Sciences de la vie et de la Terre · Troisième générale · 2026-2027 · Brevet 2027

Parenté et évolution : lire un arbre et expliquer un changement

Les êtres vivants partagent une histoire évolutive. Un arbre représente des relations de parenté ; des variations héréditaires et des différences de reproduction peuvent modifier une population au fil des générations, sans intention ni progrès obligatoire.

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Objectifs du chapitre

Ce que tu vas savoir faire

  • Classer avec des caractères partagés et lire des parentés.
  • Distinguer ancêtre commun et espèce actuelle.
  • Relier fossiles, changements de biodiversité et temps longs.
  • Expliquer mutation, sélection naturelle et rôle du hasard.
  • Analyser un modèle de population sans le prendre pour une mesure réelle.

Une population de cent organismes contient vingt porteurs d’une variante ; leur fréquence est 20 %. Une variation de fréquence entre générations ne signifie pas qu’un individu s’est transformé pour répondre à un besoin.

Étape 1

Classer avec ce qui est présent, pas avec un jugement

Classer scientifiquement ne signifie pas ranger du « moins bon » au « meilleur ». On recherche des caractères partagés, dont la présence comparable peut indiquer une histoire commune. Une aile de chauve-souris et un bras humain présentent un même plan osseux modifié ; la fonction différente ne supprime pas cette homologie. Des ressemblances de fonction peuvent aussi apparaître indépendamment : voler ne suffit pas à regrouper tous les organismes ailés.

Le tableau est un échantillon réduit. La truite, le lézard, la souris et l’humain ont un squelette interne osseux. Lézard, souris et humain possèdent quatre membres dans le modèle ; souris et humain portent des poils. Ces ensembles emboîtés permettent de proposer des parentés. On classe à partir des caractères présents, et non par des groupes vagues comme « ceux qui ne volent pas ».

Une classification porte sur des informations observées et discutées. Un caractère absent dans un tableau peut être inconnu ou avoir été perdu au cours de l’histoire ; toutes les comparaisons réelles ne sont pas aussi simples. L’échantillon n’inclut pas toutes les espèces et ne définit pas le plus proche parent de l’humain dans le monde entier. Distingue ce que les données permettent de conclure de ce qui demande davantage d’espèces ou de caractères.

Matrice de caractères, limitée à cinq espèces

Tableau didactique original simplifié ; caractères anatomiques usuels, pas données issues d’une expérience Maxdecours.

Matrice de caractères, limitée à cinq espèces
Espèce de l’échantillonSquelette interne osseuxQuatre membresPoils
EscargotNonNonNon
TruiteOuiNonNon
LézardOuiOuiNon
SourisOuiOuiOui
HumainOuiOuiOui

Forme des ensembles emboîtés à partir des « Oui ». L’absence de quatre membres ne signifie pas absence de squelette.

À retenir. Un groupe de parenté s’appuie sur des caractères partagés, pas une note de perfection.

Étape 2

Lire des branches et des ancêtres communs

Les extrémités d’un arbre correspondent aux espèces ou groupes comparés. Les bifurcations représentent des ancêtres communs hypothétiques. Deux espèces sont plus proches dans l’arbre lorsqu’elles partagent un ancêtre commun plus récent que celui qu’elles partagent avec une troisième. Cela ne dit pas qu’une espèce actuelle est la mère de l’autre. L’humain ne descend pas d’une souris actuelle ; leurs lignées partagent une histoire.

Pour comparer humain, souris et lézard dans ce seul modèle, pars des extrémités et remonte jusqu’au premier nœud commun à humain et souris. Le nœud partagé avec le lézard est plus ancien dans l’ordre des bifurcations. Tu peux tourner des branches autour d’un nœud sans changer la parenté. Une espèce dessinée plus haut, à droite ou près d’une autre sur la page n’est pas automatiquement plus proche.

Le schéma ne donne pas d’échelle temporelle : la longueur d’un trait ne permet aucun calcul d’âge. Certaines branches ne sont pas représentées ; un groupe défini sur cinq espèces reste un échantillon. Les espèces actuelles ne forment pas une suite escargot → truite → lézard → souris → humain. Elles occupent les extrémités de branches différentes et continuent toutes d’évoluer.

Un arbre de parenté limité

Schéma original Maxdecours construit pour le tableau du cours, sans copie d’une planche du Muséum et sans échelle de durée.

Escargot, truite, lézard, souris et humain sont aux extrémités. Les ensembles emboîtés utilisent squelette interne osseux, quatre membres et poils. Les nœuds sont des ancêtres hypothétiques ; aucune espèce actuelle n’est l’ancêtre direct d’une autre.Agrandir l’image

Vérifie les ensembles avec le tableau. Décris la parenté sans mesurer les traits.

Exemple résolu · Pas à pas

Comparer sans lire une distance sur la page

Comparer humain, souris et lézard dans le schéma.

  1. Trouver le nœud commun à humain et souris.
  2. Comparer avec le nœud commun incluant le lézard.
  3. Le premier est plus récent dans l’ordre des bifurcations du modèle.

Humain et souris sont plus apparentés entre eux dans cet échantillon, sans filiation directe ni âge calculable.

À retenir. Remonte aux nœuds pour comparer, sans transformer les extrémités en ancêtres.

Étape 3

Fossiles et biodiversité : une histoire ramifiée

Un fossile est un reste ou une trace d’être vivant conservé dans un contexte géologique. Des successions de couches, leurs relations et des méthodes de datation permettent d’étudier un ordre et des âges, avec leurs limites. Tous les organismes ne se fossilisent pas de la même façon ; les archives sont incomplètes. L’absence d’un fossile dans une couche ne prouve pas à elle seule l’absence de toute forme de vie.

Les archives montrent des apparitions, diversifications et disparitions de groupes au cours du temps. Des crises ont modifié fortement la biodiversité ; des lignées ont disparu et d’autres se sont diversifiées. Une crise ne fait pas forcément disparaître tous les êtres vivants. Une espèce actuelle n’est pas une version inchangée d’un fossile parce que sa forme générale paraît semblable.

Les ressemblances anatomiques, caractères partagés et données génétiques apportent des arguments complémentaires sur les parentés. L’espèce humaine appartient au monde vivant et partage des ancêtres avec d’autres espèces ; elle n’est pas une finalité prévue de l’évolution. Une histoire évolutive est ramifiée et soumise aux circonstances. Dire qu’une espèce est « plus évoluée » confond valeur, complexité choisie et parenté.

À retenir. Fossiles et comparaisons renseignent une histoire avec diversifications et extinctions, pas une marche obligatoire vers l’humain.

Étape 4

Variations héréditaires et mutations : pas une réponse volontaire

Au sein d’une population, les individus ne sont pas tous identiques. Des différences héréditaires peuvent être liées à des versions de gènes. Des mutations modifient une séquence d’ADN ; elles ne surviennent pas parce qu’un organisme décide de mieux s’adapter. Le hasard est relatif aux besoins de l’organisme : le milieu n’écrit pas à la demande la mutation qui lui serait utile.

Une différence visible peut aussi venir de l’environnement et ne pas être transmise de la même manière. Une plante moins développée par manque d’eau n’a pas forcément reçu un nouvel allèle. Pour expliquer une évolution d’un caractère par sélection, précise variation, transmission et différence de contribution à la génération suivante. Observer deux couleurs ne prouve pas à lui seul leur mode d’hérédité.

La reproduction redistribue des versions de gènes ; des événements aléatoires peuvent aussi modifier les fréquences, surtout dans de petits groupes. Le hasard n’est pas une absence de mécanisme scientifique : on peut étudier ses effets à l’échelle des populations. Sélection, mutations, migrations et hasard ne sont pas une formule qui prédirait avec certitude chaque avenir biologique.

À retenir. Variation, hérédité et contribution à la descendance doivent être distinguées.

Étape 5

Expliquer la sélection avec survie et reproduction

Dans un milieu donné, un caractère héréditaire peut contribuer à une meilleure survie ou à une descendance plus nombreuse. La fréquence de ce caractère peut alors augmenter au fil des générations : c’est une sélection naturelle. Ce n’est pas le plus grand ou le plus fort au sens courant qui gagne toujours. Le résultat dépend du milieu, des relations et de la reproduction.

Le modèle fictif comprend cent coléoptères : vingt sombres et quatre-vingts clairs. Après une situation de prédation supposée, seize sombres et seize clairs survivent. Les taux de survie sont 16/20 = 80 % et 16/80 = 20 %. Parmi les survivants, la fréquence des sombres est 16/32 = 50 %. Aucun coléoptère clair n’est annoncé devenu sombre : la composition du groupe a changé.

Si les survivants se reproduisent et si la couleur étudiée est héréditaire selon les hypothèses, la composition de la descendance peut être modifiée. Il faut indiquer ces hypothèses ; la survie seule n’établit pas toute l’histoire. Un autre milieu pourrait favoriser une autre variante. Le modèle n’est ni une expérience réalisée ni une mesure de tous les coléoptères. Il sert à distinguer taux de survie d’un groupe et fréquence dans le total.

Un modèle fictif à deux variantes

Données originales de sélection simplifiée, pas un élevage, une simulation exécutée ou une expérience réellement effectuée.

Un modèle fictif à deux variantes
Variante héréditaire supposéeAvantSurvivants
Sombre2016
Claire8016

Calcule effectifs, taux de survie et fréquences ; explicite les hypothèses pour la reproduction.

À retenir. La sélection change les fréquences par des différences de contribution, sans transformation volontaire des individus.

L’essentiel à retrouver

Ta fiche de révision

  • Les caractères partagés construisent des groupes emboîtés.
  • Un nœud représente un ancêtre commun hypothétique.
  • Les espèces actuelles ne forment pas une suite ascendante.
  • Les archives fossiles sont utiles mais incomplètes.
  • Les mutations ne répondent pas volontairement à un besoin.
  • Sélection et hasard peuvent modifier des fréquences au fil des générations.

Des erreurs à comprendre

Lire la proximité à partir de la distance entre les noms sur la page.

Remonte aux nœuds communs.

Dire qu’un organisme actuel est l’ancêtre direct de son voisin.

Les espèces comparées sont aux extrémités ; les ancêtres sont les nœuds.

Confondre fréquence des survivants et taux de survie d’une variante.

Écris le dénominateur avant le pourcentage.

Attribuer une mutation au souhait de survivre.

La variation peut exister avant la sélection ; aucun choix ne crée l’allèle nécessaire.

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Sources et repères

Édition Maxdecours · Année scolaire 2026-2027 · Vérification documentaire : 2026-10-03.

Programme du cycle des approfondissements, BO n° 31 du 30 juillet 2020 · Ministère de l'Éducation nationale · Référence disciplinaire applicable, sections utiles consultées en ligne le 3 octobre 2026 ; progression annuelle proposée Maxdecours.

Enseigner au cycle 4 : programmes à la rentrée 2026-2027 · Éduscol, DGESCO · Programme applicable à la troisième en 2026-2027.

Qu’est-ce que la sélection naturelle ? · Muséum national d’Histoire naturelle · Variations héréditaires et différences de survie/reproduction ; aucun exemple ou traitement médical recopié.

L’arbre du vivant · Muséum national d’Histoire naturelle · Parentés, attributs et nœuds ; arbre original limité à l’échantillon du cours.

L’observation de collections, fossiles ou organismes et les sorties sont organisées par ton professeur. Le modèle est fictif ; ne mène pas d’expérience de sélection, d’élevage ou de culture de micro-organismes seul.

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