Objectifs du parcours
Ce que tu vas savoir faire
- Distinguer les étapes politiques et juridiques de la fondation de la Deuxième République.
- Auditer le suffrage universel masculin par accès, compétition, information et effet institutionnel.
- Expliquer l’abolition de 1848 comme un processus collectif et territorial.
- Analyser l’engagement de George Sand par ses textes, supports, réseaux et positions propres.
- Reconstituer le conflit social et politique des journées de Juin.
- Relier la Constitution de 1848, l’élection présidentielle et la crise de 1851.
- Distinguer vote, plébiscite et démocratie dans le Second Empire.
- Évaluer oppositions, libéralisation et politique extérieure jusqu’à la chute de 1870.
Le chapitre en bref
En 1848, le suffrage universel masculin élargit brutalement le corps électoral et donne à des millions d’hommes une voix politique, tandis que la République abolit définitivement l’esclavage. Mais les femmes restent exclues du vote, la question sociale fracture les républicains, le suffrage est restreint en 1850 et la Constitution oppose deux pouvoirs issus de l’élection sans mécanisme d’arbitrage. Louis-Napoléon Bonaparte transforme sa victoire présidentielle en coup d’État, puis fonde un Empire autoritaire légitimé par des plébiscites et un suffrage étroitement encadré. Les oppositions, le Parlement et la presse gagnent progressivement des marges dans les années 1860, sans effacer les répressions antérieures ni la prééminence impériale. De 1848 à 1870, voter devient donc central, mais la démocratie dépend aussi des droits, de la compétition, de la représentation, du contrôle du pouvoir et de la possibilité d’alterner.
1. Quand la Deuxième République est-elle réellement fondée ?
Le 24 février 1848, après l’abdication de Louis-Philippe, un gouvernement provisoire déclare vouloir la République. Lamartine, Ledru-Rollin, Arago, Louis Blanc et d’autres membres représentent des projets distincts. Lamartine défend le drapeau tricolore et une République fondée sur le suffrage et les libertés, tandis que les attentes sociales et démocratiques dépassent son programme.
Les actes fondateurs s’échelonnent : gouvernement provisoire et annonce le 24 février, suffrage universel masculin décrété le 5 mars, élections constituantes le 23 avril, proclamation juridique de la République par l’Assemblée le 4 mai. Une date répond donc à une action précise ; elle ne résume pas à elle seule la fondation du régime.
À observerObserve la position de Lamartine entre la foule et le drapeau tricolore : quel conflit sur le sens de la nouvelle République l’image met-elle en scène ?
Lamartine repousse le drapeau rouge à l’Hôtel de Ville, 25 février 1848 Félix Philippoteaux transforme un épisode politique en scène décisive. Il faut confronter cette image aux récits et aux décisions du gouvernement provisoire.
Notice du fichier · https://www.parismuseescollections.paris.fr/en/node/402424 · CC0.
2. Quels droits nouveaux la République affirme-t-elle en 1848 ?
Le décret du 5 mars ouvre le vote direct et secret aux hommes français âgés d’au moins 21 ans, sans condition de fortune. Le corps électoral passe de quelques centaines de milliers à plusieurs millions. Les femmes restent exclues ; les pratiques, l’information et les rapports d’autorité varient selon communes, milieux et territoires.
Le décret du 27 avril abolit définitivement l’esclavage dans les colonies françaises. Schœlcher préside la commission qui le prépare, mais le processus vient aussi des luttes abolitionnistes, des résistances et insurrections des personnes asservies et des décisions locales. L’application possède des dates propres en Martinique, Guadeloupe, Guyane et Réunion. Un droit se suit du principe jusqu’au territoire et aux personnes qui l’exercent.
3. Comment George Sand agit-elle en politique sans mandat électif ?
George Sand met sa notoriété, sa plume et ses réseaux au service de la République. Elle collabore en 1848 au Bulletin de la République, écrit dans la presse et défend des transformations sociales. Son action montre qu’écrire, conseiller, publier, mobiliser ou refuser une candidature sont des actes politiques même lorsque le vote et l’éligibilité sont interdits aux femmes.
Elle critique les inégalités civiles qui touchent les femmes mais considère alors qu’une candidature féminine immédiate ne résout pas le problème sans réforme sociale et éducation. Il ne faut donc ni l’effacer, ni lui attribuer toutes les positions féministes de 1848. Distingue texte, date, support, destinataire, proposition et désaccord avec d’autres militantes.
5. Comment l’élection de Louis-Napoléon Bonaparte transforme-t-elle la République ?
La Constitution du 4 novembre 1848 confie le législatif à une Assemblée et l’exécutif à un président, tous deux issus du suffrage universel masculin. Le président, élu directement pour quatre ans, n’est pas immédiatement rééligible et ne peut dissoudre l’Assemblée. Il manque une procédure d’arbitrage lorsque les deux légitimités s’opposent.
Le 10 décembre, Louis-Napoléon Bonaparte remporte largement l’élection. Son nom, une campagne adressée à des publics variés, son image d’ordre et de protection sociale et le vote massif des campagnes comptent. Son succès n’est ni un plébiscite impérial déjà écrit ni un accident : analyse offre politique, électorat, réseaux, attentes et géographie des résultats.
6. Comment un président élu détruit-il l’ordre constitutionnel ?
La loi du 31 mai 1850 impose trois ans de résidence dans la même commune et exclut de nombreux électeurs mobiles. Louis-Napoléon se présente en défenseur du suffrage contre l’Assemblée, tout en cherchant à réviser la Constitution pour pouvoir se représenter. Après l’échec de cette révision, il dissout l’Assemblée par le coup d’État du 2 décembre 1851, interdit les oppositions et réprime les résistances.
Un plébiscite tenu les 20-21 décembre ratifie a posteriori le nouveau pouvoir dans un contexte de contrôle et de répression. En 1852, une nouvelle Constitution concentre l’exécutif puis l’Empire héréditaire est rétabli. Pour juger un vote, vérifie liberté de campagne, pluralité des choix, administration, secret, formulation de la question et effets du résultat.
À observerRepère les ordres, la liste des arrestations et les acteurs réunis : comment l’image représente-t-elle la destruction organisée de l’ordre constitutionnel ?
La préparation du coup d’État du 2 décembre 1851, gravure postérieure Cette image narrative attribue un rôle précis aux conjurés. Sa valeur tient à la représentation postérieure du complot, à confronter aux archives du coup d’État.
Notice du fichier · Eugène Leguay / After Henri Félix Emmanuel Philippoteaux · Public domain.
7. Comment le Second Empire combine-t-il suffrage et autoritarisme ?
Napoléon III conserve le suffrage universel masculin et organise élections et plébiscites, mais l’exécutif domine. Candidatures officielles, préfets, contrôle de la presse, réunions limitées, serments et répression des opposants réduisent la compétition. Victor Hugo, Edgar Quinet et d’autres sont proscrits ou exilés ; des résistances subsistent en France et hors du pays.
À partir des années 1860, droits d’adresse puis d’interpellation, débats parlementaires, marges de presse et candidatures d’opposition s’élargissent progressivement. En 1869-1870, le régime devient plus parlementaire sans cesser immédiatement d’être impérial. Compare chaque date : règles électorales, pouvoirs, libertés, contrôle administratif, opposition et responsabilité ministérielle.
8. Pourquoi la politique de grandeur impériale produit-elle des résultats contrastés ?
Napoléon III cherche à replacer la France au centre du jeu européen. La guerre de Crimée rompt l’isolement diplomatique ; l’intervention de 1859 contribue au recul autrichien en Italie et à l’unification italienne, tandis que Nice et la Savoie sont rattachées à la France. L’expédition du Mexique échoue et révèle les limites militaires et diplomatiques du projet impérial.
La montée de la Prusse et l’unification allemande bouleversent ensuite l’équilibre. La guerre déclarée en juillet 1870 mène à la défaite et à la capture de Napoléon III à Sedan le 2 septembre ; la République est proclamée à Paris le 4 septembre. Évalue chaque opération par objectif, partenaires, décision, coût, résultat territorial, effet national et conséquence intérieure.
Erreurs fréquentes
L'essentiel à mémoriser
- La Deuxième République se construit par plusieurs actes entre février et mai 1848.
- Le suffrage universel masculin élargit le vote sans inclure les femmes ni garantir seul la démocratie.
- L’abolition de 1848 est un processus collectif appliqué selon des calendriers territoriaux.
- George Sand agit par l’écriture et les réseaux sans mandat électif.
- Les journées de Juin fracturent les conceptions politique et sociale de la République.
- La double élection du président et de l’Assemblée nourrit un conflit que le coup d’État tranche illégalement.
- Le Second Empire combine suffrage encadré, autoritarisme puis libéralisation progressive.
- La politique extérieure contribue à l’Italie, échoue au Mexique et se brise face à la Prusse en 1870.
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Sources et traçabilité
Dernière vérification : 2026-08-13
- Programme d’histoire-géographie de première générale, Ministère de l’Éducation nationale, consulté le 2026-08-11.
- Gouvernement provisoire et proclamation de la Deuxième République, Assemblée nationale, consulté le 2026-08-11.
- 1848 : la Deuxième République met en place le suffrage universel masculin, Assemblée nationale, consulté le 2026-08-11.
- 27 avril 1848 — L’abolition de l’esclavage, Assemblée nationale, consulté le 2026-08-11.
- Bulletin de la République n° 1, POP — Ministère de la Culture, Musée George Sand, consulté le 2026-08-11.
- 4 novembre 1848 — La Constitution républicaine, Assemblée nationale, consulté le 2026-08-11.
- 2 décembre 1851 — Coup d’État de Louis-Napoléon Bonaparte, Assemblée nationale, consulté le 2026-08-11.
4. Pourquoi les journées de Juin fracturent-elles la République ?
Le gouvernement provisoire crée les Ateliers nationaux pour fournir un revenu lié au travail aux chômeurs parisiens. Leur organisation, leur financement et leur sens politique sont contestés. Après l’élection d’une Assemblée plus conservatrice, leur fermeture en juin impose à certains inscrits l’armée ou un départ vers les départements.
L’insurrection parisienne des 23-26 juin est sévèrement réprimée sous l’autorité de Cavaignac. Elle révèle un conflit sur le travail, l’assistance, l’ordre, la représentation et la République dite sociale. Évite la formule « échec des Ateliers donc révolte » : distingue dispositif, critique, décision de fermeture, groupes touchés, insurrection, répression et conséquences politiques.