Histoire · Terminale générale

Suivre une crise de la Bourse aux sociétés

Le krach d'octobre 1929 n'explique pas seul la Grande Dépression. Il faut suivre les faillites, le crédit, la production, les échanges et les choix politiques pour comprendre comment une crise américaine devient mondiale.

  1. Distinguer fragilités antérieures, déclenchement et propagation.
  2. Lire une série statistique en contrôlant dates et unités.
  3. Relier les indicateurs aux expériences sociales.
  4. Comparer les réponses politiques et leurs limites.
  • 6activités avec l'accès complet
  • 8questions avec l'accès complet
  • 6cartes avec l'accès complet
  • 4sources citées

Objectifs du parcours

Ce que tu vas savoir faire

  • Distinguer le krach boursier d'une dépression économique.
  • Expliquer les mécanismes de propagation de la crise.
  • Caractériser le chômage de masse et ses effets sociaux.
  • Analyser un graphique sans confondre corrélation et causalité.
  • Présenter les objectifs et les limites du New Deal.
  • Expliquer les effets particuliers de la crise en Amérique latine.
Le chapitre en bref

La crise ouverte à Wall Street en octobre 1929 devient une dépression durable parce qu'elle frappe un système bancaire fragile, réduit le crédit et la demande, puis entraîne baisse de la production, faillites et chômage. Le retrait des capitaux américains, la contraction du commerce et les politiques protectionnistes propagent le choc. Le chômage et la pauvreté déstabilisent les sociétés. Les États interviennent davantage, notamment avec le New Deal, tandis que plusieurs pays d'Amérique latine réorientent leur économie et connaissent des changements politiques.

1. Une prospérité américaine réelle mais fragile

Dans les années 1920, les États-Unis connaissent une forte croissance industrielle. L'automobile, l'électricité et les biens de consommation se diffusent, souvent grâce au crédit. Mais les revenus progressent de façon inégale, l'agriculture est déjà en difficulté et certaines entreprises accumulent des stocks. Ces fragilités ne rendent pas automatiquement la crise inévitable, mais elles augmentent la vulnérabilité de l'économie.

La hausse des cours à Wall Street attire des investisseurs qui achètent parfois à crédit. Un cours boursier exprime une anticipation sur la valeur future d'une entreprise ; il peut donc s'éloigner de ses résultats présents. Quand la confiance se retourne, l'endettement amplifie les ventes et les pertes.

2. Octobre 1929 : un krach, puis une crise bancaire

Le jeudi 24 octobre 1929, les ordres de vente se multiplient à la Bourse de New York. Après un répit, les cours chutent encore fortement le 29 octobre. Le « jeudi noir » est un repère du programme, mais le krach se déroule sur plusieurs séances et la baisse se poursuit ensuite. Il détruit des patrimoines et fragilise les acteurs endettés.

Des banques ont prêté aux spéculateurs ou investi l'épargne. Les pertes et les retraits des déposants provoquent des faillites bancaires. Les banques survivantes prêtent moins ; ménages et entreprises réduisent leurs achats et leurs investissements. Ce passage du choc financier à l'économie réelle est décisif.

Document

À observerObserve le rassemblement et le cadrage de la rue : que permet d’établir cette photographie sur le krach, et pourquoi ne montre-t-elle pas encore toute la crise ?

La foule devant la Bourse de New York après le krach, 1929 Cette photographie de 1929 est devenue une image emblématique du krach. Sa force visuelle ne doit pas conduire à confondre une journée boursière avec toute la Grande Dépression.

Notice du fichier · US-gov · Public domain.

3. Une spirale déflationniste et un chômage de masse

Quand la demande diminue, les entreprises vendent moins, baissent leurs prix et réduisent production et emplois. Les revenus reculent à leur tour, ce qui contracte encore la demande. La baisse générale des prix peut alourdir le poids réel des dettes. Cette spirale explique la durée et la profondeur de la Grande Dépression mieux qu'une simple photographie du krach.

Aux États-Unis, le chômage touche environ un quart de la population active en 1933 selon les estimations couramment retenues. Les situations restent diverses : absence ou faiblesse des assurances sociales, expulsions, files d'aide alimentaire, migrations internes. Une photographie de chômeurs montre une expérience, mais ne mesure pas à elle seule l'ensemble du phénomène.

Document

À observerObserve le cadrage, les gestes des enfants et l’expression de Florence Thompson : comment l’image construit-elle une figure de la pauvreté pendant la Dépression ?

Migrant Mother de Dorothea Lange, Californie, 1936 Dorothea Lange photographie Florence Thompson en 1936. Nommer la personne et la commande évite de réduire l’image à une icône anonyme de la misère.

Notice du fichier · Dorothea Lange · Public domain.

4. Comment la crise devient-elle mondiale ?

Les États-Unis sont au centre des flux financiers de l'après-guerre. Quand les capitaux américains sont rapatriés, des banques et des économies européennes sont fragilisées. La baisse de la demande américaine réduit aussi les exportations de produits industriels et de matières premières. Les pays ne sont pas touchés au même moment ni avec la même intensité.

Les gouvernements relèvent les droits de douane pour protéger leur marché. Ces mesures peuvent soutenir certains producteurs nationaux, mais leur multiplication contracte le commerce mondial et provoque des ripostes. Les liens financiers, commerciaux et monétaires transforment ainsi une crise américaine en dépression internationale.

5. L'Amérique latine face à l'effondrement des exportations

De nombreux pays latino-américains dépendent des exportations de café, sucre, cuivre, nitrates ou viande. La chute des prix et des débouchés réduit les recettes publiques, déstabilise les producteurs et rend le service de la dette plus difficile. Les effets varient selon les structures sociales, les produits exportés et les politiques nationales.

Plusieurs États encouragent une industrialisation destinée à remplacer certaines importations. La crise accompagne aussi des coups d'État et le renforcement de pouvoirs autoritaires, sans constituer une cause unique. Au Brésil, Getúlio Vargas arrive au pouvoir en 1930 et l'État intervient davantage dans l'économie et la construction nationale.

6. Le New Deal rompt-il avec les politiques antérieures ?

Élu en 1932, Franklin D. Roosevelt lance le New Deal à partir de 1933. L'État fédéral stabilise les banques, soutient certains prix agricoles, finance des travaux, réglemente davantage les marchés et construit une protection sociale, notamment avec le Social Security Act de 1935. Ces mesures ne forment pas un plan unique fixé d'avance : elles évoluent, sont contestées et parfois invalidées.

Le New Deal transforme durablement le rôle de l'État fédéral et soutient des millions de personnes, mais il ne met pas fin seul au chômage. Ses programmes excluent ou défavorisent aussi certains groupes, notamment par les compromis politiques et les secteurs non couverts. Il faut donc distinguer secours, reprise, réforme et résultats effectifs.

Erreurs fréquentes

L'essentiel à mémoriser

  • La prospérité des années 1920 coexiste avec des fragilités agricoles, bancaires et sociales.
  • Le krach d'octobre 1929 atteint l'économie par les banques, le crédit et la demande.
  • La dépression entretient une spirale de baisse de la production, des revenus, des prix et de l'emploi.
  • Les flux financiers et commerciaux donnent à la crise une dimension mondiale.
  • L'Amérique latine subit la chute des exportations et réoriente diversement ses économies et ses régimes.
  • Le New Deal renforce l'intervention fédérale sans supprimer seul le chômage de masse.

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Sources et traçabilité

Dernière vérification : 2026-08-13

  1. Programme d'histoire-géographie de Terminale générale, Ministère de l'Éducation nationale, consulté le 2026-08-12.
  2. Programmes et ressources en histoire-géographie, voie GT, Éduscol, consulté le 2026-08-12.
  3. The Great Depression, Federal Reserve History, consulté le 2026-08-12.
  4. The Great Depression and U.S. Foreign Policy, Office of the Historian, U.S. Department of State, consulté le 2026-08-12.

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