Objectifs du chapitre
Ce que tu vas savoir faire
- Distinguer fin de la bipolarité et fin des conflits.
- Analyser le cas de la Bosnie à partir d’acteurs, de lieux et de repères.
- Différencier populations, forces armées et responsables de crimes.
- Comprendre que maintien de la paix, aide et justice répondent à des besoins différents.
- Expliquer la coopération climatique à la COP21 sans prendre un objectif pour un résultat.
L’ouverture du mur en 1989 ne signifie pas qu’une paix universelle s’installe. Une décision internationale ne garantit pas à elle seule la protection de chaque personne ni l’exécution de tous les engagements.
Étape 1
La fin d’un ordre, pas la fin de l’histoire
L’ouverture du mur en 1989, la réunification allemande en 1990 et la disparition de l’URSS en 1991 mettent fin à des structures majeures de la guerre froide. Les États-Unis restent alors une puissance prépondérante. Les frontières, les alliances et les régimes évoluent ; de nouveaux États apparaissent. Un changement d’ordre international crée des possibilités de coopération, mais peut aussi révéler ou aggraver des tensions.
Le monde ne se réduit plus aux deux blocs de la même manière. Des puissances, des organisations régionales, des entreprises et des acteurs non étatiques prennent part aux relations internationales. La puissance se mesure dans plusieurs domaines : militaire, économique, diplomatique et culturel. Un État peut être influent dans un domaine sans contrôler tous les autres. Une représentation avec un seul chef qui déciderait de tout le monde serait trompeuse.
Des rivalités portent sur des territoires, des ressources, la sécurité ou des projets politiques. La mondialisation rend les relations plus nombreuses sans effacer les conflits. Pour expliquer une situation, il faut donc identifier les acteurs et les enjeux au lieu d’utiliser « après 1989 » comme une cause suffisante. Les événements d’un pays peuvent avoir des effets dans d’autres espaces, par les échanges, les déplacements de personnes et les interventions internationales.
À retenir. La fin de la bipolarité transforme les rapports de puissance ; elle ne garantit pas une paix générale.
Étape 2
Un cas européen : la guerre en Bosnie, 1992-1995
La Bosnie-Herzégovine est située dans les Balkans, au sud-est de l’Europe. Elle faisait partie de la Yougoslavie, qui se disloque au début des années 1990. La guerre de 1992-1995 s’inscrit dans cet éclatement, avec des projets politiques et territoriaux antagonistes. L’expliquer par une prétendue haine éternelle entre populations est un raccourci : il faut étudier décisions, organisations, rapports de force et contexte.
La guerre touche profondément les civils : sièges, déplacements forcés et crimes sont commis. Des dirigeants et des forces cherchent à contrôler des territoires en excluant des populations. Le mot « population » ne désigne pourtant pas une armée unique : des personnes d’une même origine peuvent connaître des positions et des situations différentes. Les responsabilités d’organisations et de personnes ne doivent pas être attribuées indistinctement à tous les membres d’un groupe.
En juillet 1995, des forces serbes de Bosnie commettent le génocide de Srebrenica contre des Bosniaques musulmans. La qualification de génocide est établie par la justice internationale : ce n’est pas une opinion politique parmi des avis interchangeables. La brochure du TPIY consultée explique le rôle des preuves et des enquêtes. Le cours ne reproduit ni descriptions graphiques ni témoignages de violence ; il conserve les faits nécessaires à la compréhension historique.
Tableau original Maxdecours. Repères historiques tirés des institutions européennes et des documents du TPIY/ONU, sans photographie de violence.
| Repère | Événement | Question historique |
|---|---|---|
| 1991 | Début de la dislocation de la Yougoslavie | Quels nouveaux pouvoirs et territoires ? |
| 1992-1995 | Guerre en Bosnie-Herzégovine | Quels acteurs, enjeux et effets sur les civils ? |
| 1993 | Création du TPIY par l’ONU | Comment enquêter et juger des responsabilités ? |
| Juillet 1995 | Génocide de Srebrenica | Quels faits et quelles responsabilités établis ? |
| 1995 | Accords de paix de Dayton | Comment arrêter les combats et organiser l’après-guerre ? |
Ne confonds pas la date du crime, la création du tribunal et les dates de jugements ultérieurs. Une chronologie ne suffit pas à expliquer les responsabilités.
À retenir. Un conflit doit être expliqué par des acteurs et des décisions ; reconnaître des crimes établis n’impute pas une responsabilité à une population entière.
Étape 3
Arrêter les combats, protéger et rendre justice
Une opération de maintien de la paix, une aide humanitaire et un tribunal n’ont pas la même fonction. Une mission peut surveiller un cessez-le-feu ou accompagner une mise en œuvre politique ; l’aide répond à des besoins de personnes ; la justice enquête sur des actes et juge des responsabilités. L’existence d’une organisation internationale ne signifie pas qu’elle dispose de tous les moyens nécessaires pour protéger chaque civil.
Les accords de Dayton de 1995 mettent fin à la guerre en Bosnie et organisent un cadre de paix. Arrêter des combats n’efface pas les pertes, les déplacements ni les tensions. La reconstruction concerne les logements, les institutions, les services et les relations entre personnes. Il faut donc distinguer une étape diplomatique et le long travail de consolidation. Un bilan sérieux examine à la fois les décisions et leurs effets.
Le Tribunal pénal international pour l’ex-Yougoslavie, créé par l’ONU en 1993, établit des responsabilités individuelles à partir de preuves. Témoignages, archives et enquêtes doivent être confrontés et examinés. Cette démarche ne consiste ni à voter sur la réalité d’un crime ni à déclarer une origine collective coupable. Elle illustre la recherche d’une justice internationale après de graves violences, avec des procédures distinctes des négociations de paix.
Exemple résolu · Pas à pas
Associer un acteur et une fonction
Pourquoi un tribunal ne remplace-t-il pas une mission humanitaire ?
- Identifier le besoin : juger une responsabilité ou répondre à l’urgence d’une personne.
- Définir la fonction du tribunal : enquêter, examiner des preuves et décider selon une procédure.
- Définir la fonction de l’aide : fournir une réponse matérielle ou sanitaire aux besoins.
- Conclure que les fonctions peuvent être nécessaires en même temps sans être interchangeables.
Réparer une situation humanitaire et juger des crimes répondent à deux besoins différents.
À retenir. Aide, protection, négociation et justice sont complémentaires, mais ne remplissent pas la même fonction.
Étape 4
Des menaces qui ne sont pas un affrontement entre deux blocs
Le terrorisme utilise la violence pour produire la terreur et poursuivre des objectifs politiques. Les auteurs d’un attentat doivent être identifiés précisément ; ils ne représentent pas une population entière. Le 11 septembre 2001, l’organisation al-Qaïda mène des attentats aux États-Unis en détournant quatre avions. Deux frappent le World Trade Center, un autre le Pentagone, le quatrième s’écrase en Pennsylvanie. Les faits sont rappelés sans images de destruction ni détails choquants.
Ces attentats montrent qu’une puissance peut être frappée par une organisation non étatique et que les conséquences dépassent les lieux attaqués. Les réponses de sécurité, les interventions et les débats sur les libertés modifient les relations internationales. Il ne faut pas expliquer tout le XXIe siècle par un seul événement : les acteurs, les conflits et les enjeux restent multiples.
Dans une analyse de média, distingue un fait établi, une interprétation et une opinion. Une date et une responsabilité documentées ne sont pas équivalentes à un jugement sur toute une religion. Des décisions de sécurité peuvent faire l’objet de débats démocratiques ; leur étude exige des sources et des arguments. Les exercices évaluent cette précision, pas la préférence de l’élève pour une politique étrangère.
À retenir. Un acteur non étatique peut peser sur la sécurité internationale ; nommer ses actes ne permet pas de condamner une population entière.
Étape 5
COP21 : coopérer sur un enjeu mondial
Le changement climatique constitue un enjeu qui dépasse les frontières : les émissions et leurs effets ne restent pas limités au pays où une activité a lieu. La connaissance scientifique, les politiques publiques et la coopération internationale ont des rôles différents. Les États négocient, les scientifiques établissent des connaissances, des entreprises et des collectivités mettent en œuvre des actions, des organisations et des citoyens participent au débat et à la mobilisation.
Le 12 décembre 2015, la COP21 à Paris adopte l’accord de Paris, qui entre en vigueur le 4 novembre 2016. Son objectif est de maintenir le réchauffement bien en dessous de 2 °C par rapport aux niveaux préindustriels et de poursuivre les efforts vers 1,5 °C. Le texte organise notamment des plans nationaux et un suivi. Adoption, application juridique et effet réel sur les émissions sont trois niveaux distincts.
Les négociations sont difficiles parce que les responsabilités historiques, les ressources et les besoins diffèrent. Atténuer le changement climatique, s’adapter à ses effets et financer des actions nécessitent des choix. Un engagement annoncé doit être distingué d’une mesure effectivement mise en œuvre et d’un résultat observé. Le chapitre de SVT explique les phénomènes ; ici, l’objectif est de comprendre des acteurs et une coopération, pas de mémoriser une projection comme un fait certain.
À retenir. Un accord mondial organise des engagements ; ses objectifs ne prouvent pas à eux seuls leur réalisation.
Étape 6
Construire une analyse à plusieurs échelles
Commence une étude de cas par le lieu, la période, les acteurs et les enjeux. Explique ensuite les relations : qui veut quoi, avec quels moyens, et quelles conséquences ? Termine en replaçant le cas dans un ensemble plus large. La Bosnie est un espace précis, mais sa guerre implique des organisations et des États extérieurs ; la COP21 se tient dans une ville, mais concerne un enjeu mondial.
Présente la nature et la date de chaque source. Une brochure de tribunal écrite après des jugements ne se confond pas avec un reportage réalisé pendant la guerre. Un accord définit des dispositions ; une série de mesures ou de données permet d’en étudier l’application. Une source officielle demande elle aussi une lecture critique : son statut ne transforme pas toutes ses formulations ou tous ses chiffres en vérité intemporelle.
Une réponse construite sur l’après-1989 doit éviter deux idées fausses : une paix universelle après la fin du mur, ou un monde où aucune coopération n’est possible. Présente une transformation de l’ordre international, un cas de conflit et un exemple de coopération. Relie les connaissances aux sources et précise les limites. L’enquête historique et la qualité de l’argumentation restent les critères d’évaluation.
À retenir. Relier lieu, acteurs, enjeux, moyens et conséquences aide à expliquer un cas sans généraliser abusivement.
L’essentiel à retrouver
Ta fiche de révision
- La fin de la bipolarité ne supprime pas les rivalités.
- La Bosnie, 1992-1995, fournit un cas de conflit après la guerre froide.
- Srebrenica en juillet 1995 est un génocide établi par la justice internationale.
- Protection, aide, négociation et justice ont des fonctions distinctes.
- COP21/Paris : adoption 2015, entrée en vigueur 2016, mise en œuvre et résultats à distinguer.
Des erreurs à comprendre
Affirmer une paix universelle à partir de 1989.
Présenter les transformations et un cas de conflit.
Imputer les actes d’une organisation à une population entière.
Nommer les acteurs et les responsabilités établies.
Confondre date d’un crime et date d’une source judiciaire.
Présenter les deux dates et la nature du document.
Transformer un objectif climatique en résultat automatiquement atteint.
Distinguer engagement, mesure et donnée de résultat.
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Sources et repères
Édition Maxdecours · Année scolaire 2026-2027 · Vérification documentaire : 2026-10-03.
Programme du cycle des approfondissements, BO n° 31 du 30 juillet 2020 · Ministère de l'Éducation nationale · Histoire, troisième, thème 2 : enjeux et conflits après 1989, étude de cas et conférence mondiale pour le climat. Programme 2020, PDF p. 84.
Enseigner au cycle 4 : programmes à la rentrée 2026-2027 · Éduscol, DGESCO · Programme applicable à la troisième en 2026-2027.
Histoire de l’Union européenne, 1990-1999 · Union européenne, Direction générale de la communication · Sections sélectionnées et limites de consultation précisées dans le registre.
Historical information, Russian Federation, note 1 · Nations unies, Collection des traités · Sections sélectionnées et limites de consultation précisées dans le registre.
War in Bosnia, 1992-1995 · Mécanisme international appelé à exercer les fonctions résiduelles des Tribunaux pénaux, Nations unies · Sections sélectionnées et limites de consultation précisées dans le registre.
Facts about Srebrenica · Tribunal pénal international pour l’ex-Yougoslavie, Nations unies · Sections sélectionnées et limites de consultation précisées dans le registre.
Security Council authorizes multinational implementation force for Bosnia and Herzegovina · Nations unies, compte rendu du Conseil de sécurité · Sections sélectionnées et limites de consultation précisées dans le registre.
L’Accord de Paris · CCNUCC, Nations unies · Sections sélectionnées et limites de consultation précisées dans le registre.
9/11 Primer, module 1 : Events of the Day · National September 11 Memorial & Museum · Sections sélectionnées et limites de consultation précisées dans le registre.
9/11 Primer, module 2 : Antecedents of 9/11 · National September 11 Memorial & Museum · Sections sélectionnées et limites de consultation précisées dans le registre.
L’analyse est numérique ; une discussion contradictoire gagne à être menée en classe. Aucun récit personnel de violence, aucune appartenance religieuse et aucune opinion politique ne sont demandés. Les contenus n’utilisent pas d’images choquantes.