Objectifs du chapitre
Ce que tu vas savoir faire
- Décrire un événement, une initialisation, des variables, une condition et une boucle dans un modèle de régulation.
- Lire et compléter une trace d’état avec deux seuils et une hystérésis.
- Distinguer valeur mesurée, valeur absente, état conservé et commande d’action.
- Décrire un contrat de message limité entre un capteur et une unité de traitement.
Quand une température fictive vaut 27 °C, faut-il arrêter la ventilation ? La réponse dépend de l’état précédent : c’est précisément ce que garde une variable d’état.
Étape 1
Définir un modèle avant de lui faire prendre une décision
La station fictive « AirClasse » affiche une température T en °C et peut demander à une ventilation de fonctionner. Elle sert à étudier un programme, pas à décider de l’aération d’une salle réelle. Les mesures, dates et seuils du cours sont inventés. Dans une installation réelle, la qualité de l’air dépend de plusieurs grandeurs, des capteurs, des consignes locales et d’une décision humaine ; un modèle de classe ne les remplace pas.
Avant toute question, on fixe les hypothèses. Un événement arrive toutes les minutes. La variable T contient une température entière entre 0 et 40 °C seulement si le capteur l’a fournie et si son message est valide. La variable étatVentilation vaut « arrêt » au démarrage. La station connaît deux seuils : haut = 28 °C et bas = 24 °C. Entre eux, elle ne choisit pas un nouvel état : elle garde celui qu’elle avait juste avant.
Le programme reçoit une donnée, calcule une décision et prépare une commande dans un modèle. Il ne branche aucun moteur, ne garantit aucune mesure physique et ne donne pas l’autorisation de manipuler un appareil. Les mots « marche » et « arrêt » désignent ici les deux états simulés de la ventilation.
À retenir. Un algorithme répond à des hypothèses explicites : variables, unité, état initial, événement et domaine des valeurs.
Étape 2
Événement, initialisation et variables : garder ce qui compte
Au démarrage, une seule fois, le programme initialise étatVentilation à « arrêt ». À chaque événement « nouvelle mesure », il reçoit éventuellement T puis compare T aux seuils. Une variable peut donc avoir deux rôles distincts : T change à chaque mesure valide ; étatVentilation conserve une information utile d’un événement au suivant. Cette mémoire n’est pas une température cachée : c’est le dernier état de la décision.
La règle du modèle est la suivante : si T ≥ 28, étatVentilation devient « marche » ; sinon si T ≤ 24, étatVentilation devient « arrêt » ; sinon étatVentilation garde sa valeur. Les deux premiers tests modifient l’état ; le dernier ne fait rien à la variable parce que son ancienne valeur est justement la réponse attendue dans la zone comprise entre 24 et 28 °C.
Une absence de valeur ne devient jamais 0. « Pas de mesure », « message invalide » et « 0 °C mesuré » sont trois situations différentes. Dans ce cours, en cas de valeur absente ou invalide, le traitement affiche « donnée à vérifier », ne fabrique pas de température et transmet l’état connu avec son statut. La conduite matérielle réelle en cas de coupure dépendrait d’exigences de sécurité absentes du modèle.
Exemple résolu · Pas à pas
Une mesure absente n’est pas 0
Un capteur fictif envoie soit une température, soit le message « donnée indisponible ». Le programme conserve alors le dernier état sûr et affiche un avertissement.
- Séparer la valeur mesurée de l’état du système.
- Ne pas remplacer une donnée absente par 0.
- Prévoir un message lisible pour que la limite soit visible.
Un programme fiable traite aussi les informations manquantes et rend sa limite explicite.
À retenir. Initialiser une fois, traiter à chaque événement, puis conserver l’état entre deux événements évite de confondre mémoire et nouvelle mesure.
Étape 3
Deux seuils évitent les oscillations inutiles
Avec un seul seuil à 28 °C, une règle trop courte telle que « si T ≥ 28, marche ; sinon, arrêt » perd la mémoire. Après un démarrage à 28 °C, une mesure de 27 °C arrêterait aussitôt la ventilation, puis 28 °C la redémarrerait. De petites variations autour du même seuil produiraient donc des changements répétés d’état. Le problème n’est pas le mot if : c’est le else qui impose « arrêt » alors que le modèle ne le demande pas.
L’hystérésis introduit une zone de conservation. À 28 °C ou plus, on passe à « marche ». À 24 °C ou moins, on passe à « arrêt ». Pour 25, 26 ou 27 °C, l’état précédent est gardé. La largeur de la zone vaut 28 − 24 = 4 °C. Cette valeur est un paramètre fictif choisi pour rendre la trace lisible ; elle ne règle aucune installation réelle.
La table doit toujours indiquer l’état avant la décision et l’état après. Sans la colonne « avant », on ne peut pas justifier une ligne à 26 °C ou 27 °C : la température seule ne suffit pas dans la zone intermédiaire.
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Modèle et données originaux Maxdecours. Ce tableau ne décrit ni une salle, ni un capteur, ni une règle de sécurité réels.
| Événement | T fictive (°C) | État avant | Règle appliquée | État après |
|---|---|---|---|---|
| démarrage | — | — | initialisation | arrêt |
| 1, montée | 22 | arrêt | T ≤ 24 | arrêt |
| 2, montée | 24 | arrêt | T ≤ 24 | arrêt |
| 3, montée | 26 | arrêt | 24 < T < 28 : garder | arrêt |
| 4, montée | 28 | arrêt | T ≥ 28 | marche |
| 5, montée | 29 | marche | T ≥ 28 | marche |
| 6, descente | 27 | marche | 24 < T < 28 : garder | marche |
| 7, descente | 25 | marche | 24 < T < 28 : garder | marche |
| 8, descente | 24 | marche | T ≤ 24 | arrêt |
| 9, descente | 23 | arrêt | T ≤ 24 | arrêt |
Prédire chaque état après en lisant d’abord T, puis l’état avant. Le simulateur reproduit seulement cette trace algorithmique locale ; aucune commande matérielle n’est envoyée.
À retenir. Dans la zone 24 < T < 28, une condition correcte conserve l’état ; un else qui arrête systématiquement détruit cette mémoire.
Étape 4
Répéter le même traitement dans une boucle d’événements
Les neuf lignes de mesure ne demandent pas neuf programmes différents. La boucle d’événements répète : attendre une nouvelle mesure, vérifier qu’elle est présente et valide, appliquer la règle à deux seuils, enregistrer la trace puis préparer l’affichage. Le nombre de répétitions vient des événements reçus, pas d’une supposition que toutes les mesures seront identiques.
On peut représenter la démarche par des phrases ordonnées : au démarrage, mettre étatVentilation à arrêt ; tant qu’un événement de mesure arrive, vérifier le message ; si T ≥ 28, mettre marche ; sinon si T ≤ 24, mettre arrêt ; sinon garder l’état ; enfin afficher T, l’état et le statut de la donnée. La boucle ne transforme pas le mot « tant que » en une machine réelle : elle explique l’ordre des opérations dans le modèle.
Une trace aide à chercher une erreur. Si une ligne à 25 °C après « marche » donne « arrêt », on relit la condition intermédiaire et la valeur de l’état avant. Si T est absente, on ne la compare pas à 24 ou 28. Tester les deux frontières, une valeur entre les seuils et une valeur absente est plus informatif que tester seulement 30 °C.
À retenir. Une boucle réutilise la même règle pour chaque événement, et une trace relie chaque résultat aux données qui l’expliquent.
Étape 5
Faire communiquer deux objets avec un contrat lisible
Dans ce modèle, l’objet 1 est le capteur de la station et l’objet 2 est l’unité de traitement. Le capteur ne décide pas à la place de l’unité : il émet un message de mesure. L’unité lit ce message, applique la règle, puis émet un message de commande vers la ventilation et un état vers l’interface. Cette chaîne relie acquisition, traitement, action et affichage sans les confondre.
Le message de mesure fictif doit nommer son émetteur « capteur-air-01 », son destinataire « unite-traitement-01 », son type « temperature », son unité « °C », sa date, sa valeur et sa validité. L’unité répond par un accusé de réception, noté ack, pour signaler qu’elle a reçu un message précis. En cas de coupure ou d’absence d’ack, le modèle indique « communication à vérifier » : il ne prétend ni avoir reçu une valeur, ni connaître la décision matérielle effectivement exécutée.
Cette liste est un contrat de classe entre deux objets précis, pas un protocole universel d’objets connectés. Elle permet de poser des questions simples : qui a envoyé quoi, à qui, avec quelle unité, à quel moment, et le message a-t-il été accepté ? Des sujets comme chiffrement, réseau radio, adresses internet ou pilotage d’un bâtiment dépassent ce modèle.
Exemple original Maxdecours, limité à deux objets nommés et à une mesure fictive.
| Champ | Exemple fictif | Utilité dans le modèle |
|---|---|---|
| émetteur | capteur-air-01 | identifier l’objet qui mesure |
| destinataire | unite-traitement-01 | identifier l’objet qui traite |
| type | temperature | savoir quelle grandeur est annoncée |
| unité | °C | comparer avec les seuils 24 et 28 °C |
| date | 2026-10-24T10:15:00 fictif | situer la mesure dans la trace |
| validité | vrai ou faux | accepter ou écarter la valeur |
| ack | reçu par unite-traitement-01 | signaler une réception dans le modèle |
| coupure | communication à vérifier | ne pas inventer une mesure ou un accusé |
Lis chaque champ avant d’interpréter la valeur. Une unité ou une validité absente empêche la comparaison aux seuils du modèle.
À retenir. Un message utile associe une valeur à son origine, son unité, sa date et son statut ; une absence d’information ne devient pas une donnée.
Étape 6
Tester une décision et annoncer sa limite
Un bon jeu d’essais couvre des cas qui pourraient se tromper : 24 °C, 28 °C, une valeur entre les deux avec état avant arrêt, la même valeur avec état avant marche, un message invalide et une coupure sans ack. Les résultats attendus sont écrits avant l’essai. On compare ensuite attendu et observé dans le simulateur, puis on corrige une condition ou une variable si une ligne diffère.
Un contrôle écrit peut vérifier le raisonnement sur une nouvelle trace. Il ne mesure pas la fiabilité d’un capteur, la qualité de l’air, la sécurité d’un câblage, ni la réussite d’un montage. Une grille de réponse ouverte permet de comparer deux programmes et de justifier le rôle de l’état ; elle n’attribue pas automatiquement une note à une rédaction.
Le prochain travail matériel, s’il est retenu par l’enseignant, demanderait un équipement adapté, des règles de sécurité, des mesures réelles et une validation humaine. Ici, la réussite prouvée est plus modeste et précise : lire une trace, corriger une règle qui perd la mémoire et expliquer un échange de données fictif.
À retenir. Tester un modèle aux frontières et aux erreurs de communication vérifie sa logique dans ce périmètre, pas un objet réel.
L’essentiel à retrouver
Ta fiche de révision
- Un événement déclenche le traitement ; l’initialisation fixe l’état de départ.
- T est une mesure avec unité ; étatVentilation est une mémoire de décision.
- T ≥ 28 lance, T ≤ 24 arrête, sinon l’état est conservé.
- Une valeur absente ou invalide n’est jamais remplacée par 0.
- Un contrat de message rend l’échange entre deux objets vérifiable dans un modèle limité.
Des erreurs à comprendre
Écrire « sinon arrêt » après le test T ≥ 28.
Cette écriture efface l’état entre les seuils. Ajouter le test T ≤ 24 puis conserver l’état dans les autres cas.
Comparer une mesure absente aux seuils comme si elle valait 0.
Vérifier présence et validité avant toute comparaison, puis afficher le statut sans inventer de valeur.
Dire que le capteur met directement le moteur en marche.
Dans le modèle, le capteur émet une mesure ; l’unité traite puis émet une commande vers l’actionneur.
Conclure qu’un ack prouve le fonctionnement matériel de la ventilation.
L’ack signale seulement une réception dans le contrat de classe ; il ne remplace pas un essai matériel encadré.
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Sources et repères
Édition Maxdecours · Année scolaire 2026-2027 · Vérification documentaire : 2026-10-24.
Arrêté du 9 février 2024 modifiant l’arrêté du 9 novembre 2015 fixant les programmes d’enseignement des cycles 2, 3 et 4 · Ministère de l’Éducation nationale · Article 2 et annexe : programme de technologie du cycle 4, applicable en quatrième à partir de 2025-2026.
Cycle des apprentissages fondamentaux (cycle 2), cycle de consolidation (cycle 3) et cycle des approfondissements (cycle 4) : modification · Ministère de l’Éducation nationale · Annexe 3 : repères historiques du cycle 4 mobilisés seulement pour le vocabulaire commun ; le programme de technologie 2024 est la référence disciplinaire applicable.
Le simulateur ne traite que des traces fictives. Toute mesure, communication réseau, commande de ventilation ou manipulation électrique nécessite un équipement adapté, les consignes de sécurité et l’encadrement de l’enseignant.