HGGSP · Première

Puissances internationales : ressources, influence et limites

Une puissance internationale mobilise des ressources pour peser sur les choix d’autres acteurs. Armée, économie, langue, institutions et réseaux sont des moyens ; leur efficacité dépend des effets obtenus, des coûts et des résistances. Pour analyser une puissance, distingue donc ce qu’elle possède, ce qu’elle fait et ce qu’elle obtient.

Explications et exemples en accès libre. Ateliers, quiz et cartes avec l’abonnement.

Étude en accès libre
Environ 1 h 10 à 2 h 05
Progression
8 étapes guidées
Vérification
16 questions
Rappel actif
16 cartes
Prévoir mon tempsExplications et exemples en accès libre

Une première étude des explications, schémas, exemples résolus et erreurs expliquées. Les activités, productions, quiz et cartes réservés à l’abonnement ne sont pas comptés ici.

Comprendre2663 mots d’explication et 2 schémas
14 à 21 min
Étudier les exemples et les erreurs16 cas, exemples et activités guidés
56 à 104 min

Étude du cours en accès libre, environ1 h 10 à 2 h 05

Voir le calcul et le temps par étape

Le calcul suit automatiquement les explications et les tâches présentes dans le cours. Ses coefficients sont des repères de planification, pas des temps mesurés auprès d’élèves.

  • Lecture active : 2663 mots, à raison de 160 à 220 mots par minute.
  • Schémas : 2, avec 1 à 2 min pour lire chacun.
  • Exemple guidé : 8 × 2 à 4 min.
  • Étude critique d’un dossier : 8 × 5 à 9 min.
  • 2 outils de référence (1 à 2 min chacun).
  1. Posséder des ressources, est-ce déjà être puissant ?9 à 17 min
  2. Empire ottoman : essor, réformes et disparition8 à 15 min
  3. Russie depuis 1991 : héritages, reconstruction et coûts8 à 15 min
  4. Une langue appartient-elle à la puissance qui la diffuse ?8 à 15 min
  5. Les plateformes rendent-elles les pouvoirs publics impuissants ?8 à 16 min
  6. Nouvelles routes de la soie : qui maîtrise un corridor ?8 à 15 min
  7. Où se trouve la puissance des États-Unis ?9 à 17 min
  8. Unilatéralisme, alliances et résistances8 à 15 min

Les sous-totaux sont arrondis à la minute, puis additionnés. La fourchette totale est élargie aux cinq minutes voisines. Les étapes ci-dessus comprennent leurs explications et exemples ; elles ne s’ajoutent pas une seconde fois au total.

Adapte ce repère à tes acquis et au soin apporté aux exercices. Les pauses, les reprises, la consultation des sources externes et les révisions suivantes s’ajoutent selon tes besoins.

Avec les ateliers, les entraînements écrits, le quiz et les cartes : environ 2 h 25 à 4 h 20, à répartir sur plusieurs séances.

Objectifs du cours

Ce que tu vas savoir faire

  • Distinguer ressource, instrument, stratégie, effet, coût et limite dans l'analyse d'une puissance.
  • Expliquer une trajectoire d'essor, d'adaptation, de recul ou de reconstruction sans récit linéaire.
  • Analyser la langue, le numérique et les infrastructures comme réseaux d'influence disputés.
  • Évaluer un corridor international par ses flux, son financement, sa gouvernance et ses effets territoriaux.
  • Décomposer la puissance des États-Unis en lieux, institutions, alliances, entreprises et représentations.
  • Construire une comparaison conditionnelle plutôt qu'un palmarès global de puissances.
01

Étape du cours · 9 à 17 min

Posséder des ressources, est-ce déjà être puissant ?

La puissance internationale est la capacité d'un État à agir au-delà de son territoire et à peser sur les choix d'autres acteurs. Elle peut servir à obtenir une décision, empêcher une action ou conserver une liberté de choix. Une puissance régionale agit surtout dans son voisinage ; une puissance mondiale dispose de moyens dans plusieurs régions. L'échelle et le domaine doivent toujours accompagner le mot « puissance ».

Le hard power mobilise la contrainte ou des incitations matérielles, par exemple la force, une sanction ou un paiement conditionnel. Le soft power repose sur l'attraction : une culture, un modèle ou une politique donnent envie de coopérer. Le smart power désigne une combinaison réfléchie de ces moyens, pas une garantie de succès. Une langue apprise pour accéder à un emploi ne prouve pas à elle seule une adhésion politique.

Territoire, population, ressources, richesse, armée, institutions, recherche, monnaie, langue ou réputation constituent des capacités potentielles. Pour devenir puissance, elles doivent être mobilisées par une stratégie et produire un effet sur d'autres acteurs. Une grande dépense militaire ne démontre pas seule la capacité d'obtenir un résultat politique ; une langue très parlée n'est pas automatiquement commandée par l'État auquel elle est historiquement associée. La puissance est une relation, non une quantité enfermée dans un pays.

Analyse chaque cas avec six questions : quelle ressource, quel acteur la convertit, par quel instrument, sur quelle cible et à quelle échelle, avec quel effet observable, pour quel coût et face à quelle résistance ? Les notions de puissance coercitive, d'attraction et de combinaison stratégique aident à classer les moyens, mais ne remplacent pas la preuve. Un même instrument peut attirer un partenaire, rendre un débiteur dépendant ou échouer selon le contexte et la capacité de réponse.

Voir pour comprendre

Du moyen disponible au résultat politique

Schéma d'analyse original : les flèches posent des questions, elles ne garantissent aucun résultat.

  1. RessourceMoyen disponible, situé et daté
  2. ConversionInstitutions et stratégie qui le mobilisent
  3. InstrumentOffre, règle, attraction ou contrainte
  4. Réponse d'autruiAcceptation, négociation, contournement ou résistance
  5. BilanRésultat obtenu, coût et options conservées

Lis le schéma. Suis la chaîne puis reviens en arrière : quelle preuve manquerait pour affirmer que l'instrument a produit la décision ?

Un stock, une action et un résultat sont trois objets différents. La réaction du partenaire peut modifier toute la chaîne.

Schéma original Maxdecours, cadre d'analyse du thème Puissances. · Source du repère · 12/09/2026

Exemples résolus et erreurs expliquées

Exemple guidé

ConsigneCas fictif : deux États possèdent des ressources énergétiques comparables. L'un influence les règles d'un marché régional, l'autre subit des interruptions d'exportation. Quelles différences faut-il rechercher avant d'expliquer cet écart ?

MéthodeComparer infrastructures, diversification des clients, entreprises, contrats, institutions, stabilité, technologies, alliances, vulnérabilités et réponses des partenaires.

Correction

La ressource initiale ne devient levier que par sa conversion. Des écarts de réseaux, de fiabilité ou de capacité financière pourraient expliquer des options différentes, mais ils ne sont pas encore établis par l'énoncé. Il faut aussi examiner les alternatives des clients et les coûts supportés. La réponse propose donc des hypothèses à vérifier, pas des causes déjà prouvées.

Un cas fictif de négociation énergétique

Trois moments d'une relation commerciale
Nature
Situation pédagogique fictive
Auteur et présentation
Maxdecours
Date
2026-09-12
Référence
Cas original ; aucune donnée réelle de pays

Deux États fictifs, A et B, négocient un contrat. Le dossier fournit tous les faits à utiliser.

A dispose de gaz exportable et d'un gazoduc vers B. B peut aussi acheter du gaz à C, mais à un coût de transport supérieur.

A propose une réduction de prix si B adopte une norme technique compatible avec ses entreprises. B accepte après négociation ; l'accord réduit les recettes par unité de gaz pour A.

Deux ans plus tard, B ouvre une autre voie d'approvisionnement. Le dossier ne dit pas si la norme a ensuite changé.

Consulter la source de référence
Texte original Maxdecours ; référence de méthode, non source des faits fictifs.

À toi d’analyser. Identifie ressource, instrument, résultat et coût. Que change la nouvelle voie d'approvisionnement, et que ne peut-on pas encore conclure ?

Lire l’analyse guidée et ses limites

Le gaz et le gazoduc sont des moyens. La réduction conditionnelle de prix est une incitation matérielle, non une simple attraction culturelle. L'adoption de la norme est un résultat négocié, obtenu au prix de recettes unitaires moindres. La nouvelle voie augmente les alternatives de B ; elle peut réduire le levier de A, mais le dossier n'établit ni rupture du contrat ni abandon de la norme.

Limite documentaire. Ce cas isole un mécanisme. Il ne représente aucun État réel et ne fournit pas de bilan financier total.

02

Étape du cours · 8 à 15 min

Empire ottoman : essor, réformes et disparition

Au XIVe siècle, la principauté ottomane s'étend en Anatolie et dans les Balkans. Constantinople est conquise en 1453 et devient la capitale. L'intégration de la Syrie et de l'Égypte mameloukes relève d'une phase ultérieure, en 1516-1517. Le règne de Soliman, de 1520 à 1566, associe expansion, organisation juridique et rayonnement artistique. Ces repères évitent de placer plusieurs siècles de conquêtes au même moment.

Armée, fiscalité, routes, continuité dynastique et administration de populations diverses soutiennent l'expansion. Conquérir ouvre des ressources, mais impose de financer soldats, garnisons et intermédiaires. Les provinces ne sont pas gouvernées partout de la même manière : délégations et autonomies peuvent faciliter le maintien de l'autorité tout en donnant du pouvoir aux élites locales.

Le rescrit de Gülhane de 1839 ouvre la période des Tanzimat, des réorganisations de l'Empire. Il promet notamment une fiscalité et un recrutement militaire plus réguliers ainsi que la sécurité des personnes et des biens. Le pouvoir cherche à renforcer l'État en réformant ses pratiques. Un texte qui promet des garanties renseigne un programme de gouvernement, pas le degré de leur application ; il n'institue pas à lui seul une démocratie.

Le recul n'est ni continu dès le XVIe siècle ni expliqué par une prétendue immobilité. Concurrences européennes et russe, pertes territoriales, nationalismes, transformations militaires et économiques, endettement et conflits internes fragilisent l'ensemble. Les réformes du XIXe siècle, dont les Tanzimat, montrent des tentatives de centralisation et de modernisation qui produisent aussi de nouvelles tensions. Engagé dans la Première Guerre mondiale, l'Empire est défait puis démantelé ; le sultanat est aboli en 1922. La disparition résulte d'une trajectoire, pas d'un diagnostic fatal écrit des siècles plus tôt.

Exemples résolus et erreurs expliquées

Exemple guidé

ConsigneUne comparaison ne retient que deux états du territoire ottoman, en 1683 et en 1914, et constate un recul net. Pourquoi ce seul constat ne prouve-t-il pas trois siècles de déclin continu ?

MéthodeVérifier dates intermédiaires, nature du contrôle, réformes, recettes, armée, commerce, alliances, crises et échelles ; distinguer surface et capacité d'action.

Correction

Les deux états territoriaux prouvent un recul net entre les dates, mais pas son rythme ni ses mécanismes. Des phases de stabilisation, de réforme ou de reprise peuvent exister. Il faut une série chronologique et d'autres indicateurs pour relier pertes territoriales, adaptation administrative et influence diplomatique.

Une réforme proclamée n'est pas un résultat mesuré

Les garanties annoncées à Gülhane
Nature
Synthèse française d'un document historique transcrit
Auteur et présentation
Rescrit du sultan Abdülmecid Ier ; synthèse Maxdecours
Date
3 novembre 1839 ; recueil de 1885
Référence
T. E. Holland, The European Concert in the Eastern Question, appendice 1, Clarendon Press, 1885

Proclamation impériale au début du règne d'Abdülmecid, transmise ici par un recueil européen postérieur.

Le texte annonce de nouvelles institutions protégeant la vie, l'honneur et les biens des sujets.

Il prévoit une levée régulière de l'impôt ainsi qu'un recrutement militaire et une durée de service encadrés.

Il promet des procédures de jugement et étend les garanties annoncées aux sujets de différentes religions. Le document ne contient pas de bilan de leur mise en œuvre.

Consulter la source de référence
Texte historique et édition de 1885 dans le domaine public ; synthèse originale, sans reproduction du fac-similé.

À toi d’analyser. Relie deux garanties annoncées à un enjeu de puissance de l'État. Pourquoi ne faut-il conclure ni à une immobilité totale ni à une démocratisation accomplie ?

Lire l’analyse guidée et ses limites

Régulariser l'impôt vise à rendre les recettes plus prévisibles ; encadrer le recrutement organise les moyens militaires. Le pouvoir impérial propose donc des transformations et ne se décrit pas comme immobile. Mais une promesse ne prouve pas l'application effective, et les garanties proclamées ne suffisent pas à établir un gouvernement représentatif. La nature normative du document borne ces conclusions.

Limite documentaire. La transcription d'un recueil de 1885 n'est ni le manuscrit ottoman original ni une enquête sur les pratiques de toutes les provinces.

03

Étape du cours · 8 à 15 min

Russie depuis 1991 : héritages, reconstruction et coûts

En 1991, quinze États indépendants remplacent l'URSS. La Fédération de Russie est l'un d'eux, pas un autre nom de l'ensemble disparu. La continuité du siège onusien ne signifie donc pas continuité des frontières. La notice de l'ONU rappelle la communication du 24 décembre 1991 par laquelle Boris Eltsine annonce que la Russie continue la qualité de membre de l'URSS.

Compare des périodes et des indicateurs de même nature : un budget, une production, un territoire contrôlé et un vote international ne mesurent pas la même chose. Le veto d'un membre permanent peut bloquer une décision substantielle du Conseil de sécurité ; il ne permet ni d'empêcher les autres États de voter à l'Assemblée générale ni d'annuler leur opposition. Le maintien d'un levier institutionnel peut coexister avec un isolement sur un vote précis.

La dissolution de l'URSS en 1991 réduit territoire, population, réseaux économiques et profondeur stratégique de la Russie, tandis que la décennie connaît crise sociale, transformations économiques et affaiblissement de l'État. Des héritages restent pourtant décisifs : siège permanent au Conseil de sécurité, arsenal nucléaire, ressources, appareil scientifique et militaire, territoire eurasiatique. À partir des années 2000, centralisation du pouvoir, revenus des hydrocarbures, réforme militaire, diplomatie et médias internationaux soutiennent une stratégie de reconstruction.

La puissance russe s'exerce dans l'espace postsoviétique et au-delà par sécurité, énergie, interventions, organisations et relations bilatérales. L'annexion de la Crimée en 2014 puis l'invasion à grande échelle de l'Ukraine en 2022 manifestent une capacité coercitive tout en provoquant résistance ukrainienne, condamnations de l'Assemblée générale de l'ONU, sanctions, coûts humains et économiques et recompositions d'alliances. Une action spectaculaire n'est donc pas une preuve suffisante de réussite : il faut comparer objectifs déclarés, résultats, durée, ressources consommées et effets de réaction.

Exemples résolus et erreurs expliquées

Exemple guidé

ConsigneUn commentaire fictif affirme : « La présence militaire russe extérieure prouve un retour automatique au rang soviétique. » Critique cette phrase en gardant l'indice utile.

MéthodeDistinguer héritage, capacité de projection, objectif, résultat, coût, durée, réaction des autres acteurs et différences de territoire, économie, alliances et idéologie.

Correction

La présence militaire confirme une capacité d'action et une ambition de rang. Elle ne reconstitue ni l'URSS, ni ses alliances, ni son économie. La comparaison doit mesurer ce que l'intervention obtient, les ressources qu'elle absorbe et les coalitions qu'elle suscite, puis dater chaque constat.

Deux résolutions, deux dates et deux votes

Intégrité territoriale de l'Ukraine
Nature
Synthèse d'une résolution et de son vote
Auteur et présentation
Assemblée générale des Nations unies ; synthèse Maxdecours
Date
27 mars 2014
Référence
A/RES/68/262

Après le référendum du 16 mars en Crimée et l'annexion russe, non reconnue par l'Assemblée générale.

La résolution réaffirme l'intégrité territoriale de l'Ukraine dans ses frontières internationalement reconnues et tient le référendum pour non valide.

Le vote comporte 100 voix pour, 11 contre et 58 abstentions. Elle appelle à ne reconnaître aucun changement du statut de la Crimée ou de Sébastopol.

Consulter la source de référence
Faits et portée reformulés par Maxdecours, sans reproduction de mise en page.

Agression contre l'Ukraine
Nature
Synthèse d'une résolution et de son vote
Auteur et présentation
Assemblée générale des Nations unies ; synthèse Maxdecours
Date
2 mars 2022
Référence
A/RES/ES-11/1

Session extraordinaire d'urgence après l'invasion russe à grande échelle du 24 février 2022.

La résolution exige la cessation de l'emploi de la force par la Russie et le retrait immédiat, complet et sans condition de ses forces du territoire ukrainien dans ses frontières internationalement reconnues.

Elle est adoptée par 141 voix pour, 5 contre et 35 abstentions. Le document rapporte une position diplomatique, non l'exécution effective du retrait.

Consulter la source de référence
Faits et portée reformulés par Maxdecours, sans reproduction de mise en page.

À toi d’analyser. Quel changement de soutien au texte observes-tu ? Pourquoi ne permet-il de conclure ni à un retrait militaire réalisé ni à une alliance permanente entre tous les États ayant voté pour ?

Lire l’analyse guidée et ses limites

Le nombre de voix favorables passe de 100 à 141, soit 41 de plus, sur deux textes et deux situations distincts. Une condamnation plus largement votée n'est pas une opération militaire exécutée. Les États favorables approuvent la résolution en question ; ils peuvent différer sur les sanctions, les livraisons d'armes ou d'autres dossiers. Les abstentions ne doivent pas être additionnées aux votes contre.

Limite documentaire. Il s'agit de votes de l'Assemblée générale, non de mandats coercitifs du Conseil ni d'un bilan militaire ou économique de la guerre en 2026.

04

Étape du cours · 8 à 15 min

Une langue appartient-elle à la puissance qui la diffuse ?

Distingue langue maternelle, langue apprise, langue officielle et langue de travail. Un statut officiel est une règle institutionnelle ; il ne donne pas un nombre de locuteurs. Dans une enquête, le résultat dépend du seuil de maîtrise, de l'âge retenu et de l'usage demandé. Une estimation de francophones n'est donc pas interchangeable avec le nombre de membres de l'Organisation internationale de la Francophonie.

L'ONU fournit un cas précis : six langues y sont officielles, tandis que l'anglais et le français sont les langues de travail du Secrétariat. Cette règle ne vaut pas pour tous les organes, dont les règlements diffèrent. À Édimbourg, l'institut Confucius fondé en 2006 associe l'université écossaise et Fudan à Shanghai : un relais linguistique relie plusieurs institutions et territoires, pas seulement un gouvernement et un public passif.

L'anglais doit son extension à plusieurs histoires : Empire britannique, puissance économique et scientifique des États-Unis, organisations, enseignement et réseaux culturels ou numériques. Son usage comme langue de travail réduit certains coûts de coordination, ce qui renforce sa diffusion par effet de réseau. Mais les locuteurs se l'approprient et produisent des cultures qui ne relèvent ni de Londres ni de Washington. Compter les locuteurs ne mesure donc pas directement l'influence d'un gouvernement.

Le français circule par des États, des systèmes scolaires, des médias et une Francophonie institutionnelle dont les membres et locuteurs sont pluriels ; sa dynamique contemporaine ne se confond pas avec l'action de la France. Les instituts Confucius participent à l'enseignement du chinois et à la diplomatie culturelle de la Chine, avec des partenariats et controverses variables selon les établissements. Pour chaque réseau linguistique, distingue apprentissage, usage effectif, production culturelle, statut institutionnel, financement, perception et autonomie des locuteurs.

Exemples résolus et erreurs expliquées

Exemple guidé

ConsigneCas fictif : le nombre de personnes apprenant une langue augmente. Quelles données faut-il ajouter avant de conclure à un gain d'influence diplomatique de l'État promoteur ?

MéthodeExaminer motifs d'apprentissage, niveau atteint, usages, pays, institutions, financeurs, contenus, perceptions, concurrence linguistique et effets sur des décisions observables.

Correction

L'augmentation établit une attractivité ou une utilité croissante de la langue. Pour parler d'influence étatique, il faut montrer que les institutions du pays jouent un rôle et que cet apprentissage modifie accès, coopération, préférences ou normes. Les locuteurs peuvent aussi utiliser la langue sans adhérer au projet du promoteur.

Un statut linguistique et un partenariat universitaire

Langues de l'ONU et du Secrétariat
Nature
Synthèse d'une présentation institutionnelle
Auteur et présentation
Nations unies ; synthèse Maxdecours
Date
Consultation du 12 septembre 2026
Référence
Multilinguisme, site du Secrétaire général

Les règles linguistiques varient selon l'organe de l'organisation.

Les six langues officielles sont l'anglais, l'arabe, le chinois, l'espagnol, le français et le russe.

L'anglais et le français sont les langues de travail du Secrétariat. Ce statut ne confère aucun vote supplémentaire à un État anglophone ou francophone.

Consulter la source de référence
Synthèse originale de faits institutionnels ; aucune citation longue.

Le partenariat entre Édimbourg et Fudan
Nature
Synthèse d'une présentation par l'institution participante
Auteur et présentation
Université d'Édimbourg ; synthèse Maxdecours
Date
Institut créé en 2006 ; page consultée le 12 septembre 2026
Référence
Fudan University, rubrique des partenariats d'Asie orientale

L'université présente son propre partenariat, pas une enquête indépendante auprès des participants.

L'université décrit l'institut Confucius d'Écosse comme un partenariat avec Fudan, à Shanghai, établi en 2006 dans le cadre d'une initiative du Hanban.

La présentation associe cours de langue et échanges éducatifs, économiques et culturels. Elle ne mesure pas l'adhésion des participants à la politique extérieure chinoise.

Consulter la source de référence
Synthèse originale ; ni photographie ni texte promotionnel reproduit.

À toi d’analyser. Compare le mécanisme d'influence possible dans chaque document. Quelle enquête complémentaire permettrait de passer d'une intention institutionnelle à un effet démontré ?

Lire l’analyse guidée et ses limites

Le premier document établit une place dans le fonctionnement d'une organisation ; le second décrit un dispositif d'apprentissage et de rencontres. Ces positions peuvent faciliter accès, coopération et visibilité. Pour démontrer un effet politique, il faudrait observer les usages, les perceptions et des décisions précises, en distinguant l'action des institutions de l'autonomie des participants. La présentation de l'université prouve son discours sur le partenariat, pas sa réussite diplomatique.

Limite documentaire. Deux cas ne classent pas les langues du monde et ne décrivent ni tous les instituts Confucius ni tous les espaces francophones.

05

Étape du cours · 8 à 16 min

Les plateformes rendent-elles les pouvoirs publics impuissants ?

Un effet de réseau existe lorsque l'intérêt d'un service augmente avec le nombre de ses utilisateurs ou partenaires. Un magasin d'applications attire des développeurs parce qu'il rassemble un public, et attire ce public parce qu'il propose des applications. Les coûts de changement peuvent renforcer cette position. Posséder des serveurs ne suffit donc pas : il faut étudier l'organisation de l'accès.

Le 23 avril 2025, la Commission européenne constate un manquement d'Apple au DMA sur la possibilité, pour les développeurs, d'orienter les clients vers des offres extérieures à l'App Store ; elle annonce une amende de 500 millions d'euros. Ce fait daté démontre un acte de régulation, pas la disparition du pouvoir de la plateforme ni un bilan final de conformité. À l'échelle mondiale, le Pacte numérique de 2024 organise des engagements de coopération : son adoption ne crée pas une autorité mondiale dotée des mêmes moyens de sanction que la Commission.

De grandes entreprises numériques contrôlent parfois des passages essentiels entre utilisateurs, entreprises, données, systèmes d'exploitation, publicité, paiement ou nuage informatique. Effets de réseau, intégration de services, données et coûts de changement peuvent leur permettre de fixer des règles privées à des millions d'acteurs. Les acronymes comme GAFAM ou BATX sont des repères datés et imparfaits : les activités, firmes et marchés évoluent. L'analyse doit porter sur la fonction de contrôle réellement exercée.

Ces entreprises ne sont pas des États : elles n'ont pas la même souveraineté juridique et restent soumises à fiscalité, concurrence, protection des données, sécurité, justice et accès aux marchés. En retour, leur taille, leur mobilité et leurs infrastructures compliquent la régulation nationale. Le règlement européen sur les marchés numériques montre une capacité publique à qualifier des contrôleurs d'accès et à imposer des obligations, dont l'efficacité doit être évaluée. Relations avec les États d'origine, dépendances publiques et rivalités technologiques interdisent les deux conclusions simples : entreprises entièrement autonomes ou simples instruments gouvernementaux.

Exemples résolus et erreurs expliquées

Exemple guidé

ConsigneScénario fictif : une plateforme modifie les conditions d'accès à son magasin d'applications. Comment déterminer s'il s'agit d'un pouvoir international ?

MéthodeIdentifier utilisateurs et entreprises dépendants, territoires touchés, alternatives, règle imposée, effet économique, données contrôlées, réactions des États et capacité d'exécution.

Correction

Le pouvoir devient international si la règle privée organise l'accès de producteurs à des publics dans plusieurs juridictions et si les alternatives sont coûteuses. Il reste contestable par les utilisateurs, concurrents et régulateurs. Mesurer l'effet des obligations publiques permet de savoir si ce pouvoir est limité.

Réguler à deux échelles

La décision de la Commission sur l'App Store
Nature
Synthèse d'un communiqué de décision
Auteur et présentation
Commission européenne ; synthèse Maxdecours
Date
23 avril 2025
Référence
Commission finds Apple and Meta in breach of the Digital Markets Act, partie Apple

Le document présente les constatations et l'acte du régulateur à cette date, pas toutes les suites du litige.

La Commission estime qu'Apple restreint la possibilité d'informer les clients d'offres alternatives hors de l'App Store.

Elle constate un manquement au DMA et annonce une amende de 500 millions d'euros. Le pouvoir de régler l'accès au marché rencontre ici une capacité publique de contrôle et de sanction.

Consulter la source de référence
Faits reformulés par Maxdecours ; aucune illustration reprise.

Le Pacte numérique mondial
Nature
Synthèse d'un engagement politique multilatéral adopté
Auteur et présentation
Assemblée générale des Nations unies ; synthèse Maxdecours
Date
22 septembre 2024
Référence
Pacte pour l'avenir, résolution A/RES/79/1, annexe I, texte final

Texte final adopté, à distinguer des versions de négociation de juin 2024.

Le Pacte définit un cadre de coopération sur les technologies numériques, les données et l'intelligence artificielle.

Il associe les gouvernements à d'autres acteurs, notamment les entreprises, la société civile et les communautés techniques. Son adoption ne suffit pas à instaurer un pouvoir mondial d'amende sur les plateformes.

Consulter la source de référence
Synthèse originale de l'annexe, sans reproduction du document.

À toi d’analyser. Identifie l'auteur, l'échelle et l'acte de chaque document. Pourquoi les deux exemples réfutent-ils une impuissance totale sans prouver une maîtrise complète du numérique ?

Lire l’analyse guidée et ses limites

La Commission agit au moyen d'un règlement et d'une décision de sanction sur un service défini. L'Assemblée générale adopte un cadre mondial de coopération, dont la mise en œuvre dépend de plusieurs acteurs. Les pouvoirs publics peuvent donc imposer des règles ou coordonner des engagements. Mais une décision peut être contestée et son effet doit être suivi ; un engagement politique n'est pas une sanction. Les deux actes ne se mesurent pas par le même indicateur.

Limite documentaire. Le dossier ne tranche pas les procédures ultérieures contre Apple et ne mesure pas l'exécution des engagements du Pacte.

06

Étape du cours · 8 à 15 min

Nouvelles routes de la soie : qui maîtrise un corridor ?

Un corridor est un axe de circulation associé à des infrastructures, des services et des territoires connectés. Il ne se réduit pas au trait d'une voie ferrée : gares, routes de desserte, douanes et opérateurs conditionnent son usage. Financer, posséder, construire et exploiter sont des fonctions distinctes. Un prêt crée une créance ; il ne transfère pas automatiquement la souveraineté sur le territoire traversé.

Le rapport de la Banque mondiale de juin 2020 étudie le rail entre Vientiane et Boten, au Laos, dans le réseau reliant la Chine à l'Asie du Sud-Est. Il annonce une longueur de 414 km et examine des trafics futurs sous conditions. Sa prévision pour 2030 n'est pas un comptage de trains ou de tonnes déjà réalisé. Pour évaluer un effet, il faudrait comparer ces hypothèses avec des observations, des recettes et des coûts de même périmètre.

Lancée en 2013, l'initiative Belt and Road associe des projets terrestres, maritimes, énergétiques et numériques reliés à la Chine. Un corridor peut réduire un temps de transport, ouvrir un marché ou sécuriser des approvisionnements. Il relie aussi prêts, entreprises de construction, opérateurs, normes, ports, frontières et choix des États partenaires. Une ligne sur une carte ne prouve ni réalisation, ni usage, ni contrôle unifié ; chaque projet possède un financement, un contrat, un calendrier et une géographie propres.

Pour la Chine, ces réseaux peuvent soutenir exportations, internationalisation d'entreprises, accès, normes et influence diplomatique. Pour un pays partenaire, ils peuvent produire connectivité et activité, mais aussi dette, dépendance technique, effets environnementaux, déplacements ou infrastructures sous-utilisées. L'expression générale de « piège de la dette » ne doit ni être répétée sans dossier ni exclue par principe. Il faut comparer viabilité, transparence, partage des risques, trafic, retombées locales, alternatives et capacité de renégociation.

Exemples résolus et erreurs expliquées

Exemple guidé

ConsigneCas fictif : un port financé par un prêt extérieur ouvre avec un trafic inférieur aux prévisions. Quelles preuves permettraient de conclure à un gain ou à une perte de puissance pour les deux États ?

MéthodeExaminer contrat, dette, concession, trafic, emplois, fournisseurs, accès militaire éventuel, alternatives, renégociation, retombées régionales et horizon temporel.

Correction

Le faible trafic signale un risque économique, mais ne suffit pas à qualifier l'ensemble. Le financeur gagne de l'influence s'il obtient accès, normes ou relation durable ; il peut aussi subir une perte. Le partenaire gagne si la connectivité et les recettes dépassent les coûts, et perd des options si la dette ou le contrôle contractuel devient contraignant.

Laos-Chine : lire une prévision de corridor

Vientiane-Boten, perspectives publiées en 2020
Nature
Synthèse d'une étude prospective, non données de trafic observées
Auteur et présentation
Banque mondiale ; sélection et synthèse Maxdecours
Date
2 juin 2020
Référence
Transforming Lao PDR from a Land-locked to a Land-linked Economy

L'étude est antérieure à l'ouverture prévue fin 2021. Elle évalue les possibilités du corridor sous hypothèses de réformes complémentaires.

Le tronçon laotien décrit relie Vientiane à Boten, à la frontière chinoise, sur 414 km.

Le rapport envisage pour 2030 un transit annuel de 3,9 millions de tonnes, dont 1,5 million transféré depuis des routes maritimes. Ce sont des estimations conditionnelles.

Il souligne le rôle de la logistique, des accès aux gares et des formalités frontalières. Le dossier ne fournit ni contrat complet de concession ni trafic observé en 2030.

Consulter la source de référence
Sélection de faits et synthèse originale ; aucun graphique ou tableau reproduit.

À toi d’analyser. Calcule la part du trafic envisagé provenant du report maritime. Explique pourquoi ce nombre ne prouve ni trafic actuel, ni rentabilité, ni contrôle politique total du Laos par la Chine.

Lire l’analyse guidée et ses limites

Dans le scénario, 1,5 ÷ 3,9 × 100 donne environ 38,5 %. Le dénominateur est le transit futur envisagé, pas le trafic total observé aujourd'hui. Ce ratio décrit l'origine supposée d'une partie des flux ; il ne donne ni recettes, ni charges financières, ni droits contractuels. La connectivité pourrait accroître des possibilités économiques, mais l'effet dépend des conditions de réalisation et des choix des partenaires.

Limite documentaire. Les volumes sont des prévisions de 2020 pour 2030. Le calcul ne transforme pas leur statut et ne constitue pas une lecture d'un contrat absent.

07

Étape du cours · 9 à 17 min

Où se trouve la puissance des États-Unis ?

Localiser un lieu consiste à le situer ; expliquer sa puissance consiste à suivre ce qui y entre et en sort. Une université reçoit étudiants et financements, produit des recherches et noue des partenariats. Un studio produit des récits qui circulent par distributeurs, salles et plateformes. Une institution diplomatique rassemble des délégations. Les flux et les règles rendent ces lieux actifs.

Le MIT se trouve à Cambridge, dans le Massachusetts, et non à New York. Pour l'exercice budgétaire 2025, il indique 176 millions de dollars de recherche financée directement par plus de 400 organisations industrielles, soit environ 20 % de ses dépenses de recherche. Cette information établit un lien entre recherche et industrie ; elle ne dit ni que tous les financeurs sont américains ni que les résultats sont commandés par le gouvernement.

La puissance états-unienne associe territoire continental, économie, monnaie, capacités militaires et nucléaires, diplomatie, recherche, universités, firmes, médias et industries culturelles. New York accueille le siège de l'ONU, Washington concentre des institutions fédérales et financières internationales, Hollywood symbolise une production culturelle mondiale, tandis que des pôles universitaires comme le Massachusetts Institute of Technology relient recherche, capitaux, entreprises et État. Ces lieux fonctionnent par réseaux, pas comme des monuments qui rayonneraient seuls.

Cette diversité permet de combiner contrainte, négociation, attraction et fixation de standards. Elle produit aussi des tensions : intérêts d'entreprises et politique fédérale ne coïncident pas toujours ; États fédérés, Congrès, présidence, juges et opinion peuvent infléchir l'action extérieure. Dollar, technologies et alliances donnent des leviers, mais les interdépendances créent des vulnérabilités. Une carte de la puissance doit donc montrer flux, décisions et contestations, pas seulement localiser des bases ou des sièges sociaux.

Voir pour comprendre

Trois lieux, trois mécanismes

Tableau de repérage original, pas une carte d'étendue ni un classement de puissance.

Trois lieux, trois mécanismes
Lieu et réseauMécanisme et limite
New York : siège de l'ONU et délégationsCentralité diplomatique ; accueillir n'est pas diriger tous les votes.
Cambridge, Massachusetts : MIT et partenairesRecherche, formation et transferts ; financement ne signifie pas contrôle de tout résultat.
Hollywood, Los Angeles : production et diffusion culturelleVisibilité et représentations ; succès commercial ne prouve pas adhésion politique.

Lis le schéma. Pour chaque ligne, explique comment le lieu devient un réseau. Quelle conclusion excessive faut-il éviter ?

Siège diplomatique, centre de recherche et industrie culturelle agissent par des relations différentes.

Synthèse originale Maxdecours d'après le programme, l'ONU et le MIT cités dans le cours. · Source du repère · 12/09/2026

Exemples résolus et erreurs expliquées

Exemple guidé

ConsignePourquoi la présence du siège des Nations unies à New York est-elle un indice de puissance américaine sans prouver un contrôle des décisions de l'organisation ?

MéthodeDistinguer accueil, accès diplomatique, image, statut au Conseil de sécurité, règles de vote, autonomie de l'organisation et positions des autres États.

Correction

Le siège renforce la centralité diplomatique de New York et les interactions avec les institutions américaines. Les États-Unis disposent aussi d'un siège permanent au Conseil. Mais les organes ont des règles collectives et les autres membres peuvent s'opposer ; localisation et contrôle politique ne sont pas synonymes.

Ce qu'un financement de recherche permet d'affirmer

Recherche financée par l'industrie au MIT
Nature
Synthèse d'un bilan institutionnel déclaré
Auteur et présentation
Massachusetts Institute of Technology ; synthèse Maxdecours
Date
Exercice budgétaire 2025 ; consultation du 12 septembre 2026
Référence
MIT Facts, MIT & Industry

L'établissement publie des informations sur ses propres activités de recherche.

Le MIT annonce 176 millions de dollars de recherche directement financée par plus de 400 organisations industrielles pendant l'exercice 2025, soit environ 20 % de ses dépenses de recherche.

Il présente des dispositifs de partenariat et de transfert technologique entre chercheurs et entreprises. Le document ne ventile pas ces partenaires par nationalité et ne mesure pas leur influence diplomatique.

Consulter la source de référence
Faits chiffrés et synthèse originale ; aucune image ni mise en page reprise.

À toi d’analyser. Construis une phrase qui relie le MIT à un réseau de puissance sans attribuer à l'État américain tous les financements ou tous les résultats.

Lire l’analyse guidée et ses limites

Le financement industriel et les dispositifs de transfert relient un centre de recherche situé aux États-Unis à des organisations et à des débouchés. Ils contribuent à une capacité d'innovation et de diffusion. Le document décrit toutefois des partenaires industriels, pas uniquement l'État ou des entreprises américaines ; il ne démontre pas à lui seul une influence sur une décision d'un autre gouvernement.

Limite documentaire. Une donnée déclarée par le MIT sur un exercice ne décrit pas toutes les universités américaines ni l'ensemble des acteurs de l'innovation.

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Étape du cours · 8 à 15 min

Unilatéralisme, alliances et résistances

Une action est multilatérale lorsqu'elle s'inscrit dans une coopération à plusieurs, avec des règles de décision communes. Le débat sur l'unilatéralisme américain porte notamment sur le choix de s'affranchir d'une décision collective. Compter les drapeaux d'une coalition ne suffit pas : une opération menée à plusieurs peut rester contestée au regard du mandat de l'ONU. Distingue composition, autorisation et conduite de l'action.

En 1990, la résolution 678 autorise des États coopérant avec le Koweït à utiliser la force après une échéance fixée ; la coalition de 1991 n'est pas pour autant une armée de l'ONU. En mars 2003, l'invasion de l'Irak conduite par les États-Unis et leurs partenaires intervient sans nouvelle autorisation du Conseil. La justification tirée de résolutions antérieures est contestée. Les deux cas obligent à étudier le mandat, pas à opposer automatiquement guerre et coopération.

Les États-Unis ont contribué à construire de nombreuses institutions multilatérales tout en conservant la possibilité d'agir seuls ou avec des coalitions restreintes. Unilatéralisme et multilatéralisme ne définissent pas deux époques ou partis une fois pour toutes : selon l'enjeu, les administrations utilisent traité, alliance, sanction, veto, négociation ou intervention. Le multilatéralisme peut limiter une liberté immédiate tout en apportant légitimité, informations, bases et partage des coûts ; l'action unilatérale peut aller vite tout en suscitant opposition et coûts de durée.

Les points d'appui comprennent alliances, accords, bases, commandements, ambassades, réseaux économiques, universitaires et culturels. Leur efficacité dépend du consentement des partenaires, des menaces perçues et des alternatives. Dans un monde multipolaire, concurrents, puissances régionales et alliés négocient davantage les termes de la coopération. Parler de déclin ou d'hégémonie exige donc un domaine et une période : perdre une part relative n'implique pas l'impuissance, tandis qu'un avantage massif ne garantit pas le résultat politique recherché.

Exemples résolus et erreurs expliquées

Exemple guidé

ConsigneCas fictif : un allié refuse de soutenir une opération américaine mais accepte de renforcer une mission commune dans une autre région. Est-ce la preuve d'une fin des alliances ?

MéthodeDistinguer l'enjeu, les engagements juridiques, la perception de menace, les coûts, la politique intérieure, les concessions et la continuité des autres coopérations.

Correction

Le refus montre une autonomie et une limite sur un dossier précis. Le soutien ailleurs révèle que l'alliance continue mais se négocie. La conclusion doit donc porter sur la cohésion différenciée, les intérêts communs et la capacité américaine à obtenir un consentement, pas sur une disparition totale.

Mandat international et point d'appui ne se confondent pas

L'autorisation de 1990
Nature
Synthèse d'une résolution du Conseil de sécurité
Auteur et présentation
Conseil de sécurité des Nations unies ; synthèse Maxdecours
Date
29 novembre 1990
Référence
S/RES/678 (1990)

Après l'invasion du Koweït par l'Irak en août 1990.

Le Conseil autorise les États coopérant avec le Koweït à employer les moyens nécessaires pour faire appliquer ses résolutions si l'Irak ne se retire pas avant le 15 janvier 1991.

L'autorisation est adoptée par 12 voix pour, 2 contre et 1 abstention. Elle ne transforme pas les forces participantes en armée permanente de l'ONU.

Consulter la source de référence
Synthèse originale de la portée du texte.

L'absence de nouvelle autorisation en 2003
Nature
Synthèse d'un document de recherche historique et politique
Auteur et présentation
Poorvi Chitalkar et David M. Malone ; synthèse Maxdecours
Date
Novembre 2013 ; événements de mars 2003
Référence
The UN Security Council and Iraq, United Nations University Working Paper Series, no 01

Analyse universitaire, non résolution adoptée. Le débat porte sur le désarmement irakien, les inspections et l'usage de résolutions antérieures.

La résolution 1441 de novembre 2002 renforce le régime d'inspection mais n'autorise pas explicitement une invasion.

En mars 2003, une coalition dirigée par les États-Unis envahit l'Irak sans nouvelle autorisation du Conseil. La justification juridique invoquant les textes antérieurs est contestée.

Consulter la source de référence
Synthèse originale ; pas de reproduction du rapport.

Un point d'appui américain au Japon
Nature
Synthèse d'une présentation militaire institutionnelle
Auteur et présentation
U.S. Forces Japan ; synthèse Maxdecours
Date
Traité de 1960 ; consultation du 12 septembre 2026
Référence
About USFJ

Le commandement américain présente sa présence au Japon et son rôle dans l'alliance.

USFJ relie le stationnement des forces américaines au Japon au traité bilatéral de coopération et de sécurité de 1960.

La présentation décrit des opérations bilatérales et la préparation de réponses aux crises. Un stationnement fondé sur un traité ne signifie pas annexion du pays hôte, ni accord préalable de celui-ci sur toute opération future.

Consulter la source de référence
Synthèse originale des informations institutionnelles, sans photographie ni carte reprise.

À toi d’analyser. Attribue à chaque document une question distincte : qui autorise l'usage de la force, qui participe, et sur quelle base juridique un État accueille-t-il des forces ?

Lire l’analyse guidée et ses limites

En 1990, le Conseil adopte une autorisation à destination d'États coopérant avec le Koweït. En 2003, plusieurs États participent à une invasion sans nouvelle autorisation : la composition plurielle ne résout pas la contestation du mandat. Le cas japonais concerne un accord bilatéral de stationnement, pas l'autorisation de l'une de ces guerres. Ces mécanismes peuvent soutenir la puissance américaine, mais engagent des partenaires et des règles différents.

Limite documentaire. Ces trois pièces ne dressent ni l'inventaire mondial des bases ni un bilan complet des guerres d'Irak ou des positions de la population japonaise.

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Sources du cours

Édition Maxdecours · Vérifié le .

HGGSP Première, thème 2 du programme de 2019

  1. Programme officiel HGGSP Première, BO spécial du 22 janvier 2019Thème 2, page 6 : objectifs, axes, jalons et objet conclusif. · consulté le 2026-09-12
  2. Éduscol, accompagnement Puissances, septembre 2019Cadrage du thème, pluralité des instruments et critique des trajectoires déterministes. · consulté le 2026-09-12
  3. Suzan Yalman, The Art of the Ottomans before 1600, Met, 2002Phases anatolienne, balkanique et mamelouke ; Constantinople, Soliman et rayonnement culturel. · consulté le 2026-09-12
  4. Rescrit de Gülhane, 1839, dans le recueil de T. E. Holland, 1885Texte historique transcrit, appendice 1 ; intentions de réforme, sans preuve d'application. · consulté le 2026-09-12
  5. ONU, notice URSS et continuité du siège en décembre 1991Communication du 24 décembre 1991 et continuité de la qualité de membre. · consulté le 2026-09-12
  6. Assemblée générale, résolution 68/262, 27 mars 2014Intégrité territoriale de l'Ukraine, non-reconnaissance du changement de statut et vote. · consulté le 2026-09-12
  7. Assemblée générale, résolution ES-11/1, 2 mars 2022Condamnation de l'agression, demande de retrait et vote distinct de celui de 2014. · consulté le 2026-09-12
  8. Conseil de l'Union européenne, sanctions contre la RussieChronologie 2014 et 2022 ; actes de sanction, sans bilan causal chiffré de leurs effets. · consulté le 2026-09-12
  9. Nations unies, multilinguismeSix langues officielles et deux langues de travail du Secrétariat. · consulté le 2026-09-12
  10. Université d'Édimbourg, partenariat avec FudanInstitut Confucius d'Écosse créé en 2006 ; présentation d'un acteur du partenariat. · consulté le 2026-09-12
  11. OIF, présentation du rapport La langue française dans le monde 2026Périmètre des usages linguistiques ; aucun effectif ou projection repris sans sa méthode. · consulté le 2026-09-12
  12. Commission européenne, décision Apple et Meta du 23 avril 2025Partie App Store : information sur les offres alternatives et décision d'amende. · consulté le 2026-09-12
  13. Pacte pour l'avenir, texte final du 22 septembre 2024, annexe IPacte numérique mondial adopté, à distinguer des projets antérieurs. · consulté le 2026-09-12
  14. Banque mondiale, corridor ferroviaire laotien, 2 juin 2020Vientiane-Boten et prévisions conditionnelles pour 2030 ; pas de bilan observé ni de contrat complet. · consulté le 2026-09-12
  15. MIT Facts, MIT & Industry, exercice 2025Financements industriels déclarés et dispositifs de partenariat. · consulté le 2026-09-12
  16. Conseil de sécurité, résolution 678, 29 novembre 1990Autorisation de recours à la force après échéance, portée et vote. · consulté le 2026-09-12
  17. Poorvi Chitalkar et David M. Malone, The UN Security Council and Iraq, UNU Working Paper no 01, novembre 2013Analyse universitaire de la résolution 1441 et de la controverse sur l'absence de nouvelle autorisation en mars 2003 ; pas un texte adopté par le Conseil. · consulté le 2026-09-12
  18. Conseil de sécurité, résolution 1441, 8 novembre 2002Texte primaire du régime d'inspections renforcé, à confronter à l'analyse de 2013. · consulté le 2026-09-12
  19. U.S. Forces Japan, présentation institutionnelleTraité bilatéral de 1960 et fonctions d'un point d'appui militaire. · consulté le 2026-09-12