Objectifs du chapitre
Ce que tu vas savoir faire
- Distinguer besoin, fonction d’usage, fonction technique et solution.
- Relier une découverte scientifique, une invention et une innovation sans confondre leurs rôles.
- Représenter les utilisateurs, les interacteurs et les exigences d’un système.
- Comparer un service automatisé et non automatisé selon des critères.
- Comprendre les grandes familles d’apprentissage d’une IA et repérer un biais dans un dossier fictif.
Un bouton neuf rend-il un système meilleur ? Cherche d’abord quel problème il résout, pour qui et dans quelles conditions. Une automatisation qui complique l’accès peut dégrader le service.
Étape 1
Un besoin ne contient pas déjà la solution
Dans un collège fictif, des livres sont régulièrement déposés devant une porte et gênent le passage. Le besoin est de permettre un dépôt temporaire sans encombrer la circulation. Acheter un robot n’est pas la formulation de ce besoin : c’est déjà une solution particulière, qui exige une justification. On commence par nommer les usagers, l’action attendue, le lieu, les horaires et les difficultés observables.
La fonction d’usage décrit le service rendu : accueillir des livres en attente. Des fonctions techniques expliquent comment une solution le rend : supporter une charge, guider le dépôt, signaler un état. Un bac stable, une étagère et une armoire à réservation peuvent répondre au même service avec des principes différents. Une famille rassemble des objets répondant à un usage comparable ; une lignée suit l’évolution d’un principe ou d’une organisation, sans faire de chaque objet récent un progrès universel.
Dans une étude, distingue l’observation « le passage mesure 110 cm lorsque les livres sont rangés » de l’exigence « conserver au moins 100 cm dans notre maquette fictive ». Cette valeur n’est pas une norme de bâtiment. Une exigence se vérifie dans un contexte défini ; une préférence comme « joli » doit être précisée par un échange ou un critère. Formuler le problème avant la solution ouvre plusieurs possibilités et réduit les achats inutiles.
Exemple résolu · Pas à pas
Reformuler une proposition trop précoce
Un groupe écrit : « Nous avons besoin d’une caméra pour ranger les livres. »
- Retirer le composant déjà choisi : le problème concerne le dépôt et le passage.
- Décrire les usagers et les conditions : personnes qui déposent ou récupèrent, circulation à préserver.
- Comparer bac repéré, rangement manuel et système automatisé.
- Demander si une image est réellement nécessaire au service ; elle peut introduire une collecte évitable.
Une fonction doit justifier un constituant ; le mot besoin n’autorise pas toute collecte.
À retenir. Besoin : service attendu. Fonction : action à assurer. Solution : moyen choisi.
Étape 2
Découverte, invention et innovation : relier sans simplifier
Une découverte scientifique apporte une connaissance sur un phénomène ; une invention propose un dispositif ou un procédé nouveau ; une innovation met une nouveauté en usage dans une organisation ou une société. Ces catégories se relient mais ne désignent pas le même travail. La connaissance des phénomènes électriques aide à concevoir des systèmes d’éclairage ; leur diffusion dépend aussi du coût, des réseaux, des pratiques et des besoins.
L’évolution ne suit pas une seule ligne où chaque nouvel objet remplace complètement l’ancien. Une liseuse et un livre imprimé coexistent : accès, alimentation, stockage, réparation, partage et confort ne sont pas identiques. Pour expliquer une évolution, construis une chaîne argumentée : changement d’un besoin ou d’une contrainte, possibilité scientifique ou technique, choix de conception, effet sur un usage. Un changement de couleur ne constitue pas à lui seul une innovation de rupture.
Un dossier fictif de rangement décrit trois étapes : bac partagé ; casiers numérotés ; réservation numérique des casiers. La dernière étape permet une réservation à distance mais dépend d’une interface et d’un accès. Elle peut faciliter certains usages et créer de nouvelles difficultés. Sans dates ni mesures réelles, on la présente comme une comparaison de principes, pas comme l’histoire documentée de tous les collèges. Un argument solide nomme un bénéfice, une condition et une limite.
À retenir. Explique une évolution par les besoins, les possibilités et les contraintes, pas par « ancien donc mauvais ».
Étape 3
Représenter les interactions et l’expérience d’usage
Un interacteur est un élément extérieur qui échange avec le système ou lui impose une contrainte : usager, livre, sol, environnement lumineux, réseau, données. Délimite d’abord le système étudié. Pour une armoire de prêt fictive, le lecteur agit sur l’interface, le livre est déposé, le sol porte la structure et un réseau peut transmettre une réservation. Tous ces liens ne sont pas des flux de même nature.
Un croquis montre une disposition ; un schéma de contexte relie le système aux interacteurs ; un tableau associe une attente à un critère et à une vérification. Choisis la représentation qui répond à la question. Une flèche nommée « demande de réservation » transporte une information ; une flèche « énergie électrique » ne représente pas un utilisateur. Le schéma ne remplace ni un plan de fabrication ni une mesure sur l’objet réel.
Pour décrire l’expérience d’usage, observe une tâche précise : trouver le dépôt, comprendre un signal, ouvrir sans confusion, reprendre son livre. On peut tester un prototype de papier avec des scénarios identiques, sans demander de nom, de mot de passe ou d’information personnelle. Si une personne doit lire une couleur seule pour agir, une étiquette textuelle peut améliorer la compréhension. L’ergonomie s’étudie par des conditions et des observations, non par un jugement sur les capacités d’une personne.
Dossier original Maxdecours ; seuils propres à une maquette, non réglementaires.
| Attente | Exigence fictive | Vérification proposée |
|---|---|---|
| Circulation | Au moins 100 cm de passage sur le plan | Mesurer la distance avec une règle à l’échelle |
| Compréhension | Signal libre/occupé en texte et en couleur | Trois scénarios sur une interface de papier |
| Données | Aucun nom pour le simple dépôt | Inventorier les données demandées |
| Entretien | Étiquette remplaçable sans changer le casier | Observer la fixation prévue |
Associe chaque exigence à son interacteur et explique pourquoi le test est pertinent.
À retenir. Délimite le système et nomme chaque interaction ; un essai d’usage porte sur une tâche observable.
Étape 4
Une IA apprend à partir de données, pas d’une vérité garantie
Dans un apprentissage supervisé, des exemples sont accompagnés de réponses attendues, comme des images étiquetées pour apprendre une classification. Un apprentissage non supervisé cherche des regroupements ou des structures sans ces étiquettes de réponse. Un apprentissage par renforcement ajuste des actions à partir d’un signal de récompense dans un environnement. Ces grandes familles peuvent se combiner ; leur nom ne prouve pas qu’un modèle comprend ou raisonne comme une personne.
Une règle programmée « si présence ET faible lumière, allumer » n’apprend pas à partir d’exemples : ses conditions sont écrites explicitement. Un modèle appris peut classer de nouveaux exemples, mais se tromper lorsque les données ou les conditions diffèrent. Une réponse fluide ou un résultat précis en apparence ne suffit pas comme preuve. Dans une tâche documentaire, on vérifie les faits à partir de sources adaptées et on ne confie pas de données personnelles à un outil pour cet exercice.
Exemple fictif : un classificateur distingue les images de bacs vides et occupés. Il réussit 18 cas sur 20 dans une salle claire et 6 sur 20 dans une salle sombre. Le taux global de 24 sur 40, soit 60 %, masque une différence importante : 90 % contre 30 %. Il faut connaître la composition des exemples d’apprentissage et de test, vérifier les deux contextes et rechercher des erreurs systématiques. Ce dossier inventé illustre une méthode ; il ne mesure aucun service réel ni ne diagnostique un élève.
Un biais peut venir d’exemples peu représentatifs, d’étiquettes discutables, du choix d’une variable ou du contexte d’emploi. Une nouvelle série indépendante sert à vérifier une modification ; réutiliser les exemples déjà appris ne démontre pas la généralisation. Ajouter une collecte massive n’est pas automatiquement la solution : pertinence, minimisation des données, possibilité d’une règle plus simple et responsabilité humaine doivent être examinées.
À retenir. Nomme les données, les conditions et les erreurs ; une moyenne peut masquer un biais.
Étape 5
Décider avec des preuves et des compromis
Un argument technique associe un critère, une donnée et un raisonnement. « La solution A paraît moderne » ne suffit pas. « A respecte le passage de 100 cm du cahier fictif, ne demande pas de compte et coûte moins dans le dossier » est vérifiable. Les données doivent porter sur un service comparable : un coût seul ne permet pas de juger la capacité, la maintenance ou la qualité d’usage.
Les trois dimensions du développement durable concernent notamment les effets environnementaux, sociaux et économiques. Un choix peut réduire un flux de données mais augmenter un besoin de maintenance ; un matériau durable peut demander plus de ressources à fabriquer. Une comparaison honnête expose le périmètre connu et les critères non mesurés. Elle n’additionne pas des euros, des kilogrammes et des avis dans un score dépourvu de règle.
Pour présenter un choix, indique le besoin, les options, les critères prioritaires et le résultat du dossier, puis une limite et le prochain essai. Une opinion peut être recevable si elle est argumentée ; la grille n’évalue pas l’adhésion à l’automatisation ou à une position politique. Une revue de projet peut conserver deux solutions avant des tests réels. Le but est de rendre une décision explicable et révisable lorsque les conditions changent.
À retenir. Un choix justifié conserve les limites et le prochain test, pas seulement les avantages.
L’essentiel à retrouver
Ta fiche de révision
- Besoin : service attendu. Fonction : action à assurer. Solution : moyen choisi.
- Explique une évolution par les besoins, les possibilités et les contraintes, pas par « ancien donc mauvais ».
- Délimite le système et nomme chaque interaction ; un essai d’usage porte sur une tâche observable.
- Nomme les données, les conditions et les erreurs ; une moyenne peut masquer un biais.
- Un choix justifié conserve les limites et le prochain test, pas seulement les avantages.
Des erreurs à comprendre
Le besoin est d’acheter le composant proposé.
Formule le service et les usagers avant le moyen technique.
Le plus récent est nécessairement meilleur.
Compare les usages, contraintes et effets avec des données.
L’IA affiche une réponse, donc elle est fiable.
Analyse les conditions, les erreurs et un test indépendant.
L’expérience d’usage est un jugement sur la personne.
Observe une tâche et une interface avec critères, sans données personnelles inutiles.
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Sources et repères
Édition Maxdecours · Année scolaire 2026-2027 · Vérification documentaire : 2026-10-20.
Programme de technologie du cycle 4, BO n° 9 du 29 février 2024 · Ministère de l'Éducation nationale · p. 3-6 : évolution des OST, usages du numérique, interacteurs, exigences et critères ; repères de troisième relus le 3 octobre 2026.
Enseigner au cycle 4 : programmes à la rentrée 2026-2027 · Éduscol, DGESCO · Technologie 2024 applicable à la troisième en 2026-2027.
L’observation d’objets réels, les essais avec des utilisateurs et les échanges de projet se font avec ton professeur. Les dossiers numériques préparent l’analyse ; ils ne prouvent pas un confort ni une conformité d’un équipement réel.