Objectifs du chapitre
Ce que tu vas savoir faire
- Distinguer besoin, exigence, fonction et constituant.
- Représenter les chaînes d'information et d'énergie d'un système simple.
- Traduire une condition avec ET et prévoir la sortie du programme.
- Organiser des essais et expliquer les limites d'une simulation.
Il fait sombre, mais personne n’est là : la lampe doit rester éteinte. Une personne arrive alors que la lumière suffit : elle doit encore rester éteinte. Notre système fictif doit réunir deux conditions pour éclairer. Pourquoi un seul mot ou le signe de comparaison peut-il changer son comportement ? Le modèle et son journal d’essais vont permettre de le voir.
Étape 1
Du besoin à une exigence vérifiable
L'objet étudié est un éclairage automatique fictif pour un espace scolaire. Le besoin est de rendre une zone visible lorsqu'elle est utilisée. Une solution possible associe un capteur de présence, un capteur de lumière, une carte de commande et une lampe. Le besoin ne décrit pas déjà la solution : une autre organisation peut répondre au même usage.
Une fonction décrit ce que fait le système : détecter une présence, comparer un niveau de lumière, commander l'éclairage. Un constituant est un élément matériel ou logiciel qui assure une fonction. Plusieurs technologies peuvent assurer la même fonction ; dire « capteur » ne suffit donc pas à expliquer ce qui est acquis ou comment il sera utilisé.
Une exigence rend une attente contrôlable. Dans notre modèle, la lampe doit être allumée si une présence est détectée et si la valeur de luminosité est strictement inférieure à 120. Elle doit être éteinte dans tous les autres cas. Le nombre 120 est un seuil fictif de l'exercice, exprimé dans une unité arbitraire du capteur ; ce n'est ni une norme d'éclairage ni une mesure en lux.
Présence vaut 0 ou 1 : c’est l’état « absence ou présence détectée », pas un nombre de personnes. La luminosité est un entier de 0 à 1 000 dans l’unité arbitraire du modèle. À 120, la sortie attendue est éteinte ; à 119 avec une présence, elle devient allumée. Cette différence d’une unité départage < et ≤.
Un objet n'est pas souhaitable parce qu'il est automatique. Il faut comparer le service rendu, la consommation, le coût, la facilité d'entretien et les effets sur les usagers. Un capteur défaillant ou un seuil mal choisi peut rendre le système moins utile. Aucun calcul d'économie réelle n'est déduit ici de la seule simulation.
Exemple résolu · Pas à pas
Du mot « intelligent » à une sortie vérifiable
Un groupe décrit sa lampe comme « intelligente ». Que prévoit le modèle lorsque présence = 1 et luminosité = 120 ?
- Le besoin est d’éclairer une zone utilisée. « Intelligent » ne précise pas les conditions qui commandent cette action.
- L’exigence du modèle est : allumer si présence = 1 ET luminosité < 120, sinon éteindre. La présence détectée vérifie la première condition.
- La seconde condition est fausse : 120 n’est pas strictement inférieur à 120. Avec ET, une condition fausse suffit à empêcher l’allumage.
- La sortie attendue est donc éteinte. Ce résultat découle de la règle ; un essai du simulateur permet ensuite de comparer sa sortie à cette prévision.
Le seuil, l’opérateur ET et le cas d’égalité rendent l’attente contrôlable. Le capteur est un constituant ; acquérir la luminosité est sa fonction. Le nombre 120 reste une valeur fictive en unité arbitraire, pas un éclairement en lux.
À retenir. Besoin, exigence, fonction et solution sont liés, mais ne désignent pas la même chose.
Étape 2
Suivre les informations et les conversions d'énergie
La chaîne d'information acquiert des données, les traite et communique une commande. Ici, les deux capteurs acquièrent présence et luminosité. La carte applique la condition logique. Un signal de commande est transmis à l'élément qui distribue l'énergie à la lampe. La sortie informationnelle n'est pas l'énergie nécessaire à l'éclairage.
La chaîne d'énergie reçoit une énergie, la distribue et la convertit pour assurer l'action. Dans notre schéma simplifié, une alimentation fournit l'énergie électrique, un interrupteur commandé permet ou interrompt son passage, et la lampe convertit une partie de cette énergie en lumière, avec des pertes notamment thermiques. L'action utile est d'éclairer la zone.
La flèche d'information entre la carte et l'interrupteur représente une commande. Les flèches d'énergie vers la lampe représentent un transfert d'énergie. Mélanger les deux conduit à croire que le capteur alimente la lampe. Un capteur peut consommer lui-même de l'énergie, mais sa fonction dans cette chaîne est de fournir une donnée.
Un schéma-blocs sélectionne les fonctions pertinentes, pas tous les fils ni toutes les pièces. On peut le compléter avec les entrées, les sorties et la nature des flux. On ne le confond pas avec un schéma électrique de montage. Les protections, tensions et caractéristiques réelles doivent être définies par le professeur ou le responsable du projet avant toute réalisation.
Dans un portail motorisé, un moteur convertit l’énergie électrique en mouvement au lieu de produire l’éclairage. Les fonctions d’acquisition et de traitement restent utiles, mais l’action et les contraintes changent. Une même structure d’analyse aide ainsi à comparer des objets différents ; elle ne remplace pas les protections d’un objet réel.
Schéma original Maxdecours d'un système fictif simplifié, sans valeur de plan de câblage.
Redessine les deux chaînes et légende séparément le flux d'information et le flux d'énergie.
Pourquoi la commande ne fournit-elle pas l’éclairage ?
La carte traite deux données et envoie un ordre à l’interrupteur. Le signal indique s’il doit laisser passer l’énergie : il ne fournit pas l’énergie consommée par la lampe.
La source électrique alimente la chaîne d’énergie. La lampe transforme cette énergie en lumière et aussi en énergie thermique. L’éclairage utile n’est donc pas toute l’énergie reçue.
Les flèches et les blocs distinguent des fonctions. Ils ne donnent ni fils, ni tension de montage, ni protections d’un objet réel.
À retenir. Le traitement décide d'une commande ; la chaîne d'énergie fournit et convertit l'énergie de l'action.
Étape 3
Traduire et tester une condition logique
L'algorithme s'écrit en langage naturel : lire présence et luminosité ; si présence vaut 1 ET luminosité est inférieure à 120, commander l'allumage ; sinon commander l'extinction ; recommencer à la lecture suivante. Une boucle permet de réexaminer la situation au lieu de garder une décision ancienne lorsque les entrées changent.
ET exige que les deux conditions soient vraies. Avec présence = 1 et luminosité = 80, la sortie est allumée. Avec présence = 0 et luminosité = 80, elle est éteinte. Avec présence = 1 et luminosité = 200, elle est aussi éteinte. Remplacer ET par OU autoriserait un allumage quand une seule condition suffit, ce qui ne respecte pas l'exigence.
Le laboratoire numérique compare trois règles sur les mêmes entrées. La règle attendue utilise ET et < 120. La variante OU peut allumer sans présence ou lorsque la lumière suffit ; la variante ≤ inclut le cas d’égalité que l’exigence exclut. Une sortie correcte sur un cas ne rend pas toute la règle conforme : les cas qui départagent les règles sont particulièrement utiles.
Pour un programme en blocs ou en code, les noms de variables doivent garder le même sens du début à la fin. Un état d'entrée 1 représente ici une présence détectée, pas un nombre de personnes. Les lectures se font à chaque tour de boucle. La sortie doit être définie aussi dans le cas sinon, pour ne pas laisser la lampe dans un ancien état.
Le tableau donne les six prévisions autour du seuil. Avec une présence, 119, 120 et 121 distinguent dessous, égalité et dessus. Sans présence, les trois sorties restent éteintes. Le laboratoire permet de comparer ces prévisions à une règle choisie ; il n’exécute pas un programme libre. Une temporisation demanderait en plus de mémoriser un état et de suivre le temps, absents de ce modèle instantané.
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Simulation locale originale Maxdecours. Entrées et seuil fictifs ; aucun objet réel ni donnée d'utilisateur n'est mesuré.
| Présence ; lumière | Sortie attendue avec ET et < 120 |
|---|---|
| 0 ; 119 | Éteinte |
| 0 ; 120 | Éteinte |
| 0 ; 121 | Éteinte |
| 1 ; 119 | Allumée |
| 1 ; 120 | Éteinte |
| 1 ; 121 | Éteinte |
Choisis une règle et des entrées après avoir prévu la sortie. Le résultat indique si ce cas respecte l’exigence ; compare plusieurs cas.
Deux contre-exemples pour deux erreurs
À présence = 0 et luminosité = 80, la variante OU allume parce que 80 < 120. L’exigence ET attend éteinte : ce cas montre que OU ne convient pas.
À présence = 1 et luminosité = 120, la variante ≤ allume alors que la règle stricte attend éteinte. L’égalité départage ces deux comparaisons.
À présence = 1 et luminosité = 119, les trois règles allument. Ce cas est utile, mais il ne permet pas à lui seul de repérer les deux erreurs.
À retenir. Teste les cas ordinaires et les frontières ; ET n'a pas le même sens que OU.
Étape 4
Passer du modèle aux essais d'un projet
Le modèle suppose des entrées instantanées et fiables. Un système réel peut subir un délai, une mesure fluctuante, une absence de détection ou une panne. La simulation ne mesure ni la qualité d'un capteur, ni une consommation, ni le confort visuel. On la complète par des essais réels organisés dans l'environnement scolaire adapté.
Un essai compare une sortie attendue à une sortie obtenue dans des conditions précises. Si le modèle allume à (1,119), ce cas respecte l’exigence. Si une autre règle allume à (1,120), l’écart est localisé à la frontière. Le résultat du laboratoire concerne un programme numérique prédéfini ; tester la qualité d’un capteur ou le confort visuel demanderait d’autres observations.
En projet collectif, on répartit des responsabilités telles qu'analyse du besoin, programmation, représentation et tests, sans réserver une fonction à un genre ou à un seul élève. La trace commune doit permettre à chacun d'expliquer la décision et de reprendre un essai. Une présentation finale rend compte du besoin, des choix, des résultats et des améliorations possibles.
Une démarche de maintenance commence par un constat et des hypothèses, pas par le démontage au hasard. Si la lampe ne s'allume jamais dans le modèle, on peut d'abord vérifier les valeurs d'entrée et la condition. Une réparation matérielle, un raccordement électrique ou l'emploi d'outils relève de consignes et d'un encadrement : ce cours ne demande aucune intervention sur une installation domestique.
Une amélioration doit être liée à une difficulté observée. Pour éviter un changement trop fréquent autour d’un seuil, on pourrait étudier une temporisation ou deux seuils distincts ; cela demanderait un autre modèle et de nouveaux tests. La commande instantanée étudiée ici sert à comprendre les conditions logiques. Elle ne mesure ni économie d’énergie ni durée de vie d’un éclairage réel.
À retenir. Un essai numérique valide un comportement du modèle, pas la sécurité ni la performance d'un objet fabriqué.
Étape 5
Lire un journal d’essais et corriger une règle
Le journal ci-dessous vient d’un programme fictif différent de la règle attendue. Il annonce allumée à (1,120), alors que l’exigence donne éteinte. Cette comparaison porte sur des résultats fournis : elle permet de chercher une erreur dans une règle, sans supposer qu’un capteur aurait été mesuré ou qu’un prototype aurait été réalisé.
Le tableau présente les résultats fictifs d’un programme qui n’est pas celui du simulateur du cours. Compare chaque ligne à l’exigence présence = 1 ET luminosité < 120. Trois lignes sont conformes ; à 120, avec une présence, le journal donne allumée alors que l’exigence attend éteinte. Cet écart fait suspecter une comparaison qui inclut l’égalité. Il ne prouve pas une panne de capteur : aucune mesure matérielle n’est disponible.
Remplacer ≤ par < corrige le cas d’égalité dans cette hypothèse. Il reste à contrôler les autres situations : 119 avec présence doit toujours allumer, 121 doit éteindre, et une absence doit aussi éteindre. Une correction utile résout le cas en erreur tout en conservant les comportements déjà attendus.
Une exigence d’usage peut demander autre chose qu’une règle logique, par exemple une commande facile à repérer. Il faut alors un indicateur et un essai adaptés à cette exigence. Dans un projet encadré, prépare qui rédige la règle, qui vérifie le tableau et qui présente les écarts ; chaque membre doit pouvoir expliquer le choix. Le résultat de ce dossier numérique ne certifie ni l’ergonomie, ni la sécurité électrique, ni le travail collectif réel.
Données originales Maxdecours, 6 octobre 2026. Résultats fournis d’un programme fictif utilisant ≤ ; aucun capteur ou prototype mesuré.
| Présence ; lumière | Sortie du journal fourni |
|---|---|
| 1 ; 119 | Allumée |
| 1 ; 120 | Allumée |
| 0 ; 80 | Éteinte |
| 1 ; 121 | Éteinte |
Prévois les sorties avec l’exigence du cours, puis repère l’écart et prépare des tests après correction. Le simulateur existant du cours utilise bien <, pas la règle erronée du journal.
Lire l’anomalie et éprouver son explication
Les sorties attendues, dans cet ordre, sont allumée, éteinte, éteinte, éteinte. La deuxième ligne est le seul écart du journal.
Une comparaison incluant l’égalité explique cet écart. Dans le laboratoire, la variante ET et ≤ permet de reproduire cette différence ; revenir à ET et < la corrige pour ce cas.
Ces quatre lignes ne décrivent pas tout un programme. Elles rendent l’hypothèse compatible avec le journal, sans prouver l’absence d’autres erreurs ni une panne matérielle.
À retenir. Une correction se justifie par l’exigence et se contrôle avec le cas en erreur et des cas de non-régression.
L’essentiel à retrouver
Ta fiche de révision
- Un besoin est traduit en exigences vérifiables avant de choisir les solutions.
- Acquérir, traiter et communiquer concernent la chaîne d'information.
- L'énergie électrique est distribuée puis convertie par la lampe.
- La règle de l'exercice est présence = 1 ET luminosité < 120.
- Une table d'essais comporte cas ordinaires, cas limites et résultats.
- Une simulation ne remplace pas les essais du prototype ni le travail collectif.
Des erreurs à comprendre
Le capteur fournit l'énergie de l'éclairage.
Dans cette analyse, il fournit une information ; l'énergie vient de l'alimentation.
ET et OU peuvent être interchangés.
Cherche un cas où une seule condition est vraie : les deux opérateurs produisent des décisions différentes.
Le seuil 120 est une norme réelle.
Il est choisi pour l'exercice dans une unité arbitraire ; aucune valeur réglementaire n'est enseignée.
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Sources et repères
Édition Maxdecours · Année scolaire 2026-2027 · Vérification documentaire : 2026-11-01.
Programme de technologie du cycle 4, BO n° 9 du 29 février 2024 · Ministère de l'Éducation nationale · Pages 8 à 11 du PDF : schémas-blocs, chaînes d’information et d’énergie, algorithme et tests ; projet collectif pages 12 à 16. Première page du PDF = 1.
Les prototypes, montages, réparations et essais matériels se font sous l'encadrement du professeur. Ne démonte pas d'installation domestique et ne réalise aucun raccordement pour ce cours.