Histoire · Troisième générale · 2026-2027 · Brevet 2027

La France de 1940 à 1944 : défaite, Vichy et résistances

La défaite militaire de 1940 ouvre une rupture politique et des choix différents : le régime de Vichy collabore avec l’occupant, tandis que des résistances intérieures et extérieures poursuivent le combat. Expliquer ces trajectoires demande de distinguer pouvoirs, acteurs, dates et situations.

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Objectifs du chapitre

Ce que tu vas savoir faire

  • Distinguer défaite, armistice, occupation et régime politique.
  • Expliquer le caractère autoritaire et antisémite de Vichy.
  • Identifier collaboration d’État et différentes formes de résistance.
  • Analyser un court extrait de l’appel du 18 juin sans inventer sa réception.
  • Relier unification de la Résistance, Libération et rétablissement républicain.

L’armistice du 22 juin 1940 n’est pas un traité de paix ni la fin de la guerre mondiale. La France connaît occupation et contraintes, mais certains acteurs continuent le combat. Ne confonds pas une décision gouvernementale et le comportement de toute une population.

Étape 1

La défaite et l’armistice : une rupture, pas la paix

En mai-juin 1940, l’offensive allemande entraîne la défaite française, un exode de civils et une crise gouvernementale. Le gouvernement dirigé par Pétain demande l’armistice, signé le 22 juin avec l’Allemagne. Un armistice suspend des combats selon des conditions ; il ne constitue pas un traité de paix général. La guerre mondiale continue, notamment avec le Royaume-Uni. La défaite ne signifie pas que les soldats français n’ont pas combattu.

Le territoire métropolitain connaît occupation et divisions. Une zone occupée et une zone dite « libre » constituent des repères majeurs de 1940, mais des statuts particuliers existent selon les espaces. « Libre » signifie ici non occupée directement jusqu’à novembre 1942, pas démocratique ni affranchie de toute contrainte. Vichy exerce une autorité soumise à des conditions et mène aussi ses propres politiques.

Pour lire une carte de cette période, demande sa date et sa légende. Une carte de l’été 1940 ne décrit pas le territoire après novembre 1942. Les changements militaires, les zones et les autorités doivent être situés. Une analyse ne peut pas attribuer tous les événements à un seul pouvoir ni supposer que toutes les situations locales sont identiques. Le cadre donne des contraintes ; les acteurs et leurs décisions restent à étudier.

Repères politiques et militaires de 1940-1944

Tableau original Maxdecours, dates recoupées avec Éduscol, l’Assemblée nationale et la Fondation Charles de Gaulle.

Repères politiques et militaires de 1940-1944
DateÉvénementDistinction à retenir
18 juin 1940Appel de de Gaulle depuis LondresPoursuivre le combat, avant la signature de l’armistice
22 juin 1940Armistice avec l’AllemagneSuspension sous conditions, pas paix mondiale
10 juillet 1940Vote des pleins pouvoirs constituantsRupture des institutions républicaines ensuite organisée par Pétain
Novembre 1942Occupation de la zone jusque-là non occupéeUne carte de 1940 ne suffit plus
27 mai 1943Première réunion du CNRUnifier une résistance diverse
15 mars 1944Adoption du programme du CNRAction immédiate et projet après la Libération
Été 1944Libération d’une grande partie du territoireCombat allié, résistance et rétablissement républicain

Place les repères sur une frise. Sépare événements militaires, changements politiques et organisation de la Résistance.

À retenir. L’armistice n’est pas la paix ; la zone dite libre n’est pas une démocratie libre.

Étape 2

Vichy : un régime autoritaire, anti-républicain et antisémite

Le 10 juillet 1940, députés et sénateurs réunis à Vichy votent les pleins pouvoirs constituants au gouvernement sous l’autorité de Pétain ; 80 parlementaires s’y opposent. Pétain organise ensuite l’État français et concentre le pouvoir. Les institutions de la Troisième République sont écartées, les libertés réduites et la démocratie parlementaire n’est plus le cadre effectif. La présence d’un vote ne suffit donc pas à rendre démocratique le régime qui suit.

Le régime met en avant une « Révolution nationale » : cette expression est son propre vocabulaire de propagande. Elle porte un projet autoritaire et conservateur qui attaque des principes républicains et désigne des adversaires. La devise « Travail, Famille, Patrie » remplace la devise républicaine dans ses usages officiels. Une analyse doit expliquer les actes et l’organisation du pouvoir, pas répéter des mots d’ordre comme des vérités.

Vichy adopte des mesures antisémites, notamment les statuts des Juifs, et participe à des persécutions. Certaines décisions sont prises de sa propre initiative, dans un contexte d’occupation et de domination nazie. Il faut donc distinguer pression de l’occupant et responsabilité des autorités françaises, sans présenter Vichy comme un simple spectateur. Les victimes sont des personnes exclues et persécutées, pas des adversaires militaires parce qu’une administration les désigne.

À retenir. Étudier Vichy demande de regarder le pouvoir réel, les libertés et les persécutions, pas seulement ses slogans.

Étape 3

Collaborer et vivre sous occupation : distinguer les acteurs

La collaboration d’État désigne la politique de coopération menée par Vichy avec l’Allemagne nazie. Elle comporte des dimensions politiques, économiques et policières. Des administrations participent aux rafles et à la déportation de Juifs ; la rafle du Vélodrome d’Hiver en juillet 1942 en est un exemple majeur. Les responsabilités des acteurs doivent être nommées précisément, au lieu d’effacer toutes les décisions dans l’expression vague « c’était la guerre ».

Les civils connaissent rationnement, pénuries, surveillance et propagande. Des personnes collaborent activement, d’autres résistent, beaucoup cherchent à survivre dans des situations qui évoluent. Cette diversité n’annule pas les responsabilités d’un régime et des auteurs d’actes précis. Inversement, une décision d’État ne prouve pas que chaque habitant l’approuve. L’étude historique évite les catégories globales qui prétendent décrire tous les comportements.

Le Service du travail obligatoire, instauré en 1943, impose le départ de travailleurs vers l’Allemagne et pousse notamment des réfractaires vers la clandestinité et les maquis. La Milice, créée en 1943, participe à la répression. Pour comprendre les actions, présente contraintes, organisations, buts et dates. Une source de propagande de Vichy doit être confrontée à des documents sur les politiques effectivement mises en œuvre.

À retenir. Distingue collaboration d’État, actes de personnes et situations civiles ; une population n’agit pas d’une seule voix.

Étape 4

Des résistances intérieures et extérieures

Le 18 juin 1940, depuis Londres, de Gaulle appelle à poursuivre le combat. La France libre se construit autour de lui, avec des volontaires, des forces militaires et des ralliements territoriaux. La défaite métropolitaine ne résume donc pas toute la capacité de poursuivre la guerre. Les appuis britanniques et les territoires ralliés jouent un rôle ; cette résistance extérieure évolue au cours du conflit.

La Résistance intérieure comprend des mouvements et des réseaux aux origines diverses. Informer, diffuser des journaux clandestins, recueillir du renseignement, aider des personnes poursuivies, préparer des sabotages et mener des actions armées sont des formes différentes de résistance. Toutes ne commencent pas en même temps ni dans les mêmes lieux. Les risques sont considérables ; le cours n’en fait ni un jeu de rôle ni une consigne pratique de sabotage.

Résister demande de l’organisation, des contacts et des objectifs. Les motivations varient : refus de l’occupation, défense de la République, rejet des persécutions ou engagement politique, par exemple. Un acte de résistance ne se déduit pas de la seule opinion intime d’une personne. Les historiens étudient actes, sources et contextes. La diversité des résistances explique aussi la nécessité progressive d’une coordination.

Un court extrait de l’appel du 18 juin 1940

Charles de Gaulle, appel depuis Londres, 18 juin 1940 ; transcription présentée par la Fondation Charles de Gaulle. Extrait limité à 17 mots, analyse originale.

« Quoi qu’il arrive, la flamme de la résistance française ne doit pas s’éteindre et ne s’éteindra pas. »

Identifie l’image et l’objectif de persuasion. Aucun enregistrement du 18 juin n’est conservé ; ne confonds pas cette transcription avec l’audio du 22 juin.

À retenir. France libre et Résistance intérieure sont distinctes, diverses et progressivement reliées.

Étape 5

Unifier et libérer : le CNR et le retour républicain

Jean Moulin, représentant de de Gaulle, contribue à coordonner des organisations résistantes. Le Conseil national de la Résistance réunit pour la première fois, le 27 mai 1943, des représentants de mouvements, de partis et de syndicats. L’unification cherche à donner une force commune à des acteurs différents ; elle ne signifie pas la disparition de toutes leurs convictions ou de toutes leurs tensions.

Le programme adopté le 15 mars 1944 comprend un plan d’action immédiate pour la Libération et des mesures à réaliser après celle-ci. Il associe donc objectifs militaires et projet politique, économique et social. Toutes les réformes ultérieures ne se réduisent pas à ce seul document ; il faut distinguer programme, décisions et mise en œuvre. Le chapitre suivant sur la République pourra examiner les transformations de 1944-1947.

La Libération repose sur les opérations alliées et sur la participation des forces françaises et de la Résistance. Le Gouvernement provisoire rétablit la légalité républicaine, tandis que le pays doit reconstruire et traiter les responsabilités. Les rythmes varient selon les territoires. Conclus une étude de Vichy et des résistances en montrant la rupture avec l’autoritarisme, sans supposer que tous les problèmes disparaissent immédiatement en 1944.

À retenir. L’unification transforme une diversité de résistances en force commune ; programme et réalisation restent distincts.

Étape 6

Analyser un appel : intention, image et réception

Présente d’abord l’auteur, la date, la nature et le contexte. Un appel radiodiffusé cherche à convaincre dans une situation de défaite. Le texte de de Gaulle défend la poursuite du combat ; la métaphore de la flamme suggère une continuité à maintenir. La forme impérative et la certitude exprimée soutiennent l’intention persuasive. Cette analyse porte sur le message, pas sur le nombre exact de personnes qui l’ont entendu.

La réception doit être documentée séparément. Une transcription accessible aujourd’hui ne prouve ni une diffusion universelle en juin 1940 ni une adhésion immédiate de tous les Français. Il n’existe pas d’enregistrement conservé du 18 juin ; un audio du 22 juin est un autre document. Une légende erronée changerait la source étudiée même si la voix est celle du même auteur.

Pour rédiger, cite peu mais explique précisément. Relie un mot au procédé, le procédé au but et le but au contexte. Tu peux confronter l’appel à la politique d’armistice de Pétain avec une synthèse clairement identifiée ; ne transforme pas deux projets opposés en deux témoignages interchangeables. La correction apprécie connaissances, usage des sources et argumentation, pas une préférence politique contemporaine.

Exemple résolu · Pas à pas

Analyser sans inventer une audience

Peut-on conclure que tous les Français résistent dès le 18 juin ?

  1. L’appel exprime un objectif de poursuite du combat.
  2. Le texte seul ne mesure pas son audience ou les comportements.
  3. Il faut des sources sur la réception et l’organisation des résistances.

Une intention persuasive n’est pas une preuve d’unanimité.

À retenir. Distingue contenu du message, intention de son auteur et réception réellement prouvée.

L’essentiel à retrouver

Ta fiche de révision

  • La défaite, l’armistice et la rupture politique sont des événements distincts.
  • Vichy est autoritaire, anti-républicain et antisémite ; la collaboration comporte des responsabilités propres.
  • Les comportements civils ne se réduisent pas à une seule catégorie.
  • France libre et résistances intérieures évoluent et se coordonnent.
  • La source d’un appel ne prouve pas sa réception unanime.

Des erreurs à comprendre

Appeler la zone non occupée une démocratie libre.

Le terme historique concerne l’occupation directe, pas les libertés politiques sous Vichy.

Faire de Vichy un simple spectateur sans initiative.

Étudie ses décisions, son antisémitisme et la collaboration d’État.

Confondre tous les habitants avec la politique gouvernementale.

Distingue institutions, organisations, actes et situations.

Légender l’audio du 22 juin comme celui du 18.

Identifie exactement date et nature ; le 18 juin n’a pas d’enregistrement conservé.

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Sources et repères

Édition Maxdecours · Année scolaire 2026-2027 · Vérification documentaire : 2026-10-03.

Programme du cycle des approfondissements, BO n° 31 du 30 juillet 2020 · Ministère de l'Éducation nationale · Référence disciplinaire applicable, sections utiles consultées en ligne le 3 octobre 2026 ; progression annuelle proposée Maxdecours.

Enseigner au cycle 4 : programmes à la rentrée 2026-2027 · Éduscol, DGESCO · Programme applicable à la troisième en 2026-2027.

Fragilités des démocraties, totalitarismes et Seconde Guerre mondiale, ressource d'accompagnement · Éduscol, DGESCO · Appui factuel, France dans la guerre, PDF p. 16-18 ; programme de troisième reste le cycle 4.

Histoire résumée de l’Assemblée nationale : effondrement de la Troisième République · Assemblée nationale · Vote du 10 juillet 1940 et refus de 80 parlementaires.

L’appel du 18 juin 1940 · Fondation Charles de Gaulle · Court extrait attribué, date et absence d’audio conservé du 18 juin.

Programme d’action du Conseil national de la Résistance · Musée de la Résistance en ligne, Fondation de la Résistance · Notice du programme adopté le 15 mars 1944 : deux dimensions, pas reproduction du fascicule.

Questions fréquentes : histoire de la Shoah · Mémorial de la Shoah · Persécutions, rafle de juillet 1942 et participation de Vichy.

Définition des épreuves du DNB à compter de la session 2027 · Ministère de l'Éducation nationale · Développement construit d’au moins trente lignes, série générale.

Le cours ne demande ni confidence familiale ni mise en rôle sous occupation. Les écrits sont corrigés par critères historiques ; l’adhésion à une opinion politique contemporaine n’est pas évaluée.

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