Objectifs du chapitre
Ce que tu vas savoir faire
- Construire les temps composés avec l’auxiliaire adapté.
- Distinguer les valeurs usuelles de l’imparfait, des passés et du présent.
- Employer conditionnel et subjonctif dans des constructions justifiées.
- Réécrire un passage en contrôlant personnes, temps et repères.
Dans « Quand le rideau se leva, la salle retenait son souffle », pourquoi le premier verbe fait-il avancer l’événement tandis que le second installe une situation ? Répondre suppose de regarder leur rôle dans la scène.
Étape 1
Temps, mode et repère : trois questions différentes
Le mode indique la manière dont le verbe présente l’action : l’indicatif l’inscrit comme énoncé, l’impératif formule un ordre ou un conseil, le conditionnel peut présenter une hypothèse ou une information rapportée avec prudence, le subjonctif apparaît notamment après une volonté, une émotion ou une nécessité. Le temps situe ou organise cette action par rapport à un repère.
Ne réduis pas l’analyse à une étiquette. Dans « Il faut que tu viennes », le subjonctif ne signifie pas un futur : il dépend de la construction il faut que. Dans « Il viendrait demain », le conditionnel peut être une hypothèse ou, dans un article, une information non confirmée ; le contexte décide.
Pour justifier une valeur, indique toujours le repère. Dans « Ilyes a gardé ce billet », le passé composé relie un fait achevé au présent où il montre le billet. Dans le souvenir raconté au passé, « le couloir était vide » installe le cadre alors que « la porte s’ouvrit » modifie la situation. Les formes n’ont pas une valeur isolée : elles organisent des relations entre moments.
À retenir. Commence par identifier la forme, puis explique sa valeur dans la phrase entière.
Étape 2
Construire un temps composé sans oublier l’accord
Un temps composé associe auxiliaire être ou avoir conjugué et participe passé. Le plus-que-parfait, par exemple, utilise l’auxiliaire à l’imparfait : « elle avait fermé », « elles étaient parties ». Il situe souvent une action antérieure à un autre moment passé.
Choisis l’auxiliaire à partir du verbe, pas à partir du sens que tu imagines. Avec être, le participe s’accorde avec le sujet : « elles étaient arrivées ». Avec avoir, examine le COD placé avant : « les lettres qu’elles avaient écrites ». Dans « elles avaient écrit des lettres », le COD suit le participe et cette règle d’accord ne s’applique pas de la même façon.
Le futur antérieur suit la même construction avec l’auxiliaire au futur : « Quand vous aurez terminé, vous rangerez vos feuilles ». Il présente ici une action comme achevée avant une autre action future. Dans une phrase passive, l’auxiliaire être porte le temps : « Les feuilles seront rangées » ; vérifie alors l’accord du participe avec le sujet.
Exemple résolu · Pas à pas
Ordonner deux actions passées
Réécrire : « La séance commence. Le gardien ferme la porte avant. »
- Choisir un récit au passé : la séance commença.
- Marquer l’action déjà accomplie avec le plus-que-parfait : le gardien avait fermé la porte.
- Vérifier l’auxiliaire avoir et la place du COD la porte après fermé.
La séance commença après que le gardien avait fermé la porte. Le plus-que-parfait marque ici l’antériorité.
À retenir. Un temps composé combine auxiliaire et participe ; l’accord se justifie par la construction.
Étape 3
Imparfait, passé simple, passé composé et présent
Dans un récit au passé, l’imparfait peut présenter une habitude, un décor ou une action en cours : « les spectateurs attendaient ». Le passé simple fait souvent surgir un événement achevé qui déplace l’action : « une lumière s’alluma ». Cette opposition est une organisation du récit, non une règle « long contre court » : une action longue peut être racontée globalement au passé simple.
Le passé composé peut raconter des faits achevés, surtout dans un récit proche de l’oral ou relié au présent d’énonciation : « j’ai perdu mon billet ». Le présent peut correspondre au moment où l’on parle, exprimer une vérité générale, commenter une œuvre ou vivifier un récit. N’attribue pas une seule valeur à tous les présents.
Corpus de phrases original Maxdecours, 24 octobre 2026. Situation et personnages fictifs.
Chaque mercredi, Ilyes attendait devant la salle. Ce soir-là, le couloir était vide et les affiches tremblaient sous le courant d’air. Soudain, la porte s’ouvrit ; une régisseuse lui demanda son nom.
Ilyes a gardé ce billet depuis la première répétition. Il le montre aujourd’hui à sa sœur et raconte : « La porte s’ouvre, je n’ose plus avancer. »
Repère les temps puis relie chacun au repère indiqué par le texte.
À retenir. La valeur d’un temps se lit dans les relations entre actions et dans la situation d’énonciation.
Étape 4
Conditionnel et subjonctif : nuance, dépendance et prudence
Le conditionnel présent se forme souvent sur le radical du futur avec les terminaisons de l’imparfait : je viendrais, nous prendrions. Il peut présenter une conséquence hypothétique : « Si la salle ouvrait, nous entrerions ». Dans un énoncé d’information, « le concert serait reporté » signale que l’information est rapportée ou non confirmée ; il faut alors chercher la source.
Le subjonctif présent se construit avec que : « il faut que tu viennes », « je doute qu’elle sache ». Il dépend de la proposition principale et sert ici à exprimer nécessité, souhait ou doute. Ne l’emploie pas au hasard après chaque que : « je sais qu’il vient » est à l’indicatif, car le verbe savoir présente le fait comme certain.
Les formes composées prolongent cette nuance : « il aurait accepté » est un conditionnel passé qui présente un fait comme hypothétique ou rapporté avec réserve ; « je regrette qu’elle soit partie » emploie un subjonctif passé. Pour former ce dernier, emploie avoir ou être au subjonctif présent, puis le participe passé : « qu’elle soit partie », « qu’ils aient compris ». Une forme impersonnelle comme « il faut partir » ne désigne pas une personne par il : ne la confonds pas avec « il ferme la porte », où il reprend un personnage.
À retenir. Conditionnel et subjonctif ne sont pas des effets décoratifs : ils signalent un rapport particulier au fait.
Étape 5
Réécrire sans dérégler les repères
Avant une réécriture, fixe le repère de départ : narration passée, récit au présent, parole rapportée ou hypothèse. Puis relève les verbes, les sujets, les indicateurs temporels et les pronoms. Changer seulement le premier verbe crée souvent des incohérences : demain peut devenir le lendemain dans un récit rapporté.
Révise par passes : formation du temps, accord du participe, cohérence des repères, puis ponctuation. Une réponse ouverte peut admettre plusieurs formulations ; la correction doit expliquer le choix de temps, pas seulement afficher une phrase modèle.
Après la réécriture, relis la chronologie en ajoutant mentalement « avant », « pendant » ou « après » à chaque action. Si le texte exprime une condition, vérifie aussi que la forme verbale présente bien une éventualité et non un fait certain.
À retenir. Une réécriture correcte conserve les relations temporelles et les personnes, même si les formes changent.
L’essentiel à retrouver
Ta fiche de révision
- Un temps composé associe auxiliaire et participe passé.
- Imparfait et passé simple organisent souvent décor et événement, sans se réduire à long ou court.
- Le présent a plusieurs valeurs contextuelles.
- Conditionnel et subjonctif expriment des rapports différents au fait.
Des erreurs à comprendre
Dire que l’imparfait désigne toujours une action longue.
Observe son rôle de cadre, habitude ou action en cours dans le passage.
Employer le subjonctif après tout que.
Examine le verbe de la principale et la construction complète.
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Sources et repères
Édition Maxdecours · Année scolaire 2026-2027 · Vérification documentaire : 2026-10-24.
Cycle des apprentissages fondamentaux (cycle 2), cycle de consolidation (cycle 3) et cycle des approfondissements (cycle 4) : modification · Ministère de l’Éducation nationale · Français, étude de la langue
Attendus de fin d’année de 4e — Français · Éduscol — ministère de l’Éducation nationale · Français quatrième, conjugaison
Les réécritures ouvertes sont accompagnées par une grille ; une correction humaine reste nécessaire pour une appréciation complète.