduction pédagogique Maxdecours : En français, cela signifie cheval de bois. En allemand : adieu, […] En roumain : « Oui, vraiment, vous avez raison, c’est ainsi. Oui, vraiment. Faisons-le. » […] Dada m’ dada, Dada mhm’ dada, Dada Hue, Dada Tza. Une copie conclut : « Les deux textes prouvent que toute avant-garde veut seulement détruire le passé. » Corrige cette lecture en trois phrases.

MéthodeIdentifier d’abord le sujet collectif et le verbe d’action chez Marinetti. Distinguer ensuite l’attaque de ses institutions de conservation et le travail de Ball sur le nom, les langues et les sons. Conclure en comparant deux opérations sans effacer leurs différences.

Correction

Chez Marinetti, le « nous voulons » transforme la démolition des musées et des bibliothèques en mot d’ordre : le texte construit un adversaire patrimonial et lui associe une violence explicite. Ball ne formule pas le même programme : il annonce Dada, puis fait du mot un matériau qui circule entre langues et répétitions. Les deux manifestes cherchent à produire un commencement collectif, mais l’un organise une attaque contre des institutions tandis que l’autre met en jeu les conditions mêmes de la parole et de la langue. Il faut donc analyser leurs formes et leurs cibles au lieu de résumer toute avant-garde par la destruction.

Matériau supplémentaire : « Nur ein Wort und das Wort als Bewegung. » Traduction pédagogique : « Un mot seulement, et le mot comme mouvement. » Explique en deux phrases pourquoi ce passage ne suffit pas à prouver que Dada refuse toute forme collective.

Correction du transfert

La formule fait du mot une action et non seulement une étiquette : elle attire l’attention sur la reprise du nom « mot » et son rapprochement avec « mouvement ». Mais elle est prononcée lors d’une soirée annoncée comme Dada, devant un public et dans un texte signé. La performance transforme les formes collectives d’intervention ; elle ne les efface pas.

03

Étape du cours · 6 à 11 min

Apollinaire et Woolf : quand la forme fait-elle autrement récit ?

Dans « Il pleut », la page ne se contente pas de porter un poème déjà achevé : elle organise sa lecture. Cinq lignes obliques descendent de gauche à droite comme des filets de pluie. Elles séparent des groupes de mots, déplacent le regard et font entendre une pluralité de voix. La disposition n’efface pourtant ni les verbes, ni les reprises, ni l’adresse à un « vous ». Le lecteur doit donc tenir ensemble deux opérations : suivre des unités de phrase et observer la trajectoire spatiale qui les disperse. Cette double attention fait du calligramme une composition, et non une illustration ajoutée après coup. Le blanc, l’oblique et la typographie deviennent des éléments qui règlent rythme, attente et mémoire.

La transcription linéaire rend les cinq propositions lisibles dans une succession ; elle ne restitue pas entièrement leur simultanéité graphique. Inversement, regarder les obliques comme de simples gouttes ferait perdre les sons, les adresses et les images : les « voix de femmes », les « nuages cabrés », le « regret » et les « liens » ne décrivent pas tous la même expérience. La forme fragmente donc la page sans détruire toute cohérence. Elle fait travailler une circulation entre vue et lecture, entre pluie figurée et paroles perdues. Un commentaire précis compare les parcours possibles, puis revient à des indices communs : le titre, la descente, les reprises de « pleut » et les relations entre les cinq lignes.

Dans « Modern Fiction », Woolf déplace elle aussi la composition, mais par une métaphore critique du roman. Elle refuse de mesurer le progrès littéraire comme une marche droite et décrit la vie comme un « halo lumineux ». Cette image ne prescrit pas de supprimer tout récit : elle invite à choisir autrement ce qui mérite l’accent, à suivre les impressions et à tracer un motif même discontinu. Le passage conserve donc une exigence de forme. Les détails ordinaires, les transitions et les perceptions peuvent devenir organisateurs, à condition que l’écrivain compose leur relation. Apollinaire dispose simultanément plusieurs lignes ; Woolf demande de reconstruire l’ordre mouvant par lequel une conscience reçoit et agence le monde.

Une autre lecture évite d’opposer brutalement ancien récit et nouveauté pure. Apollinaire prolonge adresse lyrique, image et vers, tandis que Woolf évoque une histoire littéraire aux mouvements circulaires. Leur rupture porte moins sur l’abolition des formes que sur les règles de sélection, de mise en page et d’attention. La difficulté offerte au lecteur n’est pas un arbitraire : syntaxe, répétitions, titre et direction oblique orientent chez Apollinaire ; les mots « impressions », « motif » et « conscience » orientent la proposition de Woolf. Lire ces textes positivement consiste donc à décrire les formes qu’ils inventent, puis à expliquer ce qu’elles rendent perceptible de la vie, de la voix ou du récit.

Voir pour comprendre

Deux manières de rompre la ligne continue

Le calligramme modifie l’espace de la page ; l’essai de Woolf propose une autre organisation du récit.

Deux manières de rompre la ligne continue
Procédé observableEffet de lecture à justifier
Cinq lignes obliques descendent sur la page du poème Il pleut.Le regard peut suivre plusieurs filets, mais le titre, les mots et les reprises empêchent une lecture indifférente.
La transcription remet les groupes de mots à la suite.Elle rend la syntaxe plus immédiatement repérable, tout en réduisant la simultanéité et l’image de pluie.
Woolf oppose une suite de lanternes de voitures à cheval à un halo lumineux.La métaphore propose de déplacer la sélection narrative vers les impressions et leurs motifs, non d’abandonner toute composition.

Lis le schéma. Lis chaque ligne de gauche à droite : repère le procédé, puis l’activité de lecture ou de composition qu’il rend nécessaire.

La fragmentation organise des relations nouvelles entre mots, espace, perception et récit.

Schéma original Maxdecours, d’après Guillaume Apollinaire, « Il pleut », 1918, et Virginia Woolf, « Modern Fiction », 1925. · Source du repère · 06/09/2026
Page ocre scannée portant le titre « Il pleut » et cinq colonnes de lettres noires qui descendent comme des traînées de pluie.
Apollinaire : « Il pleut » dans l’édition de 1918

Guillaume Apollinaire, « Il pleut », Calligrammes, Mercure de France, Paris, 1918, p. 62. Scan de la page du témoin consulté.

Lis d’abord une seule colonne de haut en bas, puis compare les cinq trajectoires. Les lettres ne sont pas seulement alignées pour former des vers : leur descente visuelle associe la lecture à une chute ou une pluie. Cette image ne donne pas une voix, un rythme sonore ni l’ensemble du recueil ; elle rend visible la disposition qui organise le poème.

Guillaume Apollinaire ; scan de l’édition de 1918 via Wikisource · Domaine public pour l’œuvre · vérifié le 06/09/2026

Exemples résolus et erreurs expliquées

Exemple guidé

ConsigneMatériau fourni. Dans « Il pleut », deux lignes disent : « Il pleut des voix de femmes comme si elles étaient mortes même dans le souvenir » et « écoute tomber les liens qui te retiennent en haut et en bas ». Explique comment la pluie relie ici une voix, une écoute et une contrainte. Ta réponse distinguera les mots du poème de l’effet produit par leur disposition oblique.

MéthodeCommence par relever les verbes et les noms : « pleut », « voix », « écoute », « liens ». Décris ensuite la forme sans lui prêter des mots absents : cinq lignes descendent comme la pluie. Relie enfin la descente visuelle aux pertes, aux appels et aux attaches formulés dans les deux lignes. Vérifie que ton interprétation rend compte à la fois de la syntaxe et de la page.

Correction

La pluie ne désigne pas seulement une météo. Les « voix » venues de femmes et l’injonction « écoute » transforment la descente en circulation de paroles fragiles ou lointaines. Les « liens » donnent à la chute une tension : tomber peut signifier se défaire d’une attache autant que la sentir. La forme oblique ne prouve pas seule ce sens, mais elle fait lire les mots selon une gravité visuelle. Une réponse solide ne dit donc ni que le dessin remplace les phrases, ni que la transcription rendrait la page inutile : les deux régimes font varier le rythme et l’attention.

Dossier fictif. Une poète inventée dispose cinq mots isolés sur des bandes qui descendent dans le hall d’une gare : « départ », « rumeur », « attente », « retour », « silence ». Les bandes ne sont pas des vers et aucun mot ne forme à lui seul un récit complet. Propose deux questions de lecture qui évitent à la fois le commentaire décoratif et l’invention d’une intrigue absente.

Correction du transfert

Une première question peut demander comment la descente et l’écartement font percevoir l’attente ou le déplacement, en s’appuyant sur les cinq mots effectivement présents. Une seconde peut comparer l’ordre vertical et une lecture de gauche à droite, puis demander ce que chaque parcours fait apparaître. Il serait excessif d’inventer un personnage, un train manqué ou une biographie : le dossier ne fournit qu’un espace, cinq mots et une disposition.

04

Étape du cours · 6 à 12 min

L’abstraction rompt-elle avec toute représentation ?

Une œuvre abstraite ne se définit pas par l’absence de tout contenu : elle cesse de représenter un objet immédiatement reconnaissable et organise autrement couleurs, lignes, masses, rythme et surface. Dans Composition VII, Kandinsky ne donne pas au regard un personnage ou un paysage à identifier d’abord. En revanche, la toile rassemble des arcs, des diagonales noires, des zones colorées denses et des contrastes qui conduisent l’œil d’un point à l’autre. Lire l’abstraction consiste donc à décrire des relations visibles avant de leur prêter une signification. On peut dire qu’une couleur domine une zone, qu’une ligne traverse plusieurs formes ou qu’un contraste accélère le regard. On ne peut pas déduire de ces seuls indices un message unique ni un effet identique pour tous les spectateurs.

Kandinsky appelle cette organisation une composition, mot qui rapproche la peinture d’un travail d’agencement plutôt que d’une copie. Le rapprochement avec la musique est une proposition d’artiste : il aide à observer des répétitions, des tensions et des reprises, sans transformer les couleurs en notes possédant une traduction automatique. La rupture porte ici sur la priorité donnée aux rapports internes de la surface. Elle ne supprime ni le format de la toile, ni les gestes de peinture, ni une mémoire de figures anciennes. Une forme qui paraît flottante peut rappeler un mouvement, une vague ou un cavalier, mais l’analyse doit distinguer ce que l’image montre de l’association personnelle qu’elle suscite. Cette distinction protège à la fois l’attention aux détails et la pluralité raisonnée des lectures.

La photographie de l’exposition 0,10, à Petrograd en 1915, rend sensible une autre dimension de l’abstraction : l’accrochage. Le Carré noir y est placé très haut dans l’angle de deux murs, parmi des tableaux géométriques, des cartels et une chaise. Cette position change le parcours du regard : elle détache une forme simple du mur tout en l’insérant dans un ensemble de formats, d’intervalles et de voisinages. L’accrochage n’est donc pas un simple contenant neutre. Il règle une relation entre des œuvres, une hauteur, un angle et la personne qui entre dans la salle. Face à la densité colorée et aux trajectoires de Kandinsky, le carré placé dans l’angle produit une concentration. Une photographie d’accrochage établit ce rapport spatial ; elle ne décrit pas à elle seule toutes les propriétés de la toile.

Comparer Kandinsky et Malevitch revient alors à demander quelle opération transforme l’attention. Composition VII multiplie les forces colorées, les diagonales et les reprises : le regard circule entre plusieurs foyers. Dans 0,10, une forme volontairement réduite reçoit une puissance nouvelle par son emplacement, au croisement de deux murs. L’un densifie les relations de formes ; l’autre associe réduction et disposition. Ces démarches rompent avec l’attente d’un tableau conçu d’abord comme fenêtre sur un sujet reconnaissable, sans faire disparaître le format, le geste ni le lieu d’exposition. Une analyse solide nomme les éléments, formule l’effet de rythme, de contraste ou de concentration qu’ils organisent, puis justifie son interprétation par ces relations visibles.

Voir pour comprendre

Relier forme, emplacement et effet

La comparaison part de relations visibles pour formuler l’effet que chaque composition organise dans le regard.

Relier forme, emplacement et effet
Relation visibleEffet à analyser
Dans Composition VII : arcs, diagonales, masses colorées et zones de densité inégale.Le regard circule entre plusieurs foyers et perçoit un rythme de reprises, de tensions et de relances.
Dans la photographie 0,10 : un Carré noir placé haut dans l’angle, parmi d’autres tableaux et des cartels.La forme simple devient un foyer de concentration ; l’angle fait de l’espace même un élément de composition.
Une toile dense et une forme réduite mobilisent des rapports de surface, de format et de voisinage différents.La rupture se comprend comme une transformation de l’attention : circulation dans un champ de forces ou arrêt sur une forme-limite.

Lis le schéma. Lis chaque relation dans la colonne de gauche, puis formule l’effet possible indiqué à droite. Appuie ensuite ton interprétation sur ces deux éléments, plutôt que sur une impression isolée.

L’abstraction se lit par des opérations : faire circuler le regard, concentrer l’attention, créer un rythme ou transformer l’espace d’exposition.

Schéma original Maxdecours, d’après Vassily Kandinsky, Composition VII, 1913, et la photographie de l’exposition 0,10, Petrograd, 1915. · Source du repère · 06/09/2026
Photographie noir et blanc d’un angle de salle avec de nombreux tableaux géométriques ; un carré noir est accroché très haut dans l’angle, au-dessus d’une chaise.
0,10 : le Carré noir dans un angle d’exposition

Photographie de l’exposition Dernière exposition futuriste de tableaux 0,10, Petrograd, 1915. Photographe non identifié ; atelier Bulla attribué dans la notice. Central State Archives of Cinema, Photo and Phono Documents of Saint Petersburg, D 3539.

Repère d’abord le Carré noir, haut dans l’angle, puis les tableaux voisins, les cartels et la chaise. Sa hauteur concentre l’attention sur une forme simple, tandis que le voisinage des œuvres la relie à une composition de salle.

Photographe non identifié ; atelier Bulla attribué dans la notice ; archives de Saint-Pétersbourg ; reproduction Wikimedia Commons · Domaine public selon la notice Wikimedia Commons · vérifié le 06/09/2026

Exemples résolus et erreurs expliquées

Exemple guidé

ConsigneMatériau fourni. Image A : dans Composition VII, des arcs bleus et noirs traversent des zones jaunes, rouges et vertes ; aucun personnage stable n’occupe le centre. Image B : la photographie de 0,10 montre un carré sombre accroché très haut dans l’angle d’une salle, entouré d’autres tableaux géométriques. Rédige huit lignes qui comparent l’opération de forme et l’effet de regard organisés dans chaque document.

MéthodeNommer d’abord des éléments visibles, puis relier ces éléments à un effet de composition : circulation, rythme, concentration ou contraste.

Correction

Dans Composition VII, les arcs, les diagonales et les couleurs font circuler le regard entre plusieurs zones : l’opération est une densification de rapports, non la copie d’un objet central. Dans la photographie de 0,10, le carré noir placé haut dans l’angle concentre l’attention par sa position et par le contraste avec les tableaux voisins : l’opération associe réduction de la forme et accrochage. Les deux documents organisent donc le regard autrement : le premier par circulation entre des forces colorées, le second par arrêt sur une forme-limite dans l’espace de la salle.

Matériau fictif. Une exposition place à gauche une toile très chargée de courbes orange, bleues et noires ; à droite, un panneau blanc porte un seul rectangle gris au niveau des yeux. Un cartel indique seulement les dimensions. Propose une phrase descriptive et une question d’interprétation qui reste à vérifier.

Correction du transfert

Description possible : la première toile multiplie les courbes et les contrastes, tandis que le rectangle gris isole une forme unique à hauteur du regard ; le parcours oppose deux manières d’organiser l’attention. Question à vérifier : le rectangle cherche-t-il à produire une rupture avec une tradition de représentation, ou son emplacement répond-il à une autre intention de l’exposition ? Les dimensions seules ne répondent pas à cette question.

05

Étape du cours · 5 à 10 min

Duchamp : choisir et exposer, est-ce créer ?

Un readymade ne consiste pas à déclarer qu’un objet quelconque devient spontanément une œuvre. Il met en relation plusieurs opérations : choisir un objet manufacturé, le déplacer hors de son usage ordinaire, l’orienter, le nommer, parfois le signer, puis le présenter à un public ou à une institution. Avec Fountain, l’objet soumis en 1917 est un urinoir industriel signé « R. Mutt ». Le déplacement compte parce qu’il rend visible ce qui restait souvent implicite : un objet n’entre pas dans l’art par sa seule fabrication matérielle, mais aussi par des procédures de sélection, d’exposition, de discussion et d’archive. Cette analyse ne retire pas le travail des ouvriers qui ont produit l’objet ; elle déplace la question de l’auteur dans une chaîne de gestes et de décisions.

L’histoire de Fountain oblige à distinguer l’objet de 1917, sa photographie et les objets ultérieurs. L’original soumis à l’exposition des Independents est perdu peu après son refus. La revue The Blind Man, en mai 1917, publie une photographie d’Alfred Stieglitz : cette page est un témoin de circulation et de controverse, non l’objet lui-même. Elle montre déjà qu’une œuvre peut exister pour le public par une image imprimée, une légende et un débat. La photographie cadre l’urinoir, le place devant une autre œuvre et porte une présentation éditoriale. L’étudier permet donc d’observer comment un refus institutionnel n’efface pas une proposition, mais modifie les chemins par lesquels elle devient visible et discutable.

Les répliques ne doivent pas être appelées des originaux sans précision. La fiche du Philadelphia Museum of Art décrit son Fountain comme une réplique de 1950 de l’original de 1917 : Duchamp a autorisé l’achat d’un urinoir d’occasion à Paris et y a ajouté l’inscription. Cette pièce relève d’une autre date, d’un autre objet matériel et d’une autre histoire d’exposition. Elle peut être importante pour comprendre la réception de l’œuvre dans les années 1950 et 1960, mais elle ne permet pas de reconstituer sans reste ce qui fut refusé en 1917. Une analyse rigoureuse donne donc à chaque document son statut : objet perdu, photographie imprimée, réplique autorisée, notice de musée ou commentaire critique.

Le readymade ouvre ainsi une question esthétique précise : quelle valeur peut prendre un objet sans virtuosité de fabrication apparente ? Fountain ne répond pas que tout objet vaut comme œuvre. La sélection, l’orientation, le titre, la signature et la proposition d’exposition construisent un décalage entre l’usage ordinaire de l’urinoir et l’attention qu’on lui demande. Le refus, la photographie et la discussion publique rendent ce décalage visible et contestable. L’institution n’attribue donc pas mécaniquement la valeur : elle devient l’un des lieux où l’œuvre met à l’épreuve ses critères. Pour analyser un readymade, demande ce que le geste de présentation modifie dans le regard, quels effets produit le titre et comment les documents font exister la proposition auprès d’un public.

Voir pour comprendre

De l’objet sélectionné à l’œuvre discutée

La chaîne distingue les opérations et les témoins qui font circuler Fountain, sans confondre l’objet perdu de 1917 avec ses images ou ses répliques.

  1. Choisir, orienter, signerUn urinoir manufacturé est sélectionné, déplacé de son usage et présenté sous la signature R. Mutt.
  2. Soumettre et refuserL’objet est refusé dans le contexte de l’exposition des Independents en 1917 ; ce refus devient une donnée de la controverse.
  3. Photographier et publierThe Blind Man publie une photographie de Stieglitz : elle transmet un objet disparu en le cadrant et en l’inscrivant dans une page de revue.
  4. Répliquer et exposer autrementUne réplique autorisée en 1950 appartient à une autre histoire matérielle ; elle éclaire la réception ultérieure sans devenir l’original de 1917.

Lis le schéma. Suis les verbes dans l’ordre : ils ne décrivent pas tous le même travail. À chaque étape, demande quel document permet de la connaître.

Un readymade met en jeu une histoire matérielle et institutionnelle. Nommer le statut d’un objet, d’une photographie et d’une réplique évite de fabriquer un faux original.

Schéma original Maxdecours, d’après The Blind Man, no 2, mai 1917, et Philadelphia Museum of Art, Fountain, 1950, réplique de l’original de 1917. · Source du repère · 06/09/2026

Exemples résolus et erreurs expliquées

Exemple guidé

ConsigneMatériau fictif. Une galerie reçoit une chaise pliante industrielle. Une artiste la tourne contre le mur, la nomme Seuil, appose son initiale sur une étiquette et la soumet à une exposition collective. Le comité la refuse. Un journal local publie une photographie de la chaise avec le titre « Objet refusé », puis la galerie achète plus tard une chaise semblable pour une rétrospective. Explique quels gestes relèvent de la création, quels témoins documentent l’événement et pourquoi la chaise de la rétrospective ne devient pas automatiquement la chaise refusée.

MéthodeDistinguer l’objet industriel, les opérations de sélection et de présentation, les documents de circulation puis l’objet ultérieur. Employer les verbes précis plutôt qu’un jugement global sur la valeur de la chaise.

Correction

La fabrication de la chaise précède l’intervention de l’artiste. Celle-ci crée une situation en la choisissant, en la tournant, en la nommant et en la soumettant à l’exposition. Le refus du comité et la photographie du journal documentent deux étapes différentes : une décision institutionnelle et une circulation publique de l’image. La chaise achetée plus tard est un autre exemplaire matériel, même si elle aide à raconter l’événement. Elle ne devient pas automatiquement celle qui fut refusée, car le dossier ne donne ni continuité matérielle ni preuve d’identité entre les deux objets. Cette distinction permet d’analyser le rôle de l’artiste sans effacer celui des fabricants, du comité et du journal.

Matériau fictif. Un élève affirme à propos d’une boîte de conserve exposée : « Puisqu’elle est signée, elle est l’original, et la photographie de l’exposition est une simple copie inutile. » Rédige deux phrases de correction en utilisant les mots sélection, témoin et statut matériel.

Correction du transfert

La signature peut faire partie de l’opération de sélection et de présentation, mais elle ne suffit pas à établir l’identité matérielle de l’objet. La photographie est un témoin de l’exposition : elle ne remplace pas la boîte, mais elle documente son cadre, sa mise en vue et la manière dont l’événement a circulé.

06

Étape du cours · 5 à 9 min

Benjamin : reproduction, authenticité et réception

Dans L’Œuvre d’art à l’époque de sa reproductibilité technique, essai rédigé entre 1935 et 1939 et ici lu dans l’édition allemande Suhrkamp de 1963, Walter Benjamin distingue original et reproduction. Même une reproduction très accomplie ne possède pas l’« ici et maintenant » de l’œuvre : sa présence unique dans un lieu et une histoire. L’authenticité se rattache à cette présence. Le concept d’aura décrit plus largement une expérience de singularité et de distance : quelque chose paraît lointain, même quand on l’a devant soi. Benjamin l’illustre par un paysage contemplé. Dans l’art, la transmission et les usages rituels donnent à l’œuvre une autorité que sa multiplication et son rapprochement du public transforment.

Benjamin éclaire cette transformation en distinguant valeur cultuelle et valeur d’exposition. La première lie l’œuvre à des usages rituels, à une tradition et parfois à sa soustraction au regard public ; la seconde devient décisive lorsque l’œuvre est faite pour être montrée et circuler. La reproduction technique déplace ce rapport, sans rendre l’original inutile. Elle peut montrer des aspects de l’œuvre inaccessibles à l’œil nu, grâce au cadrage, à l’agrandissement ou au ralenti, et placer son image dans des situations que l’original ne peut atteindre. Le texte permet ainsi d’analyser comment une œuvre change de cadre, de public et de fonction quand elle est reproduite, plutôt que d’opposer mécaniquement l’unique à la diffusion.

Le cinéma fournit à Benjamin un cas décisif parce qu’il est composé. L’appareil prend position à l’égard de la prestation, le caméraman enregistre des moments, puis le montage organise une suite à partir de ce matériau. Le spectateur ne reçoit donc pas simplement une présence scénique transportée ailleurs : il rencontre une construction d’angles, de plans, de raccords et de rythmes. Cette analyse rend visible une continuité et une rupture. Le cinéma hérite de gestes, de décors, de voix et de récits ; il les soumet à un dispositif technique qui les sélectionne et les recombine. Parler de montage exige alors de suivre des opérations observables plutôt que d’opposer abstraitement technique et art.

Dans son entretien avec Ernst Schoen publié en 1929, Benjamin aborde une autre transformation : la radio. Schoen critique une programmation séparant des conférences desséchées et un divertissement pauvre. Il veut composer des émissions capables de divertir et de déplacer les attentes de l’auditeur. Le microphone permet notamment de réunir des artistes qui se rencontreraient difficilement sur une même scène de cabaret. La technique ouvre donc un travail de sélection et de composition, pas seulement un transport de sons. L’entretien envisage aussi la transmission d’images et ses possibilités artistiques. Il associe invention et expérimentation : le développement d’un appareil ne garantit ni une accélération continue ni la réussite de ses usages culturels. La création dépend des formes qu’on invente avec lui.

Voir pour comprendre

Original, reproduction et montage : trois relations à distinguer

Le texte de Benjamin permet de comparer présence unique, déplacement technique et composition filmique sans les opposer de façon automatique.

Original, reproduction et montage : trois relations à distinguer
DispositifCe qu’il transforme dans la réception
Œuvre originalePrésence dans un lieu, histoire matérielle et transmission : que signifie rencontrer l’œuvre ici et maintenant ?
Photographie ou reproductionCadrage, agrandissement et déplacement de l’image : quels aspects deviennent visibles, dans quel nouveau contexte ?
Film montéPrises de vue, sélection et succession des plans : comment l’appareil compose-t-il la perception du spectateur ?

Lis le schéma. Lis chaque ligne comme une question : que fait le dispositif et qu’est-ce qu’il transforme dans la réception ?

La reproductibilité ne remplace pas une œuvre par une simple copie : elle modifie les conditions de sa présence et de sa réception.

Schéma original Maxdecours d’après Walter Benjamin, Das Kunstwerk im Zeitalter seiner technischen Reproduzierbarkeit, texte allemand, édition Suhrkamp, 1963. · Source du repère · 06/09/2026

Exemples résolus et erreurs expliquées

Exemple guidé

ConsigneDossier fictif, sans film à visionner. Une fresque imaginaire est peinte au fond d’une salle municipale : une figure bleue tient une clé devant une porte rouge. Une photographie agrandie ne montre que la main bleue, la clé et une fissure du mur. Son storyboard écrit comporte trois plans : 1. plan large de la salle et de la fresque ; 2. gros plan de la main, de la clé et de la fissure ; 3. retour au plan large. Une copie écrit : « L’écran nous donne exactement l’original et le montage n’ajoute rien. » Corrige cette phrase.

MéthodeDistinguer la fresque présente dans son lieu, la photographie qui cadre et agrandit la main, puis le storyboard qui organise un ordre de vision. Dire ce que chaque médiation rend possible sans l’identifier à l’œuvre originale.

Correction

L’écran ne rend pas présente la fresque dans sa salle, son échelle ou son histoire matérielle : le dossier en donne une photographie cadrée. Cette photographie rend toutefois plus lisibles la main, la clé et la fissure grâce à l’agrandissement, ce qui constitue une possibilité propre. Le storyboard ajoute une opération : il conduit le regard de la salle au détail puis au retour vers la salle, et construit ainsi une relation entre contexte et indice. La copie doit donc distinguer trois expériences, présence de l’original, accès reproduit et parcours composé, au lieu de les déclarer identiques ou de dévaluer l’une d’elles automatiquement.

Dossier fictif : scénario radiophonique de la même fresque. Le guide dit : « Une main bleue tient une clé devant une porte rouge. » Après trois secondes de silence, une auditrice demande : « Pourquoi la fissure traverse-t-elle la main ? » Le guide répond : « Le peintre a posé la couleur sur le mur fissuré. » Compare une médiation commune avec le storyboard et une différence décisive ; aucun enregistrement n’est nécessaire.

Correction du transfert

Le scénario, comme le storyboard, organise l’attention par une succession : ici description, silence, question et réponse font ressortir la fissure. Mais il propose une relation par les voix et les mots, là où les plans proposent un cadrage et un changement d’échelle. La question de l’auditrice devient un moyen de composition ; on peut l’analyser dans ce texte sans supposer un son disponible.

07

Étape du cours · 5 à 9 min

Césaire : transformer une langue, faire entendre une voix

Le bref extrait s’ouvre sur un futur : « sera ». Ce temps ne constate pas une situation ; il promet une parole à venir. Le mot « bouche » revient trois fois en peu de mots. D’abord possessive, la bouche devient celle des misères, puis le texte qualifie ces misères par l’absence de bouche. Cette répétition produit une métonymie : la bouche désigne ici la possibilité de parler, d’être entendu et d’entrer dans une relation. Le mouvement n’efface pas le singulier ; il le met au travail dans une phrase qui lui fait porter des voix empêchées. La forme brève donne ainsi au futur une force d’engagement et à la reprise lexicale un rythme d’insistance.

Le Cahier d’un retour au pays natal paraît d’abord dans la revue Volontés en août 1939 ; l’œuvre connaîtra ensuite des états remaniés. Le tapuscrit conservé par l’Assemblée nationale est donc un témoin précis, non une version indifférente parmi d’autres. Situer Césaire comme écrivain martiniquais éclaire la portée de cette voix : la langue française, les héritages antillais, les violences de l’esclavage et de la colonisation, ainsi que les ressources surréalistes, deviennent des matériaux qu’une écriture travaille. Le contexte n’ajoute pas une notice extérieure à la phrase ; il aide à comprendre pourquoi le rapport entre bouche, silence et parole devient une opération historique autant que poétique.

Cette opération ne consiste pas à juxtaposer des influences. La phrase compose une relation entre un « ma » grammatical, un collectif de misères et une privation de parole. Son rythme fait passer la voix d’un organe singulier à une fonction d’adresse. Les images de rupture et les ressources de langue ne sont donc pas des signes importés à reconnaître comme des étiquettes : elles sont réorientées dans une diction qui rend une histoire audible. La négritude prend ici la forme d’une invention poétique, où la création de voix transforme ce que la langue héritée peut porter, nommer et transmettre.

Lire cette phrase conduit à comparer des gestes de langage précis. Une information peut constater qu’un groupe souffre ; une personnification peut donner la parole à une fenêtre ; un futur peut annoncer une voix collective à construire. Ces formes n’ont ni le même rythme ni la même responsabilité d’adresse. Le cours les fait pratiquer dans des matériaux originaux, sans imiter la diction de Césaire. La question littéraire demeure : comment une phrase fait-elle passer une expérience du silence à une parole partageable ? Répondre suppose d’observer le temps verbal, les répétitions, les parties du corps et les pronoms avant de situer le poème dans l’histoire qui lui donne sa portée.

Voir pour comprendre

Comment la phrase construit une voix

Le tableau suit trois procédés dans le bref extrait avant de les replacer dans l’histoire du Cahier.

Comment la phrase construit une voix
Procédé dans la phraseEffet de voix et d’adresse
Le futur « sera ».Il ouvre une promesse de parole et inscrit l’énoncé dans un geste à accomplir, plutôt que dans un simple constat.
Trois occurrences du mot bouche.La reprise donne un rythme d’insistance et relie une bouche singulière aux misères privées de bouche.
La bouche comme partie du corps qui désigne la parole.La métonymie rend sensible une privation de voix et transforme le locuteur en instance d’adresse.

Lis le schéma. Lis chaque ligne de gauche à droite : repère le procédé, puis explique l’effet de voix et d’adresse qu’il rend possible.

Le futur, la répétition et la métonymie font d’un singulier grammatical une parole orientée vers un collectif rendu muet.

Schéma original Maxdecours, d’après Aimé Césaire, Cahier d’un retour au pays natal, tapuscrit de 1939 conservé à l’Assemblée nationale. · Source du repère · 06/09/2026

Exemples résolus et erreurs expliquées

Exemple guidé

ConsigneMatériau fourni, phrases originales Maxdecours. A : « Les habitants du quartier souffraient en silence. » B : « Nos fenêtres parleront pour les portes murées. » Compare ces deux phrases : repère laquelle informe, laquelle personnifie, et explique ce que le futur de B change dans la construction d’une voix collective.

MéthodeObserve d’abord les sujets et les verbes. Dans A, « les habitants du quartier » sont sujets d’un verbe qui résume une situation ; dans B, « nos fenêtres » accomplissent l’action de parler. Identifie ensuite le futur « parleront » et le possessif « nos ». Conclus en comparant une information sur la souffrance à une phrase qui fabrique une voix et une promesse.

Correction

A informe : elle attribue une souffrance aux habitants du quartier, sans faire entendre de parole ni préciser qui la porte. B personnifie les fenêtres : ces éléments du bâti reçoivent l’action humaine de parler. Le futur « parleront » ne décrit pas une voix déjà disponible ; il annonce sa venue. Le possessif « nos » rassemble un collectif sans le détailler. Dans le bref extrait du Cahier, « bouche » fonctionne autrement : une partie du corps désigne la parole elle-même, c’est une métonymie. Les deux phrases peuvent évoquer un silence collectif, mais seule B construit par sa personnification et son futur une promesse d’adresse.

Matériau original Maxdecours. Compose une phrase de dix à quinze mots avec un futur et un possessif collectif. Ajoute ensuite une ligne d’analyse : soit tu emploies « bouche » comme métonymie de la parole, soit tu fais agir un objet par personnification. Nomme le procédé choisi et explique son effet d’adresse.

Correction du transfert

Une réponse recevable peut écrire : « Nos bouches diront demain les portes fermées de la ville. » Le futur « diront » annonce une parole ; « nos » rassemble une voix ; « bouches » est une métonymie, parce que la partie du corps désigne la capacité de parler. À l’inverse, « nos fenêtres parleront » serait une personnification : les fenêtres reçoivent une action humaine. D’autres lexiques sont possibles s’ils conservent un possessif collectif, un futur et une analyse qui distingue exactement les deux procédés.

08

Étape du cours · 5 à 10 min

Créer avec un protocole : idée, participation et réception

Une œuvre nouvelle ne se reconnaît pas seulement à une apparence inédite. Elle peut transformer la répartition entre idée, règle, exécution, réception et participation. Les formes fragmentées de l’après-guerre ont souvent rendu visibles des protocoles, des séries, des instructions ou des archives plutôt qu’un objet unique clos sur lui-même. Cette orientation ne fait pas disparaître la matière : papier, mur, voix, photographie, corps, circulation et institution continuent de modifier ce qui est reçu. L’analyse doit donc suivre une chaîne : quelle consigne est formulée, qui l’exécute, quelles variations sont admises, quel public participe et que devient l’œuvre dans ses traces ? Une innovation de protocole reste une forme qui s’adresse à des spectateurs.

Dans « Paragraphs on Conceptual Art », Sol LeWitt donne la priorité à l’idée ou au concept. Il précise aussitôt que la planification et les décisions précèdent l’exécution, ramenée à une phase d’application du plan. Cette thèse nette organise une hiérarchie : la règle et les décisions préparatoires deviennent le premier objet de lecture. Elle oppose ainsi une décision intellectuelle préalable à la valorisation traditionnelle d’un geste virtuose ou d’un effet expressif. L’exécution n’est pas un second concept concurrent ; elle donne au plan une forme perceptible. Lire LeWitt consiste donc à reconstituer l’opération décidée avant l’objet, puis à observer comment elle est appliquée devant un regardeur. LeWitt précise aussi qu’une idée peut constituer une œuvre sans réalisation visible : il décrit sa démarche, non une obligation pour tous les artistes.

Inside Out, projet lancé par JR en 2011, montre une autre articulation entre règle et participation. Le site du projet décrit une invitation à partager portraits et récits dans l’espace public, afin de composer des actions collectives. Ici, la décision ne porte pas seulement sur une forme à exécuter : elle organise une contribution, un affichage, un lieu et une circulation de récits. Les portraits, les légendes et les villes ne sont donc pas une matière interchangeable ; ils donnent à la règle une dimension collective. Comparer JR et LeWitt permet de distinguer deux fonctions du protocole : chez l’un, il règle d’abord l’exécution d’une idée ; chez l’autre, il ouvre les conditions concrètes d’une participation et d’une apparition publique.

Le récit fictif proposé dans l’atelier déplace ce problème dans une ville imaginaire après une guerre. Des cartes de phrases préparées pour le dossier, une règle de montage et un mur communal y coexistent avec une ancienne cérémonie de lecture. La fragmentation n’y vaut ni oubli du passé ni culte de la nouveauté : elle modifie qui peut relier des traces, selon quelles règles et devant quel public. Un protocole devient alors lisible par les décisions qu’il fixe : choix des cartes, ordre de lecture, durée d’affichage et trace conservée. Créer avec un protocole, c’est faire apparaître ces opérations, puis comparer ce qu’elles changent à une forme collective déjà présente.

Voir pour comprendre

Concevoir et faire participer : deux fonctions du protocole

Le tableau compare la fonction d’une règle chez LeWitt et dans le projet Inside Out, sans les rendre équivalents.

Concevoir et faire participer : deux fonctions du protocole
Décision de créationCe qu’elle organise
LeWitt : concevoir l’idée et le plan avant l’exécution.Le concept dirige l’œuvre ; la réalisation applique les décisions préparatoires plutôt que de chercher un effet improvisé.
Inside Out : inviter des groupes à rendre publics portraits et récits.La règle crée des conditions de contribution et d’affichage ; les personnes et les lieux donnent au projet sa portée collective.
Comparer ce qui est fixé et ce qui est confié à d’autres.Un protocole n’a pas toujours la même fonction : programmer une exécution ou ouvrir un espace de participation.

Lis le schéma. Lis chaque ligne de gauche à droite : distingue ce qui est fixé par la consigne de ce qui dépend de la réalisation, du lieu ou des participants.

Une règle peut déplacer la création vers une chaîne de décisions sans annuler les effets matériels et collectifs de l’œuvre.

Schéma original Maxdecours, d’après Sol LeWitt, « Paragraphs on Conceptual Art », 1967, et le projet Inside Out de JR, lancé en 2011. · Source du repère · 06/09/2026

Exemples résolus et erreurs expliquées

Exemple guidé

ConsigneMatériau fourni. Une artiste fictive rédige cette règle : « Sur un mur de la bibliothèque, chaque visiteur peut relier deux mots parmi douze ; le lendemain, les liens sont effacés mais une carte de leurs positions est conservée. » Le cartel affirme : « L’œuvre est la règle, donc les traits et les visiteurs ne comptent pas. » Corrige ce cartel en distinguant idée, réalisation, trace et réception.

MéthodeIdentifie ce que la règle fixe : douze mots, un choix de deux mots, un mur, un effacement et une carte. Distingue ensuite ce qui varie : les liens produits, l’occupation du mur et la manière dont les visiteurs répondent. Explique enfin comment la carte conserve une trace sans remplacer l’expérience du mur ni les décisions de participation.

Correction

La règle constitue une part décisive de l’œuvre : elle organise ce qui peut arriver et rend le protocole lisible. Dans ce dossier fictif, elle prévoit justement les traits et les choix des visiteurs : ceux-ci appartiennent donc aux réalisations que la consigne appelle. Chaque lien matérialise une interprétation possible ; le mur donne une échelle et une durée ; l’effacement transforme la carte en trace partielle. Le cartel doit dire que l’œuvre articule une consigne et les effets qu’elle programme. LeWitt éclaire la priorité du plan ; le dispositif fictif et Inside Out permettent d’étudier une autre situation, où une règle organise aussi des contributions et leur apparition publique.

Récit fictif, après-guerre. Dans la ville imaginaire de Valdène, une place porte encore les traces d’un bombardement. Matériau fourni, cartes originales Maxdecours : A « La boulangerie a rouvert, mais la rue garde trois maisons vides. » B « Au nord, les fenêtres de l’école n’ont plus de vitres. » C « Nous avons retrouvé la clé de la maison commune. » Avant l’œuvre, une cérémonie municipale lisait chaque dimanche cette phrase unique : « Après le bombardement, Valdène se relève par l’effort commun. » À partir de 1952, la même cérémonie lit sur la même place l’œuvre « Trois fragments » à la place de la formule municipale : deux cartes sont successivement affichées sur un mur et lues dans l’ordre A-B, B-C puis C-A. Les cartes sont retirées après la lecture et un plan de leurs positions est conservé. Propose une interprétation de la fragmentation, du protocole et de la continuité avec la cérémonie.

Correction du transfert

Les trois cartes rendent visibles des traces distinctes : reprise d’une activité, dommage matériel, usage commun d’une clé. Leur montage ne fabrique pas un récit complet, mais il déplace la phrase unique de la cérémonie en plusieurs voix et plusieurs détails. La règle A-B, B-C puis C-A rend les rapprochements vérifiables ; le mur et le plan donnent à ces rapprochements une forme et une trace. La cérémonie demeure comme situation collective de lecture, tandis que l’ordre du récit et la distribution de la parole changent. L’interprétation s’appuie ainsi sur les phrases et le protocole réellement fournis.

Poursuivre avec l’abonnement

Appuie ton interprétation sur les œuvres

Les explications, trois reproductions agrandissables, huit schémas et exemples résolus sont réunis dans le cours.

L’abonnement ouvre huit ateliers de lecture, deux entraînements écrits et un oral, le quiz corrigé et les cartes de révision.

16 questions · 16 cartes. La reprise des ateliers, du quiz et des cartes reste enregistrée dans ce navigateur.

Voir les formules

Vérifier et prolonger

Sources du cours

Édition Maxdecours · Vérifié le .

HLP Terminale : L’Humanité en question

  1. Ministère de l’Éducation nationale, programme HLP TerminaleProgramme officiel, L’Humanité en question : Création, continuités et ruptures. · consulté le 2026-09-06
  2. Poincaré, La Science et l’Hypothèse, chapitre III, Flammarion 1917Conventions géométriques, cohérence et expérience. · consulté le 2026-09-06
  3. F. T. Marinetti, Manifeste du futurisme, texte français publié par Le Figaro le 20 février 1909Propositions 9 et 10 : volonté collective et valeurs politiques. · consulté le 2026-09-06
  4. Hugo Ball, Manifest zum 1. Dada-Abend in Zürich, 14 juillet 1916Mot, mouvement et scène de la proclamation dadaïste. · consulté le 2026-09-06
  5. Walter Benjamin, Das Kunstwerk im Zeitalter seiner technischen Reproduzierbarkeit, édition Suhrkamp, 1963Aura, authenticité, valeurs cultuelle et d’exposition, reproduction et montage. · consulté le 2026-09-06
  6. Walter Benjamin, Gespräch mit Ernst Schoen, texte allemandProgrammation, divertissement et expérimentation des médias. · consulté le 2026-09-06
  7. Walter Benjamin, Werkverzeichnis : Gespräch mit Ernst Schoen, date de publicationPublication de l’entretien avec Ernst Schoen dans Die Literarische Welt, 30 août 1929. · consulté le 2026-09-06
  8. Wikisource, Apollinaire, « Il pleut »témoin textuel et disposition du calligramme ; Mercure de France, 1918, p. 62 · consulté le 2026-09-06
  9. Wikisource, Virginia Woolf, Modern Fictiontexte anglais de Modern Fiction dans The Common Reader, 1925 · consulté le 2026-09-06
  10. Wikimedia Commons, fac-similé The Common Readerrepérage du volume Harcourt, Brace and Company, 1925 · consulté le 2026-09-06
  11. Assemblée nationale, Cahier d’un retour au pays nataltémoin tapuscrit de 1939, histoire des versions et citation brève · consulté le 2026-09-06
  12. BnF, notice Aimé Césaireautorité, dates biographiques et œuvres liées · consulté le 2026-09-06
  13. Museum of Modern Art, transcription de Paragraphs on Conceptual ArtRéimpression de l’essai de 1967 dans le catalogue Sol LeWitt, MoMA, 1978, p. 166–167 ; bibliographie originale p. 176. · consulté le 2026-09-06
  14. Inside Out Project, présentation officiellelancement en 2011, protocole participatif et histoire du projet créé par JR · consulté le 2026-09-06
  15. Rachel Bowlby, An Ordinary Mind on an Ordinary DayÉtude de Modern Fiction, Le Tour critique, no 2, 2013, p. 259, §21 : identification des lanternes de voitures à cheval dans la métaphore. · consulté le 2026-09-06
  16. Wikisource, Calligrammes, page 62Scan de la page 62 de l’édition Mercure de France, Paris, 1918, témoin de mise en page pour Il pleut. · consulté le 2026-09-06
  17. Wikimedia Commons, photographie de l’exposition 0,10Témoin visuel de l’accrochage de 1915, attribution d’archive et statut de réutilisation affichés dans la notice. · consulté le 2026-09-06
  18. Wikimedia Commons, Vassily Kandinsky, Composition VIIReproduction fidèle en domaine public de la toile de 1913, avec dimensions et collection renseignées. · consulté le 2026-09-06
  19. Metropolitan Museum of Art, The Blind Man, no 2Métadonnées du numéro de mai 1917, incluant Alfred Stieglitz comme photographe. · consulté le 2026-09-06
  20. Philadelphia Museum of Art, FountainStatut de la pièce de 1950 comme réplique de l’original de 1917, objet perdu et droits d’image distincts. · consulté le 2026-09-06
  21. MoMA, Marcel Duchamp: The Readymade as ReproductionContexte sur les reproductions autorisées et la photographie Stieglitz de 1917 ; aucune image MoMA n’est réutilisée. · consulté le 2026-09-06