Mathématiques · Troisième générale · 2026-2027 · Brevet 2027

Thalès : calculer une longueur et démontrer un parallélisme

Le théorème de Thalès relie des longueurs dans une configuration avec parallélisme. Sa réciproque permet de démontrer ce parallélisme si les alignements, l'ordre des points et l'égalité des rapports sont vérifiés.

  1. Comprendre
  2. Essayer
  3. Se corriger
  4. Retenir
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  • 2Questions du quiz avec abonnement
  • 6Cartes avec abonnement

Objectifs du chapitre

Ce que tu vas savoir faire

  • Identifier les alignements et le parallélisme avant d'utiliser Thalès.
  • Écrire des rapports avec des côtés correspondants dans le même ordre.
  • Calculer une longueur en conservant les unités et vérifier son sens.
  • Utiliser la réciproque ou un contre-exemple avec toutes les hypothèses.
  • Utiliser les rapports de Thalès dans une configuration croisée en contrôlant l’ordre des points.

Un segment semble parallèle à un autre sur une figure. Est-ce une preuve ? Non : il faut une donnée, une construction justifiée ou une démonstration. Avant tout calcul, écris ce qui est connu et ce qui est à établir.

Étape 1

Reconnaître la configuration et ses hypothèses

On considère un triangle ABC, avec A, B et C non alignés. M appartient au segment [AB] et N au segment [AC]. Si les droites (MN) et (BC) sont parallèles, les triangles AMN et ABC ont des côtés correspondants dont les longueurs sont proportionnelles. Les alignements ne sont pas un détail : ils déterminent les côtés qui se correspondent.

Dans cette configuration intérieure, AM correspond à AB, AN à AC et MN à BC. A est le sommet commun. Le petit triangle peut être obtenu par une réduction de rapport k, avec 0 < k < 1 lorsque M et N sont entre les extrémités. Le parallélisme est une hypothèse du théorème ; on ne peut pas le déduire seulement de l'apparence du dessin.

Le théorème s'utilise aussi dans des configurations sur deux droites sécantes, notamment avec deux points de l'autre côté de A. On doit identifier les alignements, les côtés correspondants et le parallélisme de la même manière. Des longueurs sont positives ; l'ordre et les positions des points restent indispensables, surtout pour une réciproque.

La figure ci-dessous illustre une configuration donnée. Les longueurs écrites font foi pour l'exercice ; on ne mesure pas les pixels pour remplacer une donnée manquante. Le symbole et l'énoncé de parallélisme apportent l'hypothèse nécessaire. Pour produire une justification, cite les alignements et le parallélisme avant la relation de rapports.

Un triangle non dégénéré et des longueurs non nulles permettent d'écrire les quotients. Si un point était confondu avec A, certaines écritures et une partie du raisonnement changeraient. Dans les exercices de ce chapitre, tous les points utilisés pour les rapports sont distincts.

Configuration intérieure de Thalès

Figure originale Maxdecours. A, M, B et A, N, C sont alignés dans cet ordre ; (MN) est parallèle à (BC). Longueurs données en cm.

Triangle ABC ; M sur AB et N sur AC. MN est parallèle à BC. AB = 10 cm, AM = 4 cm, AC = 12 cm, AN = 4,8 cm et BC = 14 cm. La longueur MN est à calculer.Agrandir l’image

Repère les côtés correspondants et cite les hypothèses. Ne mesure pas l'image pour obtenir MN.

À retenir. Thalès utilise des alignements et un parallélisme connus ; un dessin ne constitue pas une preuve.

Étape 2

Écrire et utiliser les rapports correspondants

Dans la configuration donnée, le théorème fournit AM/AB = AN/AC = MN/BC. Chaque quotient est une longueur du petit triangle divisée par la longueur correspondante du grand. On pourrait inverser tous les rapports, mais pas un seul au milieu : AB/AM = AC/AN = BC/MN est aussi cohérent.

Avec les données de la figure, les rapports AMAB et ANAC donnent le même coefficient de réduction. Le théorème peut être appliqué parce que les alignements et le parallélisme sont donnés. Pour obtenir MN, choisis ensuite le rapport contenant cette inconnue et BC. Contrôle le sens du résultat : le petit côté doit rester inférieur au grand.

Calcul poséUtiliser le rapport dans une configuration intérieure
Étapes du calcul : Utiliser le rapport dans une configuration intérieure
k=410
On compare les côtés correspondants AM et AB.
=0,4
Le même rapport est donné par 4,812.
MN=14×0,4
Le rapport MN/BC vaut k ; on multiplie BC par ce rapport.
=5,6
On effectue le produit, avec des longueurs données en cm.

Conclusion. MN mesure 5,6 cm, inférieur à BC = 14 cm. Les rapports restent cohérents.

Choisis le couple de rapports contenant la longueur inconnue et des données connues. Un produit en croix est une transformation d'une égalité de quotients, pas une formule à appliquer à quatre nombres pris au hasard. Écris la relation puis isole l'inconnue en respectant les opérations.

Si on cherche un grand côté à partir du petit, on divise par le rapport de réduction. Par exemple, avec MN = 6 cm et k = 0,75, BC = 60,75 = 8 cm. Multiplier donnerait 4,5 cm, inférieur au petit côté ; un contrôle du sens permet de repérer cette erreur.

Conserve une valeur exacte pendant le calcul lorsque c'est possible. Si un quotient vaut 13, ne le remplace pas trop tôt par 0,33. Pour une longueur de 12 cm réduite dans ce rapport, le résultat exact est 4 cm. L'arrondi intervient seulement quand l'énoncé le demande, avec l'unité dans la conclusion.

Exemple résolu · Pas à pas

Une longueur inconnue sur le côté oblique

Dans une configuration intérieure avec (MN) // (BC), AM = 3 cm, AB = 8 cm et AC = 12 cm. Calcule AN.

  1. Citer les alignements et le parallélisme donnés.
  2. Écrire AM/AB = AN/AC, soit 38 = AN/12.
  3. Multiplier par 12 : AN = 12 × 38 = 4,5 cm.
  4. Vérifier que 4,5 < 12 et que les rapports valent tous deux 0,375.

AN = 4,5 cm ; le rapport est cohérent avec une réduction.

À retenir. Les rapports doivent associer des côtés correspondants et garder le même ordre.

Étape 3

Utiliser Thalès quand les triangles sont de part et d’autre du sommet

Dans une configuration croisée, A se trouve entre M et B et entre N et C. Les deux triangles AMN et ABC sont de part et d’autre de A : M n’appartient plus au segment [AB], et N n’appartient plus à [AC]. Le sommet commun et les correspondances restent A avec A, M avec B et N avec C. Commence par placer les points sur les deux droites avant de choisir des rapports.

Dans la figure donnée, les droites (MN) et (BC) sont parallèles. Le théorème donne les mêmes rapports de longueurs que dans le cas intérieur. Toutes ces longueurs sont positives : AM = 6 cm, AB = 9 cm, AN = 8 cm et AC = 12 cm. Le dessin ne sert pas de règle graduée ; les données et le parallélisme de l’énoncé font foi.

Calcul poséIdentifier le rapport commun positif
Étapes du calcul : Identifier le rapport commun positif
AMAB=69
On compare AM à AB, les côtés correspondants.
=23
On simplifie le premier rapport.
ANAC=812
On conserve le même ordre pour la seconde droite.
=23
Les deux rapports de longueurs sont cohérents.

Conclusion. Le rapport des longueurs est 23. Le parallélisme donné autorise Thalès, même dans la configuration croisée.

Pour calculer MN, utilise BC = 15 cm et le rapport commun. La longueur obtenue est positive même si les triangles sont de part et d’autre de A. Dans cette configuration, MB vaut AM + AB, car A est entre les deux points ; soustraire les deux longueurs serait adapté à un autre ordre de points.

Calcul poséCalculer une longueur dans la configuration croisée
Étapes du calcul : Calculer une longueur dans la configuration croisée
MN=15×23
Le rapport MN/BC vaut 23 ; BC est donné en cm.
=10
On multiplie 15 par le rapport, sans ajouter de signe négatif à une longueur.

Conclusion. MN mesure 10 cm. Sur l’autre droite, MB mesure 6 + 9 = 15 cm, car A est entre M et B.

La réciproque exige, elle aussi, des positions cohérentes sur les deux droites. Si tu déplaces seulement N du même côté de A que C tout en conservant les longueurs, l’égalité des rapports positifs ne suffit plus à conclure. Dans le modèle de la figure, l’homothétie qui envoie B sur M et C sur N a pour rapport −23 : son signe décrit les côtés opposés de A. Le rapport des longueurs, lui, vaut 23 et reste positif.

Deux triangles de part et d’autre de A

Figure originale Maxdecours, 18 octobre 2026. Modèle géométrique : A est entre M et B et entre N et C ; (MN) est parallèle à (BC). Dimensions données en cm.

Deux droites sécantes en A portent M, A, B dans cet ordre et N, A, C dans cet ordre. MN et BC sont parallèles. AM = 6 cm, AB = 9 cm, AN = 8 cm, AC = 12 cm, BC = 15 cm ; MN est à calculer. Les triangles AMN et ABC sont de part et d’autre de A.Agrandir l’image

Nomme les côtés correspondants et justifie le rapport utilisé. Compare le rapport des longueurs au signe de l’homothétie, sans mesurer les pixels.

À retenir. Dans une configuration croisée, vérifie les deux alignements et la position de A entre les points ; les rapports de longueurs utilisent des distances positives.

Étape 4

Démontrer le parallélisme, pas le supposer

La réciproque répond à une autre question : les droites sont-elles parallèles ? On connaît les alignements et les longueurs, mais pas encore le parallélisme. Dans la configuration intérieure, on vérifie que A, M, B et A, N, C sont alignés dans cet ordre, puis que AM/AB = AN/AC. La réciproque permet alors de conclure (MN) // (BC).

Par exemple, les données AB = 10 cm, AM = 4 cm, AC = 15 cm et AN = 6 cm permettent une comparaison exacte. Si M appartient à [AB] et N à [AC], les ordres sont cohérents. La conclusion obtenue sera une démonstration de parallélisme, pas une hypothèse ajoutée pour arranger le calcul.

Calcul poséComparer les rapports sans arrondir
Étapes du calcul : Comparer les rapports sans arrondir
AMAB=410
On prend le même ordre petit/grand dans les deux rapports.
=25
On simplifie exactement le premier rapport.
ANAC=615
Le second rapport utilise les côtés correspondants.
=25
La même fraction exacte est obtenue.

Conclusion. Avec les alignements et les ordres donnés, l’égalité des rapports permet d’appliquer la réciproque : (MN) est parallèle à (BC).

Deux quotients égaux sans information de position ne suffisent pas. Si M est du même côté de A que B, mais N du côté opposé à C, les longueurs peuvent donner des rapports positifs égaux sans le parallélisme attendu. Les points doivent être placés de manière cohérente sur les deux droites ; dans une configuration croisée, les deux paires doivent correspondre avec le même ordre relatif.

On peut aussi démontrer l'absence de parallélisme lorsque les rapports correspondants sont différents dans une configuration autorisée. Si les droites étaient parallèles, Thalès imposerait l'égalité. Le constat d'une inégalité contredit cette conséquence. C'est un raisonnement par contraposée, souvent formulé en troisième en expliquant l'impossibilité.

Attention aux arrondis. Les nombres 0,333 et 0,333 peuvent provenir de rapports exacts différents ; leur seule apparence décimale ne prouve pas l'égalité. Compare des fractions par simplification ou produits exacts lorsque les données le permettent. Pour des mesures réelles, une approximation ne devient pas une preuve géométrique exacte.

À retenir. La réciproque exige l'égalité des rapports et des alignements avec un ordre cohérent.

Étape 5

Rédiger, contrôler et transférer la méthode

Une rédaction distingue données, outil et conclusion. Pour un calcul, les données incluent le parallélisme ; l'outil est Thalès ; la conclusion est une longueur avec unité. Pour une preuve de parallélisme, les données sont les alignements et longueurs ; l'outil est la réciproque ; la conclusion est le parallélisme. Confondre ces démarches produit une justification circulaire.

Dans un problème de mesure indirecte, un schéma met en relation les grandeurs. On doit expliquer pourquoi les droites sont parallèles, par exemple grâce à des verticales perpendiculaires à un même sol horizontal dans le modèle donné. L'hypothèse sur le terrain et les positions n'est pas automatiquement vraie dans une situation réelle.

Un résultat se contrôle par son ordre de grandeur, ses unités et les rapports. Si le rapport est inférieur à 1 mais la longueur réduite dépasse le grand côté, reprends les côtés correspondants ou le sens de la division. Si la conclusion dépend d'une égalité obtenue seulement après arrondi, conserve les valeurs exactes.

Une figure peut être orientée différemment ou représenter une configuration croisée. Les lettres ne doivent pas te pousser à réciter un rapport sans retrouver les positions. Fais un petit schéma et marque les correspondances. En cas de doute sur une hypothèse absente, indique ce qui manque plutôt que de supposer le parallélisme.

La preuve et le calcul demandent aussi une communication lisible. Une réponse numérique correcte ne démontre pas à elle seule que le bon théorème a été utilisé. Les activités ouvertes du chapitre demandent les hypothèses et le raisonnement ; leur grille aide à relire une démonstration sans attribuer une note automatique à un texte libre.

À retenir. Le sens de la démarche et les hypothèses comptent autant que le résultat numérique.

L’essentiel à retrouver

Ta fiche de révision

  • Dans une configuration autorisée avec parallélisme : AM/AB = AN/AC = MN/BC.
  • Citer les alignements et le parallélisme avant le calcul.
  • Garder le même ordre dans les côtés correspondants.
  • La réciproque démontre un parallélisme avec rapports égaux et ordre cohérent.
  • Des rapports différents permettent d'exclure le parallélisme dans la configuration étudiée.
  • Contrôler l'unité, l'ordre de grandeur et l'égalité exacte.
  • Dans une configuration croisée, A est entre les points de chacune des deux droites ; les rapports de longueurs sont positifs même si l’homothétie associée a un rapport négatif.

Des erreurs à comprendre

Utiliser un parallélisme parce qu'il est visible sur le dessin.

Cherche une donnée ou une preuve ; la mesure d'une image ne fournit pas l'hypothèse.

Écrire AM/AB = AC/AN.

Un rapport est petit/grand, l'autre grand/petit. Inverse tous les rapports ou aucun.

Utiliser Thalès pour prouver son propre parallélisme.

Pour démontrer le parallélisme, pars des longueurs et alignements, puis utilise la réciproque.

Donner une longueur négative parce que les triangles sont de part et d’autre de A.

Une longueur est une distance positive. Le signe de l’homothétie décrit la position par rapport au centre ; les rapports des distances restent positifs.

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Sources et repères

Édition Maxdecours · Année scolaire 2026-2027 · Vérification documentaire : 2026-10-18.

Attendus de fin d'année de troisième en mathématiques · Éduscol, DGESCO · Espace et géométrie, p. 8-10 PDF : Thalès, réciproque et rédaction d'un raisonnement.

Programme du cycle des approfondissements, BO n° 31 du 30 juillet 2020 · Ministère de l'Éducation nationale · Mathématiques : géométrie, rapports et démonstration. Progression proposée en troisième pour les configurations étudiées.

Trace les figures et rédige les démonstrations sur ton cahier. Le score numérique contrôle les longueurs ; la preuve écrite se relit avec la grille et peut être discutée avec ton professeur.

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