Sciences de la vie et de la Terre · Quatrième générale · 2026-2027

Terre interne, plaques et risques : expliquer sans prédire

Les séismes et une grande part du volcanisme se concentrent près des limites de plaques. Des mesures et des modèles permettent d’expliquer cette répartition et de réduire la vulnérabilité ; ils ne donnent pas une date certaine pour chaque séisme.

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Objectifs du chapitre

Ce que tu vas savoir faire

  • Situer la lithosphère, les plaques et leurs limites dans un modèle de la Terre.
  • Relier une répartition de séismes ou de volcans à un mouvement relatif de plaques.
  • Distinguer aléa, enjeu, vulnérabilité, prévention et prévision.
  • Construire une conclusion proportionnée à des données localisées.

Sur une carte du monde, les séismes dessinent des regroupements. Pourquoi ces zones sont-elles plus actives, et comment mieux protéger les populations ? Les observations et le modèle des plaques permettent de construire la réponse.

Étape 1

Partir d’une répartition, pas d’une impression

Un séisme est une secousse liée à la libération brutale d’énergie dans les roches. Sur la carte ci-dessous, chaque point représente l’épicentre d’un séisme du catalogue USGS, c’est-à-dire son repère à la surface. L’extraction porte sur l’année 2025 et sur les événements de magnitude 6 ou plus : 145 événements sont représentés.

Les points se regroupent notamment autour de l’océan Pacifique, près de l’ouest des Amériques et de l’Asie orientale. Les espaces entre ces regroupements comportent moins de points dans cette sélection. La répartition est donc inégale : on ne trouve pas le même nombre d’événements partout.

Le seuil et la durée expliquent ce que l’on peut lire. Des séismes plus petits ne figurent pas sur cette carte ; une année ne représente pas toute l’histoire d’une région. L’absence d’un point ne démontre donc pas l’absence d’activité sismique ou d’aléa.

La comparaison avec les mouvements de la lithosphère apporte une explication. Une grande partie des séismes se concentre près des limites de plaques. Le volcanisme s’y rencontre aussi souvent, avec des exceptions à l’intérieur des plaques. La carte de séismes fournit ici une observation ; le modèle tectonique permet de relier des phénomènes à un mécanisme.

Des séismes réels, une période et un seuil définis

Catalogue USGS, événements de type séisme, magnitude au moins 6, du 1er janvier au 31 décembre 2025 UTC. Extraction du 1er novembre 2026 : 145 événements. Fond Natural Earth aux contours simplifiés et données USGS du domaine public ; carte originale Maxdecours centrée sur le Pacifique.

Planisphère centré sur le Pacifique montrant 145 épicentres USGS de magnitude 6 ou plus en 2025. Des regroupements suivent notamment l’ouest des Amériques et l’est de l’Asie ; tous les petits séismes sont exclus par le seuil.Agrandir l’image

Où observes-tu des regroupements ? Pourquoi une zone sans point ne signifie-t-elle pas forcément « aucun séisme » ?

Décrire ce qui est représenté

Les points ne couvrent pas uniformément la planète. Plusieurs regroupements sont visibles autour du Pacifique, notamment près des Amériques et de l’Asie orientale.

La carte sélectionne une seule année et les magnitudes d’au moins 6. Elle ne montre pas les séismes plus petits et ne fixe pas la date des prochains événements.

Exemple résolu · Pas à pas

Décrire avant d’interpréter

Comment passer de la carte USGS de 2025 à une explication, sans confondre observation et modèle ?

  1. La légende annonce un point par épicentre, l’année 2025 et un seuil de magnitude 6. Les événements plus petits ne sont pas représentés.
  2. Les points montrent des regroupements autour du Pacifique ; la répartition n’est pas uniforme. C’est une description de la carte.
  3. Le modèle des plaques explique qu’une grande partie des séismes se produise près de leurs limites, où des contraintes s’accumulent.
  4. La conclusion construite est : « Cette répartition est cohérente avec des zones actives proches de limites de plaques ; elle ne donne ni tous les séismes ni une date future. »

Les observations localisent des événements ; le modèle apporte un mécanisme, dans les limites de la sélection annoncée.

À retenir. Une carte de phénomènes est un indice : elle doit être lue avec sa légende et complétée par un modèle.

Étape 2

Le modèle des plaques tectoniques

La lithosphère est l’enveloppe externe rigide de la Terre. Elle comprend la croûte et une partie du manteau supérieur. Elle est découpée en plaques : une même plaque peut porter un continent et un fond océanique. Les plaques ne sont donc pas simplement des continents qui flottent.

Sous la lithosphère, l’asthénosphère est constituée de roches majoritairement solides capables de se déformer lentement à l’échelle des temps géologiques. Le manteau n’est pas un océan de magma. La chaleur interne et la gravité participent à la dynamique qui déplace les plaques ; leurs mouvements relatifs sont de l’ordre de quelques centimètres par an.

À une limite divergente, les plaques s’écartent. Aux dorsales océaniques, du magma remonte et se refroidit : une nouvelle lithosphère océanique se forme. À une limite convergente, elles se rapprochent : une plaque peut s’enfoncer sous une autre, c’est la subduction, ou des domaines continentaux entrer en collision.

À une limite coulissante, deux plaques se déplacent latéralement l’une par rapport à l’autre. Les trois panneaux montrent les flèches de part et d’autre de la limite : leur sens relatif permet d’identifier le mouvement. Les plaques bougent lentement, mais le glissement sur une faille peut être brusque lorsque les roches cèdent.

Trois mouvements relatifs, vus de dessus

Schémas originaux Maxdecours, révisés le 1er novembre 2026, CC BY 4.0. Trois paires de plaques et trois limites, sans localisation géographique.

Trois panneaux : deux plaques s’écartent à la divergence, se rapprochent à la convergence et glissent parallèlement à la limite au coulissage. Les flèches donnent les mouvements relatifs.Agrandir l’image

Dans quel panneau les déplacements sont-ils parallèles à la limite ? Dans lequel une lithosphère océanique se forme-t-elle aux dorsales ?

Lire les flèches et nommer le mouvement

Le panneau 3 représente le coulissage : les deux déplacements sont parallèles à la limite, en sens opposés dans ce modèle.

Le panneau 1 représente la divergence. Aux dorsales, l’écartement s’accompagne de la formation de lithosphère océanique. Le panneau 2 montre le rapprochement ; son mécanisme dépend du contexte de subduction ou de collision.

À retenir. Les plaques sont des portions rigides de lithosphère ; leurs mouvements relatifs expliquent une part des zones actives.

Étape 3

Accumulation de contraintes et rupture

Le mouvement relatif des plaques impose des contraintes aux roches. Le long d’une faille, les deux côtés peuvent rester temporairement bloqués : les roches se déforment et stockent de l’énergie. Lorsqu’elles cèdent, le glissement est brusque et des ondes sismiques se propagent. Leur passage fait vibrer le sol.

Le foyer est le lieu où commence la rupture en profondeur. L’épicentre est le point de surface situé à sa verticale. Ce sont deux repères différents : sur le schéma, A et B correspondent à deux séismes imaginaires ayant le même épicentre mais des foyers à 12 et 120 km.

La ville est à 18 km horizontalement de cet épicentre. Sa distance au foyer ne se confond donc pas avec ces 18 km : la profondeur compte aussi. A est plus superficiel que B, mais cette seule information ne suffit pas à comparer leurs dégâts.

La magnitude caractérise la taille d’un séisme, en lien avec l’énergie libérée. L’intensité décrit les effets observés en un lieu. Pour un même séisme, l’intensité peut varier avec la distance, la profondeur, les sols et les bâtiments. Comparer les dommages de deux événements demande donc davantage qu’un seul nombre.

Deux foyers, un même repère en surface

Scénario et coupe originaux Maxdecours, 1er novembre 2026, CC BY 4.0. Deux événements imaginaires distincts ; même épicentre à 18 km horizontalement de la ville. Échelles horizontale et verticale différentes.

Coupe du sous-sol : un point en surface repère l’épicentre ; à sa verticale, le foyer A est à 12 km et le foyer B à 120 km. La ville est à 18 km horizontalement de l’épicentre.Agrandir l’image

Quel foyer est le plus profond ? Quelles données supplémentaires permettraient d’étudier les effets dans la ville ?

Séparer profondeur, magnitude et effets locaux

B est à 120 km, soit dix fois la profondeur de A. Les 18 km décrivent une distance horizontale à l’épicentre, pas la distance de la ville au foyer.

Pour comparer les effets, il faudrait notamment les magnitudes, les caractéristiques du sol et les bâtiments exposés. La profondeur est un facteur à examiner, elle ne donne pas seule un bilan de dommages.

À retenir. Un séisme est lié à une rupture ; ses effets locaux ne se déduisent pas d’une seule donnée.

Étape 4

Volcanisme : matériaux, gaz et contexte

Le magma associe une matière rocheuse partiellement ou totalement fondue, des cristaux et des gaz. La lave désigne le matériau magmatique arrivé à la surface, généralement après une partie de son dégazage. Magma et lave se distinguent donc par leur situation et leur évolution, et non par une opposition simple entre solide et liquide.

Les manifestations dépendent notamment de la viscosité, la résistance à l’écoulement, et du comportement des gaz. Un magma fluide peut alimenter des coulées ; lorsque les gaz s’échappent brutalement, l’éruption peut projeter des cendres et des fragments. Un même volcan peut présenter des phases différentes : le nom de l’édifice ne suffit pas à décrire tous ses dangers.

Le volcanisme accompagne de nombreuses limites divergentes et certaines zones de convergence, surtout de subduction. Il existe aussi à l’intérieur de plaques, par exemple dans des contextes de point chaud. Cette diversité explique pourquoi « séismes » et « volcans » ne se superposent pas exactement sur toutes les cartes.

Les observatoires suivent plusieurs indices : séismes, déformations du sol et émissions de gaz. L’IPGP explique que leur comparaison aide à comprendre l’activité d’un volcan et à élaborer des scénarios. Un signal isolé n’annonce pas à lui seul un déroulement certain ; la surveillance met ensemble des observations de natures différentes.

À retenir. Le magma se trouve en profondeur ; la lave est le matériau arrivé en surface. Viscosité, gaz et contexte influencent les manifestations volcaniques.

Étape 5

Réduire le risque sans promettre l’impossible

L’aléa décrit la possibilité d’un phénomène potentiellement dangereux dans une zone et une période, avec une intensité donnée. Les enjeux sont les personnes, bâtiments, réseaux ou activités qui peuvent être touchés. Leur vulnérabilité correspond à leur fragilité face au phénomène et à leurs capacités à y faire face.

Le risque associe donc l’aléa, les enjeux exposés et leur vulnérabilité. Un séisme dans un espace très peu habité et un séisme touchant une ville fragile ne produisent pas les mêmes conséquences. Même sous un aléa comparable, deux quartiers peuvent être différemment vulnérables.

La prévention agit avant le phénomène pour réduire les dommages possibles : constructions adaptées, aménagements et préparation des populations. Elle ne bloque pas les mouvements des plaques. La surveillance recueille des données ; la prévision cherche à estimer une évolution ou une probabilité. Pour les séismes, on ne sait pas annoncer de façon fiable une date, un lieu et une magnitude précis à l’avance.

L’alerte précoce sismique est encore autre chose : elle détecte un séisme déjà commencé et transmet une information plus vite que les ondes n’atteignent certains lieux. Elle ne prédit donc pas la naissance du séisme. Comprendre cette distinction aide à évaluer une annonce spectaculaire et à reconnaître le rôle des organismes compétents.

Dans les deux quartiers imaginaires de l’exemple, les bâtiments renforcés et l’information améliorent la protection. Pour comparer précisément les risques, il faudrait aussi connaître les habitants, les usages et les caractéristiques du sol. Le raisonnement mène à une action sur la vulnérabilité, plutôt qu’à la promesse de supprimer l’aléa.

À retenir. Prévention, information et constructions adaptées visent la vulnérabilité ; une prévision certaine des séismes n’est pas disponible.

L’essentiel à retrouver

Ta fiche de révision

  • La carte de 2025 représente 145 séismes USGS de magnitude au moins 6 ; une absence de point ne signifie pas une absence d’aléa.
  • Les plaques sont des portions de lithosphère, comprenant croûte et manteau supérieur rigide.
  • Divergence, convergence et coulissage décrivent des mouvements relatifs ; le manteau n’est pas une mer de magma.
  • La rupture au foyer libère des ondes ; l’épicentre se trouve en surface à sa verticale.
  • La magnitude caractérise un séisme ; l’intensité décrit ses effets dans un lieu.
  • Magma et lave se distinguent par leur situation ; viscosité et gaz influencent les manifestations volcaniques.
  • Le risque associe aléa, enjeux exposés et vulnérabilité ; la prévention réduit les dommages possibles.
  • Une alerte précoce détecte un séisme déjà commencé ; elle n’est pas une prévision de sa date.

Des erreurs à comprendre

Confondre épicentre et foyer.

Le foyer est en profondeur ; l’épicentre est son point correspondant à la surface.

Dire qu’une carte prédit le prochain séisme.

Elle montre une répartition et aide à caractériser l’aléa, pas une date certaine.

Employer risque pour désigner uniquement le phénomène naturel.

Le risque dépend aussi des personnes, bâtiments et capacités de prévention exposés.

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Sources et repères

Édition Maxdecours · Année scolaire 2026-2027 · Vérification documentaire : 2026-11-01.

Cycle des apprentissages fondamentaux (cycle 2), cycle de consolidation (cycle 3) et cycle des approfondissements (cycle 4) : modification · Ministère de l’Éducation nationale · SVT, cycle 4 : dynamique terrestre, tectonique et risques naturels.

Repères annuels de progression et attendus de fin d’année du CP à la troisième · Éduscol — ministère de l’Éducation nationale · Repères annuels de progression de SVT au cycle 4.

Catalogue USGS : séismes de magnitude 6 ou plus en 2025 · US Geological Survey · 145 événements, coordonnées et magnitudes ; carte dérivée de l’extraction figée.

This Dynamic Planet : Plate Tectonics in a Nutshell · US Geological Survey · Lithosphère, mouvements relatifs et répartition des phénomènes.

Séisme : mécanismes, magnitude et intensité · Géorisques, ministère chargé de l’environnement et BRGM · Rupture, énergie, effets et prévention.

Can you predict earthquakes? · US Geological Survey · Distinction entre probabilités et prédiction précise.

Can earthquakes be predicted? · Service sismologique suisse, ETH Zurich · Alerte après détection et distinction avec la prévision.

Observatoires volcanologiques et sismologiques · Institut de physique du globe de Paris · Données sismiques, géodésiques et géochimiques de surveillance.

Natural Earth : fond géographique et conditions de réutilisation · Natural Earth · Fond Natural Earth pour la carte de séismes.

Volcanic Eruptions · US National Park Service · Magma, viscosité, gaz et diversité des manifestations éruptives.

La carte, les schémas et leurs analyses peuvent être étudiés sur papier. Les exercices de sécurité du collège se déroulent avec les adultes et les consignes de l’établissement.

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